Si
vous souhaitez célébrer les 250 ans des États-Unis d’Amérique et assister à une
grande reconstitution historique, une magnifique option vous attend au domaine
de Trianon à Versailles (de 11 h à 18 h le 4 et de 10 h à 17 h le 5).
Le
site du château de Versailles nous dit :
« L’Amérique & Versailles
La Guerre de la liberté
Le temps d’un week-end, le Château de Versailles célèbre les250 ans de l’Indépendance
américaine lors d’une reconstitution historique
pour toute la famille.
Après une revue des troupes sur la place d’armes du
Château de Trianon, découvrez le plus grand campement jamais
reconstitué dans les jardins de Trianon avec le quartier royal
de Louis XVI, le camp des insurgés américains et le bivouac anglais.
Le public déambulera librement dans les bases militaires à la
rencontre de 500 reconstituteurs érudits et passionnés, en
uniformes restitués avec la plus grande précision.
Vivez une immersion spectaculaire au cœur du XVIIIᵉ siècle
avec des démonstrations équestres et militaires, mais
également la découverte des métiers anciens. Quadrille
écossais, danse de Boston et concerts de musique d’époque seront aussi
à l’honneur, offrant au public un véritable voyage à travers le temps.
En point d’orgue de ces deux journées, La Grande
Bataille offrira un spectacle époustouflant où les insurgés et leurs
alliés s’opposeront aux militaires anglais dans une reconstitution des forces
en présence pour la Bataille de Yorktown !
Reconstitutions, musiques et vie de camp : l’Histoire reprend
vie au cœur du Château de Versailles. »
Informations complémentaires et lien pour réserver sur cette page.
Du 5 mai au 27 septembre 2026 Grand Trianon, jardin anglais du Petit Trianon
Au printemps 2026
ouvrira Jardins des Lumières (1750-1800), une grande exposition qui
rassemblera près de 150 œuvres - peintures, dessins, mobilier,
projets d'architecture ou encore costumes - afin de révéler toute l'originalité
et la diversité des jardins paysagers conçus dans la seconde moitié XVIIIe
siècle. Inspiré du modèle né en Grande-Bretagne dans les années 1730, ce
nouveau style s'affranchit des règles du jardin à la française, rompant avec la
symétrie et les tracés géométriques pour privilégier l'irrégularité, le
pittoresque et l'évocation poétique de la nature. À partir de la seconde moitié
du siècle, cette esthétique conquiert l'Europe du Nord dans un mouvement
d'anglomanie qui associe fabriques excentriques, rêveries philosophiques, goût
de l'exotisme et recherche d'un refuge intime. L'exposition en explorera les
multiples sources - de l'Antiquité à la Chine - ainsi que les nouveaux modes de
vie qu'elle accompagne, entre plaisirs champêtres, fêtes et contemplation. Le
parcours dialoguera étroitement avec les jardins historiques du domaine de
Trianon, offrant une mise en perspective inédite des éléments de son jardin
anglais : le Belvédère, le Temple de l'Amour ou encore le Hameau de la
Reine.
Commissariat
Elisabeth Maisonnier, conservateur en chef du patrimoine au château de
Versailles
En septembre 2026,
le château de Versailles célébrera les vingt ans du film Marie-Antoinette de
Sofia Coppola à travers une exposition présentée au Petit Trianon, lieu
intimement lié à la reine et cadre de nombreuses séquences du tournage. Devenu
film culte, Marie-Antoinette a profondément renouvelé l'image de la dernière
reine, contribuant à façonner une icône culturelle mêlant histoire, modernité
et imaginaire pop. Récompensée par l'Oscar des meilleurs costumes en 2007,
l'esthétique singulière de Sofia Coppola - entre rigueur historique, audace
contemporaine et raffinement pastel - a donné naissance à un véritable « style
Marie-Antoinette », dont l'influence se fait encore sentir dans la mode, le
design et la photographie.
Déployée au cœur du
domaine de Trianon, l'exposition invitera les visiteurs dans les coulisses de
cette création cinématographique : costumes originaux de Milena Canonero,
chaussures créées par Manolo Blahnik, accessoires du tournage, storyboards,
scénarios annotés, photographies de plateau et esquisses de décors. Des
projections permettront de revoir des séquences filmées dans les pièces même où
elles furent réalisées, offrant une expérience immersive unique où se répondent
espace historique et relecture cinématographique.
Commissariat
Laurent Salomé, directeur du musée national des châteaux de Versailles et de
Trianon
Hélène Delalex, conservatrice en chef du patrimoine au château de Versailles
Avec la
participation exceptionnelle de Sofia Coppola.
Du 17 novembre 2026
au 2 mai 2027
Salles Empire de l'aile du Midi
Du 17 novembre 2026 au 2 mai 2027, le château de
Versailles consacrera une exposition dédiée à Adriaen De Vries, figure majeure
de la sculpture européenne du début du XVIIe siècle. Grâce à une collaboration
exceptionnelle avec le Nationalmuseum de Stockholm, l'exposition réunira pour
la première fois depuis 1998 un ensemble significatif d'œuvres du sculpteur,
placé au cœur du dialogue artistique qui unissait alors les cours de France, de
Suède et d'Italie. L'exposition bénéficiera d'un contexte architectural
unique : les salles ouvrent largement sur le parterre du Midi dessiné par André Le Nôtre, qui inspira Nicodème
Tessin le Jeune pour le parc de Drottningholm, rappelant combien les décors de
jardin ont façonné la réception de la sculpture européenne. De Vries fut
d'ailleurs apprécié de Louis XIV, qui choisit d'installer en 1694 dans le
jardin de l'Orangerie l'un de ses chefs-d'œuvre issu de la collection de la
reine Christine, aujourd'hui conservé au musée du Louvre. Considéré comme le
plus grand musée de sculpture en plein air au monde, le château de Versailles
offre avec cette exposition l'opportunité de redécouvrir un artiste essentiel
dont l'œuvre, héritière de la Renaissance italienne et admirée dans toute
l'Europe, n'a cessé d'enrichir le langage de la sculpture baroque.
Commissariat
Christophe Leribault, président du château de Versailles
Yasumichi morita
A partir du 8 décembre
2026
Appartement de madame de Maintenon
L’architecte
d’intérieur et photographe japonais Yasumichi Morita a parcouru le château de
Versailles durant plusieurs années, au fil des saisons, pour composer un
reportage photographique empreint de silence, de matière et de lumière.
Présentée pour la première fois en 2023 au Chanel Nexus Hall de Tokyo sous le
titre In Praise of Shadows — hommage explicite au célèbre essai esthétique de
Jun’ichirō Tanizaki — cette série trouve son inspiration dans l’histoire
humaine du château : dans les gestes, les traces et les présences qui ont
façonné le lieu. Morita saisit ce qu’il nomme « l’espace étroit entre la
lumière et l’obscurité », là où affleure la mémoire sensible des décors
versaillais. L’exposition proposera un florilège de ces images méditatives en
noir et blanc, révélant un Versailles intime, où les jeux d’ombre et de lumière
deviennent les témoins discrets des siècles passés.
Afin de célébrer les 150 ans de la IIIe
République, l’aile du Grand Trianon, Trianon-sous-Bois, où résida le général de
Gaulle, a été ouverte au public en visite libre les week-ends à partir du 5
avril et jusqu’à la fin octobre 2025.
Le communiqué de presse sur le site Internet du domaine de Versailles nous dit :
« Ouverture des appartements du
général de Gaulle à Trianon
En 2025, dans le cadre des 150 ans de la IIIe
République, le château de Versailles célèbre son héritage républicain. Après la
salle du Congrès et l’appartement du président du Congrès, l’aile de
Trianon-sous-Bois ouvrira au public à partir du 5 avril. Ces appartements
avaient été réaménagés par le général de Gaulle dans les années 1960 pour en
faire une résidence présidentielle privée.
Trianon-sous-Bois, l’Élysée à la campagne
Trianon-sous-Bois est une aile discrète du Grand Trianon qui
ne se dévoile qu’en contournant le parterre haut du jardin. L'aile apparait sur
le plan ancien de Trianon par Hardouin-Mansart et a été bâtie pour loger la
famille de Louis XIV. Si le Grand Trianon est construit en pierre calcaire,
seule l'aile de Trianon-sous-Bois n'a pas reçu de placage de marbre. Elle est
aussi la seule aile du palais pourvue d’un étage. Son style préfigure celui du
XVIIIe siècle.
Dans le cadre d’importants travaux de restauration et de
modernisation du Grand Trianon dans les années 1960, c’est à Trianon-sous-Bois
que fut aménagée la résidence privée du général de Gaulle. Son rez-de-chaussée
se compose de différents bureaux, dont celui du Général et ceux de ses
aides-de-camp, de salons et d’une salle à manger. L’étage est dévolu aux
appartements privés avec une série de chambres et de salles de bains. Le
président peut y séjourner et recevoir les invités de la France dès 1966.
Au sous-sol, ce sont 800 m2 qui sont consacrés à des cuisines
ultra-modernes pouvant servir un nombre important de convives lors de banquets
officiels organisés dans la galerie des Cotelle.
Jean Coural, alors administrateur du Mobilier national,
demande au décorateur Serge Royaux de meubler cette nouvelle résidence privée.
Scénographe d’expositions et décorateur de résidences privées luxueuses, il
était l’homme de la situation. Pour les salons du rez-de-chaussée, le choix du
mobilier se porte sur les collections Empire du Mobilier national. Certains
meubles ont été adaptés aux usages modernes, comme des vases montés en lampes
ou des bancs transformés en tables basses. Concernant les textiles, Serge
Royaux va jouer sur les contrastes colorés et imposer le velours frappé. Pour
le premier étage, espace véritablement privé, le style est plus discret : on
opte pour un mobilier de style Louis XVI et des cotonnades imprimées
rappelant la toile de Jouy.
Le mobilier de Trianon-sous-Bois a été restitué par le
Mobilier national en 2015. L’aile se découvre donc aujourd'hui dans son état
des années 1960.
Le Grand Trianon, mille-feuille de l’histoire
Le Grand Trianon a été bâti dès 1687 par Jules
Hardouin-Mansart pour Louis XIV qui désirait un lieu privé pour lui et sa
famille, à l’écart du château où bourdonnait la vie de cour. Le palais se
caractérise par sa construction de plain-pied, ses marbres roses et son
péristyle majestueux ouvert vers les jardins.
Moins prisé mais non délaissé par Louis XV et Louis XVI, le
Grand Trianon fut investi par Napoléon à partir de 1808 puis par Louis-Philippe
qui en fit une résidence familiale lui permettant de séjourner au plus près des
travaux de transformation du château de Versailles en musée de l’histoire de
France.
Ainsi, chaque souverain qui vécut à Trianon laissa une trace
dans le palais. Aujourd’hui, le Grand Trianon fait s’entremêler ces différentes
époques : les boiseries et l'essentiel des peintures datent de Louis XIV et le
mobilier date de Napoléon et de Louis-Philippe.
La restauration et la modernisation du Grand Trianon dans
les années 1960
Le général de Gaulle fut le dernier chef d’État à laisser sa
marque au Grand Trianon. Dans les années 1960, des aménagements au palais de l’Élysée
privèrent les hôtes de marque étrangers d’une résidence officielle en France.
Sur proposition d’André Malraux en 1962, alors ministre des Affaires
culturelles, le général de Gaulle choisit le Grand Trianon pour y
remédier.
Le projet prévoyait une importante restauration générale
prenant en compte d’une part des considérations d’ordre logistique et pratique
comme l’électricité et le chauffage, le palais étant devenu très vétuste, et
d’autre part l’aménagement d’une résidence pour les hôtes étrangers de la
France dans l’aile gauche et l’aménagement d’une résidence présidentielle
privée dans l’aile droite, dite de Trianon-sous-Bois. »
Une fois traversé le péristyle, on arrive
à la galerie des Cotelle, ainsi nommée en l’honneur des toiles de Jean Cotelle (1642-1708)
qui ornent les murs (sur les vingt-quatre toiles de la galerie, vingt-et-une
sont de lui ; emportées au château par Louis-Philippe (1773-1850), elles
furent ramenées dans la galerie en 1913. Le 4 juin 1920, ce fut dans cette galerie que fut
signé le traité de Trianon qui mit fin à la guerre avec la Hongrie.
Les
grandes réceptions organisées par de Gaulle avaient lieu là.
Au
bout de cette galerie, on trouve le salon des jardins.
En
continuant la visite sur la droite, on arrive à la chapelle Louis-Philippe.
Puis
commencent les appartements du général de Gaulle :
La
salle à manger du président de la République
Le
salon du président de la République
Le
bureau du président de la République
Le
bureau du premier aide de camp
Le
bureau du deuxième aide de camp
Le salon
d’attente
Le
salon des huissiers
Les jardins
Pour une petite explication en vidéo
au sujet de la plus récente version de Trianon-sous-Bois, la chaîne YouTube du
château de Versailles a créé ceci :
Quand on visite le château de
Versailles, on a une vue de la chapelle royale seulement depuis la porte du
premier étage qui donne sur la tribune royale.
Il y a des événements et concerts
dans cette chapelle, qui peut aussi être admirée lors d’une visite guidée, mais l’été
dernier (du 8 juillet au 30 septembre 2025), la partie basse de la chapelle a été
ouverte au public en visite libre.
« La Chapelle
royale a été achevée à la fin du règne de Louis XIV, en 1710. Elle est la
cinquième – et dernière – des chapelles qui se sont succédé dans le
château depuis Louis XIII. Jules Hardouin-Mansart en propose le plan au Roi en
1699. Le Premier architecte meurt en 1708 sans voir la fin des travaux qui sont
achevés par son beau-frère Robert De Cotte.
Le
dernier chantier de Louis XIV
L’élévation générale du bâtiment
emprunte à l’architecture gothique son élévation, ses grandes verrières ou ses
contreforts. Dédiée à Saint Louis, saint patron du Roi et ancêtre de la maison
royale, la Chapelle, par son allure générale, fait écho à la Sainte-Chapelle de
Paris qu’il avait fondée. L’élévation intérieure, dans sa distribution en deux
niveaux, reprend la répartition habituelle des chapelles palatines, mais son
traitement architectural, avec la puissante colonnade qui règne au premier
étage, s’inspire ostensiblement de l’Antiquité.
Le plafond de la voûte, qu’Hardouin-Mansart a voulu sans aucun
arc doubleau pour en faire une surface entièrement unie, est consacré à la
Sainte-Trinité : au centre, Dieu le Père dans sa gloire par Antoine
Coypel[1], dans
l’abside La Résurrection par Charles de La Fosse[2] et,
au-dessus de la tribune royale, La Descente du Saint‑Esprit par Jean
Jouvenet[3].
Anecdote
Chaque jour, généralement
le matin à 10 heures, la Cour
assistait à la messe du roi. Celui-ci se tenait à la tribune royale, entouré de
sa famille. Les dames de la Cour occupaient les tribunes latérales. Dans la nef
se trouvaient les « officiers » et le public.
Le
roi n’y descendait que pour les grandes fêtes religieuses où il communiait,
pour les cérémonies de l’ordre du Saint-Esprit, pour les baptêmes et pour les
mariages des Enfants de France qui y furent célébrés de 1710 à 1789.
Au-dessus
de l’autel, autour de l’orgue de Clicquot[4] orné
d’un beau Roi David en relief et dont les claviers ont été tenus par
les plus grands maîtres comme François Couperin[5], la
musique de la Chapelle, renommée dans toute l’Europe, chantait quotidiennement
des motets[6] tout au
long de l’office. »
Le plafond :
L'autel :
L'orgue:
La tribune royale :
Colonnades, vitraux et autres éléments de la chapelle :
La chapelle royale a été récemment
restaurée et la chaîne YouTube du château a publié un fascinant documentaire
sur le sujet :
[1] : Antoine Coypel (1661-1722), peintre à la Cour de Louis
XIV, puis Premier peintre du Roi en 1716 sous Louis XV…
[2] : Charles de La Fosse (1636-1716), peintre ayant œuvré à
l’Hôtel des Invalides.
[3] : Jean Jouvenet (1644-1717), peintre, élève de Le Brun…
[4] : Robert Clicquot (1645-1719), facteur d’orgue français…
[5] : François Couperin (1668-1733), compositeur, organiste et
claveciniste de musique baroque.
[6] : Compositions musicales à partir d’un texte religieux ou
profane, à une ou plusieurs voix, avec ou sans accompagnement.
Il
y a au château de Versailles dans les appartements de la Dauphine, du 25
novembre 2025 au 3
mai 2026 une nouvelle
exposition intitulée « 1725. Des alliés amérindiens à la cour de Louis XV ».
« Le château de Versailles et le Musée du
Quai Branly - Jacques Chirac proposent une nouvelle exposition consacrée à
la visite des alliés amérindiens à la cour de Versailles. 1725, quatre chefs
amérindiens et une femme amérindienne de la vallée du Mississippi sont reçus en
France lors d'un voyage diplomatique et rencontrent Louis XV. L’exposition
revient sur cette rencontre marquante et explore les liens entre la France
et les nations autochtones d’Amérique du Nord au XVIIIe siècle.
Aux origines
d’une alliance
Au tournant du XVIIIe siècle, la vallée du
Mississippi est un espace structuré par de puissantes sociétés amérindiennes.
Ces nations vivaient selon une organisation hiérarchisée, guerrière et
spirituelle, où le prestige des chefs se manifestait par des objets de pouvoir
comme une coiffe de plumes, probablement la plus ancienne connue au monde.
Une carte contemporaine et des cartes anciennes du XVIIIe
siècle présentent ces nations comme déjà en lien avec les Français depuis la
Grande Paix de Montréal de 1701, traité historique scellant une première
alliance diplomatique. Les modes de vie autochtones alternent entre agriculture
et chasse, suivant le rythme des saisons. Leur lien au vivant est aussi
spirituel et passe par de véritables relations sociales entretenues avec des «
personnes » autre qu’humaines comme les oiseaux-tonnerres, esprits puissants,
qui ornent notamment les peaux offertes aux Français comme cadeaux
diplomatiques.
Un voyage
diplomatique
En 1724, la Compagnie des Indes[1] propose
un geste inédit : inviter des chefs autochtones à la Cour de Louis XV. Étienne
Véniard de Bourgmont sollicite plusieurs nations : Oto, Osage, Missouri,
Illinois. Des lettres diplomatiques précieuses, certaines traduites par des
missionnaires jésuites comme Nicolas-Ignace de Beaubois, documentent leur
réponse. Malgré un naufrage qui empêche certaines délégations de partir, quatre
chefs et la fille d’un chef Missouri embarquent au printemps 1725, traités dès
leur départ comme de véritables ambassadeurs.
Leur arrivée en France inaugure un
voyage diplomatique entre Paris, Versailles et Fontainebleau. Grâce au Mercure
de France, le parcours est suivi pas à pas : audiences officielles,
rencontres avec les princes du sang, visites des résidences royales. Le moment
le plus solennel survient à Fontainebleau, le 25 novembre 1725, lorsque Louis XV reçoit les
chefs en audience : harangues et gestes protocolaires marquent un respect
mutuel.
Cette rencontre laisse une empreinte durable dans la culture
française. Jean-Philippe Rameau, inspiré par une danse de deux chefs sur la
scène de la Comédie italienne, compose la célèbre “Danse des Sauvages” pour son
opéra Les Indes galantes. Cette création témoigne de l’impact culturel
de cette délégation, encore peu souligné aujourd’hui.
L’exposition
Avec la création de la colonie de Louisiane, les relations
entre les Français et leurs alliés autochtones se renforcent. Un dialogue
culturel s’installe, donnant naissance à des objets métissés, à la fois
européens et amérindiens : casse-têtes décorés de fleurs de lys, colliers de
perles importées, couteaux européens dans des fourreaux autochtones. Le calumet
de paix, richement orné, devient l’un des symboles de cette diplomatie
partagée.
Lors du voyage, la délégation est conviée à participer à la
chasse royale. Les invités y prennent part à leur manière, à pied et armés de
leurs arcs. Les échanges de présents – calumets, coiffes, arcs, médailles en or
– scellent cette rencontre. L’exposition présente ces objets, accompagnés de
portraits des principaux acteurs, dont celui d’un Amérindien Miami, jamais montré
en France. À travers une série d’œuvres prêtées exceptionnellement par le Musée
du Quai Branly, se dessine une autre image de ces sociétés, bien
différente de celle transmise par les récits coloniaux.
En
clôture du parcours, une médiation sonore donne la parole aux membres
autochtones du conseil scientifique de l’exposition. Ils évoquent la mémoire
vivante de cette alliance et son écho dans les relations actuelles entre la
France et leurs nations. »
Les objets
présentés doivent être fascinants, mais la médiation sonore a l’air tout
simplement extraordinaire.
[1] :
Une compagnie qui gérait le commerce entre une
métropole européenne et ses colonies.
Cet été, c’est Antinoüs que nous
avons retrouvé par hasard.
Une statuette de lui peut être actuellement admirée à l’Institut
du monde arabe dans l’exposition sur Gaza.
Ce
petit bronze moulé du début de notre ère (entre le Ier et le IIIème
siècle) fut découvert au large de Gaza en 2004. Il faisait partie de la
collection Jawdat Khoudary et appartient à l’autorité nationale palestinienne
et est normalement conservée à Genève, au musée d’art et d’histoire afin
d’assurer sa conservation et de garantir qu’il ne sera pas détruit par l’armée
d’occupation.
La
notice nous dit : « La statuette représente Antinoüs, le favori
de l’empereur Hadrien, mort noyé dans le Nil en 130. Antinoüs fut divinisé et
le culte d’Osiris-Antinoüs se répandit rapidement dans toutes les provinces de
l’Empire. Hadrien visite Gaza en 129 qui organise par la suite une fête
annuelle en son honneur. Gaza reçoit d’Hadrien le privilège exceptionnel
d’émettre une gamme de 5 monnaies, analogue à celles du Sénat de Rome. »
L’éclairage
du musée créé des reflets et il est assez difficile de prendre une bonne photo,
mais cette œuvre est magnifique.
Ensuite, nous avons croisé Antinoüs
au Louvre, salle 616 (aile Sully). Cette œuvre fut saisie en mars 1794 au titre
de la loi sur le séquestre des biens des émigrés et transférée au Louvre.
Fondue
à Rome en 1780 par Luigi Valadier (1726-1785), elle appartenait à Pierre Marie
Gaspard Grimod (1748-1809). Il était issu d’une famille de fermiers-généraux et
avait été fait comte d’Orsay par Louis XV. Entre 1775 et 1778, il rassembla en
Italie des originaux d’époque romaine, des copies d’après l’Antique, des œuvres
de style maniériste et en commanda d’autres à des artistes néoclassiques. La
notice nous apprend aussi que ce « bronze fondu d’après la célèbre statue
antique conservée au musée du Capitole témoigne de la qualité de cette
collection, installée à Paris dans un nouveau décor « à la grecque »,
aujourd’hui disparu, de son hôtel particulier. »
(La
luminosité n’était encore pas de notre côté.)
À Versailles, en sortant de
l’exposition sur le buste du Bernin, nous avons vu une copie du relief antique
de la collection Albani, à Rome et attribuée à Simon Challe. « Médaillon
exécuté lors du séjour de l’artiste à l’Académie de France à Rome en tant que
pensionnaire du roi. Déposé en 1752 à la salle des Antiques du Louvre, puis
envoyé à Saint-Cloud en 1802. Entré à Versailles en 1827. »
Les week-ends et les jours fériés, la
salle du Congrès et l’appartement du président du Congrès sont ouverts en
visite libre ou visite guidée au château de Versailles. En semaine, seules les
visites guidées sont disponibles.
Au sujet de la salle du Congrès, le
site du château nous dit (il y a une visite virtuelle du lieu sur le site) :
« Construite
à la fin du XIXe siècle, la salle du Congrès accueille encore
aujourd’hui les députés et les sénateurs réunis en Congrès pour adopter les
révisions constitutionnelles ou pour assister aux adresses du Président de la
République.
La salle du Congrès
Histoire
du lieu
Après la défaite de Sedan[1], Napoléon III est fait prisonnier par l’armée
prussienne. qui provoque la chute du Second Empire de Napoléon
III[2], une
Assemblée nationale est élue en 1871 et se réunit d’abord à Bordeaux. Composée
majoritairement de monarchistes, elle souhaite se rapprocher de Paris, mais ne
pas y siéger à cause de l’agitation qui règne alors dans la capitale et qui
aboutira à la « Semaine sanglante » de mai 1871.
Les lois constitutionnelles de 1875 instaurent de façon
définitive la IIIe République. Elles prévoient notamment le retour
au bicamérisme, divisant le parlement en deux chambres distinctes :
le Sénat et la Chambre des députés. Hésitant entre Orléans et Fontainebleau,
l’Assemblée choisit finalement Versailles et s’installe à l’Opéra royal qui
subit quelques modifications pour la circonstance.
Quatre ans plus tard, les lois constitutionnelles de 1875
instaurent de façon définitive la IIIe République. Elles prévoient
notamment le retour au bicamérisme, divisant le parlement en deux chambres
distinctes : le Sénat et la Chambre des députés. Le premier choisit de
siéger dans la salle de l’Opéra royal. Pour accueillir la seconde, l’architecte
du Parlement, Edmond de Joly, livre, fin 1875, une nouvelle salle en hémicycle aménagée
au cœur de l’aile du Midi. Elle est
inaugurée lors de l’ouverture solennelle des chambres le 8 mars 1876. Les députés y tiennent
séance jusqu’à leur retour au palais Bourbon, à Paris, en 1879. La salle
possède de vastes capacités qui permettent de réunir les deux chambres en
« assemblée nationale », notamment lors de l’élection du président de
la République.
La constitution de la Ve République prévoit elle
aussi la réunion des deux chambres (Sénat et Assemblée nationale) en
Congrès pour l’adoption des révisions constitutionnelles. Depuis celle de
2008, elle peut accueillir également les adresses du Président de la République
aux deux assemblées.
Le
vestibule
La grande porte donnant sur la rue de l’Indépendance
américaine est celle encore utilisée par le public et les journalistes pour
assister aux séances du Congrès, les députés et sénateurs entrant par la grande
cour du Château et la cour des Princes. Le vestibule est orné de 5 statues
appartenant aux collections historiques du Château, représentant le philosophe
René Descartes, le poète François de Malherbe, le moraliste Michel de
Montaigne, le penseur politique Montesquieu, et le peintre Nicolas Poussin.
La
salle du Sceau
Cette
salle était autrefois utilisée comme parloir pour le public souhaitant
rencontrer les députés. Elle doit son nom actuel au sceau utilisé pour
authentifier les actes officiels produits par l’Assemblée nationale ou les deux
assemblées réunies en congrès. Le sceau était autrefois installé dans l’une des
salles de l’Empire, à proximité de la salle de Marengo. L’appareil lui-même,
daté de 1875, est l’œuvre de l’ingénieur Guillaume, conçu comme un balancier à
vis. Il pèse 150 kilos. »
La page dédiée à l’ouverture
exceptionnelle de la salle du Congrès et de l’appartement du président du Congrès
nous dit :
« La salle du Congrès
La salle du Congrès, bâtie en 1875 en seulement six mois au
cœur de l’aile du Midi, contient près
de 1 500 places. Elle est plus grande que les hémicycles de l’Assemblée
nationale et du Sénat.
Elle est un bel exemple de l’architecture officielle du début
de la IIIe République, de style éclectique et d’esprit très
palatial, son étonnant décor s’inspire du grand appartement de Louis XIV et ne
manque pas de références au Roi-Soleil.
Entre 1875 et 1953, seize présidents de la République y
ont été élus et c’est sur ses bancs que se réunissent aujourd’hui en
Congrès les députés et sénateurs à l’occasion des modifications de la
Constitution ou lors des allocutions du président de la République. Le
Congrès s'est à ce titre réuni le 4 mars 2024 pour se prononcer définitivement sur
l'inscription de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la
Constitution.
L’appartement du président du
Congrès
Souvent ignoré du grand public et construit en même temps que
la salle du Congrès, l’appartement du président du Congrès présente un décor
néo-Louis XV, familier à Versailles, et remplace d’anciens appartements de
membres de la famille royale. Cet étonnant et vaste appartement d’apparat a été
restitué par l’Assemblée nationale au château de Versailles en 2006.
Un nouvel accrochage
À l’occasion des 150 ans de la IIIeRépublique, un nouvel accrochage permanent
prendra place : des œuvres des XIXe et XXe siècles siècle issues principalement
des collections du Château (peintures et sculptures) offriront aux visiteurs un
aperçu singulier de la vie parlementaire sous la IIIe République. »