La totalité des reconstituteurs
présents lors de « L’Amérique & Versailles » dans les jardins du
Grand Trianon les 4 et 5 juillet étaient extraordinaires, mais les soldats français,
britanniques, amérindiens et colons insurgés des Amériques
(d’où qu’ils viennent dans leur vraie vie civile) étaient particulièrement
impressionnants. Non seulement ils étaient constamment dans leurs rôles (et
certains d’entre eux incarnaient des personnes historiques dont ils
connaissaient parfaitement la vie), mais ils restèrent en uniforme, nous
présentèrent des démonstrations de techniques militaires et de musique
militaire et nous firent une reconstitution de bataille.
Les jardins du Grand Trianon sont
vraiment superbes :
Il y
avait plusieurs zones où croiser les militaires :
Tout d’abord, il y avait Louis XVI
et son entourage :
Nous avons croisé l’état-major du
côté « américain » avec notamment celui qui incarnait le comte de
Rochambeau (à gauche sur la photo) :
et
visité les camps américain, britannique et amérindien :
Lors d’une démonstration – très
impressionnante – de tir au canon, nous avons été surprise par le bruit de la
détonation (ce qu’on entend dans les films et les reportages ne rend absolument
pas la force de ce bruit). Nous pensions avoir une vidéo à vous montrer, mais
il se trouve que la surprise due à la violence de ce son nous a fait appuyer
sur « Stop » par accident et nous nous en sommes aperçue trop tard.
Nous avons une photo des braves reconstituteurs qui mettent leur ouïe en danger
pour nous et une de la fumée dégagée par deux coups de canon (avec des charges
plus faibles que ce qui se faisait sur les champs de bataille !).


Incidemment, on pourrait discuter de la folie des hommes à se faire la guerre :
après seulement deux petits coups de canon, nous, qui sommes déjà pacifiste,
nous retrouvons tentée de plaider pour l’augmentation de la rémunération des
diplomates (les vrais, pas les courtisans et autres paillassons obéissants) et
pour que seuls les chefs d’état se fassent la guerre si leurs diplomates
n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le traité de paix – ça en calmerait
quelques-uns au lieu d’envoyer nos enfants à la mort sans le moindre scrupule.
Un soldat, ça fait de la musique
militaire, mais ça chante aussi. Nous avons croisé ces jeunes soldats, par
exemple. La chanson « Bang upon the Big Drum » dont ils chantent
le refrain est une vraie chanson militaire ; en revanche, elle est
légèrement anachronique puisqu’elle fut composée par un certain « P.
Neville » et que la partition ne fut publiée qu’en 1889 et qu’un des couplets
fait référence à la seconde guerre anglo-afghane (1878-1880). Le compositeur
était peut-être le capitaine Phillip Crampton Neville du 14ème
régiment des lanciers du Bengale, mais rien ne permet de l’affirmer. Il est en
revanche certain que Rudyard Kipling mentionna cette chanson dans sa nouvelle,
publiée en 1889 elle aussi, « The Incarnation of Krishna Mulvaney ».
Les reconstituteurs nous ont
présenté, dans une prairie derrière le hameau de la reine, une évocation de la
bataille de Yorktown en Virginie, qui fut le tournant dans la guerre d’indépendance
des colons insurgés, grâce au génie stratégique de Jean-Baptiste Donatien de
Vimeur, comte de Rochambeau (1725-1807). Cette bataille eut lieu du 28 septembre au 19 octobre 1781 :