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L'aile de Trianon-sous-bois au Grand Trianon

            Afin de célébrer les 150 ans de la IIIe République, l’aile du Grand Trianon, Trianon-sous-Bois, où résida le général de Gaulle, a été ouverte au public en visite libre les week-ends à partir du 5 avril et jusqu’à la fin octobre 2025.

Le communiqué de presse sur le site Internet du domaine de Versailles nous dit :

« Ouverture des appartements du général de Gaulle à Trianon

En 2025, dans le cadre des 150 ans de la IIIe République, le château de Versailles célèbre son héritage républicain. Après la salle du Congrès et l’appartement du président du Congrès, l’aile de Trianon-sous-Bois ouvrira au public à partir du 5 avril. Ces appartements avaient été réaménagés par le général de Gaulle dans les années 1960 pour en faire une résidence présidentielle privée.

 

Trianon-sous-Bois, l’Élysée à la campagne

Trianon-sous-Bois est une aile discrète du Grand Trianon qui ne se dévoile qu’en contournant le parterre haut du jardin. L'aile apparait sur le plan ancien de Trianon par Hardouin-Mansart et a été bâtie pour loger la famille de Louis XIV. Si le Grand Trianon est construit en pierre calcaire, seule l'aile de Trianon-sous-Bois n'a pas reçu de placage de marbre. Elle est aussi la seule aile du palais pourvue d’un étage. Son style préfigure celui du XVIIIe siècle. 

Dans le cadre d’importants travaux de restauration et de modernisation du Grand Trianon dans les années 1960, c’est à Trianon-sous-Bois que fut aménagée la résidence privée du général de Gaulle. Son rez-de-chaussée se compose de différents bureaux, dont celui du Général et ceux de ses aides-de-camp, de salons et d’une salle à manger. L’étage est dévolu aux appartements privés avec une série de chambres et de salles de bains. Le président peut y séjourner et recevoir les invités de la France dès 1966. 

Au sous-sol, ce sont 800 m2 qui sont consacrés à des cuisines ultra-modernes pouvant servir un nombre important de convives lors de banquets officiels organisés dans la galerie des Cotelle. 

Jean Coural, alors administrateur du Mobilier national, demande au décorateur Serge Royaux de meubler cette nouvelle résidence privée. Scénographe d’expositions et décorateur de résidences privées luxueuses, il était l’homme de la situation. Pour les salons du rez-de-chaussée, le choix du mobilier se porte sur les collections Empire du Mobilier national. Certains meubles ont été adaptés aux usages modernes, comme des vases montés en lampes ou des bancs transformés en tables basses. Concernant les textiles, Serge Royaux va jouer sur les contrastes colorés et imposer le velours frappé. Pour le premier étage, espace véritablement privé, le style est plus discret : on opte pour un mobilier de style Louis XVI et des cotonnades imprimées rappelant la toile de Jouy. 

Le mobilier de Trianon-sous-Bois a été restitué par le Mobilier national en 2015. L’aile se découvre donc aujourd'hui dans son état des années 1960. 

 

Le Grand Trianon, mille-feuille de l’histoire

Le Grand Trianon a été bâti dès 1687 par Jules Hardouin-Mansart pour Louis XIV qui désirait un lieu privé pour lui et sa famille, à l’écart du château où bourdonnait la vie de cour. Le palais se caractérise par sa construction de plain-pied, ses marbres roses et son péristyle majestueux ouvert vers les jardins. 

Moins prisé mais non délaissé par Louis XV et Louis XVI, le Grand Trianon fut investi par Napoléon à partir de 1808 puis par Louis-Philippe qui en fit une résidence familiale lui permettant de séjourner au plus près des travaux de transformation du château de Versailles en musée de l’histoire de France. 

Ainsi, chaque souverain qui vécut à Trianon laissa une trace dans le palais. Aujourd’hui, le Grand Trianon fait s’entremêler ces différentes époques : les boiseries et l'essentiel des peintures datent de Louis XIV et le mobilier date de Napoléon et de Louis-Philippe. 

 

La restauration et la modernisation du Grand Trianon dans les années 1960

Le général de Gaulle fut le dernier chef d’État à laisser sa marque au Grand Trianon. Dans les années 1960, des aménagements au palais de l’Élysée privèrent les hôtes de marque étrangers d’une résidence officielle en France. Sur proposition d’André Malraux en 1962, alors ministre des Affaires culturelles, le général de Gaulle choisit le Grand Trianon pour y remédier. 

Le projet prévoyait une importante restauration générale prenant en compte d’une part des considérations d’ordre logistique et pratique comme l’électricité et le chauffage, le palais étant devenu très vétuste, et d’autre part l’aménagement d’une résidence pour les hôtes étrangers de la France dans l’aile gauche et l’aménagement d’une résidence présidentielle privée dans l’aile droite, dite de Trianon-sous-Bois. »

            Une fois traversé le péristyle, on arrive à la galerie des Cotelle, ainsi nommée en l’honneur des toiles de Jean Cotelle (1642-1708) qui ornent les murs (sur les vingt-quatre toiles de la galerie, vingt-et-une sont de lui ; emportées au château par Louis-Philippe (1773-1850), elles furent ramenées dans la galerie en 1913. Le 4 juin 1920, ce fut dans cette galerie que fut signé le traité de Trianon qui mit fin à la guerre avec la Hongrie.

Les grandes réceptions organisées par de Gaulle avaient lieu là.

 Au bout de cette galerie, on trouve le salon des jardins.

En continuant la visite sur la droite, on arrive à la chapelle Louis-Philippe.

Puis commencent les appartements du général de Gaulle :

La salle à manger du président de la République


 Le salon du président de la République

Le bureau du président de la République

Le bureau du premier aide de camp

 Le bureau du deuxième aide de camp

Le salon d’attente

Le salon des huissiers

 

Les jardins


            Pour une petite explication en vidéo au sujet de la plus récente version de Trianon-sous-Bois, la chaîne YouTube du château de Versailles a créé ceci :

La chapelle royale du château de Versailles

            Quand on visite le château de Versailles, on a une vue de la chapelle royale seulement depuis la porte du premier étage qui donne sur la tribune royale.


            Il y a des événements et concerts dans cette chapelle, qui peut aussi être admirée lors d’une visite guidée, mais l’été dernier (du 8 juillet au 30 septembre 2025), la partie basse de la chapelle a été ouverte au public en visite libre.

La page Internet du château nous dit :

« La Chapelle royale a été achevée à la fin du règne de Louis XIV, en 1710. Elle est la cinquième – et dernière – des chapelles qui se sont succédé dans le château depuis Louis XIII. Jules Hardouin-Mansart en propose le plan au Roi en 1699. Le Premier architecte meurt en 1708 sans voir la fin des travaux qui sont achevés par son beau-frère Robert De Cotte.

 

Le dernier chantier de Louis XIV

L’élévation générale du bâtiment emprunte à l’architecture gothique son élévation, ses grandes verrières ou ses contreforts. Dédiée à Saint Louis, saint patron du Roi et ancêtre de la maison royale, la Chapelle, par son allure générale, fait écho à la Sainte-Chapelle de Paris qu’il avait fondée. L’élévation intérieure, dans sa distribution en deux niveaux, reprend la répartition habituelle des chapelles palatines, mais son traitement architectural, avec la puissante colonnade qui règne au premier étage, s’inspire ostensiblement de l’Antiquité.

Le plafond de la voûte, qu’Hardouin-Mansart a voulu sans aucun arc doubleau pour en faire une surface entièrement unie, est consacré à la Sainte-Trinité : au centre, Dieu le Père dans sa gloire par Antoine Coypel[1], dans l’abside La Résurrection par Charles de La Fosse[2] et, au-dessus de la tribune royale, La Descente du Saint‑Esprit par Jean Jouvenet[3].

 

 Anecdote

Chaque jour, généralement le matin à 10 heures, la Cour assistait à la messe du roi. Celui-ci se tenait à la tribune royale, entouré de sa famille. Les dames de la Cour occupaient les tribunes latérales. Dans la nef se trouvaient les « officiers » et le public.

Le roi n’y descendait que pour les grandes fêtes religieuses où il communiait, pour les cérémonies de l’ordre du Saint-Esprit, pour les baptêmes et pour les mariages des Enfants de France qui y furent célébrés de 1710 à 1789.

Au-dessus de l’autel, autour de l’orgue de Clicquot[4] orné d’un beau Roi David en relief et dont les claviers ont été tenus par les plus grands maîtres comme François Couperin[5], la musique de la Chapelle, renommée dans toute l’Europe, chantait quotidiennement des motets[6] tout au long de l’office. »

Le plafond : 

 
L'autel :
 
 
L'orgue:
 

La tribune royale :

Colonnades, vitraux et autres éléments de la chapelle :

 

            La chapelle royale a été récemment restaurée et la chaîne YouTube du château a publié un fascinant documentaire sur le sujet :



[1] : Antoine Coypel (1661-1722), peintre à la Cour de Louis XIV, puis Premier peintre du Roi en 1716 sous Louis XV…

[2] : Charles de La Fosse (1636-1716), peintre ayant œuvré à l’Hôtel des Invalides.

[3] : Jean Jouvenet (1644-1717), peintre, élève de Le Brun…

[4] : Robert Clicquot (1645-1719), facteur d’orgue français…

[5] : François Couperin (1668-1733), compositeur, organiste et claveciniste de musique baroque.

[6] : Compositions musicales à partir d’un texte religieux ou profane, à une ou plusieurs voix, avec ou sans accompagnement.




Exposition : « 1725. Des alliés amérindiens à la cour de Louis XV » au château de Versailles (25 novembre 25 - 3 mai 26)

Il y a au château de Versailles dans les appartements de la Dauphine, du 25 novembre 2025 au 3 mai 2026 une nouvelle exposition intitulée « 1725. Des alliés amérindiens à la cour de Louis XV ».

Le site du château nous dit :

« Le château de Versailles et le Musée du Quai Branly - Jacques Chirac proposent une nouvelle exposition consacrée à la visite des alliés amérindiens à la cour de Versailles. 1725, quatre chefs amérindiens et une femme amérindienne de la vallée du Mississippi sont reçus en France lors d'un voyage diplomatique et rencontrent Louis XV. L’exposition revient sur cette rencontre marquante et explore les liens entre la France et les nations autochtones d’Amérique du Nord au XVIIIe siècle.

 

Aux origines d’une alliance

Au tournant du XVIIIe siècle, la vallée du Mississippi est un espace structuré par de puissantes sociétés amérindiennes. Ces nations vivaient selon une organisation hiérarchisée, guerrière et spirituelle, où le prestige des chefs se manifestait par des objets de pouvoir comme une coiffe de plumes, probablement la plus ancienne connue au monde.

Une carte contemporaine et des cartes anciennes du XVIIIe siècle présentent ces nations comme déjà en lien avec les Français depuis la Grande Paix de Montréal de 1701, traité historique scellant une première alliance diplomatique. Les modes de vie autochtones alternent entre agriculture et chasse, suivant le rythme des saisons. Leur lien au vivant est aussi spirituel et passe par de véritables relations sociales entretenues avec des « personnes » autre qu’humaines comme les oiseaux-tonnerres, esprits puissants, qui ornent notamment les peaux offertes aux Français comme cadeaux diplomatiques.

 

Un voyage diplomatique

En 1724, la Compagnie des Indes[1] propose un geste inédit : inviter des chefs autochtones à la Cour de Louis XV. Étienne Véniard de Bourgmont sollicite plusieurs nations : Oto, Osage, Missouri, Illinois. Des lettres diplomatiques précieuses, certaines traduites par des missionnaires jésuites comme Nicolas-Ignace de Beaubois, documentent leur réponse. Malgré un naufrage qui empêche certaines délégations de partir, quatre chefs et la fille d’un chef Missouri embarquent au printemps 1725, traités dès leur départ comme de véritables ambassadeurs.

Leur arrivée en France inaugure un voyage diplomatique entre Paris, Versailles et Fontainebleau. Grâce au Mercure de France, le parcours est suivi pas à pas : audiences officielles, rencontres avec les princes du sang, visites des résidences royales. Le moment le plus solennel survient à Fontainebleau, le 25 novembre 1725, lorsque Louis XV reçoit les chefs en audience : harangues et gestes protocolaires marquent un respect mutuel.

Cette rencontre laisse une empreinte durable dans la culture française. Jean-Philippe Rameau, inspiré par une danse de deux chefs sur la scène de la Comédie italienne, compose la célèbre “Danse des Sauvages” pour son opéra Les Indes galantes. Cette création témoigne de l’impact culturel de cette délégation, encore peu souligné aujourd’hui.

 

L’exposition

Avec la création de la colonie de Louisiane, les relations entre les Français et leurs alliés autochtones se renforcent. Un dialogue culturel s’installe, donnant naissance à des objets métissés, à la fois européens et amérindiens : casse-têtes décorés de fleurs de lys, colliers de perles importées, couteaux européens dans des fourreaux autochtones. Le calumet de paix, richement orné, devient l’un des symboles de cette diplomatie partagée.

Lors du voyage, la délégation est conviée à participer à la chasse royale. Les invités y prennent part à leur manière, à pied et armés de leurs arcs. Les échanges de présents – calumets, coiffes, arcs, médailles en or – scellent cette rencontre. L’exposition présente ces objets, accompagnés de portraits des principaux acteurs, dont celui d’un Amérindien Miami, jamais montré en France. À travers une série d’œuvres prêtées exceptionnellement par le Musée du Quai Branly, se dessine une autre image de ces sociétés, bien différente de celle transmise par les récits coloniaux.

En clôture du parcours, une médiation sonore donne la parole aux membres autochtones du conseil scientifique de l’exposition. Ils évoquent la mémoire vivante de cette alliance et son écho dans les relations actuelles entre la France et leurs nations. »

 

            Les objets présentés doivent être fascinants, mais la médiation sonore a l’air tout simplement extraordinaire.

 



[1] : Une compagnie qui gérait le commerce entre une métropole européenne et ses colonies.

Curiosités de musée : Où est... Antinoüs ?

            Il y a quelques mois, après avoir rencontré le couple impérial à Écouen, nous avions croisé l’empereur Hadrien dans plusieurs musées.

            Cet été, c’est Antinoüs que nous avons retrouvé par hasard.

 

Une statuette de lui peut être actuellement admirée à l’Institut du monde arabe dans l’exposition sur Gaza.

Ce petit bronze moulé du début de notre ère (entre le Ier et le IIIème siècle) fut découvert au large de Gaza en 2004. Il faisait partie de la collection Jawdat Khoudary et appartient à l’autorité nationale palestinienne et est normalement conservée à Genève, au musée d’art et d’histoire afin d’assurer sa conservation et de garantir qu’il ne sera pas détruit par l’armée d’occupation.

La notice nous dit : « La statuette représente Antinoüs, le favori de l’empereur Hadrien, mort noyé dans le Nil en 130. Antinoüs fut divinisé et le culte d’Osiris-Antinoüs se répandit rapidement dans toutes les provinces de l’Empire. Hadrien visite Gaza en 129 qui organise par la suite une fête annuelle en son honneur. Gaza reçoit d’Hadrien le privilège exceptionnel d’émettre une gamme de 5 monnaies, analogue à celles du Sénat de Rome. »


L’éclairage du musée créé des reflets et il est assez difficile de prendre une bonne photo, mais cette œuvre est magnifique.

 

            Ensuite, nous avons croisé Antinoüs au Louvre, salle 616 (aile Sully). Cette œuvre fut saisie en mars 1794 au titre de la loi sur le séquestre des biens des émigrés et transférée au Louvre.

Fondue à Rome en 1780 par Luigi Valadier (1726-1785), elle appartenait à Pierre Marie Gaspard Grimod (1748-1809). Il était issu d’une famille de fermiers-généraux et avait été fait comte d’Orsay par Louis XV. Entre 1775 et 1778, il rassembla en Italie des originaux d’époque romaine, des copies d’après l’Antique, des œuvres de style maniériste et en commanda d’autres à des artistes néoclassiques. La notice nous apprend aussi que ce « bronze fondu d’après la célèbre statue antique conservée au musée du Capitole témoigne de la qualité de cette collection, installée à Paris dans un nouveau décor « à la grecque », aujourd’hui disparu, de son hôtel particulier. »


(La luminosité n’était encore pas de notre côté.)

 

            À Versailles, en sortant de l’exposition sur le buste du Bernin, nous avons vu une copie du relief antique de la collection Albani, à Rome et attribuée à Simon Challe. « Médaillon exécuté lors du séjour de l’artiste à l’Académie de France à Rome en tant que pensionnaire du roi. Déposé en 1752 à la salle des Antiques du Louvre, puis envoyé à Saint-Cloud en 1802. Entré à Versailles en 1827. »

Antinoüs Albani (1748-1752)

La salle du Congrès et l'appartement du président du Congrès (jusqu'au 4 janvier 2026)

            Les week-ends et les jours fériés, la salle du Congrès et l’appartement du président du Congrès sont ouverts en visite libre ou visite guidée au château de Versailles. En semaine, seules les visites guidées sont disponibles.

            Au sujet de la salle du Congrès, le site du château nous dit (il y a une visite virtuelle du lieu sur le site) : 

« Construite à la fin du XIXe siècle, la salle du Congrès accueille encore aujourd’hui les députés et les sénateurs réunis en Congrès pour adopter les révisions constitutionnelles ou pour assister aux adresses du Président de la République.

 

La salle du Congrès

Histoire du lieu

Après la défaite de Sedan[1], Napoléon III est fait prisonnier par l’armée prussienne. qui provoque la chute du Second Empire de Napoléon III[2], une Assemblée nationale est élue en 1871 et se réunit d’abord à Bordeaux. Composée majoritairement de monarchistes, elle souhaite se rapprocher de Paris, mais ne pas y siéger à cause de l’agitation qui règne alors dans la capitale et qui aboutira à la « Semaine sanglante » de mai 1871.

Les lois constitutionnelles de 1875 instaurent de façon définitive la IIIe République. Elles prévoient notamment le retour au bicamérisme, divisant le parlement en deux chambres distinctes : le Sénat et la Chambre des députés. Hésitant entre Orléans et Fontainebleau, l’Assemblée choisit finalement Versailles et s’installe à l’Opéra royal qui subit quelques modifications pour la circonstance.

Quatre ans plus tard, les lois constitutionnelles de 1875 instaurent de façon définitive la IIIe République. Elles prévoient notamment le retour au bicamérisme, divisant le parlement en deux chambres distinctes : le Sénat et la Chambre des députés. Le premier choisit de siéger dans la salle de l’Opéra royal. Pour accueillir la seconde, l’architecte du Parlement, Edmond de Joly, livre, fin 1875, une nouvelle salle en hémicycle aménagée au cœur de l’aile du Midi. Elle est inaugurée lors de l’ouverture solennelle des chambres le 8 mars 1876. Les députés y tiennent séance jusqu’à leur retour au palais Bourbon, à Paris, en 1879. La salle possède de vastes capacités qui permettent de réunir les deux chambres en « assemblée nationale », notamment lors de l’élection du président de la République.

La constitution de la Ve République prévoit elle aussi la réunion des deux chambres (Sénat et Assemblée nationale) en Congrès pour l’adoption des révisions constitutionnelles. Depuis celle de 2008, elle peut accueillir également les adresses du Président de la République aux deux assemblées.

 

Le vestibule

La grande porte donnant sur la rue de l’Indépendance américaine est celle encore utilisée par le public et les journalistes pour assister aux séances du Congrès, les députés et sénateurs entrant par la grande cour du Château et la cour des Princes. Le vestibule est orné de 5 statues appartenant aux collections historiques du Château, représentant le philosophe René Descartes, le poète François de Malherbe, le moraliste Michel de Montaigne, le penseur politique Montesquieu, et le peintre Nicolas Poussin.

 

La salle du Sceau

Cette salle était autrefois utilisée comme parloir pour le public souhaitant rencontrer les députés. Elle doit son nom actuel au sceau utilisé pour authentifier les actes officiels produits par l’Assemblée nationale ou les deux assemblées réunies en congrès. Le sceau était autrefois installé dans l’une des salles de l’Empire, à proximité de la salle de Marengo. L’appareil lui-même, daté de 1875, est l’œuvre de l’ingénieur Guillaume, conçu comme un balancier à vis. Il pèse 150 kilos. »

            La page dédiée à l’ouverture exceptionnelle de la salle du Congrès et de l’appartement du président du Congrès nous dit : 


« La salle du Congrès

La salle du Congrès, bâtie en 1875 en seulement six mois au cœur de l’aile du Midi, contient près de 1 500 places. Elle est plus grande que les hémicycles de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Elle est un bel exemple de l’architecture officielle du début de la IIIe  République, de style éclectique et d’esprit très palatial, son étonnant décor s’inspire du grand appartement de Louis XIV et ne manque pas de références au Roi-Soleil.

Entre 1875 et 1953, seize présidents de la République y ont été élus et c’est sur ses bancs que se réunissent aujourd’hui en Congrès les députés et sénateurs à l’occasion des modifications de la Constitution ou lors des allocutions du président de la République. Le Congrès s'est à ce titre réuni le 4 mars 2024 pour se prononcer définitivement sur l'inscription de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution.

 

L’appartement du président du Congrès

Souvent ignoré du grand public et construit en même temps que la salle du Congrès, l’appartement du président du Congrès présente un décor néo-Louis XV, familier à Versailles, et remplace d’anciens appartements de membres de la famille royale. Cet étonnant et vaste appartement d’apparat a été restitué par l’Assemblée nationale au château de Versailles en 2006. 

 

Un nouvel accrochage

À l’occasion des 150 ans de la IIIe  République, un nouvel accrochage permanent prendra place : des œuvres des XIXe et XXe siècles siècle issues principalement des collections du Château (peintures et sculptures) offriront aux visiteurs un aperçu singulier de la vie parlementaire sous la IIIe République. »

 

 
Le premier salon

Le deuxième salon

Le troisième salon


[1] : Le 1er septembre 1870.

[2] : Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873), président de la IIe République en 1848, instaure le Second Empire en 1852.

 

Exposition : « Le Grand Dauphin » au château de Versailles (du 14 octobre 25 au 15 février 26)

 Le site du château nous dit : 

« Le château de Versailles présente une exposition consacrée au Grand Dauphin, Louis de France, fils aîné de Louis XIV. À travers près de 250 œuvres issues de collections françaises et internationales, ce parcours retrace la vie de ce prince méconnu. Héritier du trône, il fut au cœur des ambitions dynastiques des Bourbons sans jamais régner, mais dont l’éducation, les résidences et le goût pour les arts témoignent du destin qui lui était promis.

Louis de france

Né en 1661 au château de Fontainebleau, Louis de France est le premier fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche. Dauphin de son vivant, il est appelé « Monseigneur », puis reçoit le surnom de « Grand Dauphin » après sa mort en 1711, pour le distinguer de son propre fils, le duc de Bourgogne.

Héritier de la couronne, il meurt prématurément de la petite vérole en avril 1711 dans son château de Meudon, quatre ans avant son père. Son fils aîné, le duc de Bourgogne, meurt l’année suivante, laissant deux enfants. L'aîné, le duc d’Anjou, âgé de deux ans, devient alors dauphin et accède au trône en 1715 après la mort de Louis XIV, sous le nom de Louis XV. Si le Grand Dauphin ne régna pas, il reste une figure centrale de la dynastie des Bourbons ; grand-père de Louis XV, arrière-arrière-grand-père de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X, et père de Philippe V, premier souverain de la branche espagnole des Bourbons, toujours régnante aujourd’hui.

Une vie de Cour, de pouvoir et de culture

Durant toute sa vie, le Grand Dauphin est formé pour devenir roi, et reçoit une instruction rigoureuse dans les arts, la guerre et le gouvernement. Sa vie, résumée par Saint-Simon dans une formule célèbre :

« Fils de roi, père de roi, et jamais roi. »

Cette formule incarne le paradoxe d’un prince formé à gouverner mais jamais couronné.

Au-delà des obligations politiques, le Grand Dauphin développe aussi un goût prononcé pour les arts et les plaisirs de la cour. Grand collectionneur, il rassemble de nombreuses œuvres d'art, dont certaines seront exposées pour la première fois grâce à des prêts exceptionnels, notamment du musée du Prado de Madrid.

L’exposition

L’exposition, réalisée avec la participation exceptionnelle de la Bibliothèque nationale de France, met en lumière ce que signifiait sous l’Ancien Régime, être dauphin de France, en retraçant les grandes étapes de la vie du Grand Dauphin. Présentée en trois parties suivant la formule de Saint Simon, elle retrace son éducation princière, sa vie à la cour et son engagement dans les affaires de l’État.

Environ 250 œuvres, provenant de collections publiques et privées, françaises et internationales, illustrent toutes ces facettes de sa vie. Peintures, sculptures, objets d’art, et manuscrits permettent de retracer l’existence de ce prince que Louis XIV imaginait comme son digne successeur. »


Flash info : Cours d'Histoire gratuits à Versailles (du 5 novembre 25 au 6 mai 26)

Des cours d’Histoire gratuits (il suffit de s’inscrire en ligne) vont être donnés à l’auditorium du château de Versailles.


 

Le site nous dit :

Le premiers cours introduit le fonctionnement du pouvoir royal et la logique de la monarchie absolue. Le public suit ensuite l’évolution de la diplomatie et de la géopolitique du royaume, entre affrontements militaires et périodes de paix. Les cours suivants s’attachent à montrer comment le roi finance son autorité grâce à la fiscalité, et à éclairer les rapports complexes qu’il entretient avec la religion et l’Église.

Le cycle poursuit avec une plongée dans le rayonnement des arts et des sciences, lorsque Versailles devient un foyer culturel et intellectuel majeur en Europe. Il se prolonge avec une réflexion sur la hiérarchisation de la société et les interactions entre les différentes classes du système socio-économique de l’Ancien Régime. Enfin, il s’achève par une analyse des crises et des révoltes qui secouent le royaume, révélant les tensions sociales et politiques du temps de Louis XIV. Chaque cours, d’une durée d’une heure, se conclut par un temps d’échange avec le public, offrant l’occasion d’approfondir les sujets abordés et de dialoguer directement avec les intervenants.

Le premier cours

Mercredi 5 novembre - L'État royal

Par Laurent Avezou, historien archiviste paléographe, professeur de chaire supérieure (Chartres) au lycée Pierre de Fermat, Toulouse.

À la mort du cardinal Mazarin le 9 mars 1661, Louis XIV, roi depuis 1643, exerce le pouvoir. Les ministres, les secrétaires d'État et le Conseil sont les institutions sur lesquelles repose son pouvoir. Cependant, les forces traditionnelles tels que les parlements et la noblesse de campagne subsistent. La distance et la faiblesse des moyens de communication font du royaume une juxtaposition de peuples et de pays, et non un État moderne.

Prochains cours

Mercredi 12 novembre - Le Roi conquérant : guerre et diplomatie de 1661 à 1688

Par Jean-Philippe Cénat, professeur de Khâgne au lycée Auguste-Blanqui, Saint-Ouen.

Au début de son règne, Louis XIV hérite d'une situation géopolitique favorable : la France est en paix. Alors qu'il dispose de la première armée d'Europe, le jeune roi va chercher à s'illustrer à travers la guerre de Dévolution (1667-1668) puis la guerre de Hollande (1672-1678), toutes deux victorieuses. Si l'annexion des territoires frontaliers en pleine paix lui permet de consolider les frontières du royaume, elle entraîne la coalition du reste de l'Europe contre la France dans une nouvelle guerre en 1688.

Mercredi 3 décembre - Le Soleil déclinant : guerre et diplomatie de 1688 à 1715

Par Clément Oury, directeur général adjoint du Campus Condorcet en charge de l'Humathèque.

Il faut à la France un effort militaire sans précédent pour parvenir en 1697 à mettre fin à la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697). Mais cinq ans plus tard, l'Europe s'embrase à nouveau sur la question de la couronne d'Espagne. Cette nouvelle guerre amène le royaume au bord du gouffre.

Mercredi 7 janvier : « Un seul roi, une seule foi »

Par Etienne Bourdeu, ancien membre de la Casa de Velázquez, professeur au lycée Victor-Louis, Talence.

Pour mieux appréhender les conflits entre Louis XIV, les confessions considérées comme hérétiques (protestantisme et jansénisme) et le pape, il est nécessaire de saisir le rôle central de la religion dans les sociétés des Temps modernes. La foi n’était pas un simple enjeu de spiritualité, elle renvoyait tout autant à l'organisation de la société et à son contrôle.

Mercredi 4 février - Les Français, le roi et l'impôt

Par Stéphane Guerre, professeur de Khâgne au lycée Blomet, Paris.

Après avoir évoqué les ressources financières à la disposition du pouvoir royal, l'objectif du cours sera de mettre en lumière les réformes fiscales qui ont façonné le règne de Louis XIV, tout en explorant les mécanismes de collecte de l'impôt et les réactions de la société face à une pression fiscale croissante.

Mercredi 18 mars - L'art et les sciences au service du roi

Par Isaure Boitel, maîtresse de conférences en histoire moderne à l'Université de Picardie Jules-Verne, Amiens.

Afin de découvrir comment les artistes et les savants de l'époque se sont mis au service de Louis XIV, l'objectif du cours est de comprendre pourquoi la culture française fascinait autant les contemporains étrangers et participait pleinement à la puissance souveraine.

Mercredi 8 avril - Clergé, noblesse, tiers état : une société hiérarchisée

Par Mathieu Lemoine, professeur de Khâgne au lycée Molière, Paris.

La société française au XVIIe siècle est une société d'ordres au sein de laquelle chacun se distingue en fonction des privilèges dont il bénéficie et qui le positionne au sein de toute une hiérarchie. Malgré des schémas fixes, la société française est relativement ouverte, permettant les ascensions sociales.

Mercredi 6 mai - Misères du Grand Siècle : crises et révoltes

Par Gauthier Aubert, professeur d’histoire moderne, Université Rennes-II.

Les historiens du XVIIe siècle ont mis en avant les difficultés que subirent les contemporains de Louis XIV, permettant de faire contrepoint à la magnificence du règne dont Versailles était le symbole. En conclusion de ce cycle, il s'agira d'évoquer les principales crises que les 20 millions de Français durent affronter mais aussi la manière qu'ils ont eu d'y faire face, pouvant impliquer d'aller jusqu'à la rébellion.

Mécenat

Ces cours sont rendus possibles grâce au mécénat de The Danny Kaye and Sylvia Fine Kaye Fondation.

Informations pratiques

  • Dates : tous les mois (5 et 12 novembre, 3 décembre, 7 janvier, 4 février, 18 mars, 8 avril, 6 mai)
  • Horaires : de 18h à 19h30
  • Lieu : Auditorium
  • Accès :  Parking gratuit place d'Armes