Des nouvelles de Clio (bulletin #13)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Le premier gastronome grec était aussi un poète. Si vous souhaitez en savoir plus sur Archestratus et son avis sur la nourriture, ainsi que sur les habitudes alimentaires des Grecs anciens, l’article qu’il vous faut est là et si vous vous demandez à qui nous devons l’invention du four de boulanger, c’est peut-être Théarion dont le travail fut mentionné par Platon. Dans l’antiquité, il existait au moins soixante-douze différentes sortes de pain en Grèce ; le pain était une part importante du régime alimentaire de l’époque (articles en anglais).

* Jacques Jaujard, conservateur du Louvre au moment où la Seconde guerre mondiale éclata, avait pris les devants afin de protéger et cacher les œuvres les plus précieuses du musée. Quand le comte von Metternich arriva au Louvre afin d’y récupérer les œuvres dont les Nazis voulaient s’emparer, le musée était vide. Un documentaire Illustre et inconnu retrace cette extraordinaire aventure (article en anglais).

* Prendre un bain à Pompéi ne devait pas être une très agréable expérience en fin de journée. En effet, des archéologues ont analysé les dépôts calcaires d’un établissement de bains publics et, en plus des canalisations en plomb qui contaminaient l’eau pour lentement vous transformer en légume, l’eau ne provenait pas d’un aqueduc, mais de sources et autres puits et n’était changée qu’une fois par jour. Pas très propre tout ça (article en anglais).

* Le 20 janvier 2026, Jeffrey Roth a sorti un documentaire sur l’archéologue égyptien Zahi Hawass : L’Homme au chapeau (The Man with the Hat). La carrière tumultueuse d’Hawass y est évoquée et il y explique qu’il espère trouver la tombe de Néfertiti avant de prendre sa retraite (article en anglais).

* L’Histoire de la Grèce a encore quelques mystères que les archéologues n’ont pas encore réussi à élucider. En revanche, au sujet de la mort d’Alexandre, la maîtresse de conférences à la Dunedin School of Medicine en Nouvelle-Zélande, Katherine Hall, a une théorie absolument fascinante (article en anglais).

* La guerre de Troie a-t-elle eu lieu ? Est-ce même la bonne question ? Troie, en tant que cité, a bien existé, mais l’histoire racontée par Homère est-elle un conte ou contient-elle une part de vérité historique ? Tout cela est très compliqué, mais fascinant (article en anglais).

* Une pièce très rare a été trouvée dans le Yorkshire. Un détecteur de métaux peut donc faire de jolies découvertes archéologiques (article en anglais).

* Il est bien évident que l’Athènes antique était de taille à remettre en question les élites et qu’il serait compliqué de faire la même chose aujourd’hui, mais… avouez que la possibilité d’une graphē paranómōn (action en justice à caractère public) afin d’empêcher les plus riches de se comporter comme s’ils étaient au dessus des lois fait rêver (article en anglais).

* On dit la « comète de Halley », mais cette comète est brodée sur la tapisserie de Bayeux (ce n’est pas une tapisserie !). Enfin, marquez son retour dans vos agendas pour juillet 2061 (article en anglais).

 

Expositions à venir en 2026 à Versailles

            « Le Grand Dauphin. Fils de roi, père de roi et jamais roi » fut la première exposition du château de Versailles à fermer ses portes le 15 février.

« 1725. Des alliés amérindiens à la cour de Louis XV » peut être visitée jusqu’au 3 mai.

 

            Le site du château annonce les prochaines expositions :

 

« Jardins des Lumières (1750-1800)

Du 5 mai au 27 septembre 2026
Grand Trianon, jardin anglais du Petit Trianon

Au printemps 2026 ouvrira Jardins des Lumières (1750-1800), une grande exposition qui rassemblera près de 150 œuvres - peintures, dessins, mobilier, projets d'architecture ou encore costumes - afin de révéler toute l'originalité et la diversité des jardins paysagers conçus dans la seconde moitié XVIIIe siècle. Inspiré du modèle né en Grande-Bretagne dans les années 1730, ce nouveau style s'affranchit des règles du jardin à la française, rompant avec la symétrie et les tracés géométriques pour privilégier l'irrégularité, le pittoresque et l'évocation poétique de la nature. À partir de la seconde moitié du siècle, cette esthétique conquiert l'Europe du Nord dans un mouvement d'anglomanie qui associe fabriques excentriques, rêveries philosophiques, goût de l'exotisme et recherche d'un refuge intime. L'exposition en explorera les multiples sources - de l'Antiquité à la Chine - ainsi que les nouveaux modes de vie qu'elle accompagne, entre plaisirs champêtres, fêtes et contemplation. Le parcours dialoguera étroitement avec les jardins historiques du domaine de Trianon, offrant une mise en perspective inédite des éléments de son jardin anglais : le Belvédère, le Temple de l'Amour ou encore le Hameau de la Reine. 

Commissariat
Elisabeth Maisonnier, conservateur en chef du patrimoine au château de Versailles

Les abords du pavillon de Bagatelle, Louis Belanger, 1785, gouache sur vélin
© Château de Versailles, Dist. RMN / © Christophe Fouin

 

« Marie-Antoinette » de Sofia Coppola

Dès le 22 septembre 2026
Petit Trianon

En septembre 2026, le château de Versailles célébrera les vingt ans du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola à travers une exposition présentée au Petit Trianon, lieu intimement lié à la reine et cadre de nombreuses séquences du tournage. Devenu film culte, Marie-Antoinette a profondément renouvelé l'image de la dernière reine, contribuant à façonner une icône culturelle mêlant histoire, modernité et imaginaire pop. Récompensée par l'Oscar des meilleurs costumes en 2007, l'esthétique singulière de Sofia Coppola - entre rigueur historique, audace contemporaine et raffinement pastel - a donné naissance à un véritable « style Marie-Antoinette », dont l'influence se fait encore sentir dans la mode, le design et la photographie. 

Déployée au cœur du domaine de Trianon, l'exposition invitera les visiteurs dans les coulisses de cette création cinématographique : costumes originaux de Milena Canonero, chaussures créées par Manolo Blahnik, accessoires du tournage, storyboards, scénarios annotés, photographies de plateau et esquisses de décors. Des projections permettront de revoir des séquences filmées dans les pièces même où elles furent réalisées, offrant une expérience immersive unique où se répondent espace historique et relecture cinématographique.

Commissariat
Laurent Salomé, directeur du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Hélène Delalex, conservatrice en chef du patrimoine au château de Versailles

Avec la participation exceptionnelle de Sofia Coppola.

© Château de Versailles / C. Milet

 

Adriaen De Vries

Du 17 novembre 2026 au 2 mai 2027
Salles Empire de l'aile du Midi

Du 17 novembre 2026 au 2 mai 2027, le château de Versailles consacrera une exposition dédiée à Adriaen De Vries, figure majeure de la sculpture européenne du début du XVIIe siècle. Grâce à une collaboration exceptionnelle avec le Nationalmuseum de Stockholm, l'exposition réunira pour la première fois depuis 1998 un ensemble significatif d'œuvres du sculpteur, placé au cœur du dialogue artistique qui unissait alors les cours de France, de Suède et d'Italie. L'exposition bénéficiera d'un contexte architectural unique : les salles ouvrent largement sur le parterre du Midi dessiné par André Le Nôtre, qui inspira Nicodème Tessin le Jeune pour le parc de Drottningholm, rappelant combien les décors de jardin ont façonné la réception de la sculpture européenne. De Vries fut d'ailleurs apprécié de Louis XIV, qui choisit d'installer en 1694 dans le jardin de l'Orangerie l'un de ses chefs-d'œuvre issu de la collection de la reine Christine, aujourd'hui conservé au musée du Louvre. Considéré comme le plus grand musée de sculpture en plein air au monde, le château de Versailles offre avec cette exposition l'opportunité de redécouvrir un artiste essentiel dont l'œuvre, héritière de la Renaissance italienne et admirée dans toute l'Europe, n'a cessé d'enrichir le langage de la sculpture baroque. 

Adriaen De Vries, Triton (détail), vers 1617
© Nationalmuseum

Commissariat
Christophe Leribault, président du château de Versailles

Yasumichi morita

A partir du 8 décembre 2026
Appartement de madame de Maintenon

L’architecte d’intérieur et photographe japonais Yasumichi Morita a parcouru le château de Versailles durant plusieurs années, au fil des saisons, pour composer un reportage photographique empreint de silence, de matière et de lumière. Présentée pour la première fois en 2023 au Chanel Nexus Hall de Tokyo sous le titre In Praise of Shadows — hommage explicite au célèbre essai esthétique de Jun’ichirō Tanizaki — cette série trouve son inspiration dans l’histoire humaine du château : dans les gestes, les traces et les présences qui ont façonné le lieu. Morita saisit ce qu’il nomme « l’espace étroit entre la lumière et l’obscurité », là où affleure la mémoire sensible des décors versaillais. L’exposition proposera un florilège de ces images méditatives en noir et blanc, révélant un Versailles intime, où les jeux d’ombre et de lumière deviennent les témoins discrets des siècles passés.

© Yasumichi Morita / Château de Versailles »

Exposition : « Michel-Ange / Rodin - Corps vivants » au musée du Louvre (15 avril – 20 juillet 2026)

          Une nouvelle exposition va ouvrir ses portes au musée du Louvre. Elle se trouvera à la mezzanine Napoléon.

Le site du musée nous dit :


« Michel-Ange Rodin - Corps vivants 

Exposition : « Martin Schongauer - Le bel immortel » au musée du Louvre (8 avril – 20 juillet 2026)

            Une nouvelle exposition va ouvrir ses portes au musée du Louvre. Elle se trouvera à la mezzanine Napoléon.

Le site du musée nous dit :


 

« Martin Schongauer

Le bel immortel

Martin Schongauer est l’un des artistes germaniques les plus importants et les plus populaires de la fin du Moyen-Âge. Né à Colmar vers 1445, mort à Vieux-Brisach en 1491, il est installé comme peintre mais doit sa renommée, dès son vivant, à son œuvre de graveur. Fils et frère d’orfèvres, il n’a pas lui-même exercé ce métier mais a certainement appris dans l’atelier paternel le maniement délicat du burin, qu’il porte à un haut degré de perfection. 

L’exposition présente une large sélection de son œuvre gravé et dessiné et, pour la première fois, la quasi-totalité de ses peintures de chevalet et retables, dont la Vierge au buisson de roses de 1473, son seul panneau peint daté. Schongauer s’y montre fin observateur de la nature, narrateur inventif et délicat, mais aussi artiste lettré.

Les gravures de Martin Schongauer, abondamment diffusées, ont séduit plusieurs générations d’artistes. Faisant appel à tous les arts, les œuvres présentées dans la seconde partie de l’exposition, originaires d’une grande partie du continent européen et créées jusqu’au tout début du 17e siècle, permettent d’apprécier cette large réception artistique des œuvres du « Beau Martin ».

Commissariat 

Pantxika Béguerie De Paepe, conservatrice honoraire du Musée Unterlinden.
Hélène Grollemund, musée du Louvre.

Remerciements 

Cette exposition bénéficie du soutien de la Fondation Etrillard.

Avec le soutien exceptionnel du Musée Unterlinden, Colmar, et du Conseil de Fabrique de la Collégiale Saint-Martin, Colmar. »