Flash info : ouverture de la Chapelle royale et de la Grande Sacristie au château de Versailles (7 juillet-30 août et 7 juillet-27 septembre 2026)

           C’est l’été et la Chapelle royale du château de Versailles peut être visitée du 7 juillet au 27 septembre et, cette année, jusqu’au 30 août, nous pourrons aussi visiter la Grande Sacristie et la pièce du lavabo.

Le site nous dit :

« Les annexes de la Chapelle royale

Construite suivant les plans de Jules Hardouin-Mansart, la Chapelle royale du château de Versailles est l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture religieuse en France et l’un des points d’orgue de la visite du monument.

La chapelle royale et ses Annexes

Envisagée dès les années 1680, la construction de la Chapelle royale fut différée pour des raisons financières, puis reprise de 1699 à 1710 environ. 

Dès 1682, Louis XIV avait souhaité que des Lazaristes (ou Missionnaires), au nombre de 14 puis 21, soient affectés au service divin. Le fonctionnement de la chapelle nécessitait donc d’importants espaces annexes, auxquels un emplacement avait été réservé à l’extrémité de l’aile nord. Leur aménagement eut lieu vers 1708-1710, sous la direction de Jules Hardouin-Mansart puis de Robert de Cotte.

Ces annexes regroupaient les différents usages liés au culte et au fonctionnement de la chapelle (le Logement des Lazaristes, la Salle de classe des enfants de chœur, la Pièce des musiciens, le Logements du Suisse et du Prédicateur, la Grande Sacristie, la Pièce du lavabo…), qui s’imbriquaient dans les logements de courtisans, d’officiers et autres corps de garde du reste de l’aile nord.

Les Annexes de la chapelle royale : des espaces particulièrement authentiques

L’ensemble des pièces attenantes à la Chapelle a été peu modifié depuis l’Ancien Régime. Comme dans le reste du Château, les logements furent régulièrement adaptés et densifiés à partir du milieu du XVIIIème siècle, et un Oratoire pour Madame de Pompadour fut aménagé à l’emplacement d’un palier d’escalier. Au XIXème siècle, la nécessité de conserver la Sacristie permit de préserver toute l’extrémité de l’aile nord lors de l’aménagement des salles d’Afrique. Seul l’Escalier des Lazaristes fut sacrifié au profit d’un calorifère destiné à chauffer la salle de la Smalah.

Ainsi, les pièces attenantes à la Chapelle royale demeurent un témoin rare et précieux de la vie quotidienne des courtisans et des servants de la chapelle sous l’Ancien Régime.

Une intervention sur ces pièces s’inscrit dans la continuité de la restauration de la Chapelle Royale et est aujourd’hui nécessaire en raison de leur état de dégradation parfois avancée.

Une restauration urgente

Certaines pièces présentent des altérations dues à l’utilisation de la chapelle en tant que salle de concert induisant des aménagements et une logistique particulière. C’est pourquoi elles appellent aujourd’hui à être restaurées tandis que les installations techniques doivent être rénovées.

La Grande sacristie et la Pièce du lavabo

La Grande Sacristie de la Chapelle est un ensemble de pièces de grande valeur patrimoniale situées dans l’aile nord du Château. Elles nécessitent aujourd’hui une restauration majeure afin de sauvegarder cet espace et de le présenter au public. Reliées à la première travée du déambulatoire, elles s’organisent autour d’un couloir d’accès situé au niveau inférieur, de plain-pied avec le pavement de la Chapelle, distribuant au nord la Grande Sacristie et à l’est la pièce du lavabo.

La Grande Sacristie est la pièce la plus vaste et la plus précieuse des annexes de la Chapelle royale. Si les portes richement sculptées donnant sur la Chapelle sont peintes et dorées, le reste des boiseries du XVIIIe des annexes de la Chapelle est simplement ciré « à la capucine », selon l’usage des boiseries d’église. La partie inférieure du couloir, tout comme les pièces adjacentes, est intégralement lambrissée, conférant à ces trois espaces une remarquable unité. Ces pièces sont composées de panneaux de lambris et de mobilier intégré moulurés voire sculptés, avec des sols en parquet Versailles à frises et compartiments. Austérité et grandeur, alliées à une perfection dans la qualité du bois comme dans l’exécution de la menuiserie, caractérisent ces lieux hors du temps.


La Grande Sacristie

© EPV/Didier Saulnier

Une lourde intervention est indispensable pour la pièce du lavabo : le plancher s’est affaissé de plus d’une dizaine de centimètres, engendrant d’importantes déformations des lambris. Le précieux lavabo en marbre du Languedoc et sa tuyauterie en plomb seront restaurés selon des méthodes traditionnelles. Seuls les chapiers souffrent également de déformations importantes.

La restauration des annexes de la Chapelle permettra également la mise en œuvre d’un projet muséographique et la présentation du "trésor" de la Chapelle grâce à l’aménagement discret des placards de la pièce du lavabo en vitrines. En parallèle, la Grande Sacristie continuera à servir aux usages cultuels.

Ainsi, la restauration et le réaménagement de ces espaces permettront d’envisager la création d’un circuit de visite inédit dans une partie du Château qui n’était, jusqu’à présent, pas accessible au public.

Mécénat

La pièce des musiciens et le revestiaire des chantres ont été restaurés grâce au mécénat de la Fondation Philanthropia.

L'oratoire de madame de Pompadour a été restauré grâce au mécénat de la Fondation Frédéric de Sainte Opportune sous l'égide de la Fondation Notre Dame.

La Sacristie et la pièce du lavabo sont en cours de restauration grâce au mécénat de la Société des Amis de Versailles avec le soutien de la Fondation du patrimoine.

Le château de Versailles remercie Mademoiselle Madeleine Faucheux-Bureau, Madame Françoise Dufaux et Monsieur Guy Renard pour leurs généreux legs réalisés par l'intermédiaire de la Société des Amis de Versailles. »

 

Curiosités de musée : Les chambres secrètes du château de Chantilly

            Ce qui est fascinant quand on est abonnée à moultes infolettres, c’est que cela nous permet de partager certaines informations avec vous, chers Lecteurs.

            Cette fois-ci, il se trouve que France 3 Picardie s’est rendue au château de Chantilly afin de brièvement nous faire découvrir deux chambres qui ne font pas partie du parcours de visite ouvert à tous.

            L’information qui allait avec le lien est la suivante :

« Reportage : La chambre secrète du Château de Chantilly

Le Château de Chantilly renferme plusieurs lieux secrets. Dans ce reportage c’est un lieu hors parcours de visite du château qui nous est dévoilé : la chambre de Berthe de Clinchamp. Situé derrière une porte dérobée, l’endroit reste secret en raison de son accessibilité réduite, mais aussi parce qu’il est une véritable plongée dans l’intimité de celui qui fut le dernier propriétaire du Domaine de Chantilly. »

            Voici la vidéo qui accompagne ce texte :

            En bonus, il existe une page sur le site Internet du château où vous pouvez visionner certaines expositions virtuelles. Bonne visite à distance !

Des nouvelles de Clio (bulletin #16)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Lord Elgin ne s’est pas seulement contenté de voler les frises du Parthénon : il a aidé un de ses amis, Edward Daniel Clarke, à voler une caryatide à Éleusis et elle a failli être perdue dans un naufrage au large de l’Angleterre. Cette statue se trouve aujourd’hui à Cambridge (article en anglais).

D’ailleurs, en parlant de cet imbécile d’Elgin, son navire, le Mentor, a lui aussi fait naufrage et les archéologues du ministère de la culture ont encore retrouvé en 2025 quelques fragments qui n’avaient pas été repêchés après le naufrage. Entre le naufrage, l’opération de récupération, le stockage inadéquat en Grèce, puis en Angleterre où Elgin fut en dessous de tout, le Royaume-Uni se moque du monde en refusant encore de rendre ces pièces qui ont été pillées par un arrogant dont l’égo ne passait plus les portes (article en anglais).

* Au début du XXe siècle, T. E. Lawrence (Lawrence d’Arabie) et l’archéologue Leonard Wolley avaient remarqué une église byzantine (entre Terre Sainte et monastère de Sainte Catherine) dont les ruines avaient été découvertes (et endommagées !) par les autorités ottomanes en Palestine occupée. Aujourd’hui, grâce à Lawrence et Wolley, cette église a été retrouvée et des fouilles ont mis à jour des mosaïques aux motifs floraux (article en anglais).

* Un parchemin qui décrit la Passion du Christ, un Arma Christi, rouleau datant de 1475, se trouve aujourd’hui au Bar Convent Museum à York où il n’est pas toujours présenté aux visiteurs car il est très fragile. Il existe peu de ces rouleaux et c’est une vraie chance de pouvoir admirer cet exemplaire extraordinaire quand il est montré au public (article en anglais).


* Oscar Wilde avait reçu une éducation très classique. Au lieu d'aller à Rome comme bon nombre de sujet de la reine Victoria, il visita la Grèce avec quelques camarades d'Oxford à vingt-trois ans. Cette aventure marqua profondément le futur écrivain (article en anglais).

* Si vous passez par Delphes, vous pourrez admirer une magnifique statue d'Antinoüs au musée archéologique. Elle fut découverte par une équipe d'archéologues français en 1894. Après la mort de son impérial amant, Hadrien avait divinisé Antinoüs et ordonné qu'il soit vénéré dans tout l'empire - une statue du jeune dieu fut donc installée à Delphes à l'entrée du sanctuaire (article en anglais).

Découverte de la statue
 

* Aristophane était un génie littéraire et c'est à lui que l'on doit le plus long mot en grec ancien : « λεπαδοτεμαχοσελαχογαλεοκρανιολειψανοδριμυποτριμματοσιλφιοτυρομελιτοκατακεχυμενοκιχλεπικοσσυφοφατοπεριστεραλεκτρυνοπτοκεφαλιοκιγκλοπελειολαγῳοσιραιοβαφητραγανοπτερυγών ». En revanche, aurait-il été prudent d'inviter Aristophane dans nos cuisines ? En effet, ce curieux mot décrit un plat partagé lors d'un banquet, mais la liste des ingrédients est pour le moins hétéroclite (article en anglais).

* Aujourd'hui encore, les archéologues peuvent faire des découvertes extraordinaires : une momie d'un homme adulte (mort après le règne de Cléopâtre VII) découverte à Oxyrhynque en Égypte avait un papyrus dans l'estomac, mais au lieu d'un livre des morts, le texte qui y fut rédigé est une partie de l'Iliade. D'autres momies avaient des langues en or ou en cuivre (article en anglais).

* Des chercheurs ont travaillé sur les inégalités alimentaires sur une période de dix mille ans. Leurs conclusions sont fascinantes et parfois étonnantes (bref, il n'a jamais fait bon naître femme).

Exposition : « Diego Cibeli, confins de porcelaine » (6 juin - 26 octobre 2026 au château de Chantilly)

En même temps que l’exposition « De Naples à Chantilly, les collections de la reine Caroline Murat », le château de Chantilly nous présente une exposition d’art contemporain dans la « Grande Singerie » (dans les Grands Appartements du château) du 6 juin au 26 octobre 2026 :

 

« Diego Cibeli, confins de porcelaine 

Dans le cadre de la saison napolitaine qui s’inaugure le 6 juin 2026 au musée Condé du Château de Chantilly, alors que le Jeu de Paume présente les collections de Caroline Murat, reine de Naples sous l’Empire, l’artiste napolitain Diego Cibelli conçoit une installation, c’est-à-dire un ensemble de sculptures créées pour l’expositions, destinées à l’un des espaces les plus emblématiques des Grands Appartements.

Pour la première fois, l’un des décors les plus emblématiques du XVIIIe siècle, la Grande Singerie peinte en 1737 par Christophe Huet accueille une création contemporaine. Dans cet intérieur où se superposent les strates du goût, du pouvoir et de la mémoire, Diego Cibelli ne reconstitue pas la collection de porcelaines des princes de Condé aujourd’hui disparues, il en fait renaître le souvenir et l’imaginaire. Ses formes fragiles, où s’entrelacent figures humaines, animales et végétales, semblent issues d’un monde enchanté. Entre Naples et Chantilly, sa production relie deux grandes histoires du raffinement, des arts décoratifs et du collectionnisme dans une méditation joyeuse sur l’étrange, l’altérité et la mouvance des formes et des matières.

De Naples à Berlin et Chantilly

Né à Naples en 1987, Diego Cibelli étudie aux Beaux-Arts de sa ville natale avant de se former à la Weissensee Kunsthochschule de Berlin. De retour dans la cité parthénopéenne, il travaille – depuis son atelier du quartier populaire de Scampia dans la périphérie de Naples – un matériau emblématique de l’histoire artistique et politique du royaume de Naples : le biscuit de porcelaine (une céramique cuite sans glaçure).

Cette fragile matière lactée lui permet d’explorer les formes poétiques du vivant, faisant dialoguer et s’entrelacer figures humaines, animales, mythologiques et chimériques dans un univers de métamorphoses.

Après une exposition au musée de Capodimonte à Naples en 2021, Diego Cibelli obtient le premier Prix Carta Bianca en 2024, avant de créer une installation permanente à la Fondation Rovati à Milan en septembre 2025.

Porcelaine en héritage

À Naples, la porcelaine occupe une place singulière dans l’histoire du pouvoir et du goût, analogue à celle qu’elle revêtit à Chantilly. Fondée en 1743 par le roi Charles de Bourbon, la manufacture royale de Capodimonte fut l’une des plus ambitieuses d’Europe avant d’être appelée à une seconde vie sous le règne de Joachim Murat et de Caroline Bonaparte, qui en ravivèrent l’élan expérimental et la portée diplomatique.

Diego Cibelli s’inscrit dans cet héritage, qu’il réinterprète librement dans une fusion féerique de formes anthropomorphes, botaniques et animales, telle l’œuvre site-specific qu’il crée pour la Grande Singerie.

Peint en 1737, ce célèbre décor déployé en arabesques, peuplé d’espiègles figures simiesques où dialoguent et s’interpénètrent les Cinq Sens et les Quatre Parties du monde, abritait autrefois les précieuses collections de porcelaines du duc de Bourbon. Dès 1725, ce prince avait fondé sa propre manufacture à Chantilly, qui perdura jusqu’en 1870.

La Grande Singerie réunissait des porcelaines produites à Chantilly comme d’autres venues des confins de l’Asie, déployant un Orient imaginaire, promesse d’évasion vers l’ailleurs chère aux sociétés des Lumières.

En 2026, Diego Cibelli recrée, avec Confins de porcelaine, l’univers fantastique et métamorphique de cette collection dont la trace s’est aujourd’hui perdue, dans un harmonieux choc de représentations.

Le titre de l’exposition évoque les lointains géographiques rêvés au XVIIIe siècle comme les frontières mouvantes entre les règnes, les formes et les matières, au cœur du travail de l’artiste. Confins de porcelaine interroge ainsi l’étrangeté et l’altérité dans un jeu de rencontres entre les personnages, l’architecture, le décor, l’œuvre contemporaine et le public.

Cette installation tisse un dialogue inédit entre l’histoire des collections de Chantilly, l’imaginaire exotique du XVIIIᵉ siècle et les formes contemporaines de l’expérience de la découverte de l’étranger profondément ancrée dans la tradition millénaire de la cité portuaire de Naples.

Diego Cibelli – Premier Prix Carta Bianca 2024

Cette exposition et sa communication sont soutenues par l’Association SANTéART, qui a décerné son premier Prix Carta Bianca à Diego Cibelli en 2024. Trouvant sa source au croisement de l’art et de la dimension sensible de l’être humain, le Prix Carta Bianca construit une passerelle entre le monde des artistes et le monde des patients. Il est fondé autour de valeurs-clés inhérentes aux professions de santé: partage, don de soi, engagement, solidarité, humanité et considère l’apport du contact avec l’œuvre comme source de revitalisation et de renaissance. Avec une dotation annuelle le plaçant parmi les plus importants Prix français et européens, le Prix Carta Bianca a permis au cours des trois dernières éditions le soutien de vingt-quatre artistes, choisis par un comité franco-italien.

Commissariat

Ulysse Jardat, Conservateur du patrimoine, musée Condé »

Exposition : « Napoléon à Chantilly » (6 juin - 4 octobre 2026 au Cabinet des Livres du château de Chantilly)

En complément de l’exposition « De Naples à Chantilly, les collections de la reine Caroline Murat », le château de Chantilly nous propose, avec un supplément au billet, une exposition sur Napoléon (dans le Cabinet des Livres du château) du 6 juin au 4 octobre 2026 :

 

« Napoléon à Chantilly »

À première vue, on ne s’attend pas à trouver des souvenirs napoléoniens au musée Condé, surtout quand on sait que le dernier représentant des princes de Condé, le duc d’Enghien, a été fusillé sur ordre de Bonaparte, alors premier consul. Malgré cela, le duc d’Aumale a rassemblé une riche collection de souvenirs napoléoniens, souvent méconnus ou inédits. Tandis que Caroline Murat est mise à l’honneur dans la salle du Jeu de Paume, le cabinet des livres présente ces témoignages rares consacrés à son frère. » [Lettre d’information du château]

Le site du château nous dit :

« A priori, on ne penserait pas trouver des souvenirs napoléoniens au musée Condé, dont le nom rend hommage à la dynastie des princes de Condé, dont le dernier représentant, le duc d’Enghien, a été fusillé sur ordre de Bonaparte, alors premier consul.

En réalité, dans la droite ligne réconciliatrice de son père le roi Louis-Philippe, le duc d’Aumale s’est intéressé à la personne de l’Empereur et à son histoire, et a réuni représentations, souvenirs historiques, archives et ouvrages dont un grand nombre sont peu connus ou n’ont jamais été montrés au public. Alors que Caroline Murat, sera mise en valeur au Jeu de Paume, le cabinet des livres exposera les souvenirs méconnus et parfois extraordinaires de son illustre frère.

Commissariat

Mathieu Deldicque, Conservateur en chef du patrimoine, Directeur du musée Condé

Florent Picouleau, Chargé d’archives au musée Condé »

Exposition : « De Naples à Chantilly, les collections de la reine Caroline Murat » (6 juin - 4 octobre 2026 au Jeu de Paume du château de Chantilly)

            Le château de Chantilly nous présente une nouvelle exposition à la salle du Jeu de Paume du 6 juin au 4 octobre 2026 :

Caroline Murat par Ingres

« De Naples à Chantilly, les collections de la reine Caroline Murat

Caroline Murat (1782-1839), sœur de Napoléon Ier et reine de Naples dès 1808 aux côtés de son époux Joachim Murat, fut une grande mécène surnommée la « reine des arts ». Passionnée par la baie de Naples et les sites antiques de Pompéi et d’Herculanum, elle constitua une collection remarquable en soutenant des artistes majeurs tels qu’Ingres, Rebell ou Canova. L’exposition présentée au musée Condé du Château de Chantilly reconstitue cette collection grâce à d’importants prêts et à des œuvres récemment réattribuées. Elle met en valeur le goût novateur de Caroline Murat et son rôle essentiel dans le rayonnement artistique de Naples au début du XIXᵉ siècle, invitant le public à un voyage entre Naples et Chantilly.

Chantilly, une petite Naples

Chantilly est une petite Naples. L’exposition mettra l’accent sur le lien unissant Naples à Chantilly et Caroline Murat à Henri d’Orléans, duc d’Aumale et fondateur du musée Condé. Dernière sœur de la fratrie de Napoléon Ier, Caroline Bonaparte épouse le 20 janvier 1800, le général de brigade de l’armée impériale Joachim Murat, proche de l’empereur. Ensemble, ils ont eu quatre enfants, dont les portraits réalisés par leur professeur Benjamin Rolland témoignent de la proximité du couple Murat avec les artistes reconnus de leur époque. La collection des Murat prend racine dans la France impériale et s’enrichit durant leur règne napolitain. C’est Léopold de Bourbon-Siciles, prince de Salerne, régent à Naples à partir de 1815 au moment de la Restauration, qui reçoit en partage une grande partie de la collection des Murat. Ces œuvres rejoignent finalement, en 1854, la collection du duc d’Aumale, gendre du prince de Salerne.

La reine de l’Élysée

Si le collectionnisme de Caroline Murat connaît un essor à Naples, ses prémices prennent place en France, dans les résidences parisiennes du couple. Du palais de l’Élysée au château de Neuilly, l’exposition dévoilera l’existence d’un goût précoce pour le mobilier et les décors à l’antique, déjà prégnants dans les salons et cabinets d’études de la reine. Les paysages et vues intérieures de ces demeures rappelleront le raffinement artistique et architectural qui caractérise le mode de vie de Caroline Murat.

Napoli !

Régnant à Naples à partir de 1808, le couple Murat s’installe dans le palais royal. Cette demeure d’exception devient alors l’écrin de la collection grandissante de Caroline Murat, mais aussi un lieu où la reine accueille et développe son cercle artistique et intellectuel. Le milieu artistique et intellectuel dans lequel baigne la baie de Naples à l’arrivée du couple des Murat, est empreint d’un néoclassicisme. L’Italie est alors tournée vers son héritage antique, artistique et historique, mais aussi vers les grands noms de la Renaissance. La peinture italienne de l’époque moderne ornait ainsi les murs du palais royal.

La décennie de domination française est marquée par l’application d’une politique des arts dans le domaine archéologique. Caroline Murat développe un vif intérêt pour les fouilles archéologiques de Pompéi et d’Herculanum. Plus qu’un goût pour les trésors, c’est une véritable conscience patrimoniale qui semble être née chez la reine. Cette dernière se constitue alors un entourage composé des savants les plus éclairés tels que le comte de Clarac, Aubain-louis Millin, ou encore François Mazois qui entreprend de compiler ses travaux et dessins d’études dans les Ruines de Pompéi dédicacées « à Sa Majesté, la reine des Deux-Siciles ». Genèse d’un « musée de la Reine », les remarquables antiques conservés au musée Condé et présentés à l’occasion de cette exposition sont un témoignage de la passion archéologique de Caroline Murat et du caractère scientifique de sa collection.

Si le goût de Caroline Murat était tourné vers les œuvres du passé, la reine de Naples doit également être considérée comme une protectrice des arts et des artistes de son temps. L’exposition aura pour vocation de rendre compte de ce mécénat éclairé et de cette sensibilité pour la production contemporaine, en mettant l’accent sur des figures artistiques majeures, dont les œuvres étaient particulièrement appréciées et collectionnées par Caroline Murat. Seront mis particulièrement à l’honneur Antonio Canova – dont on doit au couple Murat l’introduction de son œuvre en France – François Gérard, Jean-Auguste-Dominique Ingres, François-Marius Granet, Benjamin Rolland ou encore Louis- Nicolas Lemasle. Un accent particulier sera mis sur les paysages napolitains et vues du Vésuve dont les principaux peintres, Joseph Rebell, Alexandre-Hyacinthe Dunouy ou encore Louis-Nicolas-Philippe-Auguste de Forbin, occupent une place de choix au sein de la collection de Caroline Murat.

Le visiteur sera plongé dans les paysages panoramiques de la baie de Naples, où les grondements du Vésuve semblent se faire entendre.

Voici un aperçu de cette fabuleuse collection :

Exposition placée sous le patronage de l’ambassade d’Italie en France et de l’ambassade de France en Italie.
Avec le soutien exceptionnel de la Direction régionale des Affaires culturelles des Hauts-de-France, de la Bibliothèque nationale de France, du Château de Fontainebleau et de l’Institut Culturel Italien.

Commissariat :

Mathieu Deldicque, Conservateur en chef du patrimoine, Directeur du musée Condé

Gennaro Toscano, Co-commissaire de l’exposition, Conservateur général, conseiller scientifique à la Bibliothèque nationale de France et professeur à l’École nationale des chartes

Ulysse Jardat, Commissaire associé, Conservateur du patrimoine, musée Condé »

Flash info : L'Amérique et Versailles (4 et 5 juillet 2026 au domaine de Trianon)

            Si vous souhaitez célébrer les 250 ans des États-Unis d’Amérique et assister à une grande reconstitution historique, une magnifique option vous attend au domaine de Trianon à Versailles (de 11 h à 18 h le 4 et de 10 h à 17 h le 5).

Le site du château de Versailles nous dit :

« L’Amérique & Versailles

La Guerre de la liberté

 

Le temps d’un week-end, le Château de Versailles célèbre les 250 ans de l’Indépendance américaine lors d’une reconstitution historique pour toute la famille.

 

Après une revue des troupes sur la place d’armes du Château de Trianon, découvrez le plus grand campement jamais reconstitué dans les jardins de Trianon avec le quartier royal de Louis XVI, le camp des insurgés américains et le bivouac anglais.

 

Le public déambulera librement dans les bases militaires à la rencontre de 500 reconstituteurs érudits et passionnés, en uniformes restitués avec la plus grande précision.

 

Vivez une immersion spectaculaire au cœur du XVIIIᵉ siècle avec des démonstrations équestres et militaires, mais également la découverte des métiers anciens. Quadrille écossais, danse de Boston et concerts de musique d’époque seront aussi à l’honneur, offrant au public un véritable voyage à travers le temps.

 

En point d’orgue de ces deux journées, La Grande Bataille offrira un spectacle époustouflant où les insurgés et leurs alliés s’opposeront aux militaires anglais dans une reconstitution des forces en présence pour la Bataille de Yorktown !

 

Reconstitutions, musiques et vie de camp : l’Histoire reprend vie au cœur du Château de Versailles. »

Informations complémentaires et lien pour réserver sur cette page.