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« Les Chroniques de Paris » : Préambule

            Avant de vous livrer une première histoire (d’ailleurs, j’ai un mal fou pour me décider sur la première chose que je vais vous raconter ou la première personne de ma famille que je vais vous présenter), je me suis dit, puisque je me suis retrouvée ces derniers mois à faire le tri de plus d’un siècle d’archives de famille, que j’allais partager avec vous quelques idées.

Si j’ai retrouvé l’original de ma collante de bac dans les papiers de ma mère à quelques jours de mon départ définitif de sa maison, j’ai aussi retrouvé la mallette militaire d’un de mes oncles, une mèche de cheveux de mon arrière-grand-mère, le livret de retraite de mon grand-père ou de vieilles cartes de rationnement.

À chaque découverte, je me disais, « Oh, ce sera intéressant pour ma nouvelle série d’articles ».

J’ai des enquêtes généalogiques et des mystères à partager ; j’ai des souvenirs à vous montrer… et j’ai un énorme problème : il y a des noms que je n’ai pas notés parce que je n’ai jamais imaginé que ma mère serait emportée en une semaine et que je n’imaginais pas ce moment où je ne pourrais jamais plus rien lui demander.

Alors...

Notez les noms.

Écrivez les recettes (j’ai passé beaucoup de temps dans toutes nos cuisines, mais il est si facile de perdre un héritage culinaire).

Demandez qui sont les personnes sur les vieilles photos (j’ai hérité d’un album de ma grand-mère ; sur certaines photos, elle a écrit au dos leurs noms et j’en reconnais certains, mais d’autres resteront d’illustres inconnus pour moi).

Posez des questions aux vivants, même si ces questions dérangent (à moins d’un quasi miracle, je ne saurai jamais pourquoi le frère aîné de ma grand-mère a été envoyé en nourrice à un jet de pierre de Giverny ou pourquoi ma grand-mère a toujours pensé qu’il avait été envoyé en Lorraine dans le village natal de sa mère et puisque ma grand-mère n’a jamais posé de question à sa demi-sœur aînée, je ne saurai jamais comment ma grand-tante avait réussi à faire évader son fils de la Kommandantur pendant la seconde guerre mondiale – et lui est mort quand j’étais encore à l’école primaire et bien avant qu’on ne me raconte cette histoire).

Prenez des photos.

Enregistrez vos proches et filmez-les (je viens de retrouver des vieux super 8 dont les étiquettes me font penser qu’il s’agit de films de mon enfance et me donnent l’espoir que ma mère soit à l’image à un moment – apprendre à utiliser le vieux projecteur dont je viens aussi d’hériter va être intéressant).

Bref, prenez les devants afin de préserver un maximum de données et d’histoires avant qu’il ne soit trop tard – et le faire ne fera pas partir vos proches plus vite (ah, oui, ma chère grand-mère avait ce genre de superstitions… et vous auriez dû la voir pendant un orage – elle serait rentrée dans un trou de souris si elle avait pu tant elle avait peur). De plus, vous aurez ainsi des souvenirs et des témoignages qui, si vous les partagez, pourraient intéresser d’autres personnes.

 

Si je retrouve la recette de kouglof de famille, promis, je vous la donnerai.

 

Par quelle histoire commencer… ?

« Les Chroniques de Paris » (Annonce)

            Vous avez peut-être remarqué que j’ai[1] publié moins d’articles depuis le mois d’octobre 2025.

Ce changement momentané était dû au fait que mon dernier parent a quitté ce monde et j’ai dû gérer sa succession seule – je tiens d’ailleurs à remercier ici mes voisins, mes collègues et mes étudiants qui ont été adorables dans leur soutien.

 

            Bref, la succession a été bouclée le 25 juin 2026 et je vais reprendre la rédaction d’articles sur mes sujets de recherche ou des points d’Histoire qui m’intriguent.

J’ai également décidé de créer une nouvelle série sur ce blog puisque je me retrouve la dernière dépositaire de la mémoire de ma famille[2]. Certaines histoires de famille font partie de la petite Histoire et je souhaite en laisser une trace – et certaines d’entre elles vont, je l’espère, vous intéresser (j’ai réussi à élucider quelques mystères familiaux qui sont assez curieux ; j’en ai d’autres qui risquent de rester des mystères à jamais).

            J’ai décidé d’ignorer le côté anglo-italien (York et Turin) de mon héritage parce qu’un lâche[3] ne mérite que l’oubli. Je vais donc me concentrer sur la famille de ma mère et ses branches franco-germaniques.

            Le plus vieil ancêtre direct dont je suis certaine pour l’instant (j’ai encore bien des recherches généalogiques à faire) est du côté « Parisse » (à Paris et à Maubeuge), pas du côté « Becker » (en Lorraine), mais cet ancêtre se nommait Georges de Paris.

J’ai pensé que « Les Chroniques de Paris » ferait un titre amusant, même pour les autres branches de ma famille.

J’ai prévu de partager avec vous des souvenirs (sur les guerres, sur la vie quotidienne, sur tout ce dont je me souviens des histoires racontées par ma grand-mère maternelle…). Je n’ai prévu aucun ordre et les périodes historiques seront mélangées.

            Pour fouiller le mystère « Georges de Paris », je devrai certainement me rendre aux archives municipales de Maubeuge, où il est mort en 1718 (il y avait épousé Jeanne Cambier en 1690), mais un indice trouvé dans les inventaires après succession aux Archives nationales me fait penser qu’il faisait peut-être partie d’une famille de commerçants parisiens qui aurait peut-être envoyé certains de ses fils à Maubeuge afin de protéger (un acte de baptême mentionne un « de Paris » militaire) ou travailler à la manufacture royale d’armes de Maubeuge.

            « Les Chroniques de Paris » vous ouvriront de petites fenêtres sur une famille et me permettront de laisser une trace de ces histoires dans l’Histoire.

            À bientôt pour le premier épisode…


[1] : Cette chère Sorbonne m’a appris à utiliser le « nous » neutre quand j’écris, mais cet article est très personnel, d’où le changement de ton.

[2] : Note à l’intention d’éventuels cousins (ceux que je n’ai pas vus depuis vingt-cinq ou trente ans) : je suis la seule à avoir passée toute sa vie avec notre grand-mère ; si vous avez d’autres histoires en mémoire, créez votre propre blog.

[3] : Les autres enfants de mon père ont, pour certains, leurs propres canaux Internet, mes cousins sont de fieffés imbéciles et mes géniales cousines partagent déjà ce qu’elles veulent sur la toile. Des parents britanniques sont remontés jusqu’au Moyen Âge ; je leur laisse cette branche.