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Activités au musée de Cluny les 17 et 18 janvier 2026

            Nous avons reçu un message du musée de Cluny au sujet d’activités la semaine prochaine, ce qui nous permet de partager la nouvelle avec vous :

Les Légendaires à Cluny

Événement


Date : samedi 17 janvier 2026 - 11:00

À l'occasion de la sortie du film, les Légendaires s'invitent au  musée de Cluny le temps d'un week-end. 

Entre amis ou en famille, venez suivre les héros dans les collections du musée.  Au programme : des visites guidées, des rencontres avec le réalisateur et le scénariste du film, un concert et des tirages au sort pour gagner des BD, des places de cinéma et des entrées au musée...

Danaël, Jadina, Gryf, Shimy et Razzia vous attendent nombreux pour fêter l'événement ! 

Cet événement est organisé en partenariat avec PAN ANIMATION à l’occasion de la sortie du film "Les Légendaires", adapté de la série de bandes dessinées de Patrick Sobral. Sortie au cinéma le 28 janvier 2026.


Une programmation exceptionnelle

Livret-jeu gratuit "Les Légendaires au musée de Cluny" 

Disponible à l'entrée du musée.

Public : à partir de 8 ans

"Les Légendaires", des bulles au cinéma

Samedi 17 janvier de 16h30 à 17h30

Rencontre avec Guillaume Ivernel (réalisateur du film "Les Légendaires") et d'Antoine Schoumsky (scénariste)

Plongez dans les coulisses de l’adaptation au cinéma des "Légendaires" ! À travers un échange exclusif avec le réalisateur et le scénariste, découvrez les défis et les secrets de la transformation d’une BD culte en un film d’animation à couper le souffle. 
Des révélations qui promettent de vous donner envie de filer au cinéma dès la première séance !

Public : adultes

Tarif : inclus dans le billet d'entrée. Inscription sur place dans la limite des places disponibles. 


L'univers des "Légendaires" s'anime en musique

Dimanche 18 janvier de 16h15 à 17h15

Par Cécile Corbel et Simon Caby

Rencontrez le créateur des "Légendaires", Patrick Sobral, et laissez-vous emporter par les compositions inédites de Cécile Corbel et Simon Caby.

Une parenthèse artistique exceptionnelle, conçue rien que pour vous.

Public : à partir de 6 ans.

Tarif : inclus dans le billet d'entrée. Inscription sur place dans la limite des places disponibles. 

La programmation associée

Durant tout le week-end, la programmation du musée plonge dans l'univers des Légendaires. 
Visite guidée : 5€

Atelier : 10€ pour les moins de 18 ans / 20€ pour les adultes 

Samedi 17 janvier 

11h : Héros et héroïnes, visite guidée, durée 1h30 (à partir de 8 ans)

11h30 : Drôles d’animaux, visite guidée, durée 1h (à partir de 5ans)

14h : Atelier héraldique, atelier, durée 2h (8-12 ans)

14h30 : Héros et héroïnes, visite guidée, durée 1h30 (à partir de 8 ans)

16h15 : Vivre au Moyen Âge, visite guidée, durée 1h (à partir de 6 ans) 

Dimanche 18 janvier

11h : Héros et héroïnes, visite guidée, durée 1h30 (à partir de 8 ans)

11h30 : Drôles d’animaux, visite guidée, durée 1h (à partir de 5 ans)

14h : Atelier héraldique, atelier, durée 2h (adultes)

14h30 : Héros et héroïnes, visite guidée, durée 1h30 (à partir de 8 ans)

16h30 : Vivre au Moyen Âge, visite guidée, durée 1h (à partir de 6 ans)

Espace lecture

Samedi 17 et dimanche 18 janvier de 11h à 15h

Installez-vous confortablement et plongez dans les aventures des Légendaires. Des albums seront disponibles tout au long du week-end pour vous offrir une pause lecture au cœur de la salle Notre-Dame.

Exposition : « Le Moyen Âge du XIXe siècle. Créations et faux dans les arts précieux » au musée de Cluny (du 7 octobre 25 au 11 janvier 26)

Le site du musée nous dit :


« Après les événements révolutionnaires, le 19e siècle redécouvre le Moyen Âge, tout en le réinterprétant. Ce siècle, qui cultiva une rêverie romantique et connut d’importants progrès technologiques et la constitution de grandes collections, s’est inspiré du Moyen Âge en produisant des copies, des pastiches, des oeuvres composites et des faux. L’exposition permet des confrontations, mettant en regard certains objets médiévaux avec leurs "résonances" du 19e siècle.

Le propos est centré sur les arts précieux, dans leur acception médiévale : pièces d’orfèvrerie et d’émaillerie, ivoires, tissus précieux. Ces domaines ont en effet connu au 19e siècle un foisonnement de redécouvertes techniques. Ces phénomènes culturels et artistiques émergent dès les années 1820-1830 jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale, soit pendant un siècle environ. Collectionneurs, ateliers de création et de restauration, mais aussi faussaires, en sont les principaux acteurs, autour d’un marché de l’art en pleine expansion, focalisé sur Paris, qui apparaît alors comme la capitale des arts précieux.

L’exposition "Le Moyen Âge du 19e siècle. Créations et faux dans les arts précieux" est organisée par le musée de Cluny – musée national du Moyen Âge et GrandPalaisRmn. Le commissariat est confié est à Christine Descatoire, conservatrice générale au musée de Cluny, et Frédéric Tixier, maître de conférences en histoire de l’art médiéval à l’Université de Lorraine.

L’exposition est réalisée avec la participation exceptionnelle du musée du Louvre.

Elle bénéficie du soutien de L’École des Arts Joailliers, qui a pour mission de transmettre la culture joaillière auprès du public le plus large ; et de The New York Medieval Society. 

Consultez le dossier de presse de l'exposition ici. »

Des nouvelles de Clio (bulletin #1)

            Il n’est pas certain que nous puissions publier un bulletin de nouvelles chaque semaine (d’autant plus qu’il n’est pas certain que les nouvelles historiques soient au rendez-vous), mais vous serez peut-être intéressés par certains des articles que nous lisons (ou certains documentaires que nous regardons).

Il y aura des informations en plusieurs langues.

 

Pour cette semaine :

 

* Il est désormais possible de visiter le musée de Cluny virtuellement.

 

* La réouverture des jardins du musée de Cluny a eu lieu le 10 juillet.

 

* Si vous souhaitez voir une toile des jardins du musée de Cluny en 1882, visitez cette page.

 

* La couronne de Constantin IX, Zoë et Théodora a été retrouvée dans un champ (article en anglais).

 

* Au sud de Santorin, à Akrotiri, une fresque représentant des singes a déclenché de vifs échanges entre plusieurs équipes de primatologues, archéologues et chercheurs : jusqu’à présent, le consensus était que la fresque représente des singes d’Afrique, mais une nouvelle équipe émet l’hypothèse qu’il pourrait s’agir de langurs (ou entelles) du sous-continent indien, ce qui reculerait de 1 500 ans les échanges sur la route de la soie vers l'Europe. La bataille fait rage (article en anglais).

 

* Des travaux afin d’étendre une ligne de métro dans le nord de la Grèce dans les années 1990 avaient mis à jour une fosse contenant des coquillages et des ustensiles de cuisine datant du néolithique. L’état de conservation de l’énorme quantité de choses mises au jour dans cette fosse (sa datation est estimée entre 5450 et 5250 avant notre ère) fait penser aux archéologues que ce lieu fut utilisé pour un grand banquet, puis les restes enterrés. Plusieurs vidéos viennent ajouter des informations aux données présentées (article en anglais).

 

* Les fouilles d’un navire grec qui a coulé au large de la Sicile (dans les eaux de Santa Maria del Focallo, dans la municipalité d’Ispica) entre le VIe et Ve siècle avant notre ère se poursuivent. Découvert en 2024, le navire vient de livrer aux archéologues marins son mat, ce qui est très rare, des morceaux de corde et divers objets. Ces découvertes vont aider à comprendre la construction des navires à l’époque, mais vont aussi aider à mieux saisir la navigation à l’époque de la Grande Grèce. Une vidéo illustre une partie du travail des archéologues (article en anglais et italien).

 

* Une conséquence extraordinaire de l’invasion normande en Angleterre en 1066 (et dont on ne parle quasiment jamais) est que les hommes anglo-saxons qui refusèrent de se soumettre à Guillaume le Conquérant partirent pour Byzance où ils rejoignirent la garde varangienne. Ce corps d’élite composé de mercenaires protégeait les empereurs byzantins. La hache danoise que les Anglo-Saxons maniaient fort bien constituait un avantage stratégique. Ils fondèrent de petites communautés dans l’empire byzantin et il semble également que quelques Anglo-Saxons aient même servi à Byzance bien avant 1066 (article en anglais).

Bonne lecture !

Archéologie et vieilles dentelles... de pierre

            Alors… tout a commencé avec l’exposition dont nous vous avions parlé en novembre dernier :  Faire parler les pierres où nous avons découvert cette petite merveille :

Cette capture d’écran, tout comme notre photo :

ne rend pas justice à la beauté de cette pièce. La qualité de la sculpture est soutenue par la couleur sur la pierre qui donne vie à cette œuvre.

La notice de ce fragment est la suivante : 

Tête de Christ aux yeux clos

(Mise au tombeau ?)

Vers 1230 

Calcaire lutécien polychromé

Découvert à la croisée du transept en 2022

Mis en état pour étude en 2024

Parmi les têtes retrouvées en 2022, celle dont les yeux sont clos est la seule qu'il soit possible d'attribuer pour l'heure au Christ. La présence du linceul tendu à sa droite ne permet pas de déterminer sa position exacte. En dépit de son état lacunaire, la sérénité de son expression, la sensibilité du modelé et l'émotion subtile qu'elle dégage en font un sommet de la sculpture de cette période.


            L’exposition est ouverte jusqu’au 16 mars ; si vous avez l’occasion d’aller admirer ce visage, ainsi que les autres pièces, ne vous privez pas de cette expérience.

            Vous serez peut-être intéressés par une courte présentation en vidéo :

            En plus de ce que vous pouvez voir au musée de Cluny, un documentaire d’Arte, Enquête sur les trésors enfouis de Notre-Dame de Paris, présente certaines des découvertes archéologiques faites dans le chœur de la cathédrale Notre-Dame après l’incendie :

 
 
Les progrès scientifiques dans toutes les branches de l'archéologie et de l'Histoire sous simplement époustouflants.

Curiosités de musée : Pause-Lapin au musée de Cluny

           On ne le remarque pas toujours quand on passe le contrôle des billets à l’entrée du musée de Cluny, mais il y a une adorable œuvre contemporaine à cet endroit – on remarque cette Pause-Lapin si on sort par l’escalier : 

 


 


            En 2018, à la suite de la modernisation du musée, cette œuvre fut ajoutée au musée. Elle est le résultat de la collaboration de deux artistes qui sont amis : Florence de Ponthaud-Neyrat et Pablo Reinoso.

Cette œuvre d’acier peint, bronze et tissu veut rappeler la chapelle qui a été récemment restaurée et qui est absolument splendide, mais elle est surtout une sorte d’hommage et d’inspiration moderne des trésors que sont les tapisseries de la Dame à la licorne (la licorne y est certes un personnage des plus importants, mais les conils tissés font aussi partie de l’histoire).

             Que vous l’admiriez avant d’aller au musée ou en en sortant, ne manquez pas cette petite merveille qui s’intègre magnifiquement au musée de Cluny.


Expositions (à venir) : Musée de Cluny

            Du 19 novembre 2024 au 16 mars 2025 (certes, vous avez le temps de planifier une éventuelle visite, mais nous préférons vous prévenir avant leurs ouvertures), le musée de Cluny va nous présenter deux expositions en lien avec la prochaine réouverture de la cathédrale Notre-Dame à Paris : « Faire parler les pierres. Sculptures médiévales de Notre-Dame » et « Feuilleter Notre-Dame. Chefs-d'œuvre de la bibliothèque médiévale ».

 


            Au sujet de « Faire parler les pierres », le site du musée nous dit :

« Le musée de Cluny conserve une partie importante du décor médiéval sculpté de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Celles-ci n'avaient pas fait l'objet d'une étude approfondie depuis le début des années 1980. L’exposition "Faire parler les pierres. Sculptures médiévales de Notre-Dame" promet de renouveler la connaissance sur ces collections, en révélant les résultats de l’important programme d’étude et de restauration mené depuis 2022.

Aux œuvres habituellement présentées dans la salle des sculptures de Notre-Dame s’ajoutent dans l'exposition des pièces encore jamais montrées au public. Une sélection de fragments permet d’évoquer les corps disparus des statues colossales de la galerie des rois. Un dossier consacré à la statue d’Adam, chef-d’œuvre de la sculpture gothique, déroule son parcours mouvementé jusqu’à nos jours.

La scénographie restitue la disposition des fragments restaurés du portail Sainte-Anne et des linteaux du portail du Jugement dernier. Les traces de polychromie retrouvées de ces œuvres sont également mises en valeur. 

Cet événement est l’occasion de dévoiler pour la première fois au public une trentaine de fragments du jubé des années 1230 mis au jour lors des recherches archéologiques préventives conduites par l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) depuis le printemps 2022.

Près de 120 œuvres jalonnent le parcours du visiteur à la rencontre du décor sculpté extérieur et intérieur de Notre-Dame avant les destructions de l’époque moderne. Afin de contextualiser ces œuvres, des prêts issus de grandes institutions comme le musée du Louvre ou le musée Carnavalet - Histoire de Paris, du dépôt lapidaire de la cathédrale et de collections privées viennent approfondir le sujet.

Cette exposition restitue les résultats d'un ambitieux programme d’étude et de restauration conduit depuis près de trois années en partenariat avec le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) et le Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH).

L’exposition "Faire parler les pierres. Sculptures médiévales de Notre-Dame" est organisée par le musée de Cluny en partenariat exceptionnel avec l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives).

Elle bénéficie du label "Notre-Dame de Paris : vers la réouverture" coordonné par l'établissement public Rebâtir Notre-Dame, maître d'ouvrage du chantier de restauration. »

 


 

            Au sujet de « Feuilleter Notre-Dame », qui est une exposition en collaboration avec la BnF et les Archives nationales (entre autres), nous pouvons lire :

« L’histoire de Notre-Dame, ce n’est pas seulement celle de son célèbre édifice ; c’est aussi celle des livres, manuscrits et imprimés qui servaient au culte ou à l’étude.
Cette exposition offre un condensé de la richesse de la vie intellectuelle et artistique de la cathédrale au cours du Moyen Âge et de la multiplicité des centres d’intérêts de ses nombreux bienfaiteurs. Elle met également en valeur le rôle clé joué par le chapitre cathédral dans la gestion des livres et de la bibliothèque.

 

Le parcours rassemble une quarantaine de pièces, dont une trentaine de manuscrits médiévaux conservés au département des manuscrits et à la bibliothèque de l’Arsenal (BnF) et une dizaine de manuscrits, registres capitulaires et plan conservés dans d’autres institutions (Archives nationales, Archives historiques de l’archevêché). »

 

            Donc, comptez une heure pour chaque exposition, plus une ou deux dans le musée lui-même (en cas de coup de fatigue, il y a un adorable café au rez-de-chaussée avec de très jolies œuvres sur le musée). 

Bonne visite !

 

Exposition : Merveilleux Trésor d’Oignies : Éclats du XIIIe siècle au Musée de Cluny

            Jusqu’au 20 octobre 2024, vous pouvez aller visiter une petite – mais très riche – exposition sur le trésor d’Oignies.

            Le musée nous apprend qu’il « présente un trésor classé parmi les sept merveilles de Belgique, le trésor d’Oignies.

Ce dernier est associé à l’histoire du prieuré Saint-Nicolas d’Oignies, devenu célèbre grâce à la bienheureuse Marie d’Oignies, mystique encore vénérée aujourd’hui, et à Jacques de Vitry, brillant prédicateur et un temps évêque d’Acre en Terre Sainte, principal mécène du prieuré et pourvoyeur de reliques et de pierres précieuses.
Le prieuré fut au XIIIe siècle un important foyer de création d’objets d’orfèvrerie, sous l’égide d’Hugo de Walcourt, dit Hugo d’Oignies.

Parmi la cinquantaine d’objets du trésor, une trentaine pouvant voyager va être exposée au musée de Cluny : des pièces d’orfèvrerie (surtout des reliquaires) et quelques textiles. Ce prestigieux trésor sortira pour la première fois dans sa presque intégralité du territoire belge, cent ans après une présentation partielle de trois pièces au musée du Louvre en 1924.
L’exposition permettra de raconter l’histoire du prieuré d’Oignies et de ses protagonistes, et constituera un éclairage sur la production orfévrée d’Hugo d’ Oignies et de son atelier. »

            Il y a des très, très jolies pièces :

 


et vous pourriez peut-être profiter des Journées du patrimoine (samedi 21 et dimanche 22 septembre) afin d'aller admirer ces merveilles. 

Vous trouverez toutes les informations nécessaires sur le site du musée.

« À table ! » (version Moyen Âge - dans les classes supérieures)

Il y a quelques années – en 2008 pour être exact – la BBC nous donna un court documentaire : Clarissa and the King’s CookbookClarissa et le livre de cuisine du roi.

Clarissa, c’était Clarissa Dickson Wright (24 juin 194715 mars 2014), actrice, présentatrice et cuisinière extraordinaire. Elle reste, encore aujourd’hui, une référence et une cuisinière hautement respectée.

 Le livre de cuisine, c’est The Forme of Cury (littéralement La Méthode de cuisine – en ancien français « queuerie » voulait dire « art de cuisiner » d’où... « maître queux »), ouvrage de la fin du XIVe siècle qui contient cent quatre-vingt-seize recettes. Il s’agit d’un nombre impressionnant de recettes, mais, comme le dit Clarissa Dickson Wright et d’autres qui se sont penchés sur cet ouvrage, le chef aurait pu en ajouter quatre de plus, histoire de faire un compte rond.

Le manuscrit original, compilé par le principal chef cuisinier du roi, ne nous est pas parvenu, mais il nous reste neufs exemplaires et le texte en moyen anglais fut traduit par le vicaire (et passionné d’antiquités) Samuel Pegge (Chesterfield, 5 novembre 1704 – 14 février 1796) en 1780.

Bien évidemment, ce livre de recettes ne reflète que le régime alimentaire de la cour du roi – roi qui d’ailleurs dépensait souvent sans compter pour sa table. Viandes, poissons, légumes, fruits, ingrédients variés se trouvent parmi les recettes, mais surtout on y lit le nom d’épices du bout du monde qui apparaissent pour la première fois dans un manuscrit.

Le roi, c’était Richard II d’Angleterre (Bordeaux, 6 janvier 1367 – château de Pontefract, 14 février 1400), dont le court règne fut marqué de bien des tumultes.

 

Dans le documentaire, notre cuisinière géniale recrée trois recettes :

- sauce madame (une oie farcie de sauge, persil, hysope, sarriette, ail, grains de raisin, coings et poires – la farce devient la sauce lorsqu’on l’ajoute dans un pot à la graisse de l’oie récupérée dans le plat de cuisson, à des tranches de pain imbibées de vin et à de la poudre douce et que le tout est porté à ébullition et réduit afin de napper l’oie coupée en tranche qui doit alors être servie au plus vite)

- aigre-douce de poisson (des morceaux de divers poissons d’eau douce frits à l’huile d’olive et nappés d’un sirop de vinaigre de vin blanc au sucre, cannelle, gingembre, clous de girofle où ont baignés des oignons hachés, des raisins de Corinthe et des raisins de Smyrne, l’aigre-douce ayant été portée à ébullition et réduite afin de napper les morceaux de poissons frits)

- poires en confit (poires cuites dans du bon vin rouge avec des mûres et des mûres blanches ; une fois cuites, elles sont placées dans un plat et on ajoute au vin du miel et du gingembre en poudre afin de le réduire en sauce pour les poires).

 

Nous sommes récemment retournée au musée de Cluny (pour les expositions Les arts en France sous Charles VII et Merveilleux trésor d’Oignies : éclats du XIIIe siècle ; informations ici) et en admirant de nouveau les salles du musée que nous n’avions pas visitées depuis quelques années, nous avons croisé cette petite merveille :

 Vue générale de la cheminée

 Plan rapproché

 
Notice explicative
 

Cette cheminée n’est pas aussi énorme que celle d’un palais royal, mais elle donne une excellente idée de ce à quoi une cuisine de l’époque pouvait ressembler.

Parmi les recettes choisies par Clarissa Dickson Wright, c’est un élément de sauce madame qui est particulièrement intéressant : la poudre douce. Ce mélange d’épices rares et coûteuses est souvent employé dans The Forme of Cury, mais ce mélange est aussi mentionné dans d’autres recueils et écrits du Moyen Âge et se retrouve dans toute l’Europe. Par exemple, ce mélange est mentionné par le bourgeois qui rédigea Le Ménagier de Paris (vous trouverez le manuscrit ici et le texte imprimé ici), ce curieux – mais fascinant – « traité de morale et d’économie domestique composé vers 1393, contenant des préceptes moraux, quelques faits historiques, des instructions sur l’art de diriger une maison, des renseignements sur la consommation du Roi, des Princes et de la ville de Paris, à la fin du quatorzième siècle, des conseils sur le jardinage et sur le choix des chevaux; un traité de cuisine fort étendu, et un autre non moins complet sur la chasse à l’épervier ».

Tous les lecteurs d’aujourd’hui s’accordent à dire qu’une des difficultés des anciens recueils de recettes est qu’une partie des instructions « manque », tout simplement parce que ces ouvrages s’adressaient à des cuisiniers de profession et que certaines pratiques étaient pour eux évidentes[1] et c’est là que l’expérience de Clarissa Dickson Wright se révèle extrêmement importante si nous voulons recréer ce mélange d’épices car elle est la seule à mentionner le sel. En y réfléchissant, c’est logique, mais sans elle et sa remarque « Salt, of course! [Du sel, bien sûr !] » le mélange est incomplet. D’ailleurs, il est possible que sel et sucre aient été ajoutés en dernier à un mélange d’épices tout préparé puisque ce qui constitue la poudre douce (ou poudre de duc dans Le Ménagier de Paris) peut aussi servir afin de faire la poudre forte.

Pour la poudre douce, la plupart des recettes s’accordent sur l’utilisation du sucre, gingembre et cannelle en poudre – plus le sel qui n’est pas mentionné, mais doit être utilisé afin de faire ressortir le sucre. Certains ajoutent de la cardamome, des grains de poivre, du macis, des clous de girofles ou de la noix de muscade en poudre. Poivre et clous de girofle nous semblent trop violents pour la poudre douce.

Pour la poudre forte, il n’y a pas (ou très peu) de sucre. Gingembre, cannelle et sel restent une base et viennent s’y ajouter clous de girofle (là, oui !), macis, muscade (ces deux-là sont issus du même fruit, mais n’ont pas le même goût), maniguette, poivre noir et poivre long (ce dernier est moins fort, mais plus parfumé que le poivre usuel).

 

Nous proposerions donc :

Pour la poudre douce :

-         2 mesures de sucre (blanc ou roux – tout dépend du contenu des caisses de votre souverain de votre goût)

-         ½ mesure de sel

-         3 mesures de gingembre moulu

-         1 mesure de cannelle moulue

-         1 mesure de cardamome moulue

-         1 mesure de noix de muscade moulue

-         ½ mesure de macis moulu

Pour la poudre forte :

-         ½ mesure de sel

-         2 mesures de gingembre moulu

-         1 mesure de cannelle moulue

-         1 mesure de clous de girofle moulue

-         1 mesure de grains de poivre noir moulus (ou une variété de poivre plus rare)

-         1 mesure de poivre long moulu

-         1 mesure de maniguettes moulues

-         1 mesure de noix de muscade moulue

 

Maintenant… À vos fourneaux… Prêts… Cuisinez !


[1] : Nous avons récemment trouvé une recette où il était indiqué, au sujet d’un poireau, qu’il fallait d’abord couper l’extrémité où se trouvent les racines. Cette action, plus qu’évidente à qui fait de la cuisine, est une indication précieuse pour les novices. Les anciens recueils s'adressent à des professionnels qui savent comment opérer en cuisine.