Exposition : Georges Perec modes d'emploi (13 octobre 26-14 février 27)

            À la B.N.F. (côté François-Mitterrand, en Galerie 1), une nouvelle exposition peut être visitée depuis quelques jours :


Le site nous dit :

« La BnF consacre à l’écrivain Georges Perec (1936-1982), figure majeure de la littérature française du XXe siècle et membre emblématique de l’Oulipo, une grande exposition de près de 300 pièces. Auteur notamment des Choses, de La Disparition et de La Vie mode d’emploi, traduit dans de très nombreuses langues, Perec demeure un écrivain de référence dont l’œuvre continue d’inspirer nombre de créateurs.

L’exposition en bref

Pensée comme une exposition « modes d’emploi », cette présentation réunit près de 300 pièces et invite à découvrir ou mieux connaître une œuvre polymorphe. Manuscrits, photographies, peintures, dessins et objets conservés à la Bibliothèque nationale de France, sur son site de l’Arsenal (Paris IVe), interrogent ainsi le « mythe Perec », tout en dévoilant, en miroir de ses écrits, l’homme derrière l’œuvre.

Une vie mode d’emploi

Georges Perec a commencé dramatiquement sa vie : son père meurt en 1940 lors des premiers combats de la Seconde Guerre mondiale, sa mère est déportée et assassinée à Auschwitz en 1943 et lui-même passe l’Occupation comme « enfant caché » dans le Vercors. Après des débuts difficiles, le succès littéraire arrive en 1965 avec Les Choses, s’estompe un peu puis ressurgit en 1978 grâce au succès de La Vie mode d’emploi. Après le décès brutal de Perec à 46 ans, son œuvre n’a cessé de gagner en importance et reconnaissance jusqu’à son entrée dans la prestigieuse Bibliothèque de la Pléiade en 2017.

La Vie mode d’emploi, chapitre 73 : Cahier des charges © Indivision Richardson Saluden – BnF, Bibliothèque de l’Arsenal, Ms-Perec-61,74r

Des voyelles et une absente, parcours dans l’œuvre et la vie de Perec

Ludique et interactif, le parcours de l’exposition se déploie en six espaces pensés comme les voyelles de l’alphabet. À travers ces étapes, il donne à voir une œuvre dont la découverte révèle aussi l’homme qui se cache derrière les textes.

Notes, manuscrits, tapuscrits et publications dialoguent avec photographies, dessins, peintures et objets (un vélo, une machine à écrire) pour tisser avec le visiteur une relation où la notion de jeu, si présente chez Perec et ses amis oulipiens, occupe une place centrale.

Espace A : le premier espace présente la grande diversité d’une œuvre protéiforme, particulièrement perceptible dans les tentatives de jeunesse et les premières publications, comme Les Choses (prix Renaudot 1965), et Un homme qui dort, que l’écrivain adapta au cinéma en 1974.

Espace [E] : référence à l’une de ses œuvres les plus célèbres, La Disparition, dans laquelle la lettre E n’apparaît jamais, cet espace mystère évoque l’absence et compose, en creux, le portrait de celui que l’exposition convoque.

Espace I : cet espace montre l’usage libératoire de la contrainte dans la construction et l’écriture de romans (La Disparition) comme de poèmes (Alphabets), nourri par son compagnonnage avec l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle), groupe de recherche littéraire fondé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais.

Espace O : cette partie s’attache à l’attention portée aux choses communes et ordinaires, qui composent le décor quotidien et définissent une génération comme un individu. Y sont évoqués Je me souviens et Espèces d’espaces, aujourd’hui prolongés par de nombreux créateurs et qui invitent aussi leurs lecteurs à poursuivre le geste.

Espace U : lorsque sa volonté de totalité s’appuie sur les contraintes pour réhabiliter réalisme et ambition épique, Perec construit La Vie mode d’emploi (prix Médicis 1978), son chef-d’œuvre, dont les étapes de création sont présentées à partir des manuscrits préparatoires.

Espace Y : la dernière section de l’exposition témoigne de la foi en la littérature comme remède, recherche salvatrice et affirmation vitale, par-delà les traumatismes d’une enfance volée (W ou le souvenir d’enfance) ou l’interrogation sur l’exil (Récits d’Ellis Island).

Une source d’inspiration pour les créateurs de tous horizons

Les nombreuses résonances de l’œuvre de Perec chez les artistes contemporains sont évoquées par la présentation de plusieurs oeuvres plastiques ou graphiques de Christian Boltanski, Sophie Calle, Sam Szafran, On Kawara ou Roman Opalka ; des maquettes de Clarence Stiernet, des broderies du groupe Perecofil, dessins de Brecht Evens ou Étienne Lécroart… L’exposition propose également de découvrir le talent méconnu, sinon inédit, de Georges Perec comme dessinateur et peintre. Enfin, une sélection d’extraits de films rappelle sa participation à plusieurs réalisations cinématographiques.

Georges Perec, Manuscrit des Choses. Collection particulière © Indivision Richardson Saluden – BnF, Bibliothèque de l’Arsenal, Ms-Perec-89 »

Exposition (à venir) : Louvre Photo (4 novembre 26-3 mai 27)

            Du 4 novembre 26 au 3 mai 27, une exposition à la Mezzanine Napoléon au musée du Louvre va célébrer le bicentenaire de la photographie.

Les œuvres présentées se focaliseront sur le Louvre : « Louvre Photo

L’ouverture du Louvre a précédé de quelques décennies la naissance de la photographie. Le musée, qui associe réel et imaginaire et permet de voyager dans le temps et dans l’espace, a constitué un berceau fécond d’inspiration pour les premiers photographes. L’exposition Louvre Photo se centre sur le Louvre comme modèle, comme sujet, comme source d’inspiration, comme objet de détournement. À travers plus de 300 photographies comme des photographies du Louvre, de ses œuvres, ses salles d’expositions, ses espaces ouverts, mais aussi les visiteurs célèbres et anonymes, les acteurs du musée, les lieux cachés et les coulisses – Louvre Photo invite à la découverte et à la révélation, en convoquant des regards renouvelés, distanciés, parfois non sans humour ou décalage, sur le musée, l’institution et ses collections.

Louvre Photo couvre la longue période qui s'est écoulée depuis l'invention de la photographie jusqu'à maintenant, des premiers photographes à ceux aujourd’hui invités par le musée, comme Robert Polidori récemment. Cette période a été marquée par de grands événements historiques comme la Commune, la Première et la Deuxième Guerre mondiale, et l’épanouissement diplomatique et touristique des Trente Glorieuses. Elle a aussi été jalonnée par des moments clés de l'histoire du Louvre, comme la transformation du palais en musée sous le Second Empire, le déplacement et le retour des œuvres pendant les deux guerres mondiales, et la création du Grand Louvre dans les années 1980. 

En s’inscrivant dans une unité de lieu - celle délimitée par les murs de l’édifice et par les grilles de ses jardins, les Tuileries notamment - Louvre Photo met en lumière les fonds photographiques conservés au Louvre au sein des différents départements de collections, fonds documentaires toujours actifs, ainsi que les collections d’institutions françaises, notamment les Archives nationales, la Médiathèque de la Photographie et du Patrimoine, la Bibliothèque nationale de France, le musée d’Orsay, le musée Carnavalet, la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. L’exposition valorise également les commandes faites aux photographes par le Louvre depuis le début des années 2000. 

La scénographie est signée Juan-Felipe Alarcon et le graphisme de l’Atelier Pierre/Pierre.

Cette exposition est labellisée par le Bicentenaire de la Photographie par le ministère de la Culture et s’inscrit dans la programmation officielle du Bicentenaire du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027.

Commissariat

Quentin Bajac, directeur du Jeu de Paume. 

Dominique de Font-Réaulx, conservateur général, chargée de mission auprès du Président-directeur du musée de Louvre. »

Des nouvelles de Clio (bulletin #18)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

* Une inscription sur une fontaine peut avoir une signification plus grande qu’il n’y paraît au premier abord : si « Junia Rufina est l’amie des nymphes » semble une bien innocente déclaration, en fait, elle montre l’importance d’une femme qui était peut-être dans le cercle de l’empereur Hadrien. Il est souvent bon de fouiller les choses afin de découvrir l’étendue de leur signification (article en anglais).

* Aristote (et ses compatriotes) savaient comment désaliniser l’eau de mer. La technique a été modernisée aujourd’hui, mais le concept est beaucoup plus ancien qu’on ne pourrait le croire (article en anglais).

* L’intelligence artificielle peut se révéler utile dans certains cas : un rouleau de parchemin trouvé dans un triste état à Herculanum vient d’être déchiffré ainsi (article en anglais).

* La science peut venir en aide aux historiens et archéologues. Par exemple, une analyse ADN vient de révéler que deux membres de la famille Médicis n’étaient pas morts d’empoisonnement à l’arsenic, mais avaient succombé à… la malaria (article en anglais).

* D’ailleurs, en parlant de science… Il y a deux cents ans, près de Stonehenge, fut découverte la tombe d’un shaman et ferronnier (plus probablement orfèvre, en fait)… Aujourd’hui, une analyse ADN nous apprend que la personne qui fut enterrée là avec tout le matériel nécessaire pour travailler le métal – et même les métaux précieux – était… une femme. Les clichés ont la vie dure. Les archéologues vont devoir tout réinterpréter au sujet de la shaman d’Upton Lovell – et le musée où le contenu de la tombe est exposé va devoir changer le portrait d’homme qui accompagnait les objets (article en anglais).

* Dans la série « Les femmes sortent de l’ombre de l’Histoire », une nouvelle étude émet l’hypothèse que certaines princesses égyptiennes auraient pu être initiées au tir à l’arc et au combat, mais tous les archéologues ne sont pas d’accord car les squelettes qui nous sont parvenus ont été très mal conservés et une comparaison de squelettes avec des personnes non royales contemporaines des princesses n’a pas été possible. Cette possibilité reste fascinante (article en anglais).

* Les vilica (responsables des villas) romaines ont, elles aussi, été sous-estimées par les historiens qui n’ont vu en elles que des servantes dans les domaines agricoles alors qu’elles étaient en fait les intendantes chargées de faire prospérer les terres de leurs maîtres. Là, il y a bien de la mauvaise foi de la part de certains historiens parce que les écrits de Caton l’Ancien (234 avant J.-C. ?-149 avant J.-C.) mentionnent le travail de certaines femmes dans les fermes en tant qu’intendantes ; pire encore : nous disposons du texte détaillé de Columelle (Lucius Iunius Moderatus Columella, né en 4 à Cadix et mort en 70 à Tarente). Ce dernier décrit avec précision le travail des intendantes et des intendants. Certains historiens l’ont lu en grande diagonale, ou ils sont misogynes - ou les deux (article en anglais).

* Alors que dans l’antiquité, les femmes grecques étaient cantonnées à leurs fourneaux et métiers à tisser à la maison, certaines villes organisaient des Thesmophories en octobre en l’honneur de Déméter et Perséphone où seules les femmes étaient autorisées (un homme qui aurait tenté de les espionner aurait été attaqué et castré ou mis à mort). Aristophane a écrit une comédie intitulée Les Thesmophories où, comme dans Lysistrata (présentée deux mois plus tôt en janvier 411), les femmes sont maîtresses de l’action – cette fois-ci contre Euripide qu’elles trouvent misogyne (article en anglais).

* Dans la série « Les Horreurs de la colonisation », une nouvelle étude suggère que les Anglais amenèrent la variole en Australie où elle décima la population (qui devait se compter en millions, plutôt qu’en centaines de milliers). Soyons lucides, les colons australiens nient souvent les atrocités commises et ne s’excusent toujours pas des horreurs de leur colonisation et de leur politique raciste – il y a des siècles ou seulement quelques années, voire actuellement (article en anglais).

Exposition (à venir) : Nicolas Flamel au musée de Cluny (13 octobre 2026-24 janvier 2027)

            La prochaine exposition du musée de Cluny sera consacrée à Nicolas Flamel, homme bien réel, mais dont la véritable histoire se mélange avec des contes et autres récits qui n’ont strictement rien à voir avec lui.

L’exposition ouvrira ses portes le 13 octobre prochain jusqu’au 24 janvier 2027.

Le site du musée nous dit :

« Exposition Nicolas Flamel

Alchimiste de papier

Une exploration de la figure de Nicolas Flamel, écrivain public parisien devenu légende alchimique.

Alchimiste visionnaire, immortel, magicien, détenteur de secrets universels… Nicolas Flamel est de ces figures qui nourrissent les fantasmes ! Mais qu’en est-il de la réalité historique de ce bourgeois parisien du XIVe siècle ?

Le musée de Cluny conserve une des traces les plus tangibles de l’existence de Nicolas Flamel : sa pierre tombale. Autour de cette épitaphe et de documents d’archives, une histoire de Flamel se dégage : celle d’un écrivain public qui était aussi un grand donateur pour les œuvres religieuses et charitables et un fin investisseur immobilier.

Nulle mention de pierre philosophale dans ces documents, et pour cause ! La légende d’un Nicolas Flamel alchimiste ne naît qu’à la fin du XVe siècle, près de 50 ans après sa mort. Au fil des siècles, la rumeur grandit, les écrits prétendument de sa main se diffusent. Et Nicolas Flamel devient bientôt une source d’inspiration pour les artistes et créateurs de tous horizons, jusqu’à nos jours où la culture populaire s’empare du personnage.

Figure du patrimoine parisien, Nicolas Flamel incarne aujourd’hui encore la fascination pour les savoirs perdus, les marges de la science et les promesses de l’invisible. Ce sont toutes ces dimensions de l’homme et de la légende que l’exposition questionne.

L’exposition est réalisée avec la participation exceptionnelle de la Bibliothèque nationale de France et des Archives nationales. Elle a bénéficié de la collaboration généreuse de l’hôpital des Quinze-Vingts, qui a ouvert son fonds patrimonial à la recherche.

L’exposition bénéficie du soutien de The Ruddock Foundation for the Arts. »


Épitaphe de Nicolas Flamel, Cl. 18823  

© GrandPalaisRmn / Michel Urtado

Expositions (à venir) : Zurbarán et Sculpter la couleur (7 octobre 26-25 janvier 27)

            Du 7 octobre 26 au 25 janvier 27, deux expositions vont être présentées au Louvre au Hall Napoléon.

Il y aura : « Zurbarán 1598-1664

Francisco de Zurbarán compte, avec Diego Velázquez et Bartolomé Esteban Murillo, parmi les peintres espagnols les plus importants du XVIIe siècle. D’abord considéré comme un caravagesque marqué par l’ascétisme monastique, il a progressivement été reconnu au XXe siècle comme un coloriste prodigieux et célébré pour son style très personnel, qui allie la simplification des volumes à un naturalisme saisissant. La National Gallery de Londres, le musée du Louvre et l'Art Institute de Chicago ont donc décidé de s’unir pour proposer une rétrospective qui permettra de découvrir ou de revoir sa peinture, de mieux la comprendre et d’être éblouis par la modernité et la force plastique de ses compositions.

L’objectif de cette exposition n’est pas de présenter une monographie exhaustive, mais plutôt une sélection ambitieuse de peintures de première qualité, accompagnée de repères historiques et culturels, permettant d’admirer la technique de Zurbaran, ses audaces formelles et iconographiques. Le parcours organisé en sept sections, aborde les différentes facettes de l’œuvre peint de Zurbarán dans une logique chrono-thématique qui rend justice au déroulé de sa longue carrière, tout en s’affranchissant par moment de la chronologie pour proposer des regroupements d’œuvres.

L’exposition du Louvre accordera une grande importance aux peintures monumentales provenant des commandes monastiques en Andalousie, qui ont fait la renommée de Zurbarán, mais aussi aux portraits et aux natures mortes, en réservant une place de choix à la courte production de son fils Juan de Zurbarán (1620- 1649). Quelques peintures, datant de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, permettront d’évoquer en épilogue l’importance de Zurbarán pour les avant-gardes en France (Edouard Manet, Pablo Picasso, Juan Gris). 

Cette exposition est organisée par le musée du Louvre, la National Gallery de Londres et l'Art Institute of Chicago

Cette exposition est à découvrir au même moment et au sein du même espace que l'exposition Sculpter la couleur, ménageant ainsi des jeux de regards originaux grâce à une scénographie conçue conjointement. La réservation d'un billet donne accès aux deux expositions. 

Commissariat

Charlotte Chastel-Rousseau, conservatrice en chef au département des Peintures, musée du Louvre, en collaboration avec Francesca Whitlum-Cooper et Daniel Sobrino Ralston, National Gallery, Londres et Rebecca Long, Art Institute of Chicago. ».

 

Notez qu’il y aura une présentation de l’exposition en direct sur la chaîne YouTube du musée du Louvre le 12 octobre 26 à 12:30.

 

Présentée en même temps, il y aura l’exposition : « Sculpter la couleur

Chefs-d’œuvre du Musée national de sculpture, Valladolid

Organisée au même moment et au sein du même espace que l’exposition monographique consacrée au peintre Francisco de Zurbarán (1598-1664), ce qui permet de ménager des jeux de regards grâce à une scénographie conçue conjointement, l’exposition invite à découvrir la sculpture espagnole du XVIIe siècle.

Il s’agit en grande partie de sculptures religieuses en bois polychromé au naturalisme saisissant, qui permettent de mieux comprendre l’ambiance culturelle et religieuse dans laquelle se place l’œuvre des grands peintres espagnols de la même période, au premier rang desquels Zurbarán, Velázquez ou Murillo, à une époque où les liens entre peinture et sculpture sont très étroits. L’exposition mettra tout particulièrement en valeur le prêt d’un paso de procession complet, ensemble monumental de cinq figures sculptées et peintes grandeur nature, datant du début du XVIIe siècle, œuvre de Gregorio Fernández, grand sculpteur alors actif à Valladolid, présenté à hauteur d’homme pour permettre une observation la plus directe possible. Le parcours se poursuivra à travers plusieurs axes thématiques : le culte des reliques et le rôle des saints intercesseurs, les statues habillées, la représentation des souffrances du Christ et de la Vierge, la dévotion privée et l’Immaculée Conception. Il sera ainsi possible d’explorer les différents usages et significations de ces sculptures, mais aussi de mieux comprendre leur matérialité, les inflexions régionales et stylistiques, et la personnalité des principaux sculpteurs de ce temps, actifs en Castille ou en Andalousie, à travers d’autres œuvres de Gregorio Fernández, mais aussi d’Alonso Cano, Juan de Mesa, José de Mora, Pedro de Mena, Jerónimo Francisco et Miguel Jerónimo Garciá, José de Arce, Pedro Roldán ou encore Luisa Roldán, une des rares artistes femmes ayant connu une carrière éblouissante jusqu’à la cour royale. Outre le paso Camino del Calvario, parmi les prêts majeurs de cette exposition, jamais vus en France, on compte notamment le Cristo de la Luz également de Gregorio Fernández, un Christ en croix grandeur réelle au naturalisme saisissant, ou encore le Saint Jean Baptiste, chef-d’œuvre d’Alonso Cano. La Vierge et l’Enfant avec saint Jean Baptiste de Luisa Roldán et L’Immaculée Conception de Pedro de Mena datée de 1680, liée à un concours organisé par l’évêque de Grenade, deux acquisitions majeures récentes du musée, spectaculairement restaurées, seront également présentées. 

Exposition organisée par le musée du Louvre avec la collaboration exceptionnelle du Museo Nacional de Escultura, Valladolid 

Cette exposition est à découvrir  au même moment et au sein du même espace que l'exposition Zurbarán, ménageant ainsi des jeux de regards originaux grâce à une scénographie conçue conjointement. La réservation d'un billet donne accès aux deux expositions. 

Commissariat

Valérie Carpentier-Vanhaverbeke, conservatrice en chef au département des Sculptures, musée du Louvre et Alejandro Nuevo Gómez, directeur du Museo Nacional de Escultura, Valladolid.

Application mobile

Une application mobile gratuite sera disponible dans l’exposition. Elle pourra être consultée sur smartphone ou sur tablette. Afin de profiter au mieux des contenus sonores proposés, pensez à apporter vos écouteurs ou votre casque.

Cette application sera commune aux expositions « Zurbarán » et « Sculpter la couleur », présentées au même moment et au sein du même espace. »

 

Notez qu’il y aura une présentation de l’exposition en direct sur la chaîne YouTube du musée du Louvre le 8 octobre 26 à 12:30.

Exposition (à venir) : Mary Cassatt / L'indépendante (6 octobre 26-31 janvier 27)

            La prochaine grande exposition de peinture du musée d’Orsay ouvrira ses portes le 6 octobre et pourra être visitée jusqu’au 31 janvier 27.

N’oubliez pas la nocturne du jeudi jusqu’à 21h45.

 

Le site du musée présente l’exposition ainsi :

« Mary Cassatt / L'indépendante


Mary Cassatt
Jeune fille au jardin, entre 1880 et 1882
Musée d'Orsay
Legs Antonin Personnaz, 1937
© RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Franck Raux

Pour marquer le centième anniversaire de la mort de l’artiste, le musée d’Orsay organise une grande exposition consacrée à Mary Cassatt (1844-1926). Il s’agit, en France, d’un événement attendu : les musées nationaux n’ont encore jamais dédié d’exposition majeure à Mary Cassatt, membre actif du groupe impressionniste et l’un de ses piliers. Son centenaire invite à examiner la place centrale de cette artiste de tout premier plan, parvenue, par son talent et sa détermination, à se forger une identité unique dans l’histoire de l’art de la fin du XIXᵉ siècle et du début du XXᵉ, de part et d’autre de l’Atlantique.

Mary Cassatt se qualifiait d’« Américaine, nettement et franchement américaine », mais a d’abord ancré son art dans la tradition picturale des maîtres anciens, étudiée lors de ses voyages en Europe, avant de devenir une figure incontournable du mouvement impressionniste en France, où elle vécut pendant pas moins de six décennies. « Je suis indépendante ! », proclamait-elle : « Je peux vivre seule et j’aime travailler ». Adoptant une approche chrono-thématique, l’exposition dresse un nouveau portrait de l’artiste, étudiant son art sous le prisme de la notion d’indépendance, dont elle tire grande fierté, et qu’elle érige toute sa vie comme son principe directeur. 

Comprenant près de 80 tableaux, pastels et estampes, et couvrant l’ensemble de la carrière de l’artiste, « Mary Cassatt, L'indépendante » ouvre de nouvelles perspectives sur son œuvre, en s’appuyant sur des lettres inédites et des sources à ce jour non encore exploitées. Seront présentées des œuvres de collections européennes, publiques et privées, rarement montrées, ainsi que des peintures et des pastels provenant de collections américaines peu exposées en dehors des États-Unis.

Une sélection d’œuvres de jeunesse de Cassatt et de portraits de ses proches montre comment le milieu social de l’artiste, ses déplacements et sa connaissance de l’art du passé ont façonné son approche et sa pratique. Mettant un point d’honneur à être indépendante (à l’origine, à la demande de sa famille fortunée), elle s’établit rapidement dans son propre atelier et y emploie des modèles rémunérés. Dans un milieu très largement masculin, et sur fond de nationalisme latent, elle parvient sans tarder à s’imposer comme peintre professionnelle. 

Ses représentations de jeunes femmes élégantes, évoluant en société, recevant chez elles ou se divertissant au théâtre – à la conquête du monde moderne, et de leur indépendance – comptent parmi les réalisations les plus remarquables de l’artiste, comme en témoignent des exemples éblouissants. Ces images pleines d’audace et de vivacité ne manquent pas d’attirer l’attention dans les expositions impressionnistes, auxquelles Mary Cassatt participe assidûment (à quatre reprises, à partir de 1879), à l’invitation de son ami Edgar Degas. La contribution essentielle de Mary Cassatt à ces expositions d’avant-garde, autoproclamées « indépendantes », sera examinée et réévaluée.

Ses activités sur le terrain du marché de l’art constituent un autre aspect fondamental de l’indépendance de l’artiste. Celle-ci se spécialise dans la peinture de « mères à l’enfant », genre en forte demande, dans lequel elle excelle - et auquel elle reste associée - tout en honorant des commandes de portraits. Quelques œuvres clés de l’exposition évoqueront également son rôle crucial de « consultante », conseillant ses proches, ses amis et connaissances américains dans leurs achats de tableaux notamment impressionnistes - et donc dans la constitution de collections d’art aux États-Unis.

À ce stade de sa carrière, au début des années 1890, l’indépendance financière de Mary Cassatt lui permet de devenir propriétaire foncière. Entouré d’un vaste parc, le château qu’elle acquiert dans l’Oise sert de toile de fond à de nombreuses scènes d’extérieur où évoluent femmes et enfants : œuvres lumineuses, aux couleurs vibrantes. Modern Woman, la plus importante commande qu’ait reçue l’artiste, pour un décor monumental destiné au Pavillon de la Femme lors de l’Exposition universelle de Chicago en 1893, constitue un temps fort dans sa carrière et une étape majeure dans son œuvre. Cette décoration colossale, aujourd’hui disparue, sera évoquée au sein du parcours au travers d’un ensemble d’estampes et de pastels en lien avec ce décor, ainsi que par le biais d’un film proposant une restauration numérique de cette œuvre gigantesque (4 x 18m), d’une ambition unique tant par ses dimensions que par son sujet. Son admirable série d’estampes, les Dix Planches en couleurs, sera également étudiée à la lumière de cette nouvelle phase de son travail, remarquablement expérimentale, et de ses opinions progressistes sur l’éducation des femmes.

L’engagement de Mary Cassatt en faveur de l’indépendance est en effet allé au-delà de son propre parcours et de sa démarche artistique. Fervente partisane de la lutte des femmes pour le droit de vote, Cassatt encourage ses contemporains à « œuvrer pour le suffrage, car ce sont les femmes qui décideront de la question de la vie ou de la mort d’une nation. » Avec son amie Louisine Havemeyer, elle organise en 1915, à New York, une exposition au profit du suffrage des femmes. Une sélection restreinte de tableaux de Mary Cassatt montrés dans cette exposition conclut le parcours, démontrant comment non seulement l’art de cette artiste pionnière, mais aussi ses agissements ont pu tendre vers l’activisme.

Commissariat

Paris

  • Caroline Corbeau-Parsons, conservatrice Arts graphiques et Peinture, musée d’Orsay ;
  • Anne Robbins, conservatrice Peinture, musée d’Orsay ;

Londres

  • Sarah Moulden, senior curator of 19th Century Collections, National Portrait Gallery ;

Boston

  • Erica Hirshler, Croll senior curator of American Paintings, Boston Museum of Fine Arts.

 

Bête ou méchant ?

            Nous avons envisagé pendant quelques secondes de mettre cet article dans les « horreurs de l’Histoire », mais nous avons immédiatement imaginé la réaction de certains d’entre vous pensant que nous devrions déménager à Ste Anne – et ce le plus vite possible.

Un peu en liaison avec l’article précédent (pardon pour la plongée en Histoire contemporaine), il y a une pratique journalistique qui nous fait gronder dangereusement.

Que s’est-il passé ? Un message d’alerte du Washington Post (dont la qualité a fortement baissé depuis son rachat) :

Si votre anglais est fatigué, une traduction pourrait être : « Le Prince Harry et Meghan Markle devraient retourner en Angleterre, six ans après avoir quitté le pays

Selon la BBC et d’autres sources, Harry et Meghan vont s’installer dans une résidence privée, et sans lien avec la couronne, en banlieue de Londres. Leurs enfants, le prince Archie (7 ans) et la princesse Lilibet (5 ans) sont inscrits dans une école anglaise pour la prochaine rentrée de septembre. » (Notez au passage que la nouvelle est publiée dans la section Entertainment, donc Divertissement, car il ne faudrait pas parler de cette famille dans les Nouvelles).

 

            Avant d’apprendre qu’Harry (Londres, 15 septembre 1984) préfère le diminutif – historique et traditionnel – de son prénom officiel (il a été baptisé Henry Charles Albert David et utilisa le nom de Wales – de Galles – puisque son père était prince de Galles, avant d’utiliser Mountbatten-Windsor[1]), nous pensions que les journalistes se montraient un peu trop familiers. Sur ce point là, Harry est la forme souhaité par celui qui est concerné.

En revanche… son épouse, depuis leur mariage à Windsor le 19 mai 2018, n’est plus Meghan Markle (Los Angeles, 4 août 1981) ; elle est Meghan, duchesse de Sussex.

Remarquez, leur belle-sœur, Catherine – Kate – Middleton (Reading, 9 janvier 1982), épouse de William (Londres, 21 juin 1982), a eu le même problème puisqu’après son mariage le 29 avril 2011, elle devint Catherine, duchesse de Cambridge, mais que « Kate Middleton » apparaît encore çà et là. Nous n’avons pas tenté de faire des statistiques, mais il nous semble que maintenant qu’elle est princesse de Galles, du fait de la montée de son beau-père sur le trône, il est plus souvent fait référence à elle sous ce titre.

            Que ce soit Catherine, duchesse de Cambridge (aujourd’hui princesse de Galles, duchesse de Cornouailles, de Rothesay et de Cambridge et comtesse de Chester, de Strathearn et de Carrick, dame des Îles et baronne Carrickfergus) ou Meghan, duchesse de Sussex, il arrive encore après les cérémonies qui ont fait que feue le reine Élisabeth II (1926-2022) leur attribua ces titres, certains les appellent encore « Kate Middleton » et « Meghan Markle ».

            Bien… il y a ceux pour qui leurs noms de jeunes filles sont… juste des noms, parce qu’ils s’en fichent complètement, mais, ça, c’est le public, le commun des mortels. Soyons lucide, il existe aussi parmi les bipèdes de base des individus qui font penser à des poissons rouges qui n'auraient pas la lumière à tous les étages, si vous nous passez l'expression (quand on voit certaines réponses sur Internet, on est en droit de se poser des questions sur le niveau de compréhension de certains).

Il reste les médias. Médias qui ont été priés par le porte-parole de la couronne d’appeler ces jeunes femmes, désormais mariées aux princes de la couronne, Catherine, duchesse de Cambridge (plus aujourd’hui, mais à l’époque) et Meghan, duchesse de Sussex. Dans le même temps, et même si les princes William et Harry se sont retrouvés orphelin de mère à cause du harcèlement de journaleux sans scrupules, ils n’ont jamais été appelé par des termes destinés à leur rappeler leur conditions : « les petits privilégiées de la couronne », « les orphelins royaux » ou « le p’tit Billy et son frère Riton ». Pour ce qui est des médias, il y a trois possibilités : bêtes, méchants ou les deux.

Bêtes, parce qu’ils pensent que le public (c'est-à-dire nous, hein) ne peut pas comprendre qu’elles ont changé de noms après le mariage et que c’est trop compliqué de se souvenir du titre qui leur a été donné. Merci, les gratte-papiers, mais c’est loin d’être de la physique quantique.

Méchants, parce que ce sont deux roturières qui sont entrées dans la famille royale d’Angleterre et que l’une d’entre elle sera très probablement un jour reine. Quelle horreur ! Quant à la seconde… Elle est américaine, pas anglicane avant sa conversion afin de pouvoir se marier avec le fils cadet du prince de Galles, plus vieille que son mari, divorcée et… disons, pas très caucasienne. Pour les rédacteurs de journaux à poisson, il est nécessaire de lui rappeler à chaque occasion qu’elle ne fait pas vraiment partie de la famille royale et qu’elle ne sera jamais qu’un bout rapporté.

Évidemment, il y a ceux qui les rabaissent parce que leur patrons sont des monstres et qu’il ne faudrait pas qu’elles se pensent dignes d’être traitées comme des duchesses (pour ceux-là, c’est comme dans Violettes impériales : l’encre n’est pas encore sèche sur leurs titres de noblesse et elles sont nées parmi le peuple) et nous sommes bêtes à manger du foin, donc il faut continuer à utiliser leurs noms de naissance.

            Nous ne sommes fan ni de l’une, ni de l’autre, mais si nous ne disions rien, ce serait cautionner le manque de respect à leur égard et comme l’a écrit le pasteur Niemöller, si on se tait quand les autres sont attaqués, il n’y aura personne pour prendre notre défense quand des bipèdes arrogants et complètement aux fraises s’en prendront à nous.

Ce n’est pas compliqué de se souvenir du nouveau nom de deux femmes mariées. Sérieusement, si c’est trop dur, il va falloir envisager une cure de repos et des vitamines – et très vite.

Maintenant, il reste les misogynes et les jaloux. Remarquez, comme signal d’alarme à leur égard, c’est pratique.


[1] : Battenberg, mais, pendant la première guerre mondiale, il valait mieux ne pas trop rappeler aux Britanniques les origines allemandes de la famille royale, d’où la traduction en « Mountbatten ».