« Les Chroniques de Paris » : Préambule

            Avant de vous livrer une première histoire (d’ailleurs, j’ai un mal fou pour me décider sur la première chose que je vais vous raconter ou la première personne de ma famille que je vais vous présenter), je me suis dit, puisque je me suis retrouvée ces derniers mois à faire le tri de plus d’un siècle d’archives de famille, que j’allais partager avec vous quelques idées.

Si j’ai retrouvé l’original de ma collante de bac dans les papiers de ma mère à quelques jours de mon départ définitif de sa maison, j’ai aussi retrouvé la mallette militaire d’un de mes oncles, une mèche de cheveux de mon arrière-grand-mère, le livret de retraite de mon grand-père ou de vieilles cartes de rationnement.

À chaque découverte, je me disais, « Oh, ce sera intéressant pour ma nouvelle série d’articles ».

J’ai des enquêtes généalogiques et des mystères à partager ; j’ai des souvenirs à vous montrer… et j’ai un énorme problème : il y a des noms que je n’ai pas notés parce que je n’ai jamais imaginé que ma mère serait emportée en une semaine et que je n’imaginais pas ce moment où je ne pourrais jamais plus rien lui demander.

Alors...

Notez les noms.

Écrivez les recettes (j’ai passé beaucoup de temps dans toutes nos cuisines, mais il est si facile de perdre un héritage culinaire).

Demandez qui sont les personnes sur les vieilles photos (j’ai hérité d’un album de ma grand-mère ; sur certaines photos, elle a écrit au dos leurs noms et j’en reconnais certains, mais d’autres resteront d’illustres inconnus pour moi).

Posez des questions aux vivants, même si ces questions dérangent (à moins d’un quasi miracle, je ne saurai jamais pourquoi le frère aîné de ma grand-mère a été envoyé en nourrice à un jet de pierre de Giverny ou pourquoi ma grand-mère a toujours pensé qu’il avait été envoyé en Lorraine dans le village natal de sa mère et puisque ma grand-mère n’a jamais posé de question à sa demi-sœur aînée, je ne saurai jamais comment ma grand-tante avait réussi à faire évader son fils de la Kommandantur pendant la seconde guerre mondiale – et lui est mort quand j’étais encore à l’école primaire et bien avant qu’on ne me raconte cette histoire).

Prenez des photos.

Enregistrez vos proches et filmez-les (je viens de retrouver des vieux super 8 dont les étiquettes me font penser qu’il s’agit de films de mon enfance et me donnent l’espoir que ma mère soit à l’image à un moment – apprendre à utiliser le vieux projecteur dont je viens aussi d’hériter va être intéressant).

Bref, prenez les devants afin de préserver un maximum de données et d’histoires avant qu’il ne soit trop tard – et le faire ne fera pas partir vos proches plus vite (ah, oui, ma chère grand-mère avait ce genre de superstitions… et vous auriez dû la voir pendant un orage – elle serait rentrée dans un trou de souris si elle avait pu tant elle avait peur). De plus, vous aurez ainsi des souvenirs et des témoignages qui, si vous les partagez, pourraient intéresser d’autres personnes.

 

Si je retrouve la recette de kouglof de famille, promis, je vous la donnerai.

 

Par quelle histoire commencer… ?

Histoire, roman & roman historique

            Nous avions commencé à vous parler de livres et d’autres articles nous ont éloignée du sujet.

Nous allons essayer de partager avec vous les livres que nous adoptons lors de nos visites de musée (nous manquons d’espace, mais il nous est pathologiquement impossible de résister à certains ouvrages).

Notre dernier passage au Louvre et à l’Institut du monde arabe nous a livré ces petites merveilles :


 

Bonne lecture !

Les horreurs de l'Histoire : la destruction de la réserve de Fort Berthold

            En passant sur les réseaux sociaux, nous avons croisé une photographie qui nous a intriguée :


La description était la suivante : « Le chef des tribus Mandan, Arikara et Hidatsa dans le Dakota du Nord pleure, tandis qu’il est forcé de signer un traité transférant leurs terres fertiles des plaines du Missouri, berceau de ces tribus, alors menacées de destruction. »

 

            Donc, nous avons un natif ému aux larmes et une bande de colons qui a l’air aussi chaleureux qu’une banquise.

 

Qu’est-il arrivé ? Une horreur.

 

            Cette photo date du 20 mai 1948 et George Gillette, chef des Trois Tribus Affiliées – aussi appelées «  nation MHA (Mandan, Hidatsa, Arikara) » et président du conseil tribal de Fort Berthold, fut obligé de signer la cession de la plus grande partie de la réserve de Fort Berthold à côté de New Town dans le Dakota du Nord (soit environ 630 km²) au gouvernement américain qui souhaitait construire le barrage Garrison sur le Missouri.

Ce chapitre à lui seul peut nous faire éprouver une grande compassion pour M. Gillette et ses administrés (90% de la population fut expulsée de leurs terres ancestrales), mais l’horreur va beaucoup, beaucoup plus loin.

En effet,  les Trois Tribus Affiliées sont déjà le résultat d’horreurs dues aux colons : les Arikara, les Hidatsa et les Mandan étaient trois tribus distinctes à la fin du XVIIIe siècle. Ce sont des épidémies de varioles, apportée par les Européens, qui décimèrent les natifs ; les Hidatsa et les Mandan s’allièrent et s’installèrent à Fort Berthold dans le Dakota du Nord et les Arikara les y rejoignirent en 1862.

Ces trois tribus étaient en relation, mais de cultures différentes. Leurs débuts furent difficiles sur leurs nouvelles terres entre les famines et l’arrivée de missionnaires (catholiques et protestants) qui tentèrent de mettre fin aux traditions natives.

Il leur fallut du temps, mais à l’arrivée du XXe siècle, les trois tribus étaient parfaitement alliées et étaient parvenues à conserver leurs particularismes culturels. Leurs terres étaient fertiles et rentables. Les choses n’étaient pas parfaites, mais, pour une réserve, leur situation n’était pas mauvaise – elle était même meilleure que pour la plupart de leurs voisins non-natifs.

Dans les années 30, les diverses églises locales et le gouvernement mirent l’accent sur l’utilisation de l’anglais comme unique langue de communication, mais cela ne fut toujours pas négatif pour les Trois Tribus Affiliées dont les échanges se trouvèrent améliorés par cette langue artificiellement commune.

En théorie, les terres des réserves sont protégées par décrets et traités, mais les colons ne s’embarrassent pas de ce genre de détails légaux. Pour ces tribus, le traité initial de Fort Laramie datait de 1851 et la surface des terres avait été revue à la baisse en 1910.

Le projet de barrage naquit dans les années 1940 et se mit effectivement en mouvement en 1944 pour être finalement construit dans les années 50.

Le barrage était-il indispensable ? Pour ce qui est de l’énergie, non. Ce projet n’était pas assez rentable pour justifier ce qui fut fait à ces natifs et les études présentées pour l’aménagement du fleuve Missouri prouvent que les terres des colons blancs furent systématiquement protégées. Des sites sacrés des tribus se retrouvèrent submergées sous les eaux du barrage, ainsi que bon nombre d’écoles, d’églises et l’unique hôpital de la réserve qui ne fut pas reconstruit, contrairement aux promesses faites.

En 1947, le Congrès américain se prononça en faveur du barrage et de l’expropriation des natifs et ce fut donc ainsi que George Gillette fut obligé de signer le cruel traité qui allait détruire la vie paisible et prospère des Trois Tribus Affiliées. Soit il signait et les tribus étaient indemnisées, soit le gouvernement les expropriait.

Lors de la signature, George Gillette déclara : « La vérité est que, comme chacun sait, notre Traité de Fort Laramie […] et notre constitution se trouvent réduits en confetti par ce contrat. (The truth is, as everyone knows, our Treaty of Fort Laramie...and our constitution are being torn to shreds by this contract.) ». Il a aussi dit : « Nous allons signer ce contrat le cœur lourd […] De quelques traits de plume, nous allons vendre la meilleure part de notre réserve. Pour l’instant, le futur semble bien triste pour nous. (We will sign this contract with a heavy heart … With a few scratches of the pen, we will sell the best part of our reservation. Right now the future doesn't look too good to us.) »

 

            La construction du barrage commença en 1951 et trois cents des trois cent cinquante-six familles durent quitter leurs terres et l’organisation des colons pour ce faire fut pitoyable. Les colons voyaient déjà ces natifs partir s’installer en ville, séparés les uns des autres et s’assimiler ou disparaître, mais une bonne partie d’entre eux retourna dans le secteur de la réserve vers New Town.

Des promesses qui avaient été faites n’ont tout simplement jamais été tenues ou réalisées à la va-vite. Les derniers déménagements de familles eurent lieu en 1955 ; dès 60, la qualité de vie se dégrada dans des proportions parfois terribles (en 67, 81% des résidents n’avaient pas accès à l’eau courante). La perte de leurs excellentes récoltes les rendit dépendants d’une alimentation à l’Américaine qui a entraîné des problèmes d’obésité et de diabète (ce dernier étant inexistant avant l’expropriation).

En 1987, une étude révéla aussi que l’eau à laquelle les Trois Tribus Affiliées ont eu accès après la construction du barrage est néfaste pour la santé – ce qui a forcé certains natifs à se rapprocher de New Town en dehors de ce qui reste de la réserve.

 

            Une fois de plus, les colons américains ont maltraité les natifs des Trois Tribus Affiliées par bêtise, par vengeance, par racisme, par arrogance, par cupidité.

Si les Trois Tribus Affiliées parviennent à se relever de cette nouvelle bassesse, espérons que les prochains gouvernements de colons n’inventeront pas une autre horreur afin d’essayer encore de les annihiler.

 

Sources :

https://www.nlm.nih.gov/nativevoices/timeline/489.html

https://www.culturalsurvival.org/publications/cultural-survival-quarterly/taking-garrison-dam-and-tribal-taking-area

https://www.youtube.com/watch?v=eh9ltGO5XGI (vidéo en français sur le sujet)

« Les Chroniques de Paris » (Annonce)

            Vous avez peut-être remarqué que j’ai[1] publié moins d’articles depuis le mois d’octobre 2025.

Ce changement momentané était dû au fait que mon dernier parent a quitté ce monde et j’ai dû gérer sa succession seule – je tiens d’ailleurs à remercier ici mes voisins, mes collègues et mes étudiants qui ont été adorables dans leur soutien.

 

            Bref, la succession a été bouclée le 25 juin 2026 et je vais reprendre la rédaction d’articles sur mes sujets de recherche ou des points d’Histoire qui m’intriguent.

J’ai également décidé de créer une nouvelle série sur ce blog puisque je me retrouve la dernière dépositaire de la mémoire de ma famille[2]. Certaines histoires de famille font partie de la petite Histoire et je souhaite en laisser une trace – et certaines d’entre elles vont, je l’espère, vous intéresser (j’ai réussi à élucider quelques mystères familiaux qui sont assez curieux ; j’en ai d’autres qui risquent de rester des mystères à jamais).

            J’ai décidé d’ignorer le côté anglo-italien (York et Turin) de mon héritage parce qu’un lâche[3] ne mérite que l’oubli. Je vais donc me concentrer sur la famille de ma mère et ses branches franco-germaniques.

            Le plus vieil ancêtre direct dont je suis certaine pour l’instant (j’ai encore bien des recherches généalogiques à faire) est du côté « Parisse » (à Paris et à Maubeuge), pas du côté « Becker » (en Lorraine), mais cet ancêtre se nommait Georges de Paris.

J’ai pensé que « Les Chroniques de Paris » ferait un titre amusant, même pour les autres branches de ma famille.

J’ai prévu de partager avec vous des souvenirs (sur les guerres, sur la vie quotidienne, sur tout ce dont je me souviens des histoires racontées par ma grand-mère maternelle…). Je n’ai prévu aucun ordre et les périodes historiques seront mélangées.

            Pour fouiller le mystère « Georges de Paris », je devrai certainement me rendre aux archives municipales de Maubeuge, où il est mort en 1718 (il y avait épousé Jeanne Cambier en 1690), mais un indice trouvé dans les inventaires après succession aux Archives nationales me fait penser qu’il faisait peut-être partie d’une famille de commerçants parisiens qui aurait peut-être envoyé certains de ses fils à Maubeuge afin de protéger (un acte de baptême mentionne un « de Paris » militaire) ou travailler à la manufacture royale d’armes de Maubeuge.

            « Les Chroniques de Paris » vous ouvriront de petites fenêtres sur une famille et me permettront de laisser une trace de ces histoires dans l’Histoire.

            À bientôt pour le premier épisode…


[1] : Cette chère Sorbonne m’a appris à utiliser le « nous » neutre quand j’écris, mais cet article est très personnel, d’où le changement de ton.

[2] : Note à l’intention d’éventuels cousins (ceux que je n’ai pas vus depuis vingt-cinq ou trente ans) : je suis la seule à avoir passée toute sa vie avec notre grand-mère ; si vous avez d’autres histoires en mémoire, créez votre propre blog.

[3] : Les autres enfants de mon père ont, pour certains, leurs propres canaux Internet, mes cousins sont de fieffés imbéciles et mes géniales cousines partagent déjà ce qu’elles veulent sur la toile. Des parents britanniques sont remontés jusqu’au Moyen Âge ; je leur laisse cette branche.

On a retrouvé « L’Uomo femina »

            Dans une lettre d’information envoyée par le musée du Louvre, il était question d’un opéra qui sera présenté le samedi 5 juin 2027 à 20h dans l’Auditorium Michel Laclotte : L’Uomo femina (L’Homme femme) de Baldassare Galuppi. À l’heure où nous écrivons, ils restent encore quelques places disponibles ici.

            Le résumé/description de cette œuvre nous a intriguée : « Dans cette île mystérieuse, les femmes ont le pouvoir et font la guerre, tandis que les hommes rivalisent de coquetterie au sérail afin de leur plaire… Agnès Jaoui et Vincent Dumestre ressuscitent un opéra vénitien oublié, qui donne à réfléchir autant qu’à rire, porté par une formidable équipe de solistes parmi lesquels Eva Zaïcik et Anas Séguin. »

            Galuppi (1706-1785) était un compositeur vénitien dont le succès, à l’époque, était certain.

En 1750, il écrivit un premier opéra où les femmes avaient le pouvoir : Il mondo alla rovescia o sia le donne che comandano (Le Monde à l'envers ou les Femmes qui commandent) ; pour cet opéra, le librettiste fut Carlo Goldoni (1707-1793).

Soit ce thème, parce que la situation retourne à la normale quand le rideau tombe sur les protagonistes avec le pouvoir rendu aux hommes, plaisait au public de l’époque, soit ce thème et les possibilités qu’il offrait à Galuppi lui plaisait, car il composa L’Uomo femina, opéra burlesque en trois actes, en 1762 selon un livret de Pietro Chiari (1712-1785). Cette histoire, sur plusieurs points, nous a fait penser à certaines comédies de Shakespeare – pas seulement parce que deux membres d'une même famille se retrouvent par hasard sur cette île étrange après leur naufrage respectif.

L’intrigue est simple : sur une île dirigée par des femmes qui font penser à des Amazones, les hommes sont tout à leurs chiffons et fards afin de plaire aux dirigeantes et maîtresses du lieu. À la suite d’un naufrage, un homme et son serviteur échouent sur cette île et eux, qui viennent d’une terre où les hommes règnent sur les femmes, vont apporter ce concept sur l’île après maintes péripéties destinées à amuser et émouvoir le spectateur. La conclusion peut sembler tout ramener à la normale, à moins qu’il ne faille continuer à creuser ce thème et le message – ou pas.

Cet opéra fut créé en octobre 1762 au Teatro San Moisè de Venise. On en a une trace à Pavie en 1768… puis cette œuvre disparaît.

L’hypothèse qu’elle ait été victime des frasques napoléoniennes a été émise et semble une excellente piste.

Heureusement pour nous, il arrive que des opéras soient retrouvés (nous vous avions déjà raconté une telle histoire avec Morgiane). Ce fut le cas pour L’Uomo femina dont on découvrit un exemplaire – auquel il manque trois airs – à Lisbonne à la bibliothèque du palais national d’Ajuda en 2006.

 

            Si juin 2027vous semble trop loin, que vous ne pourrez pas assister à cette représentation ou que vous ne savez pas encore ce que vous ferez ce jour-là, ARTE Concert nous offre (en tout cas pour l’instant) la possibilité de voir et d’apprécier cette œuvre si particulière et qu'il eut été dommage d’avoir à jamais perdu :

Flash info : Reconstitution historique au château de Chantilly (19 et 20 septembre 2026)

            Si les reconstituteurs qui seront présents à Chantilly sont aussi passionnés et passionnants que ceux de « L’Amérique & Versailles », nous pourrions bien avoir un autre excellent weekend à l’horizon.

            En lien avec l’exposition sur les collections de Caroline Murat dont nous vous avons parlé, le château de Chantilly organise un Grand week-end de reconstitution historique le samedi 19 et le dimanche 20 septembre 2026.

Le site du château nous dit :

« En écho à l’exposition consacrée à Caroline Murat, sœur de Napoléon et reine de Naples, au sein de son Jeu de Paume, le Château de Chantilly propose à ses visiteurs un grand week-end de reconstitution historique les plongeant au cœur du Premier Empire.

Rencontrez Caroline et Joachim Murat, en visite à Chantilly, leur suite et leurs troupes !

Conçue comme une immersion vivante et accessible à tous, cette manifestation invite le public à déambuler librement entre les différents espaces du domaine, pour un véritable voyage dans le temps à la découverte d’un campement militaire, de scènes de vie civile et d’animations participatives, composant un parcours riche en expériences. Rassemblant près de 150 de reconstituteurs – soldats, artilleurs, danseurs et figures princières et civiles – cet événement restitue avec précision et passion la vie quotidienne au début du XIXème siècle.

Entre manœuvres des troupes et du canon, démonstrations commentées de la vie princière ou militaire, et évocations des « petits métiers », ce week-end d’exception met en lumière les savoir-faire, les pratiques et les usages de l’époque napoléonienne.

Ponctuée de moments d’échange, d’initiations et de démonstrations de danses historiques, cette immersion propose une expérience pédagogique, au plus près de l’Histoire. Le visiteur découvre ainsi un passé recréé, entre fidélité historique et esprit de fête.

 

Une immersion au cœur du premier empire

 

Le bivouac militaire et le village des petits métiers seront ouverts au public en continu de 10h00 à 17h00. Les visiteurs pourront y découvrir la vie de camp, l’artisanat et diverses animations. Des bals et démonstrations de danses d’époque viendront rythmer les festivités.

Samedi 19 septembre

10h0010h40 : Ouverture au public du bivouac militaire et du village des petits métiers – Jardin anglais.
10h40 – 11h00 : Mise en place des troupes et déplacement vers la cour d’honneur.
11h00 – 11h20 : Arrivée officielle de Leurs Majestés le roi et la reine de Naples et accueil protocolaire. Revue des troupes : présentation protocolaire et inspection officielle – Cour d’honneur du château.
11h30 – 12h00 : Animations simultanées :

  • Saynète historique par l’état-major Murat et échange avec le public — Galerie des Batailles.
  • Présentation de l’école du soldat et du peloton — Jardin anglais.

12h0012h30 : Scènes de vie au bivouac / petits métiers : présentation de la vie quotidienne et préparation des repas.
12h30 – 14h00 : Pause méridienne et maintien de la vie de camp, accessible au public.
14h00 – 14h45 : Bal historique : présentation de la Cour, ouverture du bal par Leurs Majestés le roi et la reine de Naples puis danses d’époque — Galerie de Peintures.
15h00 – 15h30 : Démonstrations militaires (zone de manœuvre) : exercices de tir, charges à la baïonnette, formation en ligne – Jardin anglais.

En parallèle – Saynète historique par l’état-major Murat et échange avec le public — Galerie des Batailles.
15h30 – 16h15 : Conférence La mode sous l’Empire — Salon du Roi.
15h45 – 16h45 : Grandes manœuvres militaires — Jardin anglais.
16h00 – 16h30 : Saynète historique par l’état-major Murat et échange avec le public — Galerie des Batailles.
17h15 – 17h45 : Revue des troupes et cérémonial des distinctions : remise de médailles, galons et chevrons d’ancienneté — Parterre de la Volière.

Dimanche 20 septembre

10h0010h40 : Ouverture au public du bivouac militaire et du village des petits métiers – Jardin anglais.
10h40 – 11h00 : Mise en place des troupes et déplacement vers la cour d’honneur.
11h00 – 11h20 : Arrivée officielle de Leurs Majestés le roi et la reine de Naples et accueil protocolaire. Revue des troupes : présentation protocolaire et inspection officielle – Cour d’honneur du château.
11h20 – 11h30 : Salve d’artillerie – Jardin anglais.
11h30 – 12h00 : Animations simultanées :

  • Saynète historique par l’état-major Murat et échange avec le public — Galerie des Batailles.
  • Présentation de l’école du soldat et du peloton — Jardin anglais.

12h00 – 12h30 : Scènes de vie au bivouac / petits métiers : présentation de la vie quotidienne et préparation des repas – Jardin anglais.
12h30 – 14h00 : Pause méridienne et maintien de la vie de camp, accessible au public.
14h00 – 14h45 : Bal historique : présentation de la Cour, ouverture du bal par Leurs Majestés le roi et la reine de Naples puis danses d’époque — Galerie de Peintures.
15h00 – 15h30 : Démonstrations militaires (zone de manœuvre) : exercices de tir, charges à la baïonnette, formation en ligne.

En parallèle -Saynète historique par l’état-major Murat et échange avec le public — Galerie des Batailles.
15h30 – 16h15 : Conférence La mode sous l’Empire, par Cristina Barreto-Lancaster, spécialiste de la mode sous l’Empire, auteure et collectionneuse — Salon du Roi.
15h45 – 16h15 : Grandes manœuvres militaires — Jardin anglais.
16h00 – 16h30 : Saynète historique par l’état-major Murat et échange avec le public — Galerie des Batailles.
16h30 – 17h00 : Revue des troupes et salut au public — Parterre de la Volière.

Informations importantes
Les horaires et le déroulé des animations sont communiqués à titre indicatif et sont susceptibles d’être modifiés en fonction des contraintes d’organisation.
En cas de conditions météorologiques défavorables ou de circonstances exceptionnelles, le Château de Chantilly se réserve le droit de modifier, reporter ou annuler tout ou partie des animations prévues, sans que cela n’ouvre droit à un remboursement.
 »

            N’oubliez pas qu’il existe un pack TER qui inclut le billet aller-retour depuis Paris-Nord ou une gare des Hauts de France et la gare de Chantilly-Gouvieux et le billet d’entrée « 1 jour » à échanger à l’entrée du château.

 

Curiosités de musée : Anne de France, duchesse de Bourbon présentée par saint Jean l’Évangéliste

Le 7 décembre 2025, nous vous avions parlé du triptyque de Moulins qui a été restauré et est exposé en ce moment, jusqu’au 31 août, dans la salle 831 de l’aile Richelieu.

Cette œuvre est absolument magnifique :


« JEAN HEY

Actif en France vers 1480-1500

Triptyque de la Vierge glorieuse, dit Triptyque de Moulins […]

Peint sur bois (chêne), vers 1498 […]

Moulins, cathédrale Notre-Dame. Œuvre classée au titre des monuments historiques en 1898. »


« VOLET GAUCHE

Pierre II de Bourbon en prière, accompagné par saint Pierre

Pierre II, couronné, est vêtu de manière quasi royale, tandis que saint Pierre, tenant les clés du paradis, apparaît en pape, pour accentuer encore le prestige du duc. Ici, Pierre II veut exprimer sa foi, mais aussi clamer sa souveraineté sur le duché de Bourbon qu’il entend léguer à sa fille Suzanne. 

Cadre fabriqué en 2025 à l’occasion de la restauration de l’œuvre. »


« PANNEAU CENTRAL

La Vierge et l’Enfant dans une gloire entourés d’anges

Alors qu’il était la plupart du temps fermé, la vue du triptyque ouvert devait susciter une émotion extraordinaire. La Vierge surgit comme une apparition dans le ciel. La couronne d’étoiles et la lune à ses pieds sont ses attributs lorsqu’elle est présentée comme l’Immaculée Conception. Pour la magnifier plus encore, Jean Hey associe la préciosité inhérente de l’or à la texture légère des cercles colorés, pour créer un halo solaire, d’où émane la lumière. »


« VOLET DROIT

Anne de France accompagnée de sainte Anne, avec sa fille Suzanne de Bourbon, en prière

La duchesse et sa fille sont agenouillées sur de riches coussins, sous une chapelle de soie. L’absence d’éléments d’architecture accentue l’impression qu’elles se trouvent dans un lieu intermédiaire entre terre et ciel. Les Bourbons apparaissent pleinement associés à la gloire de la Vierge.

Cadre fabriqué en 2025 à l’occasion de la restauration de l’œuvre. »


« VOLET DROIT (REVERS)

L’ange de l’Annonciation

La restauration a permis de comprendre que Jean Hey a plusieurs fois changé sa composition. Ainsi derrière l’ange, sous l’arc gothique, on voit le dessin d’un plafond voûté, de type Renaissance : le peintre a ensuite renoncé à ce projet. En outre, il n’a pas terminé ses grisailles, pour une raison encore inconnue : certains des anges sont juste esquissés, d’autres sont plus aboutis. »


« VOLET GAUCHE (REVERS)

La Vierge de l’Annonciation

Agenouillée dans un lieu qui évoque une église, Marie est surprise par l’ange dans sa prière ; derrière elle, la branche de lys symbolise sa pureté. La scène est surmontée d’un arc gothique, qui créait une continuité entre la peinture et l’architecture de la collégiale de Moulins où le Triptyque se trouvait. »

 

            Le triptyque est splendide et il faut vraiment prendre le temps de l’admirer, mais il faut aussi admirer les autres œuvres qui se trouvent dans la même salle.

            C’est l’une de ces œuvres qui nous a intriguée ; elle fut également peinte par le Maître de Moulins dont l’identité resta un relatif mystère jusqu’à une date assez récente (ce ne fut qu’en 2011 qu’une inscription au dos d’une toile intitulée Ecce Homo éclaira l’identité du maître). Aujourd’hui nommé Jean Hey, on sait peu de choses sur la vie de ce peintre, dessinateur et enlumineur.

Il est possible qu’il soit originaire du nord : toujours l’inscription au dos d’Ecce Homo désigne le peintre comme « teutonicus » (teuton/germanique) et comme de nombreux historiens pensent qu’il a été formé à Gand, ils pensent également qu’il était flamand… comme si aucun jeune homme n’avait jamais changé de pays afin de se former auprès d’un maître renommé (ce patronyme se trouve effectivement en Flandres, mais aussi en Alsace et pourquoi ne pas utiliser le latin « flandricus », qui existe ?).

Naissance et formation de Hey sont inconnues, mais on sait qu’il fut au service de l’archevêque de Lyon, Charles de Bourbon (1433-1488). À la mort de son protecteur, il se mit au service de Pierre II de Bourbon (1438-1503) dont l’Histoire se souvient aussi sous le nom de Pierre de Beaujeu. Pierre avait épousé Anne de France (1461-1522), fille de Louis XI (1423-1483), et ils avaient assuré la régence de 1483 à 1491 pour Charles VIII (1470-1498). Leur fille, Suzanne (1491-1521), fut duchesse de Bourbon et d’Auvergne et comtesse de la Marche.

            Situé pour l’instant à gauche du triptyque quand vous lui faites face, vous trouvez le volet gauche d’un triptyque dont le panneau central est aujourd’hui perdu ; cette huile sur bois représente Pierre II, sire de Beaujeu, duc de Bourbon, présenté par saint Pierre et elle fut réalisée vers 1492. Un fragment fut découpé dans le volet droit et ne présente plus aujourd’hui que Suzanne de Bourbon, dit enfant en prière ; il se trouve sur le même mur, juste à côté de l’œuvre qui nous intéresse : le volet droit qui représente Anne de France, dame de Beaujeu, duchesse de Bourbon présentée par saint Jean l’Évangéliste.


            Si vous regardez bien la toile, vous remarquerez des bestioles dans le calice que tient saint Jean :

Les autres visiteurs étaient tous focalisés sur le grand triptyque. Nous avons demandé à la charmante surveillante qui se trouvait dans la salle si elle savait ce que racontait cette représentation, mais nous étions toutes deux perdues.

Une réponse se trouve sur la fiche de cette toile sur le site des collections du Louvre :

« Portrait de la duchesse Anne de Beaujeu en buste, agenouillée en prière les mains jointes. Elle est présentée par saint Jean bénissant de la main droite, à la gauche un de ses attributs courants, le calice d'où s'échappent deux serpents (selon le récit miraculeux raconté par Jacques de Voragine dans la Légende dorée, dans lequel Jean se trouvant à Éphèse fut mis à l'épreuve par le grand prêtre du temple de Diane : le poison que Jean devait boire fut transformé en serpent lorsqu'il bénit sa coupe). Ils se tiennent dans une galerie ouverte sur un paysage visible par une arcade en anse de panier. »

Cette description donne une piste de recherche, mais pas la bonne réponse : Jean Hey est bien trop précis dans ses représentations de la Nature pour avoir peint des serpents aussi mal faits (regardez la bosse sur la créature centrale). Et puis, il y a trois têtes, pas deux.

Le calice représente la coupe remplie de poison donnée par le grand prêtre du temple de Diane à Éphèse. Saint Jean bénit la coupe et neutralisa le poison, mais plusieurs versions existent et dans certaines deux serpents s’échappent du calice, dans d’autres c’est un petit dragon bicéphale. Certaines versions parlent d’un serpent d’airain ou d’un dragon à trois têtes. Ici, nous avons donc un dragon à trois têtes ; c’est à la fois un symbole du Christ, un rappel du serpent d’airain de Moïse et une promesse de guérison.

Cette créature dans le calice tenu par l’Évangéliste est beaucoup plus importante et intéressante qu’il n’y paraît au premier regard.