La Santa Maria e San Rafaele

            À la fin du Moyen Âge, les activités portuaires de Nice représentent une part importante de la vie de la cité, qui est sous la protection de la Savoie depuis la Dédition de 1388.[1]   

            La solide forteresse de la ville sur sa colline protège tout un petit monde qui s’affaire sur la plage des Ponchettes. L’anse a été aménagée au XIIIe siècle afin de faciliter l’armement, la réparation et le déchargement des navires et les installations sont sans cesse utilisées. Pour les marins, les voyageurs et les marchands, ainsi que pour les  armateurs et leurs ouvriers, les Ponchettes sont le passage obligé.

            On vient de France et de Gênes pour acheter des bois de construction sur les plages de Nice. Certains achètent ou bien louent des navires niçois et courent de la Méditerranée jusqu’à l’Atlantique. Ces navires sont très réputés : les meilleurs bois de la région se trouvent déjà sur place afin de les négocier, mais certains sont utilisés par d’habiles ouvriers dont le travail est reconnu dans toute l’Europe. Nice est une escale consacrée[2] et de nombreux marchands préfèrent s’y arrêter plutôt que de débarquer au port voisin de Villefranche, malgré la supériorité des installations de ce dernier.

 

            Si les Génois reconnaissent la valeur des bois que l’on trouve à Nice pour la construction des navires et en sont grands consommateurs, cela ne les empêche pas de livrer une farouche bataille commerciale aux navires niçois lorsque, d’aventure, ils les rencontrent en mer. 

            Les différends entre Gênes et Nice ne sont pas chose nouvelle à la veille de la Renaissance (la première mention de litige date du XIIe siècle, lors d’une tentative  d’extension génoise).[3]

            La république de Gênes possède un des plus grands ports de l’Italie du Nord. En 1284, elle avait battu Pise qui était sa rivale à la bataille de la Meloria et s’était emparée de la Corse et de la Sardaigne ; toutefois, les Corses ne s’intéresseront que partiellement aux activités  maritimes des Génois qui voulaient transformer l’île en un relais pour leur commerce en Méditerranée. Son autre rivale, Venise, perd encore un peu plus chaque jour son monopole commercial.

            Depuis 1339, la république patricienne est dirigée par un doge élu à vie. La structure politique de la république est assez semblable à celle de Venise, si ce n’est que le doge de Gênes est encore moins puissant que celui de Rialto. L’activité principale de la république reste la banque, même si le commerce est très important. Ce sont les grandes familles qui dirigent Gênes, mais plus le temps passe et plus les grandes familles se déchirent ; la république en souffre.

            La situation géographique ne présente pas que des avantages. Si les terres se trouvent protégées par la proximité de l’Apennin ligure qui interdit presque toute attaque terrestre, en revanche, la plus grande partie du territoire se trouve resserrée sur la côte et ne dispose pas d’hinterland.

 

 

            La situation politique et les difficultés territoriales expliquent peut‑être l’agressivité génoise ; cela explique aussi peut‑être le ressentiment des Niçois quant à l’attitude de leurs concurrents sur les flots. Cette concurrence entre la république de Gênes et Nice est à l’origine de la construction de la plus grande galère du XVIe siècle: la Santa Maria e San Rafaele.

            Les trois frères Galléan, Jean, Raphael et Claude, sont des commerçants et de redoutables armateurs.

            Jean tente un rapprochement avec les Génois en épousant une des leurs, Nicoletta Doria, mais cela ne garantie en rien la protection des bâtiments appartenant aux Galléan : les galères génoises ont pour ordre de s’attaquer à tout navire battant pavillon savoyard.  Jean est un excellent marin et bien souvent il commande ses propres vaisseaux de marchandises.

            Alors qu’au port de Bona il a accepté de faire route avec deux capitaines siciliens, Jean tombe dans un piège génois. Peu de temps après avoir quitté le port, les trois navires sont poursuivis par les galères d’un corsaire turc, le capitaine Camalo et aussitôt, au lieu de lui prêter assistance comme il était convenu, les Siciliens font savoir à Jean qu’ils ont un sauf‑conduit de Camalo et ils le laissent seul. Jean et son équipage se battent, mais, dépassés par le nombre des assaillants, ils doivent se rendre. Jean, qui a été blessé, est fait prisonnier et ses frères doivent verser une rançon importante.

            Les Galléan tentent de se venger une première fois en envoyant des bâtiments attaquer les côtes de la république, mais Gênes rappelle les galères qui croisent dans le Levant et les Niçois doivent regagner leur port sans avoir lavé cet affront. C’est alors que les frères décident la construction d’un vaisseau de haut bord.

            C’est en 1487, à Nice, que commence la construction de la Santa Maria e San Rafaele. Les travaux durent deux ans. En octobre 1489, le navire est lancé, puis il est remorqué au port de Villefranche où, pour des raisons pratiques,  il est gréé.

            Le navire est un des plus imposants de son temps, sa portée est de mille six cents tonneaux, son artillerie est puissante et l’équipage de cent cinquante hommes a été choisi parmi les meilleurs marins du duché de Savoie.

            Jean part pour quelques courses en compagnie de son frère Claude qui commande un autre navire. Les navires génois qui ont le malheur de croiser leur route sont poursuivis avec acharnement. Ces actions desservent les Galléan : elles montrent aux Génois les trop nombreuses qualités de la Santa Maria e San Rafaele. Jean a l’intention de vendre son navire au vice‑roi de Naples, mais une demande de son duc, Charles Ier (1468‑1490), lui fait rompre les négociations. Un navire chargé de sel naviguant pour le compte de Blanche de Montferrat, épouse de Charles, a été capturé par des Génois et le duc aimerait que Jean récupère navire et chargement. En fidèle sujet, Jean accepte et se lance à la poursuite des Génois.

            Si cette expédition n’a pas exactement le succès escompté, car, en effet, le navire de Blanche restera perdu, en revanche elle fait connaître la Santa Maria e San Rafaele dans toute la Méditerranée. On l’admire ou on la craint. Toutes les puissances italiennes veulent l’acheter. Florence et Naples sont les premières sur les rangs, mais Gênes est également très active. Leur détermination quant à cet achat étonne les contemporains. La république va même jusqu’à envoyer un ambassadeur, Cristoforo Salvago, qui promet le rétablissement de la liberté du commerce entre Gênes et Nice si le navire leur est vendu.

            Les négociations traînent en longueur et les Génois tentent d’incendier le vaisseau dans la rade de Villefranche avec l’aide de Français qui ont été soudoyés. Leur plan échoue, mais il sera fatal à Salvago, victime de la fureur populaire, étant considéré comme responsable de cette action.

            Les Galléan s’endettent, vendent les bijoux de la famille et arment quatre vaisseaux qui feront route avec le navire tant convoité. Au début du mois de juin 1491, cette escadre que les meilleurs marins niçois se sont fait un devoir de rejoindre part en expédition contre les Génois.

            Un riche vaisseau de la république est capturé. Alors qu’ils rentrent au port, une tempête disperse les Niçois et la Santa Maria e San Rafaele se retrouve seule dans le golfe de La Napoule. La flotte génoise l’intercepte, mais préfère agir par ruse : Julien de Magnerie, commandant en chef génois invite Jean à son bord... et le fait prisonnier. Les Génois s’emparent du navire niçois et livre Jean à la mer à bord d’une barque. Jean est sauvé par un  navire marchand qui, comble de malchance, le conduit à Gênes où il est emprisonné.        

C’est grâce à l’intervention d’une parente, Catherine du Carret, auprès du Sénat génois que Jean recouvre la liberté, mais il doit jurer de renoncer à toute réclamation et de ne jamais parler du traitement qu’il a subi depuis sa capture à La Napoule[4]. Le Pape Alexandre VI le dégage de son serment, ce qui permet à Jean de se plaindre à son duc, Charles II (1488‑1496), pour lequel la duchesse Blanche assure la régence, mais également au roi de France et à d’autres rois. Jean prend toute l’Europe à témoin de son malheur.

            En compensation, les Galléan reçoivent de nombreux honneurs de la duchesse, mais la république de Gênes fait la sourde oreille et refuse de rendre le vaisseau qu’elle a volé. Les Galléan réclament leur bien jusqu’en 1520, sans résultat.

            Jean Galléan fait encore quelques tentatives, mais son combat prend fin le 5 juin 1538. Lors du congrès de Nice[5], alors qu’il va prendre son tour de garde au château, Jean est tué d’un coup d’arquebuse. Accident ou action décidée par Gênes ? Les quelques sources dont nous disposons ne nous livrent que des réponses contradictoires ou partisanes.

 

            Les Niçois et les Génois se sont mené une guerre maritime et commerciale sans pitié à l’aube de la Renaissance. L’armement niçois était reconnu à l’époque : les Génois, dont la puissance déclinait à cause des luttes intestines, ne pouvaient se résoudre à voir leur influence se réduire ainsi.

            Mais il faudrait peut‑être ne pas seulement voir dans les actes génois un entêtement et une fourberie[6] sans limite et envisager la possibilité que la république ait dû faire face à d’importantes difficultés qui peuvent expliquer leur politique agressive, même si la Santa Maria e San Rafaele est arrivée dans le port de Gênes par ruse.

                       

            La Santa Maria e San Rafaele fut, trop brièvement, le fleuron de la flotte niçoise.

     

            Peu de temps après, Gênes allait perdre la plupart de ses comptoirs et de ses possessions. 

            Quant à Nice, le nombre de ses activités portuaires allaient diminuer au fil des siècles. Les Ponchettes furent abandonnées au profit du site de Lympia où se trouve le port actuel. Si aujourd’hui le port évoque plutôt la navigation de plaisance, pour faire justice à Nice, il faut se souvenir de sa grandeur passée.

 

 

Bibliographie :

Hervé BARELLI et Roger ROCCA, Histoire de l’identité niçoise, Serre, Nice, 1995

Michel DERLANGE (sous la direction de), Les Niçois dans l’histoire, Privat, Toulouse, 1988

Robert LATOUCHE, Histoire de Nice, Paris, 1961-1965

Jean-Baptiste TOSELLI, Biographie Niçoise ancienne et moderne, Lafitte Reprints, Marseille, 1973



[1] : En 1388, la Savoie était un Comté, elle deviendra un duché lorsque, le 9 février 1416, Amédée VIII de Savoie est fait duc par l’Empereur Sigismond. La Reine Jeanne Ière (1326-1382), héritière de la Provence et de Naples qui étaient des terres des Anjou, n’avait pas d’héritier légitime. Elle adopta successivement deux héritiers (Charles de Duras et Louis d’Anjou), ce qui provoqua la guerre en Provence à sa mort. Nice était favorable à Duras, mais les Anjou étaient sur le point d’obtenir l’héritage promis et menaçaient d’attaquer Nice. Par la Dédition, la ville obtenait notamment la protection de la Savoie à laquelle elle resterait fidèle.

[2]: Villefranche et Nice sont les deux plus importants débouchés du duché de Savoie sur la Méditerranée, mais les installations de Nice ont l’avantage de permettre une communication plus rapide avec les routes commerciales.

[3] : Les terres de Nice, voisines de la république de Gênes, auraient été une prise utile qui auraient permis aux Génois de disposer des ressources militaires et matérielles de Nice. 

[4]: Il ne devait parler ni du vol de son vaisseau, ni des conditions de son emprisonnement à Gênes.

[5]: De mai à juin 1538, le pape Paul III tenta de réconcilier les Français de François Ier et les Espagnols de Charles Quint qui s’affrontaient dans le Piémont. Les trois hommes se rencontrèrent à Nice, mais ce fut un échec.

[6]: C’est un terme souvent employé par l’historien du XIXe siècle, Jean-Baptiste Toselli, qui a fait preuve d’une grande rigueur dans ses différents travaux ; il semble avoir été extrêmement sensible à ce sujet, ce qui pourrait nous donner une idée de l’importance de l’antagonisme entre les deux cités.

 

Des nouvelles de Clio (bulletin #15)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

* Parce qu’il fut métamorphosé en église, le temple d’Héphaïstos à Athènes est pratiquement intact ce qui est extraordinaire et précieux (article en anglais).

* Quelqu’un a échappé à ce qui aurait pu être une amende de £7000 (en fait, les règles ont changées en 2019 et le coupable ne risquait plus rien – mais quand même) ! 

En 1976, quelqu’un (on ne sait pas qui car les fichiers de la bibliothèque ont probablement été détruits, ce qui semble fou et particulièrement frustrant) emprunta deux ouvrages et… ne les rapporta pas à la bibliothèque de Leeds. 

Les livres ont récemment été donnés à une œuvre de charité qui a réalisé que la bibliothèque n’avait pas fait don de ces précieux ouvrages et ils ont été restitués à leur légitime propriétaire (article en anglais).

* Alors que les populations ont peu à peu été obligée d’ouvrir un compte en banque (en France, ce fut afin de protéger les porteurs de fonds qui étaient pris pour cible), la grande majorité des banques, alors même qu’elles boursicotent joyeusement avec les petits (ou gros) sous que nous laissons sur nos comptes, prennent des frais de tenue de compte. La Grèce vient de se faire rattraper par cette pratique (article en anglais).

* Des travaux de voirie peuvent mettre au jour des trésors archéologiques ; c’est ce qui vient d’arriver à Athènes où une mosaïque vient d’être découverte dans un exceptionnel état de conservation malgré la somme de travaux effectués au dessus d’elle au cours des siècles. Les archéologues vont avoir du pain sur la planche (article en anglais).

* Si vous envisagez de faire un saut à Londres, ce n’est pas votre Baedeker qu’il faudra mettre dans votre valise, mais la nouvelle liste des musées gratuits que vous trouverez ici (en anglais, evidently).

* Une équipe de scientifique du Schmidt Ocean Institute a eu la bonne surprise de filmer un calmar colossal adolescent au large des îles Sandwich à 600 mètres de profondeur, ce qui est une première (article et vidéo en anglais).

* Pourquoi les premiers chrétiens utilisaient-ils le poisson comme signe de reconnaissance ? C’est du grec. Littéralement. Le mot lui-même servait d’acronyme pour parler de Jésus et dessiner un poisson (enfin, juste une moitié de poisson) vous permettait de savoir si vous parliez à un nouvel allié en religion… ou pas (article et vidéo en anglais).

* Il faut avoir un égo qui ne passe plus les portes, avoir été élevé dans une grange ou être l’idiot du village (ou les trois) pour aller graver son nom sur un monument. D’un côté, si c’est arrivé il y a longtemps, les historiens et les archéologues récupèrent de précieuses informations comme, par exemple, le fait que des visiteurs d’Asie ont laissé des graffiti, notamment en vieux tamoul, dans des tombes de la vallée des rois en Égypte et, d’un autre côté, la planète entière sait, deux mille ans après les faits, que Cikai Korran (qui est loin d’être le seul) était un vandale (article en anglais).

* Dans les années 1950, en Angleterre, un receveur de bus récupérait les fausses pièces et les pièces étrangères avec lesquelles les voyageurs payaient leurs tickets et les donnaient à son petit-fils. Ce dernier vient de faire don à un musée d’une pièce phénicienne frappée à Gadir (Cadix aujourd’hui) il y a deux mille ans. Les spécialistes vont pouvoir étudier cette pièce extraordinaire, mais nous ne saurons probablement jamais comment elle est arrivée en Angleterre (article en anglais).

* Il y a en ce moment des travaux au Palais de Justice de Paris sur l’île de la Cité, ce qui donne la possibilité aux archéologues d’explorer les différentes couches présentes dans la cour du Mai.

* Il y a trois cent cinquante ans, à York, Jane Wright légua par testament l’énorme somme de mille livres, somme qui devait être investie dans des terres dont les profits seraient confiés à la cathédrale afin d’être distribués aux nécessiteux et en particulier aux jeunes gens qui venaient de terminer leur apprentissage. En 2026, le legs de Jane Wright a été sagement utilisé et il rapporte toujours de l’argent (article en anglais).

Vidéos : « Martin Schongauer - Le bel immortel » au Louvre (8 avril - 20 juillet 2026)

            Nous vous avions parlé de cette exposition, mais quelques vidéos très intéressantes ont été publiées.

Le musée a posté une courte vidéo de présentation de l’exposition :

Il y a aussi une présentation un peu plus longue (qui donne envie d’aller faire un tour à Colmar) :

Si vous voulez faire vos devoirs avant d’aller visiter l’exposition, la conférence de présentation est aussi en ligne :

 

Flash info: Le premier bal de la licorne

            Si vous avez envie de musique le 13 juin 2026, le musée de Cluny a une proposition à vous faire :

« Bal de la licorne

Participez à la première édition du Bal de la licorne pour fêter la fin de l’exposition « Licornes ! ».

Le temps d’une soirée et à l’occasion du mois des fiertés, le musée se transforme en un espace de fête autour de l’univers de la licorne. Figure emblématique du Moyen Âge, elle est devenue un symbole contemporain des communautés LGBTQIA+.

Le programme mêle performances et musique : la drag queen Élysée Moon proposera des interventions chantées et un quiz autour des licornes, puis un DJ set de Corrine fera vibrer la cour de l’hôtel médiéval.

Des étudiants de l’École du Louvre seront présents dans l’exposition "Licornes !" pour vous accompagner dans votre découverte des œuvres.

Un service de restauration et de bar est assuré par la Table de Cana pendant la soirée (service payant).
 

L’événement bénéficie du soutien des Amis du musée de Cluny.

Bal de la licorne 2026 © Aurore Brunet

Réservation obligatoire (pas de vente sur place).

Ouverture de la billetterie mercredi 13 mai à 10h.

À partir de 18 ans

Dans l’esprit festif de la soirée, les costumes sont les bienvenus. Afin d’assurer le confort et la sécurité de toutes et tous, merci de respecter les points suivants :

  • Veuillez adopter une tenue respectueuse du musée et du public
  • Les costumes trop volumineux, encombrants ou susceptibles de gêner la circulation sont interdits
  • Les accessoires dangereux ou rigides (pointes, objets contondants, structures imposantes, etc.) ne sont pas autorisés
  • Les masques sont acceptés, mais doivent pouvoir être retirés à tout moment (le visage doit rester identifiable, notamment à l’entrée)
  • Les batteries de vélo et les trottinettes ne sont pas autorisées
  • Pas de vestiaire disponible

Pour des raisons de sécurité, le personnel pourra demander le retrait temporaire de tout élément de costume. Le musée se réserve le droit de refuser l’entrée à toute personne dont la tenue ou le comportement ne respecterait pas ces règles. »

Des nouvelles de Clio (bulletin #14)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Mais où est donc passé l’escalier « Persé » du château d’Amboise ? Il a été détruit, mais une équipe d’archéologues est aujourd’hui partie à la recherche des traces qu’il a pu laisser.

* Ce n’est pas par hasard que le Parthénon a survécu aux éléments et aux terribles actions des hommes. Sa construction fut extraordinaire (article en anglais).

* La cuisine égyptienne a de nombreuses recettes avec des lentilles. Une très ancienne recette a fait surface et est rédigée en grec. Si vous êtes tentés par une soupe historique de lentilles, c’est par ici (article et vidéo en anglais).

* La Conquête de Constantinople de Geoffrey de Villehardouin relate les événements qui ont mené au sac de Constantinople lors de la quatrième croisade. Cet étrange épisode eut des conséquences qui ont des répercutions encore aujourd’hui (article en anglais).

* L’Aphrodite de Melos (ou Vénus de Milo si vous y tenez) nous cache encore bien des mystères, mais certains d’entre eux pourront peut-être être résolu grâce à de nouvelles archives familiales qui ont été offertes à la Grèce (article en anglais).

* En 1994, un plongeur belge, René Wouters, repéra une statue au large de l’île croate de Lošinj. Protégée par les sédiments marins alors qu’elle était immergée à 45 mètres, ce grand bronze d’un sportif après l’épreuve est presque entier, ce qui est extraordinaire. Elle peut être aujourd’hui admirée au musée d’Apoxyomenos à Mali Lošinj en Croatie. Vous pouvez lire plus d’informations sur cette statue dans cet article (en anglais).

* Lucius Cornelius Sulla Felix, que l’on appelle en général simplement Sulla, opéra avant notre ère. Il fut un dirigeant compliqué et fascinant. Un article résume certaines de ses actions marquantes (en anglais).

* Le 16 février 2026, un livre spolié à Marc Bloch a été restitué à ses descendants. Vous pouvez lire la déclaration du ministère de la culture ici.

* Le 19 février 2026, Inrap a annoncé la sortie du livre d’Anne Augereau, Une Préhistoire des femmes. Étant donné que, jusque récemment, les données archéologiques de la préhistoire étaient décryptées au travers du prisme du patriarcat, ce nouveau travail cherche à comprendre où était la vérité à cette époque lointaine.


* Sir Arthur Evans découvrit des tablettes où étaient inscrits des textes rédigés en linéaire B. Alice Kober travailla à le déchiffrer, mais elle fut emportée avant de pouvoir achever son travail et ce fut Michael Ventris qui parvint à lire cette langue. L’histoire de cette aventure linguistique est fascinante (article en anglais).

* En 1916, l’administration coloniale française avait volé en Côte d’Ivoire un tambour parleur dit Djidji Ayôkwé dont l’importance culturelle pour la population locale fut ignorée par les voleurs. Il va enfin être rendu à sa communauté qui, à juste titre, se réjouit de ce retour.

Exposition : « L’Eau primordiale - Leçons de Mésopotamie » au Louvre (20 mai 2026-15 mars 2027)

            À partir du 20 mai 2026 et jusqu’au 15 mars 2027, vous pourrez visiter l’exposition « L’Eau primordiale - Leçons de Mésopotamie » au Louvre dans la salle 230 (aile Richelieu) et dans les salles du département des Antiquités orientales ailes Richelieu et Sully. 

 

Le site du musée précise d’ailleurs qu’afin « de permettre la maintenance des espaces d’exposition et l’entretien des collections du musée, les salles suivantes pourront être amenées à fermer :
Les lundis : salles 300 à 304 et 306 à 314 (aile Sully) / Les mercredis : salles 227 à 230 (aile Richelieu) ».

Au sujet de l’exposition, le site nous dit :

«  Traversé par les deux seuls fleuves connus du paradis biblique, dont l’importance et les dangers ont pu inspirer le mythe du déluge, la Mésopotamie antique est aussi la terre où fut inventée et développée pour la première fois l’irrigation. Ces premières expériences de maîtrise de l’eau par l’homme, à travers la transformation artificielle de son environnement naturel, ont suscité l’invention et le développement en Mésopotamie des premiers ouvrages hydrauliques connus (premiers canaux, ponts, aqueducs, réseaux de canalisations, lacs artificiels, etc.). Ils furent sources de changements pour le territoire et ses habitants dont on montrera les atouts et les faiblesses à long terme. Reposant volontairement sur les seules collections du Louvre, dont la richesse rend possible un tel projet, l’exposition s’insère au sein des salles permanentes du département pour y interroger l’ensemble des antiquités orientales sous l’angle de l’eau et de ses leçons environnementales d’hier à aujourd’hui.

Commissaire

Ariane Thomas, directrice du département des Antiquités orientales, musée du Louvre

Commissaires associés

Barbara Couturaud et Grégoire Nicolet, département des Antiquités orientales, musée du Louvre »

Exposition : « Silla : l’Or et le Sacré » au musée Guimet (20 mai – 31 août 2026)

            Le musée Guimet va bientôt nous présenter une exposition exceptionnelle sur une civilisation aujourd’hui disparue.

 

Le site du musée nous dit :

« Grâce à une collaboration exceptionnelle avec le musée national de Gyeongju et d’autres institutions muséales sud-coréennes et françaises, le musée Guimet présente, pour la première fois en Europe, une exposition sur le royaume du Silla (57 av J.-C- 935 après J.-C), l’une des civilisations les plus brillantes de l’Asie de l’Est.

Révélé par l’archéologie autant que par les chroniques médiévales, l’art du Silla apparaît aujourd’hui comme un héritage vivant, au cœur de la mémoire culturelle de la Corée du Sud. Cette présentation inédite met en lumière un royaume où, durant près d’un millénaire, art, spiritualité et pouvoir se sont conjugués pour façonner une culture d’une remarquable richesse.


Des origines mythiques du Silla, racontées par les chroniques coréennes médiévales, à la chute du royaume, l’exposition se déploie en cinq sections thématiques qui retracent l’histoire, les expressions artistiques et la mémoire d’un État à la fois puissant et profondément ancré dans des traditions spirituelles. Elle offre une lecture renouvelée de cette civilisation, révélant la manière dont les dynamiques politiques, religieuses et esthétiques se sont entremêlées pour produire un héritage qui est parvenu jusqu’à nous.

Couronne en or, pendentif, diadème en or Gyeongju National Museum

Transportés aux origines de la ville-paysage Gyeongju, au sud-est de la Corée, les visiteurs découvriront les traces d’une civilisation dont les montagnes, les immenses « tombes-montagnes », les temples et la vie moderne portent encore l’empreinte. Une ville dont les habitants sont pleinement investis dans la protection de leur patrimoine.


Du 4e au début du 6e siècle, la période dite maripgan marque une étape décisive dans l’affirmation de l’identité du Silla avec l’essor du clan des Kim. L’or devient la signature éclatante du royaume, symbole d’un pouvoir consolidé. Les trésors exhumés des grandes tombes royales (couronnes d’or, parures de jade, bijoux ouvragés, grès figuratifs) témoignent d’un savoir-faire exceptionnel et d’un royaume ouvert aux échanges sur les routes reliant le Japon, la Chine, la steppe, l’Asie centrale, jusqu’aux mondes méditerranéens. Prestige politique et splendeur artistique s’y confondent, donnant naissance à un langage visuel d’une exceptionnelle inventivité.  

Ceinture et pendentifs en or  Gyeongju National Museum

Au cours du Silla unifié (668–935), le royaume s’impose comme puissance méridionale dominante, avec le bouddhisme comme force spirituelle et protectrice du territoire. Les matériaux précieux autrefois réservés aux tombes royales trouvent désormais leur place dans les monastères, les pagodes, les reliquaires et les images sacrées. Les trésors de fer, d’or, d’argent, de verre et de pierre du Silla constituent un héritage vivant, encore perceptible dans le paysage de Gyeongju comme dans la mémoire collective. 


L’exposition réunit un ensemble exceptionnel de pièces emblématiques, parmi lesquelles figurent de nombreux trésors nationaux présentés pour la première fois hors de Corée du Sud. Nichée entre montagnes boisées et plaines ondoyantes, la ville de Gyeongju, capitale du Silla, offre encore aujourd’hui l’un des paysages les plus singuliers de Corée du Sud. Pagodes, tumulus royaux et vestiges monumentaux y dialoguent avec les lignes d’une cité contemporaine attentive à la préservation de son patrimoine. Le visiteur y marche littéralement au cœur de l’histoire, dans un espace où le passé demeure visible, habité, transmis.

Exposition organisée par le musée national des arts asiatiques - Guimet et le musée national de Gyeongju (Corée).

 

Commissariat :

Arnaud Bertrand, conservateur des collections Corée – Chine ancienne au musée Guimet

Kim Jaewan, conservateur senior au musée national de Gyeongju

Yun Seogyeong, assistante conservatrice au musée national de Gyeongju »