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Auguste de Forbin

Louis Nicolas Philippe Auguste de Forbin (château de La Roque-d’Anthéron, 19 août 1777-Paris, 8 février 1841) fut l’ami, le collègue et le protecteur de François Marius Granet (1775-1849). Ils furent formés par Jean Antoine Constantin (1756-1844) à Aix-en-Provence et par Jacques Louis David (1748-1825) et Jean-Louis de Marne (1752-1829) à Paris.

 


 

Lithographie de Jacques Marie Noël Frémy (1782-1866) d’après une toile de Paulin Guérin (1783-1855)

[Portraits des personnages remarquables dans tous les genres, dessinés et gravés par J.M.N. Frémy, d'après les tableaux exposés au Salon, t. II, Paris, 1817, p. 29.]

 

            Le fils de « haut et puissant seigneur François, Anne, Gaspard, Palamède de Forbin, marquis de la Barben » (1739-1793) et de « haute et puissante dame Françoise Marthe de Milan Forbin La Roque » (1747-1810) fut baptisé le 20 août 1777. Son parrain était Louis Nicolas de Milan Forbin La Roque et il fut tenu sur les fonts baptismaux par « damoiselle Louise Victoire Duchesnes » (mal orthographié par le curé en « Duchêne ») qui remplaça par procuration Françoise Gabrielle de Milan Forbin La Roque de Chantereine, la marraine qui ne put être présente lors de la cérémonie[1].

À sa naissance, il reçut la croix de l’ordre de Malte.

Il était le sixième enfant d’une fratrie de huit : Joseph Ignace Palamède (1766-1768), Claude Melchior Joseph (1769-1854) qui fut marquis de Pont-à-Mousson, Marie Yolande Charlotte (1771-1839), Victor Adrien, Alzéard (1772-1850), Marie Thérèse Joséphine (1775-1823) et, après lui, Gaspard Stanislas Charles (17 mars 1779-5 décembre 1779) et Eugénie Joséphine Adélaïde Louise (1786-1851).

Sa position dans sa famille l’aurait plutôt destiné à faire carrière dans la marine, mais il n’avait aucune affinité pour cela ; c’est ce que nous apprend sa notice autobiographique dans  le Portefeuille du comte de Forbin contenant ses tableaux, dessins et esquisses les plus remarquables avec un texte rédigé par M. le comte de Marcellus que son gendre fit publier après sa mort, ainsi que dans la « Notice historique sur M. le comte de Forbin, lue à l’Académie des beaux-arts le 27 mars 1841, par M. le vicomte Siméon[2] » qui fut publiée dans Le Moniteur universel (aussi référencé en « Gazette nationale ») du 4 avril 1841.

            L’enfant fut d’abord confié à une nourrice jusqu’à ce qu’il soit en âge de commencer son éducation. Il avait un intérêt inné pour le dessin, mais, grâce à Granet, nous savons également que son éducation comprenait aussi des leçons de violon.

À la Révolution, sa famille se rendit à Lyon. Ce fut là qu’il reçut l’enseignement du peintre Jean-Jacques de Boissieu (1736-1810) qui lui fit aimer la peinture hollandaise et ce fut aussi là que, pendant l’insurrection qui commença le 31 mai 1793 lors de laquelle le tout jeune de Forbin se battit aux côtés du gouverneur, il vit ce dernier être blessé (il perdit un bras) et un fidèle serviteur de sa famille mourut à côté de lui.

Siméon suggéra que le fait qu’il n’ait pas encore seize ans ait peut-être fait douter les révolutionnaires qu’il ait participé à la révolte. En revanche, son père et son oncle furent guillotinés à la suite de ces événements et la famille vit ses biens saisis.

Mme de Forbin se retira avec ses enfants à Vienne, dans le Dauphiné. Le jeune de Forbin dessina les paysages de son exil.

En 1795, Mme de Forbin put enfin rentrer en Provence et œuvra à récupérer quelques biens.

De Forbin retrouva Granet et ils passèrent leurs journées dans la campagne et y entraînèrent Siméon qui débutait en dessin. De Forbin réussit à plaider sa cause auprès de sa mère et à partir pour Paris où Siméon était déjà ; Granet parvint à le rejoindre.

Ils fréquentèrent quelques temps l’atelier de Jacques Louis David, mais le maître était peu présent et son enseignement était coûteux. De Forbin rejoignit l’atelier de Jean-Louis de Marne et y fut rejoint par Granet ; si de Forbin finançait cela, le style de de Marne ne correspondait pas au goût de Granet qui préféra le Louvre et ses trésors afin de parfaire son art.

Pour la première fois en 1796, de Forbin présenta une toile au Salon et son travail fut bien accueilli. Il y envoya régulièrement des toiles jusqu’en 1840.

En 1799, de Forbin se retrouva conscrit et il fut incorporé au 21ème régiment de chasseurs à cheval. À sa création en 1792, ce corps d’armée s’appelait les Hussards braconniers et son nom fut changé dès 1793 ; il est l’une des trois unités qui mit fin au Directoire, et donc à la Révolution en participant au coup d’état du 18 brumaire, an VIII.

Ce fut aussi en 1799 qu’il épousa, grâce à ses amis, Mélanie Roseline Félicité (Traveron, 6 mars 1776-Lyon, 5 juillet 1825), fille du comte de Dortan. La cérémonie eut lieu à Matour le 28 juin 1799. Le 4 mai 1800, à Dompierre-lès-Ormes, naissait leur première fille : Marie Constance Roselyne Lydia (elle mourut à Paris le 31 décembre 1863).

En 1802, il partit pour Rome avec Granet et ce fut là qu’il devint familier des Bonaparte.

Napoléon, cherchant à se donner une légitimité en s’entourant d’anciens nobles, en 1803[3], de Forbin fut nommé chambellan de Pauline Bonaparte, princesse Borghèse (1780-1825), dont il fut l’amant jusqu’en 1807.

Le 28 décembre 1804, à Lyon, naquit Valentine de Forbin (elle mourut à Dompierre-lès-Ormes, le 25 janvier 1886). La même année, il publia son premier ouvrage écrit avec le peintre Pierre Révoil (1776-1842) : Sterne à Paris, ou le voyageur sentimental. Comédie en un acte et en prose, mêlée de vaudevilles. Cette œuvre fut peut-être rédigée par les deux auteurs, eux-mêmes, mais de Forbin prit l’habitude de dicter ses ouvrages même pendant qu’on lui rendait visite[4].

 Après avoir quitté le service de son impériale maîtresse, il reprit alors une carrière militaire et fut envoyé au Portugal où il servit sous le général Jean-Andoche Junot, duc d’Abrantès (1771-1813), surnommé « Junot le Tempête ». Ce fut pendant la première campagne du Portugal qu’il reçut la croix de la Légion d’honneur pour fait d’armes. Il fit aussi campagne en Espagne.

En 1808, on le trouve librettiste sur le quatuor final du premier acte du Chevalier de Senanges d’Henri-Montan Berton (1767-1844). Il contribua, au moins, à une autre œuvre musicale en rédigeant une complainte historique pour Bozon et Zulbé de Martin-Pierre Dalvimare (1772-1839), mais la date de publication en est inconnues.

En 1809, il se retrouva en Autriche avec la maréchal Jean-Baptiste Bessières, duc d’Istrie (1768-1813). Ce fut aussi vers 1809 qu’il peignit de premières versions de la Prise de Grenade et Inès de Castro pour Maria-Annunziata, dite Caroline, Bonaparte Murat, reine de Naples (1782-1839).

Après la signature du traité de Schönbrunn, le 14 octobre 1809, il quitta l’armée et repartit pour l’Italie. Ce séjour italien sera pour lui l’occasion d’écrire, en 1823, Souvenirs de la Sicile, suivis d’un récit intitulé Le Rajah de Bednoure, Histoire indienne et Un Mois à Venise ou recueil de vues pittoresques, en 1825.

En 1810, de Forbin écrivit Charles Barimore qui fut pub lié chez Renard, qui était le libraire de son ancienne maîtresse, la princesse Borghèse ; il s’agit d’une histoire sentimentale avec en toile de fond des récits de voyages.

Lors de la première Restauration, au printemps 1814, il rentra à Paris.

Le 6 avril 1816, de Forbin devint membre libre de l’Académie des Beaux-arts. La même année, il fut nommé directeur des musées royaux, en remplacement de Dominique Vivant, baron Denon (1747-1825), grâce à la protection d’Armand-Emmanuel de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu (1766-1822).

Le peintre et sculpteur Antonio Canova (1757-1822), sur ordre du pape, avait récupéré au Louvre les toiles et sculptures italiennes, ce qui avait grandement vidé le musée.

Louis XVIII (1755-1824) écouta le duc de Richelieu auquel il avait rendu toutes ses charges et, en 1817, il confia à de Forbin une mission dans le Levant afin d’aller y récupérer des  œuvres dignes de ce nom pour les musées royaux ; malheureusement, les finances royales étaient au plus bas et de Forbin ne reçut que 28000 francs pour cette opération, mais cela s’entendait transport compris, ce qui était insuffisant. D’ailleurs, en 1817, de Forbin vendit à Louis, marquis de Cordoue (1776-1849), son château de La Roque-d’Anthéron afin d’avoir des fonds personnels pour son voyage. « Accompagné de l’érudit architecte Huyot[5], de Prévost[6], le peintre de panoramas, du jeune artiste Cochereau[7] et de son cousin l’abbé de Forbin Janson[8], il quitta Toulon en août 1817 sur la frégate Cléopâtre, et, après un court séjour dans les ruines d’Athènes, arriva à Constantinople à la lin de septembre. Au bout d’une quinzaine, il reprit la mer et descendit à Smyrne pour aller étudier les ruines d’Ephèse.[9] »

Le 29 octobre 1817, ils partirent pour la Palestine et la traversée fut horrible. L’expédition visita St Jean d’acre, puis ils partirent pour Jérusalem le 12 novembre par les terres. Le 25 novembre, ils quittaient Jérusalem pour Jaffa, puis Gaza, puis l’Égypte. Là, ils visitèrent Le Caire, les pyramides et le Sphinx. Ébloui par la beauté d’une jeune esclave Circasienne, de Forbin faillit l’acheter, mais le marchand emporta la jeune fille car il n’était pas satisfait du prix proposé par de Forbin. Il resta plusieurs mois à Louksor jusqu’à l’arrivée de familles de touristes anglais qui lui furent insupportables. Ils retournèrent à Rosette, puis Alexandrie. Malgré la vente de son château avant son départ, ses fonds étaient quand même insuffisants et ils quittèrent l’Égypte pour Marseille où ils restèrent en quarantaine au Lazaret de la ville.

En 1819, de Forbin publia Voyage dans le Levant en 1817 et 1818, et Louis XVIII lui conféra le cordon de Saint-Michel ; cette distinction était, avant la Révolution, donnée aux artistes et aux savants et certains reprochèrent à de Forbin de l’avoir accepté parce que, selon eux, un noble ne la méritait pas, mais il se défendit ainsi : « Je suis avant tout, répondit-il, l’enfant de mes œuvres, et je
m’honore d’une distinction qui me place à côté de tant d’hommes de mérite[10] ».

De Forbin parvint à trouver des œuvres pour le Louvre, notamment en en récupérant dans des musées révolutionnaires ou napoléoniens dont les lieux étaient rendus à leur usage prérévolutionnaires.

Il créa le musée Charles X pour les pièces antiques, musée qui fut achevé en 1827, et le musée du Luxembourg pour les arts contemporains.

Il enrichit les collections de l’école des Beaux-Arts.

Ce fut le futur époux de Valentine de Forbin[11], Lodoïs,  vicomte de Martin du Tyrac de Marcellus (1795-1861), qui, en 1820, parvint à acquérir l’Aphrodite de Melos[12] pour la France.

De Forbin est également celui qui fit acheter Le Radeau de la Méduse pour le Louvre. Cette toile de Théodore Géricault (1791-1824) fut présentée au Salon de 1819 ; le sujet faisait polémique, car le capitaine nommé par le roi, Hugues Duroy de Chaumareys (1763-1841), avait causé la perte du vaisseau la Méduse et il avait ordonné de couper les aussières, ces imposants cordages qui reliait le radeau de fortune où près de cent cinquante personnes avaient pris place après que l’équipage ne parvint pas à libérer le navire du banc où il s’était échoué à cause du capitaine. Le radeau avait initialement été construit afin d’alléger le navire dans l’espoir qu’il se libérerait, mais il n’en fut rien et ce furent les marins, les soldats (et une femme) qui y prirent place et furent remorqués vers la terre. Malheureusement, la mer était mauvaise, la terre à près de soixante kilomètres et le radeau était remorqué par les quatre canots de la Méduse et une des deux chaloupes qu’elle avait. De Chaumareys décida de se sauver et abandonna les occupants du radeau à une mort quasi certaine. Le récit des quelques survivants glaça d’effroi l’opinion publique, mais le sujet fascina le jeune Géricault qui travailla avec certains des survivants afin de s’assurer que son travail serait authentique ; il alla jusqu’à emprunter des morceaux de cadavres à la morgue de l’hôpital Beaujon et a demander à trois survivants (le chirurgien Henri Savigny, le géographe Alexandre Corréard et le charpentier Valéry Touche-Lavilette) de l’aider à fabriquer une réplique du radeau dans son atelier. La taille de la toile de Géricault était en général pour des sujets d’Histoire, mais pour des sujets respectables, pas pour une tragédie où les survivants durent se livrer au cannibalisme afin de survivre. Le jury du Salon renomma cette œuvre, Scène de naufrage, afin de ne pas froisser le roi, mais celui-ci admira cette gigantesque représentation. Il fut l’un des rares et, si Géricault parvint à rentabiliser son travail en la présentant en Irlande et en Angleterre, il ne parvint jamais à la vendre. À sa mort, son grand ami, Pierre-Joseph Dedreux-Dorcy (1789-1874), avait acheté la toile pour six mille cinq francs ; il accepta de la vendre à la France, pour le même prix, par l’intermédiaire de de Forbin qui savait que cette toile était importante, à la seul condition qu’elle fut immédiatement accrochée au Louvre, ce que de Forbin accepta sans réserve.

Ce fut lui, aussi, qui fit acheter L’Enlèvement des Sabines de David.

Bref, de Forbin avait un instinct très sûr en matière d’acquisitions.

En 1828, il eut un accident vasculaire cérébral ; il n’en mourut pas, mais cela eut des conséquences sur sa santé jusqu’à la fin de sa vie. Fayot fut très critique quand aux œuvres créées par de Forbin après ses premiers ennuis de santé[13], mais Fayot loua la bienveillance et les conseils que de Forbin prodiguait aux artistes. Même son ami Siméon critiqua les transformations que de Forbin infligea à certaines de ses bonnes toiles finies parce qu’il ne voyait plus que son talent avait grandement diminué depuis l’attaque. Louis-Philippe (1773-1850) lui laissa officiellement sa charge de directeur, mais c’était un de ses assistants, Alphonse de Cailleux (1788-1876), qui  gérait les musées après son attaque.

Grâce à de Forbin, un grand prix de paysage historique fut créé à l’école des Beaux-Arts.

Le 12 février 1841, il eut une nouvelle attaque qui le paralysa et dont il mourut onze jours après. Ses filles étaient auprès de lui ; elles étaient à Paris et s’étaient précipitées à son chevet, mais elles ne purent lui apporter que du réconfort. Son état était désespéré.

La conclusion revient à son ami  Siméon : « Je n’ai plus, messieurs, à vous dire qu’un mot pour achever de dévoiler tout ce que M. de Forbin avait de bon et de noble dans le cœur. L’amitié qui nous unissait depuis notre enfance ne s’est point refroidie pendant un demi-siècle, et dans cette longue période d’années que d’évènements ! que de catastrophes diverses ! J’ai eu aussi des jours de malheur.
C’est alors que son attachement éclatait avec le plus de force et qu’aucun sacrifice n’eût semblé difficile à son amitié.

Les artistes qui l’ont connu dans l’atelier, savent s’il était bon camarade! ceux qui ont eu des relations avec lui, lors qu’il a été en position de les obliger, ont vu avec quelle chaleur il s’occupait de leurs intérêts, avec quelle bienveillance il encourageait les jeunes talents. Toujours affable, il n’est personne qui n’ait eu à se louer de son accueil. On ne le quittait pas, ai-je entendu dire à l’un de vous, sans emporter une grâce, une espérance ou une consolation ; et cependant il n’a pas échappé plus qu’un autre aux reproches injustes de quelques mécontents. Les gens en place ont la disposition de quelques faveurs, mais ils sont malheureusement obligés d’en refuser beaucoup plus qu’ils ne peuvent en accorder. Il est bien
rare qu’on leur tienne compte des difficultés de leur situation. Trop souvent on leur sait peu de gré de ce qu’ils font, et on se plaint de ce qu’ils ne peuvent pas faire, comme s’ils ne le voulaient pas.

Combien n’a-t-il pas été dédommagé de ces ennuis par la considération et rattachement qu’il trouvait, messieurs, parmi vous et chez le plus grand nombre des artistes. Leur affluence à ses funérailles a été son plus bel éloge et en dit plus que de vaines paroles. Ah! s’il nous est donné, après ce terrible passage qu’on nomme la mort, d’avoir encore quelque sentiment de ce qui se passe ici bas, M. de Forbin a sans doute trouvé dans ce dernier et touchant hommage, la plus douce récompense de ce qu’il a fait pour les arts et de son affection pour ceux qui les cultivent[14] ».



[1] : Cf. Registre des baptêmes de La Roque-d’Anthéron pour 1777, vue n° 10.

[2] :  Joseph-Balthazard Siméon (1781-1846) était né à Aix-en-Provence et était un ami d’Auguste de Forbin et de Granet ; quand il élabora cette notice, il était pair de France depuis 1837.

[3] : Cette date est celle que de Forbin donne dans sa notice autobiographique (p. V). Les autres sources parlent de 1804.

[4] : Cf. F. Fayot, « Nécrologie du Comte de Forbin », dans L’artiste, 1841, Tome 7, p. 198.

[5] : Jean-Nicolas Huyot (1780-1840) fut formé à l’Académie royale d’architecture et fut premier prix de Rome en 1807. Lors du voyage avec de Forbin, il se cassa la jambe peu après leur arrivée à Mélos, ce qui l’immobilisa pendant quelques mois.  Il envoya à Jean-François Champollion (1790-1832) des inscriptions relevées en Égypte qui l’aidèrent à déchiffrer l’écriture égyptienne. En 1822, il devint membre de l’Académie des Beaux-Arts et enseigna à l’école des Beaux-Arts.

[6] : Pierre Prévost (1764-1823) devint artiste grâce aux sacrifices de sa famille de vignerons. Il parvint à se distinguer des autres peintres en inventant un nouveau genre : le panorama. Ses paysages étaient également appréciés. La mort de son neveu le toucha profondément et souhaita utiliser son argent afin d’aider les nécessiteux, mais la mort l’emporta avant qu’il ne puisse réaliser son projet.

[7] : Mathieu, dit Léon, Cochereau naquit le 9 février 1793. Son père était maréchal-ferrant et il commença à travailler enfant en tant qu’aide-maçon, mais il dessinait sur les murs, ce qui fut remarqué par un ami de la famille qui le signala à son oncle, Pierre Prévost. Prévost le prit sous son aile à Paris et le fit admettre dans l’atelier de David. Le jeune peintre avait un grand talent. Son oncle lui fit rejoindre la mission de de Forbin dans le Levant, mais la dysenterie l’emporta le 30 août 1817 en mer Ionienne.son corps fut laissé au large de Cythère.

[8] : Charles Auguste Marie Joseph, comte de Forbin Janson (1785-1844) fit son séminaire à Chambéry. La mission de son cousin fut pour lui l’occasion de faire un pèlerinage en Palestine. En 1823, il fut nommé évêque de Nancy, puis primat de Lorraine. Il voyagea dans le monde entier, se faisant le champion des catholiques.

[9] : Cf.  Barré  (Henri),  Voyageurs  et  explorateurs  provençaux,  Marseille,  1906, p. 182.

[10] : Cf. « Notice historique sur M. le comte de Forbin, lue à l’Académie des beaux-arts le 27 mars 1841, par M. le vicomte Siméon » dans Le Moniteur universel du 4 avril 1841 (p. 881).

[11] : Le mariage eut lieu à Paris, le 30 mai 1824. La dot de Valentine fut le château  d’Audour qui appartenait à sa mère, situé à Dompierre-lès-Ormes. C’est dans ce château que Granet rédigea son autobiographie.

[12] : Curieusement, cette statue grecque est connue dans le monde entier sous le nom de Vénus de Milo.

[13] : Cf. F. Fayot, « Nécrologie du Comte de Forbin », dans L’artiste, 1841, Tome 7, p. 199.

[14] : Cf. « Notice historique sur M. le comte de Forbin, lue à l’Académie des beaux-arts le 27 mars 1841, par M. le vicomte Siméon » dans Le Moniteur universel du 4 avril 1841 (p. 881).

 

Jean Antoine Constantin, père de la peinture provençale

Jean Antoine Constantin, parfois appelé Constantin d’Aix (Marseille, 20 janvier 1756 – Aix-en-Provence, 9 janvier 1844) enseigna le dessin, notamment à François Marius Granet (1775-1849) et à Auguste de Forbin (1777-1841). Il inspira bien des peintres et est en général considéré comme l’un des pères de la peinture provençale.

Autoportrait de Constantin d’Aix

conservé au musée Granet à Aix-en-Provence

 

            Les parents de Jean Antoine sont une sorte de mystère généalogique, mais nous avons l’espoir que notre plongeon dans les registres de leur paroisse à Marseille, la collégiale St-Martin, nous aura permis de résoudre cette énigme et que les maigres informations données par les curés au moment de l’enregistrement des actes permettent de comprendre la composition de cette famille.

En 1752, Jean Gabriel Constantin, qui préférait se faire appeler Gabriel, quitta son Carpentras natal afin de se faire maraîcher à Marseille (les curés le désignaient comme « paysan »). Ses parents se prénommaient François et Marie. Il ne savait pas écrire, ni même signer son nom. Il était peut-être né vers le début des années 1720.

Dans la paroisse St-Martin, il rencontra Marie Françoise Talasin (attention, c’est à partir de maintenant que la famille Constantin va grandement se compliquer). Elle était tout aussi illettrée que lui et était peut-être née à la fin des années 1720 : en effet, lors de son mariage en 1754, elle est déclarée « majeure », ce qui veut dire qu’elle avait au moins vingt-cinq ans, puisque, depuis l’Ordonnance de Blois de 1579, promulguée par Henri III (1551-1589), la majorité était à cet âge-là pour les hommes et les femmes - avec quelques rares exceptions régionales dans le pays).

Le 21 janvier 1754, Marie Talavin donna naissance à un garçon et, dès le 22,  Gabriel fit baptiser François, son « fils naturel », par les curés de St-Martin.

Le 7 mai de la même année et toujours à St-Martin, François fut légitimé lors du mariage de ses parents, Gabriel Constantin et… Françoise Tayavin. Elle ne s’appellait plus Marie Françoise Talavin. Le curé des parents de Gabriel avait communiqué leur consentement au curé de St-Martin. Françoise avait déjà perdu ses parents (Pierre Tayavin et Marie Magdeleine Vial).

S’il vous prenait l’envie de consulter des bases de données généalogiques, vous trouveriez sur certains arbres que Jean Gabriel Constantin a eu un enfant avec « Françoise Cayavin ou Tayavin » et qu’il en a eu quatre avec Françoise Vial. En fait, il manque un enfant à ce décompte et « Marie Françoise Talavin/Françoise Tayasin » et « Françoise Vial » sont la même femme.

Les registres de St-Martin n’ont aucun acte de décès pour « Marie Talasin » ou « Françoise Tayasin » et aucun autre mariage pour Gabriel Constantin. Puisque les enfants sont déclarés comme étant légitimes, il est donc logique de considérer qu’après son mariage Mme Constantin a utilisé un autre patronyme pour nom de naissance : le 12 mars 1755, Françoise Vial (le même nom de famille que la mère de « Françoise Tayasin » qui avait épousé Gabriel Constantin le 7 mai 1754) donna naissance à Jean François Constantin, que Gabriel fit baptiser à St-Martin le lendemain.

Le 20 janvier 1756, Françoise donna naissance au futur premier maître de Granet, Jean Antoine, ainsi qu’à son jumeau Ferréol, qui furent baptisés le lendemain. Le parrain de Jean Antoine était Jean Antoine Musson, qui était négociant, et sa marraine s’appelait Françoise Magdelaine Nevière

Le  4 novembre 1757, les Constantin accueillaient Jeanne Barbe, qui fut baptisée à St-Martin le lendemain (c’est là qu’elle épousa Jean Baptiste Bonnefoy, le 7 mai 1776 ; Gabriel et Françoise étaient tous deux en vie).

Le 25 mars 1763, naissait leur dernière enfant, Marie Jeanne Joseph. Contrairement à ses frères et sœurs, elle ne fut baptisée que le 27 mars (elle épousa Joseph Bonnefoy le 15 mai 1785 à St-Martin ; Françoise Vial n’était plus de ce monde).

La Révolution a dû faire se déplacer les Constantin car, après 1785, à l’exception de Jean Antoine dont nous connaissons les mouvements, ils semblent disparaître de Marseille.

 

            Tout comme Granet, Jean Antoine Constantin venait donc d’une grande famille très modeste. Malgré le manque d’instruction de ses parents, son don pour le dessin, puis pour la peinture, fut encouragé.

À onze ans, l’enfant fut remarqué par Gaspard Robert qui le fit entrer dans sa fabrique de faïences dans le quartier de Saint-Jean du Désert (aujourd’hui dans le XIIe arrondissement de la ville). Le quartier de la paroisse St-Martin où naquit Constantin d’Aix se trouvait dans l’actuel Ier arrondissement, pas trop loin du quartier des célèbres faïenceries de la ville.

Incidemment, l’église même de la famille Constantin a peut-être contribuée à développer les talents artistiques du jeune Jean Antoine. Le bâtiment, de style gothique, fut malheureusement sacrifié sur l’autel de la modernité sous Napoléon III, en 1887, mais quelques magnifiques fragments nous restent et sont exposés au musée d’Histoire de Marseille. La beauté du lieu a pu déclencher un intérêt pour les arts chez le tout jeune Constantin.

Il aurait pu faire toute sa carrière dans la faïence, mais il eut la chance d’aller étudier à l’académie de peinture de Marseille.

Il y eut trois maîtres : Jean-Joseph Kapeller (1706-1790), Jean Antoine David, dit David de Marseille ((1725-1789) et Jean-Baptiste Giry, surnommé « Vien au petit pied » (1733-1809).

Kapeller était le fondateur en 1752, avec Michel-François Dandré-Bardon (1700-1783), de l’Académie de peinture et de sculpture de Marseille dont il devint le directeur-recteur à partir de 1770.

Il était architecte, géomètre et peintre ; il est également possible qu’il ait été tailleur de pierre (des inscriptions lapidaires aujourd’hui au musée d’Histoire de Marseille portent son nom et proviennent de blocs taillés provenant d’une construction près de l’église St-Martin qui était la paroisse de Kapeller et où il se maria).

En plus d’avoir formé Constantin d’Aix, il eut aussi pour élève « Henry d’Arles », Jean Henry (1733-1784).

Son père était suisse et sa mère marseillaise. Grâce aux archives, nous savons qu’il faisait partie de plusieurs associations catholiques et était franc-maçon, ce qui était encore possible à l’époque.

Kapeller se maria trois fois et fut veuf trois fois ; il eut au moins six enfants et modifia son testament à chaque changement de situation familiale.

Peu de ses œuvres nous sont hélas parvenues.

David de Marseille, qui fut notamment formé par le peintre Claude Joseph Vernet (1714-1789), était fort apprécié à Marseille, mais fort peu par les critiques. Nous le connaissons surtout comme peintre paysagiste. Il fut formé à l’académie de peinture et de sculpture de Marseille et y enseigna ; il fut même nommé chancelier de l’académie en 1770 et conserva ce titre jusqu’à sa mort.

Tout comme David de Marseille, Giry fut formé à l’académie de peinture et de sculpture. Il perfectionna son art à Paris où il fit partie de l’atelier de Joseph-Marie Vien (1716-1809). Il poursuivit sa formation à Toulouse où il fut nommé membre de l’académie locale en 1770 et professeur trois ans plus tard.

En 1780, il devint membre et professeur de l’académie de peinture et de sculpture de Marseille.

 

Pendant deux ans, après sa formation académique, Constantin d’Aix travailla de nouveau dans une faïencerie à Moustiers-Sainte-Marie en tant que décorateur.

Il eut cependant la chance d’avoir été remarqué en 1774 par un négociant aixois, P. Perron, quand il était à l’académie de Marseille et Perron invita Constantin à Aix. Constantin avait vingt ans, était talentueux, mais très timide. Perron le présenta à trois notables d’Aix, Segond de Séderon, de Fonscomble et de Montvallon qui accueillirent le jeune artiste à bras ouverts. Ils le virent travailler pendant un an, mais Constantin restait toujours dans sa coquille ; afin de le faire s’épanouir, ces quatre hommes décidèrent de lui financer un séjour à Rome de six ans. Il n’y resta que trois ans, car il fut forcé de rentrer à cause d’une mauvaise fièvre contractée là-bas.

De retour à Aix, il rejoignit la confrérie des peintres et des sculpteurs en 1784.

En 1860, Adolphe Meyer écrivit un article intitulé « Jean-Antoine Constantin, peintre, sa vie et ses œuvres » pour la revue le Plutarque provençal (et non pas le Plutarque marseillais comme l’écrivent les articles qui font référence à ce travail) ; l’éditeur de la revue, Alexandre Gueidon, fit faire un tiré à part de cet article (il y en eut soixante-quinze exemplaires). On y apprend que les Aixois avaient l’habitude de voir ce petit homme d’allure modeste dessiner dans la campagne et dans les environs ; il se contentait de pain, de quelques radis et de la source la plus proche pour étancher sa soif et il dessinait tant qu’il avait assez de lumière pour le faire.

Son sérieux et son talent le firent engager en 1785 comme professeur à l’école de dessin de la ville ; l’année suivante, il devint directeur de l’école sur la recommandation du directeur sortant, Claude Arnulphy (1697-1786).

Granet et de Forbin furent, dans cette période prérévolutionnaire, ses élèves.

Grâce à cette stabilité économique et sans se douter de ce qui se préparait, Constantin épousa Luce Michel le 1er juillet 1788 en la paroisse St-Esprit. Les publications de mariage avaient aussi été faites en la paroisse St-Martin à Marseille pour Jean Antoine et en la paroisse St-Sauveur d’Aix-en-Provence où Luce, fille de Joseph Michel et Magdeleine Allegre, avait été baptisée. Luce était née à Aix-en-Provence le 1er mai 1764 et elle y mourut le 14 juillet 1851. Entre 1789 et 1804, le couple Constantin eut huit enfants (deux d’entre eux moururent très jeunes, mais les bases de généalogie semblent indiquer que les enfants survivants ont peut-être des descendants qui seraient encore parmi nous).

Françoise Thérèse Joséphine naquit le 22 avril 1789 et fut baptisée le lendemain à l’église St-Esprit.

Une autre curiosité généalogique entoure le second enfant des Constantin. En effet, Joseph François naquit le 14 mai 1790 et fut baptisé le lendemain. Il se trouve que, sept ans plus tard, le décès d’un enfant du couple Constantin fut enregistré à l’état civil. La déclaration fut faite par des voisines, Marie Fabre, veuve d’André Espié âgée de soixante ans et Magdeleine Imbert, qui avait trente ans ; l’acte nous apprend que l’enfant de « sept ans et demi » mourut le 5 juillet 1797 (17 messidor an V) et fut enterré à 11h le lendemain, mais Fabre et Imbert déclarèrent que l’enfant se nommait Pierre Antoine. Il s’agit forcément de l’enfant baptisé en 1797 puisqu’il s’agit d’un garçon et que le troisième enfant du couple atteignit l’âge adulte. On pourrait conclure que les voisines des Constantin ne connaissaient pas vraiment l’enfant, que l’officier d’état civil a mal retranscrit ses notes ou que les Constantin utilisaient d’autres prénoms que ceux donnés à son baptême pour leur premier fils – comme Jean Antoine Constantin savait lire, il n’est pas possible que ce soient les curés qui aient fait une erreur en mélangeant prénoms du baptisé et prénoms du parrain.

Le troisième enfant, Joseph Sébastien, naquit le 20 janvier 1792 et fut baptisé le lendemain ; il devint peintre, comme son père (il fut l’élève d’Auguste de Forbin à Paris et travailla à la manufacture de Sèvres).

Les informations quant aux cinq autres enfants Constantin nous sont livrées par les actes d’état civil.

Le 17 juin 1794 (29 prairial an II), l’acte de naissance d’Hipolite Agricola nous apprend que ses parents habitaient rue du St-Esprit dans le quartier révolutionnaire appelé « Union » et l’officier d’état civil se fit un devoir d’indiquer que le père était marseillais et non pas aixois.

La période révolutionnaire fut particulièrement dure pour Constantin, car l’école de dessin fut fermée et il ne subvenait aux besoins de sa jeune famille que grâce aux leçons particulières qu’il donnait.

La Terreur fut, bien évidemment, dangereuse, puis il y eut la Réaction dans le Midi qui fut aussi sanglante (cette période contre-révolutionnaire est aujourd’hui appelée Terreur blanche).

Luce Michel, épouse Constantin, était enceinte d’environ quatre mois quand ils perdirent Joseph François/Pierre Antoine. Le  10 octobre 1797 (19 vendémiaire an VI), elle donna naissance à Grégoire Joseph ; l’enfant mourut à un an, le 15 octobre 1798 (24 vendémiaire an VII). Il fut enterré à 10h le lendemain. Cette fois-ci encore, la déclaration fut faite par des voisines et si nous y trouvons une  Marianne Michel, âgée de vingt-deux ans, nous y retrouvons encore Magdeleine Imbert, qui a toujours trente ans – comme quinze mois plus tôt. Donc, les déclarations des témoins étaient peu fiables ou l’officier d’état civil n’était pas fiable (ou les deux).

En 1798, la république créa une nouvelle école de dessin, mais les postes s’y obtenaient sur concours.

Deux ans après avoir vécu la seconde perte d’un de leurs enfants, Mme Constantin donna naissance à des jumeaux : Marie Louise Françoise et André Antoine Auguste naquirent le 27 novembre 1799 (6 frimaire an VIII).

Constantin tenta d’obtenir un poste dans la nouvelle école en 1800, mais il n’était pas le seul à concourir et n’obtint pas le poste. En revanche, la ville de Digne lui proposa un poste dans leur école centrale et la famille Constantin quitta Aix.

Ce fut à Digne que naquit la dernière enfant du couple, Aglaé Rose Joséphine, le 16 janvier 1804 (25 nivôse an XII). La même année, l’école centrale ferma ses portes et Constantin enseigna le dessin à l’école communale de Digne jusqu’en 1807.

À la fin 1806, Aix-en-Provence ouvrit une nouvelle école de dessin qui était dirigée par Louis Mathurin Clérian (1768-1851), un des anciens élèves de Constantin. Il invita son maître à le rejoindre dès 1807. Clérian fit nommer son mentor membre honoraire l’année suivante. Également en 1808, Constantin devint l’un des fondateurs de la Société des Amis des sciences, des lettres, de l’agriculture et des beaux-arts (elle a changé de nom, mais existe encore).

La situation financière de Constantin n’était pas très bonne, malgré l’aide de Clérian et malgré les leçons qu’il donnait à quelques élèves. Les choses changèrent en 1813 quand Clérian obtint un poste pour Constantin, ce qui fit revenir la famille à Aix.

Les anciens élèves de Constantin lui étaient vraiment très dévoués. En plus de Clérian qui l’engagea, François Marius Granet lui accorda une allocation de 150 francs à partir de 1813.

Le travail de Constantin était apprécié dans le sud et au Salon à Paris où il envoya des œuvres en 1817, 1818 (sa toile représentant une Vue d’Aix lui valut une médaille d’or cette année-là), 1819 et 1822 ; il fut sans doute encouragé à participer par Clérian et Granet, mais aussi par de Forbin qui était en poste à Paris dans l’administration impériale. De Forbin commanda plusieurs dessins à son ancien maître et les lui paya largement ; passé au service de Charles X (1757-1836), de Forbin fit acheter par le roi quelques études de Constantin en 1826.

Constantin envoya une toile au Salon en 1827, mais sa santé commença à décliner et il demanda à être mis à la retraite en 1828, ce qui lui fut accordé en janvier 1830.

Pour la dernière fois en 1831, Constantin envoya une toile au Salon.

En juin 1833, Granet et de Forbin, soutenus par Adolphe Thiers (1797-1877), qui était alors ministre, mais qui avait aussi écrit une excellente critique d’une œuvre de Constantin envoyée au Salon, œuvrèrent afin qu’il fut fait chevalier de la Légion d’honneur.

Ne pouvant plus travailler à ses œuvres, Constantin survécut grâce à la générosité de ses anciens élèves, mais, en 1841, Auguste de Forbin mourut à Paris (il fut enterré au cimetière Saint-Pierre à Aix).

Granet aida Constantin jusqu’à sa mort, chez lui, rue des Trois Ormeaux, à 13h30, le 9 janvier 1844 à quatre-vingt-sept ans.

Granet dut s’inquiéter du sort de Luce Constantin, puisqu’il s’occupa de Joseph Sébastien qui était devenu presque aveugle et ne pouvait plus travailler.

Constantin fut  enterré près d’Auguste de Forbin.