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Expositions à venir en 2026 à Versailles

            « Le Grand Dauphin. Fils de roi, père de roi et jamais roi » fut la première exposition du château de Versailles à fermer ses portes le 15 février.

« 1725. Des alliés amérindiens à la cour de Louis XV » peut être visitée jusqu’au 3 mai.

 

            Le site du château annonce les prochaines expositions :

 

« Jardins des Lumières (1750-1800)

Du 5 mai au 27 septembre 2026
Grand Trianon, jardin anglais du Petit Trianon

Au printemps 2026 ouvrira Jardins des Lumières (1750-1800), une grande exposition qui rassemblera près de 150 œuvres - peintures, dessins, mobilier, projets d'architecture ou encore costumes - afin de révéler toute l'originalité et la diversité des jardins paysagers conçus dans la seconde moitié XVIIIe siècle. Inspiré du modèle né en Grande-Bretagne dans les années 1730, ce nouveau style s'affranchit des règles du jardin à la française, rompant avec la symétrie et les tracés géométriques pour privilégier l'irrégularité, le pittoresque et l'évocation poétique de la nature. À partir de la seconde moitié du siècle, cette esthétique conquiert l'Europe du Nord dans un mouvement d'anglomanie qui associe fabriques excentriques, rêveries philosophiques, goût de l'exotisme et recherche d'un refuge intime. L'exposition en explorera les multiples sources - de l'Antiquité à la Chine - ainsi que les nouveaux modes de vie qu'elle accompagne, entre plaisirs champêtres, fêtes et contemplation. Le parcours dialoguera étroitement avec les jardins historiques du domaine de Trianon, offrant une mise en perspective inédite des éléments de son jardin anglais : le Belvédère, le Temple de l'Amour ou encore le Hameau de la Reine. 

Commissariat
Elisabeth Maisonnier, conservateur en chef du patrimoine au château de Versailles

Les abords du pavillon de Bagatelle, Louis Belanger, 1785, gouache sur vélin
© Château de Versailles, Dist. RMN / © Christophe Fouin

 

« Marie-Antoinette » de Sofia Coppola

Dès le 22 septembre 2026
Petit Trianon

En septembre 2026, le château de Versailles célébrera les vingt ans du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola à travers une exposition présentée au Petit Trianon, lieu intimement lié à la reine et cadre de nombreuses séquences du tournage. Devenu film culte, Marie-Antoinette a profondément renouvelé l'image de la dernière reine, contribuant à façonner une icône culturelle mêlant histoire, modernité et imaginaire pop. Récompensée par l'Oscar des meilleurs costumes en 2007, l'esthétique singulière de Sofia Coppola - entre rigueur historique, audace contemporaine et raffinement pastel - a donné naissance à un véritable « style Marie-Antoinette », dont l'influence se fait encore sentir dans la mode, le design et la photographie. 

Déployée au cœur du domaine de Trianon, l'exposition invitera les visiteurs dans les coulisses de cette création cinématographique : costumes originaux de Milena Canonero, chaussures créées par Manolo Blahnik, accessoires du tournage, storyboards, scénarios annotés, photographies de plateau et esquisses de décors. Des projections permettront de revoir des séquences filmées dans les pièces même où elles furent réalisées, offrant une expérience immersive unique où se répondent espace historique et relecture cinématographique.

Commissariat
Laurent Salomé, directeur du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Hélène Delalex, conservatrice en chef du patrimoine au château de Versailles

Avec la participation exceptionnelle de Sofia Coppola.

© Château de Versailles / C. Milet

 

Adriaen De Vries

Du 17 novembre 2026 au 2 mai 2027
Salles Empire de l'aile du Midi

Du 17 novembre 2026 au 2 mai 2027, le château de Versailles consacrera une exposition dédiée à Adriaen De Vries, figure majeure de la sculpture européenne du début du XVIIe siècle. Grâce à une collaboration exceptionnelle avec le Nationalmuseum de Stockholm, l'exposition réunira pour la première fois depuis 1998 un ensemble significatif d'œuvres du sculpteur, placé au cœur du dialogue artistique qui unissait alors les cours de France, de Suède et d'Italie. L'exposition bénéficiera d'un contexte architectural unique : les salles ouvrent largement sur le parterre du Midi dessiné par André Le Nôtre, qui inspira Nicodème Tessin le Jeune pour le parc de Drottningholm, rappelant combien les décors de jardin ont façonné la réception de la sculpture européenne. De Vries fut d'ailleurs apprécié de Louis XIV, qui choisit d'installer en 1694 dans le jardin de l'Orangerie l'un de ses chefs-d'œuvre issu de la collection de la reine Christine, aujourd'hui conservé au musée du Louvre. Considéré comme le plus grand musée de sculpture en plein air au monde, le château de Versailles offre avec cette exposition l'opportunité de redécouvrir un artiste essentiel dont l'œuvre, héritière de la Renaissance italienne et admirée dans toute l'Europe, n'a cessé d'enrichir le langage de la sculpture baroque. 

Adriaen De Vries, Triton (détail), vers 1617
© Nationalmuseum

Commissariat
Christophe Leribault, président du château de Versailles

Yasumichi morita

A partir du 8 décembre 2026
Appartement de madame de Maintenon

L’architecte d’intérieur et photographe japonais Yasumichi Morita a parcouru le château de Versailles durant plusieurs années, au fil des saisons, pour composer un reportage photographique empreint de silence, de matière et de lumière. Présentée pour la première fois en 2023 au Chanel Nexus Hall de Tokyo sous le titre In Praise of Shadows — hommage explicite au célèbre essai esthétique de Jun’ichirō Tanizaki — cette série trouve son inspiration dans l’histoire humaine du château : dans les gestes, les traces et les présences qui ont façonné le lieu. Morita saisit ce qu’il nomme « l’espace étroit entre la lumière et l’obscurité », là où affleure la mémoire sensible des décors versaillais. L’exposition proposera un florilège de ces images méditatives en noir et blanc, révélant un Versailles intime, où les jeux d’ombre et de lumière deviennent les témoins discrets des siècles passés.

© Yasumichi Morita / Château de Versailles »

L'aile de Trianon-sous-bois au Grand Trianon

            Afin de célébrer les 150 ans de la IIIe République, l’aile du Grand Trianon, Trianon-sous-Bois, où résida le général de Gaulle, a été ouverte au public en visite libre les week-ends à partir du 5 avril et jusqu’à la fin octobre 2025.

Le communiqué de presse sur le site Internet du domaine de Versailles nous dit :

« Ouverture des appartements du général de Gaulle à Trianon

En 2025, dans le cadre des 150 ans de la IIIe République, le château de Versailles célèbre son héritage républicain. Après la salle du Congrès et l’appartement du président du Congrès, l’aile de Trianon-sous-Bois ouvrira au public à partir du 5 avril. Ces appartements avaient été réaménagés par le général de Gaulle dans les années 1960 pour en faire une résidence présidentielle privée.

 

Trianon-sous-Bois, l’Élysée à la campagne

Trianon-sous-Bois est une aile discrète du Grand Trianon qui ne se dévoile qu’en contournant le parterre haut du jardin. L'aile apparait sur le plan ancien de Trianon par Hardouin-Mansart et a été bâtie pour loger la famille de Louis XIV. Si le Grand Trianon est construit en pierre calcaire, seule l'aile de Trianon-sous-Bois n'a pas reçu de placage de marbre. Elle est aussi la seule aile du palais pourvue d’un étage. Son style préfigure celui du XVIIIe siècle. 

Dans le cadre d’importants travaux de restauration et de modernisation du Grand Trianon dans les années 1960, c’est à Trianon-sous-Bois que fut aménagée la résidence privée du général de Gaulle. Son rez-de-chaussée se compose de différents bureaux, dont celui du Général et ceux de ses aides-de-camp, de salons et d’une salle à manger. L’étage est dévolu aux appartements privés avec une série de chambres et de salles de bains. Le président peut y séjourner et recevoir les invités de la France dès 1966. 

Au sous-sol, ce sont 800 m2 qui sont consacrés à des cuisines ultra-modernes pouvant servir un nombre important de convives lors de banquets officiels organisés dans la galerie des Cotelle. 

Jean Coural, alors administrateur du Mobilier national, demande au décorateur Serge Royaux de meubler cette nouvelle résidence privée. Scénographe d’expositions et décorateur de résidences privées luxueuses, il était l’homme de la situation. Pour les salons du rez-de-chaussée, le choix du mobilier se porte sur les collections Empire du Mobilier national. Certains meubles ont été adaptés aux usages modernes, comme des vases montés en lampes ou des bancs transformés en tables basses. Concernant les textiles, Serge Royaux va jouer sur les contrastes colorés et imposer le velours frappé. Pour le premier étage, espace véritablement privé, le style est plus discret : on opte pour un mobilier de style Louis XVI et des cotonnades imprimées rappelant la toile de Jouy. 

Le mobilier de Trianon-sous-Bois a été restitué par le Mobilier national en 2015. L’aile se découvre donc aujourd'hui dans son état des années 1960. 

 

Le Grand Trianon, mille-feuille de l’histoire

Le Grand Trianon a été bâti dès 1687 par Jules Hardouin-Mansart pour Louis XIV qui désirait un lieu privé pour lui et sa famille, à l’écart du château où bourdonnait la vie de cour. Le palais se caractérise par sa construction de plain-pied, ses marbres roses et son péristyle majestueux ouvert vers les jardins. 

Moins prisé mais non délaissé par Louis XV et Louis XVI, le Grand Trianon fut investi par Napoléon à partir de 1808 puis par Louis-Philippe qui en fit une résidence familiale lui permettant de séjourner au plus près des travaux de transformation du château de Versailles en musée de l’histoire de France. 

Ainsi, chaque souverain qui vécut à Trianon laissa une trace dans le palais. Aujourd’hui, le Grand Trianon fait s’entremêler ces différentes époques : les boiseries et l'essentiel des peintures datent de Louis XIV et le mobilier date de Napoléon et de Louis-Philippe. 

 

La restauration et la modernisation du Grand Trianon dans les années 1960

Le général de Gaulle fut le dernier chef d’État à laisser sa marque au Grand Trianon. Dans les années 1960, des aménagements au palais de l’Élysée privèrent les hôtes de marque étrangers d’une résidence officielle en France. Sur proposition d’André Malraux en 1962, alors ministre des Affaires culturelles, le général de Gaulle choisit le Grand Trianon pour y remédier. 

Le projet prévoyait une importante restauration générale prenant en compte d’une part des considérations d’ordre logistique et pratique comme l’électricité et le chauffage, le palais étant devenu très vétuste, et d’autre part l’aménagement d’une résidence pour les hôtes étrangers de la France dans l’aile gauche et l’aménagement d’une résidence présidentielle privée dans l’aile droite, dite de Trianon-sous-Bois. »

            Une fois traversé le péristyle, on arrive à la galerie des Cotelle, ainsi nommée en l’honneur des toiles de Jean Cotelle (1642-1708) qui ornent les murs (sur les vingt-quatre toiles de la galerie, vingt-et-une sont de lui ; emportées au château par Louis-Philippe (1773-1850), elles furent ramenées dans la galerie en 1913. Le 4 juin 1920, ce fut dans cette galerie que fut signé le traité de Trianon qui mit fin à la guerre avec la Hongrie.

Les grandes réceptions organisées par de Gaulle avaient lieu là.

 Au bout de cette galerie, on trouve le salon des jardins.

En continuant la visite sur la droite, on arrive à la chapelle Louis-Philippe.

Puis commencent les appartements du général de Gaulle :

La salle à manger du président de la République


 Le salon du président de la République

Le bureau du président de la République

Le bureau du premier aide de camp

 Le bureau du deuxième aide de camp

Le salon d’attente

Le salon des huissiers

 

Les jardins


            Pour une petite explication en vidéo au sujet de la plus récente version de Trianon-sous-Bois, la chaîne YouTube du château de Versailles a créé ceci :

La chapelle royale du château de Versailles

            Quand on visite le château de Versailles, on a une vue de la chapelle royale seulement depuis la porte du premier étage qui donne sur la tribune royale.


            Il y a des événements et concerts dans cette chapelle, qui peut aussi être admirée lors d’une visite guidée, mais l’été dernier (du 8 juillet au 30 septembre 2025), la partie basse de la chapelle a été ouverte au public en visite libre.

La page Internet du château nous dit :

« La Chapelle royale a été achevée à la fin du règne de Louis XIV, en 1710. Elle est la cinquième – et dernière – des chapelles qui se sont succédé dans le château depuis Louis XIII. Jules Hardouin-Mansart en propose le plan au Roi en 1699. Le Premier architecte meurt en 1708 sans voir la fin des travaux qui sont achevés par son beau-frère Robert De Cotte.

 

Le dernier chantier de Louis XIV

L’élévation générale du bâtiment emprunte à l’architecture gothique son élévation, ses grandes verrières ou ses contreforts. Dédiée à Saint Louis, saint patron du Roi et ancêtre de la maison royale, la Chapelle, par son allure générale, fait écho à la Sainte-Chapelle de Paris qu’il avait fondée. L’élévation intérieure, dans sa distribution en deux niveaux, reprend la répartition habituelle des chapelles palatines, mais son traitement architectural, avec la puissante colonnade qui règne au premier étage, s’inspire ostensiblement de l’Antiquité.

Le plafond de la voûte, qu’Hardouin-Mansart a voulu sans aucun arc doubleau pour en faire une surface entièrement unie, est consacré à la Sainte-Trinité : au centre, Dieu le Père dans sa gloire par Antoine Coypel[1], dans l’abside La Résurrection par Charles de La Fosse[2] et, au-dessus de la tribune royale, La Descente du Saint‑Esprit par Jean Jouvenet[3].

 

 Anecdote

Chaque jour, généralement le matin à 10 heures, la Cour assistait à la messe du roi. Celui-ci se tenait à la tribune royale, entouré de sa famille. Les dames de la Cour occupaient les tribunes latérales. Dans la nef se trouvaient les « officiers » et le public.

Le roi n’y descendait que pour les grandes fêtes religieuses où il communiait, pour les cérémonies de l’ordre du Saint-Esprit, pour les baptêmes et pour les mariages des Enfants de France qui y furent célébrés de 1710 à 1789.

Au-dessus de l’autel, autour de l’orgue de Clicquot[4] orné d’un beau Roi David en relief et dont les claviers ont été tenus par les plus grands maîtres comme François Couperin[5], la musique de la Chapelle, renommée dans toute l’Europe, chantait quotidiennement des motets[6] tout au long de l’office. »

Le plafond : 

 
L'autel :
 
 
L'orgue:
 

La tribune royale :

Colonnades, vitraux et autres éléments de la chapelle :

 

            La chapelle royale a été récemment restaurée et la chaîne YouTube du château a publié un fascinant documentaire sur le sujet :



[1] : Antoine Coypel (1661-1722), peintre à la Cour de Louis XIV, puis Premier peintre du Roi en 1716 sous Louis XV…

[2] : Charles de La Fosse (1636-1716), peintre ayant œuvré à l’Hôtel des Invalides.

[3] : Jean Jouvenet (1644-1717), peintre, élève de Le Brun…

[4] : Robert Clicquot (1645-1719), facteur d’orgue français…

[5] : François Couperin (1668-1733), compositeur, organiste et claveciniste de musique baroque.

[6] : Compositions musicales à partir d’un texte religieux ou profane, à une ou plusieurs voix, avec ou sans accompagnement.




Exposition : « 1725. Des alliés amérindiens à la cour de Louis XV » au château de Versailles (25 novembre 25 - 3 mai 26)

Il y a au château de Versailles dans les appartements de la Dauphine, du 25 novembre 2025 au 3 mai 2026 une nouvelle exposition intitulée « 1725. Des alliés amérindiens à la cour de Louis XV ».

Le site du château nous dit :

« Le château de Versailles et le Musée du Quai Branly - Jacques Chirac proposent une nouvelle exposition consacrée à la visite des alliés amérindiens à la cour de Versailles. 1725, quatre chefs amérindiens et une femme amérindienne de la vallée du Mississippi sont reçus en France lors d'un voyage diplomatique et rencontrent Louis XV. L’exposition revient sur cette rencontre marquante et explore les liens entre la France et les nations autochtones d’Amérique du Nord au XVIIIe siècle.

 

Aux origines d’une alliance

Au tournant du XVIIIe siècle, la vallée du Mississippi est un espace structuré par de puissantes sociétés amérindiennes. Ces nations vivaient selon une organisation hiérarchisée, guerrière et spirituelle, où le prestige des chefs se manifestait par des objets de pouvoir comme une coiffe de plumes, probablement la plus ancienne connue au monde.

Une carte contemporaine et des cartes anciennes du XVIIIe siècle présentent ces nations comme déjà en lien avec les Français depuis la Grande Paix de Montréal de 1701, traité historique scellant une première alliance diplomatique. Les modes de vie autochtones alternent entre agriculture et chasse, suivant le rythme des saisons. Leur lien au vivant est aussi spirituel et passe par de véritables relations sociales entretenues avec des « personnes » autre qu’humaines comme les oiseaux-tonnerres, esprits puissants, qui ornent notamment les peaux offertes aux Français comme cadeaux diplomatiques.

 

Un voyage diplomatique

En 1724, la Compagnie des Indes[1] propose un geste inédit : inviter des chefs autochtones à la Cour de Louis XV. Étienne Véniard de Bourgmont sollicite plusieurs nations : Oto, Osage, Missouri, Illinois. Des lettres diplomatiques précieuses, certaines traduites par des missionnaires jésuites comme Nicolas-Ignace de Beaubois, documentent leur réponse. Malgré un naufrage qui empêche certaines délégations de partir, quatre chefs et la fille d’un chef Missouri embarquent au printemps 1725, traités dès leur départ comme de véritables ambassadeurs.

Leur arrivée en France inaugure un voyage diplomatique entre Paris, Versailles et Fontainebleau. Grâce au Mercure de France, le parcours est suivi pas à pas : audiences officielles, rencontres avec les princes du sang, visites des résidences royales. Le moment le plus solennel survient à Fontainebleau, le 25 novembre 1725, lorsque Louis XV reçoit les chefs en audience : harangues et gestes protocolaires marquent un respect mutuel.

Cette rencontre laisse une empreinte durable dans la culture française. Jean-Philippe Rameau, inspiré par une danse de deux chefs sur la scène de la Comédie italienne, compose la célèbre “Danse des Sauvages” pour son opéra Les Indes galantes. Cette création témoigne de l’impact culturel de cette délégation, encore peu souligné aujourd’hui.

 

L’exposition

Avec la création de la colonie de Louisiane, les relations entre les Français et leurs alliés autochtones se renforcent. Un dialogue culturel s’installe, donnant naissance à des objets métissés, à la fois européens et amérindiens : casse-têtes décorés de fleurs de lys, colliers de perles importées, couteaux européens dans des fourreaux autochtones. Le calumet de paix, richement orné, devient l’un des symboles de cette diplomatie partagée.

Lors du voyage, la délégation est conviée à participer à la chasse royale. Les invités y prennent part à leur manière, à pied et armés de leurs arcs. Les échanges de présents – calumets, coiffes, arcs, médailles en or – scellent cette rencontre. L’exposition présente ces objets, accompagnés de portraits des principaux acteurs, dont celui d’un Amérindien Miami, jamais montré en France. À travers une série d’œuvres prêtées exceptionnellement par le Musée du Quai Branly, se dessine une autre image de ces sociétés, bien différente de celle transmise par les récits coloniaux.

En clôture du parcours, une médiation sonore donne la parole aux membres autochtones du conseil scientifique de l’exposition. Ils évoquent la mémoire vivante de cette alliance et son écho dans les relations actuelles entre la France et leurs nations. »

 

            Les objets présentés doivent être fascinants, mais la médiation sonore a l’air tout simplement extraordinaire.

 



[1] : Une compagnie qui gérait le commerce entre une métropole européenne et ses colonies.

Curiosités de musée : Où est... Antinoüs ?

            Il y a quelques mois, après avoir rencontré le couple impérial à Écouen, nous avions croisé l’empereur Hadrien dans plusieurs musées.

            Cet été, c’est Antinoüs que nous avons retrouvé par hasard.

 

Une statuette de lui peut être actuellement admirée à l’Institut du monde arabe dans l’exposition sur Gaza.

Ce petit bronze moulé du début de notre ère (entre le Ier et le IIIème siècle) fut découvert au large de Gaza en 2004. Il faisait partie de la collection Jawdat Khoudary et appartient à l’autorité nationale palestinienne et est normalement conservée à Genève, au musée d’art et d’histoire afin d’assurer sa conservation et de garantir qu’il ne sera pas détruit par l’armée d’occupation.

La notice nous dit : « La statuette représente Antinoüs, le favori de l’empereur Hadrien, mort noyé dans le Nil en 130. Antinoüs fut divinisé et le culte d’Osiris-Antinoüs se répandit rapidement dans toutes les provinces de l’Empire. Hadrien visite Gaza en 129 qui organise par la suite une fête annuelle en son honneur. Gaza reçoit d’Hadrien le privilège exceptionnel d’émettre une gamme de 5 monnaies, analogue à celles du Sénat de Rome. »


L’éclairage du musée créé des reflets et il est assez difficile de prendre une bonne photo, mais cette œuvre est magnifique.

 

            Ensuite, nous avons croisé Antinoüs au Louvre, salle 616 (aile Sully). Cette œuvre fut saisie en mars 1794 au titre de la loi sur le séquestre des biens des émigrés et transférée au Louvre.

Fondue à Rome en 1780 par Luigi Valadier (1726-1785), elle appartenait à Pierre Marie Gaspard Grimod (1748-1809). Il était issu d’une famille de fermiers-généraux et avait été fait comte d’Orsay par Louis XV. Entre 1775 et 1778, il rassembla en Italie des originaux d’époque romaine, des copies d’après l’Antique, des œuvres de style maniériste et en commanda d’autres à des artistes néoclassiques. La notice nous apprend aussi que ce « bronze fondu d’après la célèbre statue antique conservée au musée du Capitole témoigne de la qualité de cette collection, installée à Paris dans un nouveau décor « à la grecque », aujourd’hui disparu, de son hôtel particulier. »


(La luminosité n’était encore pas de notre côté.)

 

            À Versailles, en sortant de l’exposition sur le buste du Bernin, nous avons vu une copie du relief antique de la collection Albani, à Rome et attribuée à Simon Challe. « Médaillon exécuté lors du séjour de l’artiste à l’Académie de France à Rome en tant que pensionnaire du roi. Déposé en 1752 à la salle des Antiques du Louvre, puis envoyé à Saint-Cloud en 1802. Entré à Versailles en 1827. »

Antinoüs Albani (1748-1752)

La salle du Congrès et l'appartement du président du Congrès (jusqu'au 4 janvier 2026)

            Les week-ends et les jours fériés, la salle du Congrès et l’appartement du président du Congrès sont ouverts en visite libre ou visite guidée au château de Versailles. En semaine, seules les visites guidées sont disponibles.

            Au sujet de la salle du Congrès, le site du château nous dit (il y a une visite virtuelle du lieu sur le site) : 

« Construite à la fin du XIXe siècle, la salle du Congrès accueille encore aujourd’hui les députés et les sénateurs réunis en Congrès pour adopter les révisions constitutionnelles ou pour assister aux adresses du Président de la République.

 

La salle du Congrès

Histoire du lieu

Après la défaite de Sedan[1], Napoléon III est fait prisonnier par l’armée prussienne. qui provoque la chute du Second Empire de Napoléon III[2], une Assemblée nationale est élue en 1871 et se réunit d’abord à Bordeaux. Composée majoritairement de monarchistes, elle souhaite se rapprocher de Paris, mais ne pas y siéger à cause de l’agitation qui règne alors dans la capitale et qui aboutira à la « Semaine sanglante » de mai 1871.

Les lois constitutionnelles de 1875 instaurent de façon définitive la IIIe République. Elles prévoient notamment le retour au bicamérisme, divisant le parlement en deux chambres distinctes : le Sénat et la Chambre des députés. Hésitant entre Orléans et Fontainebleau, l’Assemblée choisit finalement Versailles et s’installe à l’Opéra royal qui subit quelques modifications pour la circonstance.

Quatre ans plus tard, les lois constitutionnelles de 1875 instaurent de façon définitive la IIIe République. Elles prévoient notamment le retour au bicamérisme, divisant le parlement en deux chambres distinctes : le Sénat et la Chambre des députés. Le premier choisit de siéger dans la salle de l’Opéra royal. Pour accueillir la seconde, l’architecte du Parlement, Edmond de Joly, livre, fin 1875, une nouvelle salle en hémicycle aménagée au cœur de l’aile du Midi. Elle est inaugurée lors de l’ouverture solennelle des chambres le 8 mars 1876. Les députés y tiennent séance jusqu’à leur retour au palais Bourbon, à Paris, en 1879. La salle possède de vastes capacités qui permettent de réunir les deux chambres en « assemblée nationale », notamment lors de l’élection du président de la République.

La constitution de la Ve République prévoit elle aussi la réunion des deux chambres (Sénat et Assemblée nationale) en Congrès pour l’adoption des révisions constitutionnelles. Depuis celle de 2008, elle peut accueillir également les adresses du Président de la République aux deux assemblées.

 

Le vestibule

La grande porte donnant sur la rue de l’Indépendance américaine est celle encore utilisée par le public et les journalistes pour assister aux séances du Congrès, les députés et sénateurs entrant par la grande cour du Château et la cour des Princes. Le vestibule est orné de 5 statues appartenant aux collections historiques du Château, représentant le philosophe René Descartes, le poète François de Malherbe, le moraliste Michel de Montaigne, le penseur politique Montesquieu, et le peintre Nicolas Poussin.

 

La salle du Sceau

Cette salle était autrefois utilisée comme parloir pour le public souhaitant rencontrer les députés. Elle doit son nom actuel au sceau utilisé pour authentifier les actes officiels produits par l’Assemblée nationale ou les deux assemblées réunies en congrès. Le sceau était autrefois installé dans l’une des salles de l’Empire, à proximité de la salle de Marengo. L’appareil lui-même, daté de 1875, est l’œuvre de l’ingénieur Guillaume, conçu comme un balancier à vis. Il pèse 150 kilos. »

            La page dédiée à l’ouverture exceptionnelle de la salle du Congrès et de l’appartement du président du Congrès nous dit : 


« La salle du Congrès

La salle du Congrès, bâtie en 1875 en seulement six mois au cœur de l’aile du Midi, contient près de 1 500 places. Elle est plus grande que les hémicycles de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Elle est un bel exemple de l’architecture officielle du début de la IIIe  République, de style éclectique et d’esprit très palatial, son étonnant décor s’inspire du grand appartement de Louis XIV et ne manque pas de références au Roi-Soleil.

Entre 1875 et 1953, seize présidents de la République y ont été élus et c’est sur ses bancs que se réunissent aujourd’hui en Congrès les députés et sénateurs à l’occasion des modifications de la Constitution ou lors des allocutions du président de la République. Le Congrès s'est à ce titre réuni le 4 mars 2024 pour se prononcer définitivement sur l'inscription de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution.

 

L’appartement du président du Congrès

Souvent ignoré du grand public et construit en même temps que la salle du Congrès, l’appartement du président du Congrès présente un décor néo-Louis XV, familier à Versailles, et remplace d’anciens appartements de membres de la famille royale. Cet étonnant et vaste appartement d’apparat a été restitué par l’Assemblée nationale au château de Versailles en 2006. 

 

Un nouvel accrochage

À l’occasion des 150 ans de la IIIe  République, un nouvel accrochage permanent prendra place : des œuvres des XIXe et XXe siècles siècle issues principalement des collections du Château (peintures et sculptures) offriront aux visiteurs un aperçu singulier de la vie parlementaire sous la IIIe République. »

 

 
Le premier salon

Le deuxième salon

Le troisième salon


[1] : Le 1er septembre 1870.

[2] : Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873), président de la IIe République en 1848, instaure le Second Empire en 1852.

 

Exposition : « Le Grand Dauphin » au château de Versailles (du 14 octobre 25 au 15 février 26)

 Le site du château nous dit : 

« Le château de Versailles présente une exposition consacrée au Grand Dauphin, Louis de France, fils aîné de Louis XIV. À travers près de 250 œuvres issues de collections françaises et internationales, ce parcours retrace la vie de ce prince méconnu. Héritier du trône, il fut au cœur des ambitions dynastiques des Bourbons sans jamais régner, mais dont l’éducation, les résidences et le goût pour les arts témoignent du destin qui lui était promis.

Louis de france

Né en 1661 au château de Fontainebleau, Louis de France est le premier fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche. Dauphin de son vivant, il est appelé « Monseigneur », puis reçoit le surnom de « Grand Dauphin » après sa mort en 1711, pour le distinguer de son propre fils, le duc de Bourgogne.

Héritier de la couronne, il meurt prématurément de la petite vérole en avril 1711 dans son château de Meudon, quatre ans avant son père. Son fils aîné, le duc de Bourgogne, meurt l’année suivante, laissant deux enfants. L'aîné, le duc d’Anjou, âgé de deux ans, devient alors dauphin et accède au trône en 1715 après la mort de Louis XIV, sous le nom de Louis XV. Si le Grand Dauphin ne régna pas, il reste une figure centrale de la dynastie des Bourbons ; grand-père de Louis XV, arrière-arrière-grand-père de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X, et père de Philippe V, premier souverain de la branche espagnole des Bourbons, toujours régnante aujourd’hui.

Une vie de Cour, de pouvoir et de culture

Durant toute sa vie, le Grand Dauphin est formé pour devenir roi, et reçoit une instruction rigoureuse dans les arts, la guerre et le gouvernement. Sa vie, résumée par Saint-Simon dans une formule célèbre :

« Fils de roi, père de roi, et jamais roi. »

Cette formule incarne le paradoxe d’un prince formé à gouverner mais jamais couronné.

Au-delà des obligations politiques, le Grand Dauphin développe aussi un goût prononcé pour les arts et les plaisirs de la cour. Grand collectionneur, il rassemble de nombreuses œuvres d'art, dont certaines seront exposées pour la première fois grâce à des prêts exceptionnels, notamment du musée du Prado de Madrid.

L’exposition

L’exposition, réalisée avec la participation exceptionnelle de la Bibliothèque nationale de France, met en lumière ce que signifiait sous l’Ancien Régime, être dauphin de France, en retraçant les grandes étapes de la vie du Grand Dauphin. Présentée en trois parties suivant la formule de Saint Simon, elle retrace son éducation princière, sa vie à la cour et son engagement dans les affaires de l’État.

Environ 250 œuvres, provenant de collections publiques et privées, françaises et internationales, illustrent toutes ces facettes de sa vie. Peintures, sculptures, objets d’art, et manuscrits permettent de retracer l’existence de ce prince que Louis XIV imaginait comme son digne successeur. »