Flash info : nouvelles du musée de Cluny

            Le musée de Cluny a un nouveau site Internet qui a de nouvelles pages thématiques :

* « Parcours de visite » 

* « Á faire à la maison » (Coloriages, Broderie médiévale ou Recettes médiévales)

* « Les podcasts du musée de Cluny »

* « Dossiers thématiques » (Cartes blanches aux chercheurs, Des clés pour comprendre le Moyen Âge, Ensembles architecturaux, L’iconographie chrétienne, Pour approfondir)

Bonne exploration ! Si nous disparaissons sur la page des recettes médiévales, que personne ne s’étonne…

Activités au château d'Azay-le-Rideau (14 juillet - 22 août 2026)

            De nombreuses manifestations historiques vont avoir lieu au château d’Azay-le-Rideau cet été.

Nous vous signalons notamment :

 

Du 15 juillet au 22 août, le « Spectacle immersif « La Conjuration d'Azay » 



Plongez dans une nouvelle expérience de visite théâtrale et immersive proposée par le Théâtre des Minuits et revivez un événement historique unique au château d'Azay-le-Rideau.

 

Présentation

 

Nouveau scénario, nouveaux décors ! Après le succès de l’édition 2025, les comédiens du Théâtre des Minuits et quelques 200 bénévoles reviennent cet été au château pour vous plonger dans une nouvelle édition de la « Conjuration d'Azay ». Spectacle immersif par excellence, les comédiens vous entrainent au cœur de l'intrigue.

Nous sommes en 1626. Le royaume de France est fragilisé par l’absence d’héritier. Gaston de France, frère de Louis XIII, convoite le trône et s’oppose à l’autorité grandissante du cardinal de Richelieu. Manipulé par la duchesse de Chevreuse, il se retrouve mêlé à une conspiration visant le cardinal et le Roi. 

Réfugié à Azay-le-Rideau, Gaston tente d’oublier les tensions politiques en s’abandonnant à de fastueuses festivités, tandis que Louis XIII y envoie secrètement sa mère, Marie de Médicis, et Richelieu pour tenter de ramener à la raison le jeune prince. 

Sous les masques et la musique baroque, la menace persiste : la conspiration est-elle vraiment terminée, ou un assassin se cache-t-il parmi les danseurs ? 

 

Vous êtes accompagnés de personnes non francophones ?

Des créneaux spécifiques sont prévus pour les visiteurs étrangers.

Chaque jour de représentation, des chuchoteurs narrent en anglais et en espagnol à l’aide d’audiophones, les scènes et dialogues du spectacle.

 

En anglais : à 19h10 et 21h10
En espagnol : à 19h20 et 21h20

Les mercredis, jeudis, vendredis et samedis du 15 juillet au 22 août 2026
De 19h à 23h30
Durée du spectacle : 1h20
Des départs sont proposés toutes les 10 minutes (dernier départ à 22h) 
 

Plein tarif : 21 €
Tarif réduit : 14 € (- 18 ans, étudiants, bénéficiaires des minimas sociaux, familles nombreuses ...)
Moins de 5 ans : gratuit

À partir de 5 ans

Chaque départ est composé d'un groupe de 30 personnes maximum.
Spectacle en déambulation dans le parc et le château. Pas de places assises.
Sur réservation »

 

Du 14 juillet au 18 août, des « animations historiques 



Présentation

 

La Renaissance reprend vie au château d’Azay-le-Rideau

Cette saison, le château d’Azay-le-Rideau vous invite à vivre une expérience immersive au cœur de la Renaissance grâce aux animations historiques proposées par la compagnie La Muse.

Dans les jardins du château, comédiens et personnages costumés redonnent vie à l’élégance, aux savoir-faire et aux intrigues du XVIe siècle. Entre scènes théâtralisées, rencontres insolites, démonstrations et moments participatifs, petits et grands découvrent l’histoire autrement : vivante, sensible et pleine de surprises.

Pensées pour toute la famille, ces animations mêlent découverte culturelle, divertissement et émerveillement. Les enfants pourront s’initier aux usages de la Renaissance tandis que les adultes apprécieront la richesse historique et l’atmosphère unique du lieu.

Le temps d’une visite, laissez-vous transporter dans l’univers raffiné de la cour de François Ier et partagez un moment hors du temps au cœur de l’un des plus beaux châteaux de la Loire.

 

Au programme

 

14 juillet : Touraine, jardin de la France
Découvrir la cuisine de la Renaissance et les spécialités tourangelles.

 

21 juillet : Les jeux de la Muse
S'amuser avec les jeux de l'époque.

 

28 juillet : Les mains de l'histoire
S'initier à l'artisanat.

 

4 août : Les jeux de la Muse
S'amuser avec les jeux de l'époque.

 

11 août : Le Camp des jongleurs 
S'initier à la jonglerie, aux acrobaties et aux danses de la Renaissance.

 

18 août : Ars militari
Comprendre l'artisanat militaire et s'initier au combat.

Les mardis du 14 juillet au 18 août 2026
De 10h à 13h et de 14h à 18h 

L'accès aux animations est compris dans le billet d’entrée du château
Adulte : 16 € en caisse
Gratuit moins de 26 ans

Si vous souhaitez acheter votre billet à l'avance, choisissez le billet "Visite libre du monument".

Tout public

Les animations sont proposées en continu dans le parc
Sans réservation »

 

Le mardi 22 juillet, un « Bal Renaissance au château

 

Au son des airs de la Renaissance, venez danser au château le temps d’une soirée exceptionnelle

 


 

Présentation

 

Dansons dans le cadre enchanteur du château d’Azay-le-Rideau ! Le Banquet du Roy vous propose le temps d’une soirée de renouer avec cette passion emblématique du XVIᵉ siècle : le bal Renaissance.

Ouvert à tous et guidé par un maître à danser, cet événement festif et participatif vous invite, quel que soit votre niveau, à vous initier aux pavanes, branles et allemandes. Au fil des danses, vous découvrirez  le plaisir d’évoluer ensemble, portés par une même pulsation et l’énergie du collectif.

Mardi 28 juillet 2026 de 20h à 22h

Tarif : 16 €
Moins de 18 ans : gratuit

 

Location de costumes en partenariat avec l’association Louis XII. 
Possibilité de location sur place à partir de 19h15 ou de pré-réservation en ligne (ouverture des réservations en juin).
Le port du costume n'est pas obligatoire. »

Flash info : ouverture de la Chapelle royale et de la Grande Sacristie au château de Versailles (7 juillet-30 août et 7 juillet-27 septembre 2026)

           C’est l’été et la Chapelle royale du château de Versailles peut être visitée du 7 juillet au 27 septembre et, cette année, jusqu’au 30 août, nous pourrons aussi visiter la Grande Sacristie et la pièce du lavabo.

Le site nous dit :

« Les annexes de la Chapelle royale

Construite suivant les plans de Jules Hardouin-Mansart, la Chapelle royale du château de Versailles est l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture religieuse en France et l’un des points d’orgue de la visite du monument.

La chapelle royale et ses Annexes

Envisagée dès les années 1680, la construction de la Chapelle royale fut différée pour des raisons financières, puis reprise de 1699 à 1710 environ. 

Dès 1682, Louis XIV avait souhaité que des Lazaristes (ou Missionnaires), au nombre de 14 puis 21, soient affectés au service divin. Le fonctionnement de la chapelle nécessitait donc d’importants espaces annexes, auxquels un emplacement avait été réservé à l’extrémité de l’aile nord. Leur aménagement eut lieu vers 1708-1710, sous la direction de Jules Hardouin-Mansart puis de Robert de Cotte.

Ces annexes regroupaient les différents usages liés au culte et au fonctionnement de la chapelle (le Logement des Lazaristes, la Salle de classe des enfants de chœur, la Pièce des musiciens, le Logements du Suisse et du Prédicateur, la Grande Sacristie, la Pièce du lavabo…), qui s’imbriquaient dans les logements de courtisans, d’officiers et autres corps de garde du reste de l’aile nord.

Les Annexes de la chapelle royale : des espaces particulièrement authentiques

L’ensemble des pièces attenantes à la Chapelle a été peu modifié depuis l’Ancien Régime. Comme dans le reste du Château, les logements furent régulièrement adaptés et densifiés à partir du milieu du XVIIIème siècle, et un Oratoire pour Madame de Pompadour fut aménagé à l’emplacement d’un palier d’escalier. Au XIXème siècle, la nécessité de conserver la Sacristie permit de préserver toute l’extrémité de l’aile nord lors de l’aménagement des salles d’Afrique. Seul l’Escalier des Lazaristes fut sacrifié au profit d’un calorifère destiné à chauffer la salle de la Smalah.

Ainsi, les pièces attenantes à la Chapelle royale demeurent un témoin rare et précieux de la vie quotidienne des courtisans et des servants de la chapelle sous l’Ancien Régime.

Une intervention sur ces pièces s’inscrit dans la continuité de la restauration de la Chapelle Royale et est aujourd’hui nécessaire en raison de leur état de dégradation parfois avancée.

Une restauration urgente

Certaines pièces présentent des altérations dues à l’utilisation de la chapelle en tant que salle de concert induisant des aménagements et une logistique particulière. C’est pourquoi elles appellent aujourd’hui à être restaurées tandis que les installations techniques doivent être rénovées.

La Grande sacristie et la Pièce du lavabo

La Grande Sacristie de la Chapelle est un ensemble de pièces de grande valeur patrimoniale situées dans l’aile nord du Château. Elles nécessitent aujourd’hui une restauration majeure afin de sauvegarder cet espace et de le présenter au public. Reliées à la première travée du déambulatoire, elles s’organisent autour d’un couloir d’accès situé au niveau inférieur, de plain-pied avec le pavement de la Chapelle, distribuant au nord la Grande Sacristie et à l’est la pièce du lavabo.

La Grande Sacristie est la pièce la plus vaste et la plus précieuse des annexes de la Chapelle royale. Si les portes richement sculptées donnant sur la Chapelle sont peintes et dorées, le reste des boiseries du XVIIIe des annexes de la Chapelle est simplement ciré « à la capucine », selon l’usage des boiseries d’église. La partie inférieure du couloir, tout comme les pièces adjacentes, est intégralement lambrissée, conférant à ces trois espaces une remarquable unité. Ces pièces sont composées de panneaux de lambris et de mobilier intégré moulurés voire sculptés, avec des sols en parquet Versailles à frises et compartiments. Austérité et grandeur, alliées à une perfection dans la qualité du bois comme dans l’exécution de la menuiserie, caractérisent ces lieux hors du temps.


La Grande Sacristie

© EPV/Didier Saulnier

Une lourde intervention est indispensable pour la pièce du lavabo : le plancher s’est affaissé de plus d’une dizaine de centimètres, engendrant d’importantes déformations des lambris. Le précieux lavabo en marbre du Languedoc et sa tuyauterie en plomb seront restaurés selon des méthodes traditionnelles. Seuls les chapiers souffrent également de déformations importantes.

La restauration des annexes de la Chapelle permettra également la mise en œuvre d’un projet muséographique et la présentation du "trésor" de la Chapelle grâce à l’aménagement discret des placards de la pièce du lavabo en vitrines. En parallèle, la Grande Sacristie continuera à servir aux usages cultuels.

Ainsi, la restauration et le réaménagement de ces espaces permettront d’envisager la création d’un circuit de visite inédit dans une partie du Château qui n’était, jusqu’à présent, pas accessible au public.

Mécénat

La pièce des musiciens et le revestiaire des chantres ont été restaurés grâce au mécénat de la Fondation Philanthropia.

L'oratoire de madame de Pompadour a été restauré grâce au mécénat de la Fondation Frédéric de Sainte Opportune sous l'égide de la Fondation Notre Dame.

La Sacristie et la pièce du lavabo sont en cours de restauration grâce au mécénat de la Société des Amis de Versailles avec le soutien de la Fondation du patrimoine.

Le château de Versailles remercie Mademoiselle Madeleine Faucheux-Bureau, Madame Françoise Dufaux et Monsieur Guy Renard pour leurs généreux legs réalisés par l'intermédiaire de la Société des Amis de Versailles. »

 

Curiosités de musée : Les chambres secrètes du château de Chantilly

            Ce qui est fascinant quand on est abonnée à moultes infolettres, c’est que cela nous permet de partager certaines informations avec vous, chers Lecteurs.

            Cette fois-ci, il se trouve que France 3 Picardie s’est rendue au château de Chantilly afin de brièvement nous faire découvrir deux chambres qui ne font pas partie du parcours de visite ouvert à tous.

            L’information qui allait avec le lien est la suivante :

« Reportage : La chambre secrète du Château de Chantilly

Le Château de Chantilly renferme plusieurs lieux secrets. Dans ce reportage c’est un lieu hors parcours de visite du château qui nous est dévoilé : la chambre de Berthe de Clinchamp. Situé derrière une porte dérobée, l’endroit reste secret en raison de son accessibilité réduite, mais aussi parce qu’il est une véritable plongée dans l’intimité de celui qui fut le dernier propriétaire du Domaine de Chantilly. »

            Voici la vidéo qui accompagne ce texte :

            En bonus, il existe une page sur le site Internet du château où vous pouvez visionner certaines expositions virtuelles. Bonne visite à distance !

Des nouvelles de Clio (bulletin #16)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Lord Elgin ne s’est pas seulement contenté de voler les frises du Parthénon : il a aidé un de ses amis, Edward Daniel Clarke, à voler une caryatide à Éleusis et elle a failli être perdue dans un naufrage au large de l’Angleterre. Cette statue se trouve aujourd’hui à Cambridge (article en anglais).

D’ailleurs, en parlant de cet imbécile d’Elgin, son navire, le Mentor, a lui aussi fait naufrage et les archéologues du ministère de la culture ont encore retrouvé en 2025 quelques fragments qui n’avaient pas été repêchés après le naufrage. Entre le naufrage, l’opération de récupération, le stockage inadéquat en Grèce, puis en Angleterre où Elgin fut en dessous de tout, le Royaume-Uni se moque du monde en refusant encore de rendre ces pièces qui ont été pillées par un arrogant dont l’égo ne passait plus les portes (article en anglais).

* Au début du XXe siècle, T. E. Lawrence (Lawrence d’Arabie) et l’archéologue Leonard Wolley avaient remarqué une église byzantine (entre Terre Sainte et monastère de Sainte Catherine) dont les ruines avaient été découvertes (et endommagées !) par les autorités ottomanes en Palestine occupée. Aujourd’hui, grâce à Lawrence et Wolley, cette église a été retrouvée et des fouilles ont mis à jour des mosaïques aux motifs floraux (article en anglais).

* Un parchemin qui décrit la Passion du Christ, un Arma Christi, rouleau datant de 1475, se trouve aujourd’hui au Bar Convent Museum à York où il n’est pas toujours présenté aux visiteurs car il est très fragile. Il existe peu de ces rouleaux et c’est une vraie chance de pouvoir admirer cet exemplaire extraordinaire quand il est montré au public (article en anglais).


* Oscar Wilde avait reçu une éducation très classique. Au lieu d'aller à Rome comme bon nombre de sujet de la reine Victoria, il visita la Grèce avec quelques camarades d'Oxford à vingt-trois ans. Cette aventure marqua profondément le futur écrivain (article en anglais).

* Si vous passez par Delphes, vous pourrez admirer une magnifique statue d'Antinoüs au musée archéologique. Elle fut découverte par une équipe d'archéologues français en 1894. Après la mort de son impérial amant, Hadrien avait divinisé Antinoüs et ordonné qu'il soit vénéré dans tout l'empire - une statue du jeune dieu fut donc installée à Delphes à l'entrée du sanctuaire (article en anglais).

Découverte de la statue
 

* Aristophane était un génie littéraire et c'est à lui que l'on doit le plus long mot en grec ancien : « λεπαδοτεμαχοσελαχογαλεοκρανιολειψανοδριμυποτριμματοσιλφιοτυρομελιτοκατακεχυμενοκιχλεπικοσσυφοφατοπεριστεραλεκτρυνοπτοκεφαλιοκιγκλοπελειολαγῳοσιραιοβαφητραγανοπτερυγών ». En revanche, aurait-il été prudent d'inviter Aristophane dans nos cuisines ? En effet, ce curieux mot décrit un plat partagé lors d'un banquet, mais la liste des ingrédients est pour le moins hétéroclite (article en anglais).

* Aujourd'hui encore, les archéologues peuvent faire des découvertes extraordinaires : une momie d'un homme adulte (mort après le règne de Cléopâtre VII) découverte à Oxyrhynque en Égypte avait un papyrus dans l'estomac, mais au lieu d'un livre des morts, le texte qui y fut rédigé est une partie de l'Iliade. D'autres momies avaient des langues en or ou en cuivre (article en anglais).

* Des chercheurs ont travaillé sur les inégalités alimentaires sur une période de dix mille ans. Leurs conclusions sont fascinantes et parfois étonnantes (bref, il n'a jamais fait bon naître femme).

Exposition : « Diego Cibeli, confins de porcelaine » (6 juin - 26 octobre 2026 au château de Chantilly)

En même temps que l’exposition « De Naples à Chantilly, les collections de la reine Caroline Murat », le château de Chantilly nous présente une exposition d’art contemporain dans la « Grande Singerie » (dans les Grands Appartements du château) du 6 juin au 26 octobre 2026 :

 

« Diego Cibeli, confins de porcelaine 

Dans le cadre de la saison napolitaine qui s’inaugure le 6 juin 2026 au musée Condé du Château de Chantilly, alors que le Jeu de Paume présente les collections de Caroline Murat, reine de Naples sous l’Empire, l’artiste napolitain Diego Cibelli conçoit une installation, c’est-à-dire un ensemble de sculptures créées pour l’expositions, destinées à l’un des espaces les plus emblématiques des Grands Appartements.

Pour la première fois, l’un des décors les plus emblématiques du XVIIIe siècle, la Grande Singerie peinte en 1737 par Christophe Huet accueille une création contemporaine. Dans cet intérieur où se superposent les strates du goût, du pouvoir et de la mémoire, Diego Cibelli ne reconstitue pas la collection de porcelaines des princes de Condé aujourd’hui disparues, il en fait renaître le souvenir et l’imaginaire. Ses formes fragiles, où s’entrelacent figures humaines, animales et végétales, semblent issues d’un monde enchanté. Entre Naples et Chantilly, sa production relie deux grandes histoires du raffinement, des arts décoratifs et du collectionnisme dans une méditation joyeuse sur l’étrange, l’altérité et la mouvance des formes et des matières.

De Naples à Berlin et Chantilly

Né à Naples en 1987, Diego Cibelli étudie aux Beaux-Arts de sa ville natale avant de se former à la Weissensee Kunsthochschule de Berlin. De retour dans la cité parthénopéenne, il travaille – depuis son atelier du quartier populaire de Scampia dans la périphérie de Naples – un matériau emblématique de l’histoire artistique et politique du royaume de Naples : le biscuit de porcelaine (une céramique cuite sans glaçure).

Cette fragile matière lactée lui permet d’explorer les formes poétiques du vivant, faisant dialoguer et s’entrelacer figures humaines, animales, mythologiques et chimériques dans un univers de métamorphoses.

Après une exposition au musée de Capodimonte à Naples en 2021, Diego Cibelli obtient le premier Prix Carta Bianca en 2024, avant de créer une installation permanente à la Fondation Rovati à Milan en septembre 2025.

Porcelaine en héritage

À Naples, la porcelaine occupe une place singulière dans l’histoire du pouvoir et du goût, analogue à celle qu’elle revêtit à Chantilly. Fondée en 1743 par le roi Charles de Bourbon, la manufacture royale de Capodimonte fut l’une des plus ambitieuses d’Europe avant d’être appelée à une seconde vie sous le règne de Joachim Murat et de Caroline Bonaparte, qui en ravivèrent l’élan expérimental et la portée diplomatique.

Diego Cibelli s’inscrit dans cet héritage, qu’il réinterprète librement dans une fusion féerique de formes anthropomorphes, botaniques et animales, telle l’œuvre site-specific qu’il crée pour la Grande Singerie.

Peint en 1737, ce célèbre décor déployé en arabesques, peuplé d’espiègles figures simiesques où dialoguent et s’interpénètrent les Cinq Sens et les Quatre Parties du monde, abritait autrefois les précieuses collections de porcelaines du duc de Bourbon. Dès 1725, ce prince avait fondé sa propre manufacture à Chantilly, qui perdura jusqu’en 1870.

La Grande Singerie réunissait des porcelaines produites à Chantilly comme d’autres venues des confins de l’Asie, déployant un Orient imaginaire, promesse d’évasion vers l’ailleurs chère aux sociétés des Lumières.

En 2026, Diego Cibelli recrée, avec Confins de porcelaine, l’univers fantastique et métamorphique de cette collection dont la trace s’est aujourd’hui perdue, dans un harmonieux choc de représentations.

Le titre de l’exposition évoque les lointains géographiques rêvés au XVIIIe siècle comme les frontières mouvantes entre les règnes, les formes et les matières, au cœur du travail de l’artiste. Confins de porcelaine interroge ainsi l’étrangeté et l’altérité dans un jeu de rencontres entre les personnages, l’architecture, le décor, l’œuvre contemporaine et le public.

Cette installation tisse un dialogue inédit entre l’histoire des collections de Chantilly, l’imaginaire exotique du XVIIIᵉ siècle et les formes contemporaines de l’expérience de la découverte de l’étranger profondément ancrée dans la tradition millénaire de la cité portuaire de Naples.

Diego Cibelli – Premier Prix Carta Bianca 2024

Cette exposition et sa communication sont soutenues par l’Association SANTéART, qui a décerné son premier Prix Carta Bianca à Diego Cibelli en 2024. Trouvant sa source au croisement de l’art et de la dimension sensible de l’être humain, le Prix Carta Bianca construit une passerelle entre le monde des artistes et le monde des patients. Il est fondé autour de valeurs-clés inhérentes aux professions de santé: partage, don de soi, engagement, solidarité, humanité et considère l’apport du contact avec l’œuvre comme source de revitalisation et de renaissance. Avec une dotation annuelle le plaçant parmi les plus importants Prix français et européens, le Prix Carta Bianca a permis au cours des trois dernières éditions le soutien de vingt-quatre artistes, choisis par un comité franco-italien.

Commissariat

Ulysse Jardat, Conservateur du patrimoine, musée Condé »

Exposition : « Napoléon à Chantilly » (6 juin - 4 octobre 2026 au Cabinet des Livres du château de Chantilly)

En complément de l’exposition « De Naples à Chantilly, les collections de la reine Caroline Murat », le château de Chantilly nous propose, avec un supplément au billet, une exposition sur Napoléon (dans le Cabinet des Livres du château) du 6 juin au 4 octobre 2026 :

 

« Napoléon à Chantilly »

À première vue, on ne s’attend pas à trouver des souvenirs napoléoniens au musée Condé, surtout quand on sait que le dernier représentant des princes de Condé, le duc d’Enghien, a été fusillé sur ordre de Bonaparte, alors premier consul. Malgré cela, le duc d’Aumale a rassemblé une riche collection de souvenirs napoléoniens, souvent méconnus ou inédits. Tandis que Caroline Murat est mise à l’honneur dans la salle du Jeu de Paume, le cabinet des livres présente ces témoignages rares consacrés à son frère. » [Lettre d’information du château]

Le site du château nous dit :

« A priori, on ne penserait pas trouver des souvenirs napoléoniens au musée Condé, dont le nom rend hommage à la dynastie des princes de Condé, dont le dernier représentant, le duc d’Enghien, a été fusillé sur ordre de Bonaparte, alors premier consul.

En réalité, dans la droite ligne réconciliatrice de son père le roi Louis-Philippe, le duc d’Aumale s’est intéressé à la personne de l’Empereur et à son histoire, et a réuni représentations, souvenirs historiques, archives et ouvrages dont un grand nombre sont peu connus ou n’ont jamais été montrés au public. Alors que Caroline Murat, sera mise en valeur au Jeu de Paume, le cabinet des livres exposera les souvenirs méconnus et parfois extraordinaires de son illustre frère.

Commissariat

Mathieu Deldicque, Conservateur en chef du patrimoine, Directeur du musée Condé

Florent Picouleau, Chargé d’archives au musée Condé »