« Les Chroniques de Paris » (Annonce)

            Vous avez peut-être remarqué que j’ai[1] publié moins d’articles depuis le mois d’octobre 2025.

Ce changement momentané était dû au fait que mon dernier parent a quitté ce monde et j’ai dû gérer sa succession seule – je tiens d’ailleurs à remercier ici mes voisins, mes collègues et mes étudiants qui ont été adorables dans leur soutien.

 

            Bref, la succession a été bouclée le 25 juin 2026 et je vais reprendre la rédaction d’articles sur mes sujets de recherche ou des points d’Histoire qui m’intriguent.

J’ai également décidé de créer une nouvelle série sur ce blog puisque je me retrouve la dernière dépositaire de la mémoire de ma famille[2]. Certaines histoires de famille font partie de la petite Histoire et je souhaite en laisser une trace – et certaines d’entre elles vont, je l’espère, vous intéresser (j’ai réussi à élucider quelques mystères familiaux qui sont assez curieux ; j’en ai d’autres qui risquent de rester des mystères à jamais).

            J’ai décidé d’ignorer le côté anglo-italien (York et Turin) de mon héritage parce qu’un lâche[3] ne mérite que l’oubli. Je vais donc me concentrer sur la famille de ma mère et ses branches franco-germaniques.

            Le plus vieil ancêtre direct dont je suis certaine pour l’instant (j’ai encore bien des recherches généalogiques à faire) est du côté « Parisse » (à Paris et à Maubeuge), pas du côté « Becker » (en Lorraine), mais cet ancêtre se nommait Georges de Paris.

J’ai pensé que « Les Chroniques de Paris » ferait un titre amusant, même pour les autres branches de ma famille.

J’ai prévu de partager avec vous des souvenirs (sur les guerres, sur la vie quotidienne, sur tout ce dont je me souviens des histoires racontées par ma grand-mère maternelle…). Je n’ai prévu aucun ordre et les périodes historiques seront mélangées.

            Pour fouiller le mystère « Georges de Paris », je devrai certainement me rendre aux archives municipales de Maubeuge, où il est mort en 1718 (il y avait épousé Jeanne Cambier en 1690), mais un indice trouvé dans les inventaires après succession aux Archives nationales me fait penser qu’il faisait peut-être partie d’une famille de commerçants parisiens qui aurait peut-être envoyé certains de ses fils à Maubeuge afin de protéger (un acte de baptême mentionne un « de Paris » militaire) ou travailler à la manufacture royale d’armes de Maubeuge.

            « Les Chroniques de Paris » vous ouvriront de petites fenêtres sur une famille et me permettront de laisser une trace de ces histoires dans l’Histoire.

            À bientôt pour le premier épisode…


[1] : Cette chère Sorbonne m’a appris à utiliser le « nous » neutre quand j’écris, mais cet article est très personnel, d’où le changement de ton.

[2] : Note à l’intention d’éventuels cousins (ceux que je n’ai pas vus depuis vingt-cinq ou trente ans) : je suis la seule à avoir passée toute sa vie avec notre grand-mère ; si vous avez d’autres histoires en mémoire, créez votre propre blog.

[3] : Les autres enfants de mon père ont, pour certains, leurs propres canaux Internet, mes cousins sont de fieffés imbéciles et mes géniales cousines partagent déjà ce qu’elles veulent sur la toile. Des parents britanniques sont remontés jusqu’au Moyen Âge ; je leur laisse cette branche.

On a retrouvé « L’Uomo femina »

            Dans une lettre d’information envoyée par le musée du Louvre, il était question d’un opéra qui sera présenté le samedi 5 juin 2027 à 20h dans l’Auditorium Michel Laclotte : L’Uomo femina (L’Homme femme) de Baldassare Galuppi. À l’heure où nous écrivons, ils restent encore quelques places disponibles ici.

            Le résumé/description de cette œuvre nous a intriguée : « Dans cette île mystérieuse, les femmes ont le pouvoir et font la guerre, tandis que les hommes rivalisent de coquetterie au sérail afin de leur plaire… Agnès Jaoui et Vincent Dumestre ressuscitent un opéra vénitien oublié, qui donne à réfléchir autant qu’à rire, porté par une formidable équipe de solistes parmi lesquels Eva Zaïcik et Anas Séguin. »

            Galuppi (1706-1785) était un compositeur vénitien dont le succès, à l’époque, était certain.

En 1750, il écrivit un premier opéra où les femmes avaient le pouvoir : Il mondo alla rovescia o sia le donne che comandano (Le Monde à l'envers ou les Femmes qui commandent) ; pour cet opéra, le librettiste fut Carlo Goldoni (1707-1793).

Soit ce thème, parce que la situation retourne à la normale quand le rideau tombe sur les protagonistes avec le pouvoir rendu aux hommes, plaisait au public de l’époque, soit ce thème et les possibilités qu’il offrait à Galuppi lui plaisait, car il composa L’Uomo femina, opéra burlesque en trois actes, en 1762 selon un livret de Pietro Chiari (1712-1785). Cette histoire, sur plusieurs points, nous a fait penser à certaines comédies de Shakespeare – pas seulement parce que deux membres d'une même famille se retrouvent par hasard sur cette île étrange après leur naufrage respectif.

L’intrigue est simple : sur une île dirigée par des femmes qui font penser à des Amazones, les hommes sont tout à leurs chiffons et fards afin de plaire aux dirigeantes et maîtresses du lieu. À la suite d’un naufrage, un homme et son serviteur échouent sur cette île et eux, qui viennent d’une terre où les hommes règnent sur les femmes, vont apporter ce concept sur l’île après maintes péripéties destinées à amuser et émouvoir le spectateur. La conclusion peut sembler tout ramener à la normale, à moins qu’il ne faille continuer à creuser ce thème et le message – ou pas.

Cet opéra fut créé en octobre 1762 au Teatro San Moisè de Venise. On en a une trace à Pavie en 1768… puis cette œuvre disparaît.

L’hypothèse qu’elle ait été victime des frasques napoléoniennes a été émise et semble une excellente piste.

Heureusement pour nous, il arrive que des opéras soient retrouvés (nous vous avions déjà raconté une telle histoire avec Morgiane). Ce fut le cas pour L’Uomo femina dont on découvrit un exemplaire – auquel il manque trois airs – à Lisbonne à la bibliothèque du palais national d’Ajuda en 2006.

 

            Si juin 2027vous semble trop loin, que vous ne pourrez pas assister à cette représentation ou que vous ne savez pas encore ce que vous ferez ce jour-là, ARTE Concert nous offre (en tout cas pour l’instant) la possibilité de voir et d’apprécier cette œuvre si particulière et qu'il eut été dommage d’avoir à jamais perdu :