Si, par hasard, vous passez par Athènes au mois de mars, de nombreuses visites guidées sont proposées gratuitement.
Un article du Greek Reporter détaille les événements prévus et en donne la liste complète (en anglais).
Si, par hasard, vous passez par Athènes au mois de mars, de nombreuses visites guidées sont proposées gratuitement.
Un article du Greek Reporter détaille les événements prévus et en donne la liste complète (en anglais).
« Vous pensez tout savoir sur la licorne ? Omniprésente dans la culture populaire contemporaine, la licorne a traversé les siècles et les continents. Et pourtant, cet animal fantastique reste encore plein de mystères.
Connue depuis l’Antiquité, il faut attendre la période moderne pour que son existence soit remise en cause. Elle ne disparaît pas pour autant de l'imaginaire collectif. Figure de pureté ou de l'amant délaissé, elle peut aussi se révéler dangereuse et menaçante, comme dans certaines représentations médiévales. Gage de chance dans la culture asiatique, elle est recherchée en Europe pour ses vertus médicinales. Sa corne, en particulier, est réputée purificatrice. Aujourd'hui encore, la licorne fascine et peuple la littérature fantastique comme les univers enfantins. Elle revêt des significations variées, évocatrice de singularité quand elle est brandie en étendard des différences de genre, ou de succès dans le monde des start-up.
Une exposition du Museum Barberini, Potsdam et du musée de Cluny - musée national du Moyen Âge, Paris, en collaboration avec le GrandPalaisRmn.
Consultez le communiqué de presse de l'exposition ici. »
Dans ce bulletin, nous vous proposons :
* Si vous voulez savoir comment les archéologues font des fouilles en pleine ville, l’Inrap a un article sur le sujet.
* Il est curieux – et fascinant – de voir comment de grandes villes se métamorphosent. Si vous voulez en savoir un peu plus sur Athènes au début du XXe siècle, c’est par ici (article en anglais – attention : peut contenir une photo de bergers et de leurs moutons en 1907).
* Un aspect des jeux du cirque chez les Romains a été largement oublié et peu étudié (mais principalement par manque de sources à analyser) : il y avait des femmes gladiateurs. Le peu d’éléments qu’il nous reste sur elles est très intéressant et nous donne une image plus complète de la société romaine en général (article en anglais).
* Aujourd’hui, qui connaît l’histoire d’Érysichthon ? Pourtant, ce souverain qui défia Déméter et fut puni par la déesse est, dès l’antiquité, un avertissement contre l’arrogance, la cupidité et le manque de respect de la Nature. Il existe plusieurs versions de son histoire, mais ce qui y est important est qu’il faut respecter la Terre ou les conséquences sont toujours terribles – même si Déméter n’est pas là pour choisir la punition infligée (article en anglais).
* Si la stèle de Lemnos se trouve au musée national archéologique d’Athènes où il est indiqué qu’il s’agit d’un don du Dr Vassilios Apostolidis, cette découverte archéologique majeure n’a, en fait, pas été saisie par l’école française d’Athènes (probablement pour l’envoyer au Louvre, comme bon nombre de leurs découvertes) grâce à Ioannis Pantelidis et à son fils, Odysseas. Ioannis cacha la stèle et, après sa mort, son fils parvint à l’envoyer en Égypte. Ce fut le Dr Apostolidis qui en fit don au musée afin que les autorités turques ne fassent pas – officiellement – le lien entre la stèle et la famille Pantelidis. Le musée pourrait peut-être ajouter une plaque en l’honneur des Pantelidis… (article en anglais)
* Les statues grecques nous présentent des personnes d’une incroyable beauté. Les Grecs anciens étaient-ils tous beaux ? Il est bien évident que non (les dramaturges nous éclairent sur ce point en se moquant de ceux qui mènent une vie d’excès), mais la beauté extérieure était censée refléter la beauté intérieure. Les statues sont donc une expression de la philosophie grecque (article en anglais).
* De nombreuses femmes sont beaucoup trop patientes, calmes et tolérantes face au sexisme institutionnel. Prenez Jocelyn Bell Burnell : alors qu’elle étudiait à Cambridge, en 1967, elle remarqua un signal qui mena à la découverte des pulsars et qui reçut un prix Nobel ? Son directeur de recherche ! Oh, sa contribution a éventuellement été reconnue… en 2018 (article et une vidéo – le tout en anglais).
* Une universitaire remet en question le fait que seuls des hommes étaient potiers à l’Âge du fer en Grèce (après tout, la plupart des peintures trouvées dans les cavernes sont dues à des femmes). Les sujets dépeints sont souvent liés aux activités féminines. Il faudrait maintenant examiner les marques laissées par les potiers afin d’essayer de déterminer leur sexe (article en anglais).
Le musée archéologique national de Naples se situe dans le Palazzo degli Studi et est un des plus grands musées archéologiques du monde. C’est sans doute le musée qui possède le plus d’objets romains au monde.
Les toutes premières pièces proviennent de la collection Farnèse (Alexandre Farnèse (1468-1549) qui fut pape sous le nom de Paul III, fut un très grand collectionneur), mais le nombre d’œuvres romaines augmenta grandement quand les archéologues commencèrent à explorer Pompéi et Herculanum.
À Pompéi, une des maisons dont les œuvres d’art ont été préservées par les cendres de l’éruption du Vésuve en 79 a été baptisée « maison du faune », parce qu’une statue de faune dansant s’y trouvait. C’est aussi là que fut découverte la célèbre mosaïque d’Alexandre le Grand à la bataille d’Issos. La maison du faune occupait toute une insula (un pâté de maisons ou îlot urbain) et de nombreuses œuvres magnifiques y ont été découvertes.
Le musée archéologique national de Naples possède notamment un petit marbre touchant et assez inhabituel : un groupe de quatre chiots qui se serrent les uns contre les autres.
Une nouvelle exposition vient d’ouvrir ses portes au musée du Louvre. Elle est installée dans les salles 300 et 316 (elle n’est pas accessible le lundi).
Le site du musée nous dit :
Le département des Antiquités orientales accueille pour la première fois dans les salles d’archéologie chypriote, seize œuvres prêtées par le Département des Antiquités de Chypre du Ministère de la Culture de la République de Chypre accompagnées d’une expérience numérique inédite.
À partir d’œuvres emblématiques et iconiques, comme les idoles en picrolite extraites du Mont Troodos ou un lingot de cuivre inscrit mis au jour dans un des sanctuaires d’Enkomi, le visiteur est invité à mieux comprendre les productions matérielles et les échanges commerciaux et culturels qui se développent dans l’île au chalcolithique et à l'âge du Bronze.
De magnifiques statues votives archaïques en terre cuite découvertes par la mission suédoise dans les années 1930 à Ayia Irini dialogueront avec les ex-voto en calcaire mis au jour à Golgoï par la mission du Comte de Vogüé dans les années 1860. Autour des deux chapiteaux hathoriques du Louvre, les recherches récentes sur la « Grande déesse » seront valorisées et aux côtés de la très importante collection d’ex-voto anatomiques, trônera le dieu Asklépios de Paphos, rappelant l’importance de Chypre dans la pratique de la médecine.
À la découverte de ces œuvres ambassadrices et à la redécouverte de la collection du musée, le visiteur suivra un parcours sensoriel riche d’extraits de poèmes de George Séféris et Constantin Cavafy et de chants chypriotes.
Cette manifestation matérielle et immatérielle célèbre au Louvre la richesse de la culture chypriote à travers le temps, dans le cadre de la présidence de Chypre au conseil de l’Union européenne.
George Papasavvas et Artémis Georgiou (Université de Chypre) et Hélène Le Meaux (musée du Louvre).
Cette exposition est organisée par le musée du Louvre dans le cadre du Programme culturel de la présidence chypriote du Conseil de l’Union européenne en 2026. »
Dans ce bulletin, nous vous proposons :
* Si vous vous demandez pourquoi « Athènes » est au pluriel, c’est parce que c’est linguistiquement logique – même si c’est ancien – et géographiquement cohérent (article en anglais).
* Les hommes qui ont inventé la mythologie ont eu de drôles d’idées : les habitantes de Lemnos, maudites par Aphrodite, tuèrent les hommes de leu île, mais Hypsipyle arriva à sauver son vieux père. Ça fait des histoires fascinantes, mais bien tarabiscotées quand même (article en anglais).
* Olympie - et ses fameux jeux – est une ville charmante, mais n’oublions pas Delphes et ses jeux pythiques en l’honneur d’Apollon (article en anglais).
* Les Romains avaient des pratiques funéraires variées. Des fouilles récentes de l’Inrap (Institut national des recherches archéologiques préventives) dans l’ancienne Olbia, près d’Hyères dans le Var, ont révélé une zone de crémation dans la nécropole étudiée (article sur le sujet en français ou en anglais).
* Avec des « si », on met Athènes en amphore, mais il est frustrant de se dire que Démocrite avait eu une excellente intuition au sujet des atomes et qu’Aristote a contré son idée et a influencé la science pendant des siècles (article en anglais).
* « Tous les chemins mènent à Rome »… c’est bien connu. En revanche, ce qui avait été oublié, c’est le nombre de kilomètres de routes utilisées par les Romains. Des chercheurs se sont penchés sur la question et ont découvert qu’il y avait deux fois plus de routes que nous ne le pensions. Ils ont fait une petite vidéo sur leurs découvertes et les routes peuvent être explorées sur le site qu’ils ont créé (en anglais – version courte et version longue).
* Entre 1801 et 1804, Thomas Bruce, Lord Elgin (septième comte du nom), se débrouilla pour soudoyer les Ottomans qui occupaient la Grèce et il eut recours à des Italiens pour s’emparer sans le moindre ménagement de certaines frises du Parthénon à Athènes. Il ramena ces œuvres afin de décorer sa demeure écossaise, mais il finit par les vendre au British Museum, où elles se trouvent encore – malgré les demandes répétées du gouvernement grec (le nouveau musée de l’Acropole a été spécialement construit pour accueillir ces pièces car les Anglais refusaient de les rendre si leur conservation n’étaient pas assurée dans de bonnes conditions. Londres refuse encore de restituer les sculptures dérobées par ruse, corruption et arrogance colonialiste).
Un tout nouveau documentaire, The Marbles, va même jusqu’à suggérer que le document ottoman présenté par Elgin afin de dire qu’il était autorisé à prendre des statues du Parthénon était un faux (il n’y en a aucune trace dans aucune archive).
Les statuts du British Museum (depuis 1963… ils auraient pu les restituer bien avant) font qu’ils ne peuvent les rendre sans une décision directe du gouvernement – qui fait la sourde oreille (articles et bande-annonce du documentaire en anglais).
Les peuples opprimés, les peuples colonisés, se serrent les coudes, même quand leur propre situation est bien sombre. Cette empathie, cette solidarité, cet amour sont et resteront toujours un mystère pour les oppresseurs et les colons.
En 1795, l’Espagne céda aux États-Unis des territoires et parmi ces terres se trouvaient les terres de la Nation Choctaw ou Chactas – incidemment, « Choctaw » est l’anglicisation incorrecte de leur nom : « Chahta » (ce nom serait celui d’un ancien chef ou le résultat de la compression de la phrase « hvcha hattak » qui signifie « peuple du fleuve », ce qui ferait de leur nom une référence géographique quant à d’anciennes cités de ce peuple).
Ce peuple natif des états que les colons ont appelé Louisiane, Mississippi et Alabama était réparti en plusieurs groupes ; les Espagnols les rencontrèrent au XVIe siècle, les Français au siècle suivant (notamment en Louisiane).
Tandis que ce peuple avait soutenu les colons britanniques dans leur guerre d’indépendance quand ils en eurent assez de payer des impôts au roi d’Angleterre sans pour autant avoir des représentants au Parlement de Londres pour défendre leurs intérêts, ainsi que dans d’autres conflits, les Choctaws furent arrachés à leurs terres de 1831 à 1833. Paradoxalement, en vertu du Traité de Dancing Rabbit Creek de 1830, ceux qui décidèrent de rester au Mississippi furent considérés comme simples citoyens américains.
Afin de donner les terres des natifs à des colons, une grande partie de la Nation Choctaw, environ quinze mille âmes, fut déportée, à pied, en Oklahoma ; ce fut la « piste des larmes » (1/6 d’entre eux mourut en route). Dans le traité de 1830, la Nation avait accepté de partir pour des nouvelles terres à l’ouest, mais pas dans les conditions atroces que les soldats leur firent subir.
La déportation en Oklahoma fut terrible. L’installation sur les nouvelles terres maintint la Nation dans la pauvreté.
En parallèle, l’Irlande fut réduite par l’Angleterre au statut de simple colonie en 1801. Les natifs, gaéliques et catholiques, n’avaient pratiquement aucun droit face aux colons protestants.
La situation des Irlandais s’était déjà dégradée en 1649 quand Oliver Cromwell (1599-1658) avait mis en place des lois systématiquement en défaveur des catholiques à la suite de leur tentative de révolte contre le pouvoir anglais.
Si Antoine Parmentier (1737-1813) eut une excellente idée en arrivant à faire adopter la pomme de terre aux Européens, il n’aurait pu imaginer comment ce légume allait permettre une explosion de la population – malgré le fait que les terres qui avaient été morcelées jusqu’à être de ridicules parcelles (en effet, à cause de Cromwell, tous les fils d’une famille héritaient d’une parcelle des terres du père et plus seulement l’aîné, ce qui causa bien des problèmes) et ce que l’arrivée du mildiou en Irlande allait causer comme tragédie.
À partir de 1845, le mildiou attaqua les récoltes irlandaises. Les propriétaires terriens anglais continuèrent à exporter le peu qui était produit. Trois des quatre récoltes suivantes furent catastrophiques et Sir Charles Trevelyan (1807-1886) minimisa les conséquences des mauvaises récoltes sur la population – il contribua à lui seul à l’exil de deux millions d’Irlandais et la mort d’un million d’entre eux.
L’exil des Irlandais fit se poser des questions au monde et on commença à parler de la famine en Irlande.
Quand les membres de la Nation Choctaw apprirent ce qui se passait – et malgré leur situation qui n’était guère reluisante – ils firent une collecte pour les Irlandais et, en 1847, ils envoyèrent 170 $. Cette somme correspond environ à cinq mille dollars aujourd’hui, mais il s’agissait d’une somme énorme à l’époque.
Le geste de solidarité de la Nation Choctaw aurait pu s’arrêter à ce don de 1847, mais les peuples opprimés se soutiennent. Aussi, ils se souviennent de la main tendue et de l’aide apportée.
En 1990, des chefs de la Nation Choctaw se rendirent en Irlande, dans le comté de Mayo, afin de participer à la commémoration de la marche de 1848 où les Irlandais allèrent voir leurs propriétaires terriens.
En 1992, des représentants irlandais rendirent visite aux membres de la Nation Choctaw qui se préparaient à commémorer la piste des larmes. La même année, une plaque commémorative rappelant le don des Choctaws fut installée à Mansion House, résidence officielle du Lord maire de Dublin depuis 1715.
Les représentants politiques des deux nations se rendent régulièrement visite pour diverses commémorations et l’échange de cadeaux culturels. Le Taoiseach Leo Varadkar a même déclaré que le lien entre la Nation Choctaw et le peuple irlandais n’est pas qu’un souvenir sacré, mais un lien sacré qui lie ces deux peuples pour l’éternité.
En 2017, la statue Kindred Spirits d’Alex Pentek fut installée dans le parc Bailick à Midleton dans le comté de Cork en Irlande. Neuf plumes d’aigle en métal de plus de six mètres sont en cercle autour d’un bol vide.
En 2024, Samuel Stitt de la Nation Choctaw créa Eternal Heart, une sorte de nœud celtique sans début ni fin. L’œuvre est installée sur le terrain du Capitol Choctaw à Tuskahoma en Oklahoma.
La Nation Cherokee, dont la situation n’était pas meilleure que celle de la Nation Choctaw, avait aussi envoyée 200 $ aux Irlandais au moment de la famine.
En 2020, alors que la Nation Navajo et la Nation Hopi souffraient particulièrement à cause de la pandémie, l’Irlande lança une campagne de levée de fonds en leur faveur qui récolta plus de quatre millions de dollars. En juillet 2025, les Nations Navajo et Hopi ont remercié les Irlandais, ce qui montre que des liens se tissent entre ces peuples.
En septembre 2020, l’équipe nationale d’Irlande de lacrosse donna sa place au championnat du monde à l’équipe « Iroquois Nationals », composée de Mohawk, Onondaga, Oneida, Cayuga, Seneca et Tuscarona parce que les organisateurs ne reconnaissaient pas leur équipe comme étant celle d’une nation souveraine.
En octobre 2025, la nouvelle présidente d’Irlande, Catherine Connolly, défend toujours le peuple palestinien en rappelant que la Palestine est occupée depuis des décennies et fait ainsi écho aux démarches officielles de l’Afrique du Sud en aide à la Palestine.
Les peuples opprimés se reconnaissent et se soutiennent.
Sources :
https://www.choctawnation.com/about/history/irish-connection
https://www.choctawnation.com/news/news-releases/choctaw-nation-unveils-eternal-heart-sculpture/
https://en.wikipedia.org/wiki/Native_American_and_Irish_interactions
https://en.wikipedia.org/wiki/Choctaw
https://en.wikipedia.org/wiki/Trail_of_Tears
https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_famine_irlandaise