Jusqu’au 22 septembre 2024, si vous avez des
enfants (les vôtres ou des loupiauds de votre entourage) et que vous vous
trouvez à Bayeux, vous pouvez leur faire visiter une petite exposition
« Jeunesse et résistance » afin de les familiariser au sujet (s’il ne
le sont pas déjà) avant de leur faire visiter le musée mémorial de la bataille de Normandie.
Si
vous habitez Bayeux, vous pouvez bénéficier de la « carte
ambassadeur » afin de visiter les trois musées de la ville gratuitement
(disponible au musée d’art et d’histoire baron Gérard sur présentation d’une pièce d’identité et d’un justificatif de domicile de moins
de trois mois), mais si vous n’êtes que de passage, il existe un « pass
Bayeux Museum » : pour 14€, vous avez accès à deux des trois musées
(combinaison au choix) et, pour 16€, vous pouvez visiter les trois musées – et
le billet reste valable un an à partir de la date d’émission du billet. Si vous
souhaitez plus d’informations pratiques, vous pouvez consulter cette page.
Le musée de la bataille de Normandie
est un peu plus éloigné du centre ville, mais le musée de la tapisserie de Bayeux (c’est une broderie, nom d’un point de Bayeux !),
la cathédrale et le musée d’art et d’histoire baron Gérard (sans oublier le
cœur historique de la ville) sont seulement à quelques pas les uns des autres.
Si vous voulez être pratique et que
vous n’êtes que de passage et êtes arrivé en train, le musée de la tapisserie
(broderie !) est le plus proche de la gare.
Même
en ayant pris le premier train, comme les horaires des cars de la région
Normandie sont modifiés en été et que nous avons fait un saut à
Arromanches-lès-Bains (nous aurions dû y être le 6 juin 2024 si les restrictions de circulation ce
jour-là ne nous avaient pas forcée à changer nos billets), nous ne savons pas s’il
y a beaucoup de visiteurs pour admirer la tapisserie (broderie !) le
matin, mais évitez l’heure du déjeuner.
Avec
les horaires de cars normaux, il faudrait peut-être tenter la visite du musée
de la tapisserie dès votre arrivée :
Il y
avait bien des visiteurs à 12h51
(nous remercions les métadonnées de notre photo), mais le récit en fils et
toile de la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Bâtard (1027-1087) est
fascinant et nous avons droit à une représentation fascinante de la comète de Halley (entre autres trésors) :
L’histoire
de cette œuvre est extraordinaire : nous savons peu de choses sur sa
création, mais elle résiste depuis des siècles (les teintures d’origine des
fils sont meilleures que celles des fils utilisés pour quelques restaurations
au XIXe siècle) ; nous avons failli la perdre à plusieurs
reprises (pendant la Révolution, pendant la Seconde guerre mondiale…).
La broderie
s’admire assez rapidement (les explications de l’audioguide sont intéressantes,
mais si vous avez la chance de lire le latin, le texte qui accompagne les
illustrations ajoute un petit quelque chose).
Ensuite,
un saut à Arromanches, adorable petite ville qui se trouve dans la zone des
plages du débarquement du 6
juin 1944 sur le secteur appelé « Gold Beach » nous
semble une excellente idée. Non seulement les quelques kilomètres entre Bayeux
et Arromanches offrent de superbes paysages, mais la plage d’Arromanches n’est
pas qu’un vestige du « Mulberry B », le port Winston Churchill –
certes cette plage est historique, mais c’est une magnifique plage normande (ne
faites pas comme nous et n’oubliez pas votre maillot de bain) :
De
retour à Bayeux, il vous reste à aller visiter la cathédrale :
L’édifice
roman fut consacrée par le demi-frère de Guillaume (désormais le Conquérant), Odon
de Conteville (1036-1097) le 14
juillet 1077. La cathédrale Notre-Dame se transforma en bâtiment
gothique à partir de 1204 et elle compte des éléments de gothique premier,
rayonnant et flamboyant, ce qui en fait une petite merveille architecturale.
Elle fut une victime des guerres de religion et certains éléments furent
détruits en 1562.
Dans
les siècles suivants, des aménagements vinrent enrichir la cathédrale – en
fait, les architectes considèrent qu’elle fut véritablement achevée avec la
construction des trois tours qui avaient été souhaitée par les architectes en
charge des transformations gothiques au XIIIe siècle qui n’eut lieu
qu’au milieu du XIXe siècle.
La
cathédrale évolue encore, puisque des vitraux modernes ont été ajouté à l’édifice (ils sont visibles sur la gauche de notre photo) :
Les
soldats alliés tombés en 1944 ne sont pas non plus oubliés ; les couronnes
de coquelicots sont accompagnées de messages émouvants.
En sortant de la cathédrale, tournez
à droite et allez visiter le musée d’art et d’histoire baron Gérard. Le musée
est proche de la cathédrale pour une excellente raison : c’est l’ancien
palais épiscopal. À présent, le musée retrace l’Histoire de la préhistoire à
aujourd’hui.
Nous
avons été forcée de sourire en croisant notre troisième buste – un marbre et
stuc du XVIe siècle réalisé d’après un portrait antique – de l’empereur
Hadrien (76-138) en deux mois :
Le
musée a la chance de posséder une toile de Constance Mayer La Martinière
(1778-1821), peintre au destin tragique, Phrosine et Mélidor (elle
s’était basée sur un dessin de Pierre-Paul Prud’hon, l’imbécile qui provoqua la
mort de Mayer)
:
Une partie
du musée est consacrée à la porcelaine de Bayeux et une autre à la dentelle de
Bayeux :
L’histoire
du bâtiment lui-même reste présente car la salle des audiences de l’évêque qui
fut transformée en tribunal d’instance (de 1793 à 1987) se visite,
ainsi
que la chapelle Renaissance (de chapelle de l’évêque, cette pièce devint la salle
de délibération du tribunal :
Ce
musée possède des merveilles classiques et contemporaines.
Conclusion,
si vous passez par Bayeux, explorez la ville, papotez avec les habitants (nous
avons rencontré d’adorables Normandes) et faites un saut sur la côte (avec
votre maillot de bain !).