Flash info: Le premier bal de la licorne

            Si vous avez envie de musique le 13 juin 2026, le musée de Cluny a une proposition à vous faire :

« Bal de la licorne

Participez à la première édition du Bal de la licorne pour fêter la fin de l’exposition « Licornes ! ».

Le temps d’une soirée et à l’occasion du mois des fiertés, le musée se transforme en un espace de fête autour de l’univers de la licorne. Figure emblématique du Moyen Âge, elle est devenue un symbole contemporain des communautés LGBTQIA+.

Le programme mêle performances et musique : la drag queen Élysée Moon proposera des interventions chantées et un quiz autour des licornes, puis un DJ set de Corrine fera vibrer la cour de l’hôtel médiéval.

Des étudiants de l’École du Louvre seront présents dans l’exposition "Licornes !" pour vous accompagner dans votre découverte des œuvres.

Un service de restauration et de bar est assuré par la Table de Cana pendant la soirée (service payant).
 

L’événement bénéficie du soutien des Amis du musée de Cluny.

Bal de la licorne 2026 © Aurore Brunet

Réservation obligatoire (pas de vente sur place).

Ouverture de la billetterie mercredi 13 mai à 10h.

À partir de 18 ans

Dans l’esprit festif de la soirée, les costumes sont les bienvenus. Afin d’assurer le confort et la sécurité de toutes et tous, merci de respecter les points suivants :

  • Veuillez adopter une tenue respectueuse du musée et du public
  • Les costumes trop volumineux, encombrants ou susceptibles de gêner la circulation sont interdits
  • Les accessoires dangereux ou rigides (pointes, objets contondants, structures imposantes, etc.) ne sont pas autorisés
  • Les masques sont acceptés, mais doivent pouvoir être retirés à tout moment (le visage doit rester identifiable, notamment à l’entrée)
  • Les batteries de vélo et les trottinettes ne sont pas autorisées
  • Pas de vestiaire disponible

Pour des raisons de sécurité, le personnel pourra demander le retrait temporaire de tout élément de costume. Le musée se réserve le droit de refuser l’entrée à toute personne dont la tenue ou le comportement ne respecterait pas ces règles. »

Des nouvelles de Clio (bulletin #14)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Mais où est donc passé l’escalier « Persé » du château d’Amboise ? Il a été détruit, mais une équipe d’archéologues est aujourd’hui partie à la recherche des traces qu’il a pu laisser.

* Ce n’est pas par hasard que le Parthénon a survécu aux éléments et aux terribles actions des hommes. Sa construction fut extraordinaire (article en anglais).

* La cuisine égyptienne a de nombreuses recettes avec des lentilles. Une très ancienne recette a fait surface et est rédigée en grec. Si vous êtes tentés par une soupe historique de lentilles, c’est par ici (article et vidéo en anglais).

* La Conquête de Constantinople de Geoffrey de Villehardouin relate les événements qui ont mené au sac de Constantinople lors de la quatrième croisade. Cet étrange épisode eut des conséquences qui ont des répercutions encore aujourd’hui (article en anglais).

* L’Aphroditede Melos (ou Vénus de Milo si vous y tenez) nous cache encore bien des mystères, mais certains d’entre eux pourront peut-être être résolu grâce à de nouvelles archives familiales qui ont été offertes à la Grèce (article en anglais).

* En 1994, un plongeur belge, René Wouters, repéra une statue au large de l’île croate de Lošinj. Protégée par les sédiments marins alors qu’elle était immergée à 45 mètres, ce grand bronze d’un sportif après l’épreuve est presque entier, ce qui est extraordinaire. Elle peut être aujourd’hui admirée au musée d’Apoxyomenos à Mali Lošinj en Croatie. Vous pouvez lire plus d’informations sur cette statue dans cet article (en anglais).

* Lucius Cornelius Sulla Felix, que l’on appelle en général simplement Sulla, opéra avant notre ère. Il fut un dirigeant compliqué et fascinant. Un article résume certaines de ses actions marquantes (en anglais).

* Le 16 février 2026, un livre spolié à Marc Bloch a été restitué à ses descendants. Vous pouvez lire la déclaration du ministère de la culture ici.

* Le 19 février 2026, Inrap a annoncé la sortie du livre d’Anne Augereau, Une Préhistoire des femmes. Étant donné que, jusque récemment, les données archéologiques de la préhistoire étaient décryptées au travers du prisme du patriarcat, ce nouveau travail cherche à comprendre où était la vérité à cette époque lointaine.


* Sir Arthur Evans découvrit des tablettes où étaient inscrits des textes rédigés en linéaire B. Alice Kober travailla à le déchiffrer, mais elle fut emportée avant de pouvoir achever son travail et ce fut Michael Ventris qui parvint à lire cette langue. L’histoire de cette aventure linguistique est fascinante (article en anglais).

* En 1916, l’administration coloniale française avait volé en Côte d’Ivoire un tambour parleur dit Djidji Ayôkwé dont l’importance culturelle pour la population locale fut ignorée par les voleurs. Il va enfin être rendu à sa communauté qui, à juste titre, se réjouit de ce retour.

Exposition : « L’Eau primordiale - Leçons de Mésopotamie » au Louvre (20 mai 2026-15 mars 2027)

            À partir du 20 mai 2026 et jusqu’au 15 mars 2027, vous pourrez visiter l’exposition « L’Eau primordiale - Leçons de Mésopotamie » au Louvre dans la salle 230 (aile Richelieu) et dans les salles du département des Antiquités orientales ailes Richelieu et Sully. 

 

Le site du musée précise d’ailleurs qu’afin « de permettre la maintenance des espaces d’exposition et l’entretien des collections du musée, les salles suivantes pourront être amenées à fermer :
Les lundis : salles 300 à 304 et 306 à 314 (aile Sully) / Les mercredis : salles 227 à 230 (aile Richelieu) ».

Au sujet de l’exposition, le site nous dit :

«  Traversé par les deux seuls fleuves connus du paradis biblique, dont l’importance et les dangers ont pu inspirer le mythe du déluge, la Mésopotamie antique est aussi la terre où fut inventée et développée pour la première fois l’irrigation. Ces premières expériences de maîtrise de l’eau par l’homme, à travers la transformation artificielle de son environnement naturel, ont suscité l’invention et le développement en Mésopotamie des premiers ouvrages hydrauliques connus (premiers canaux, ponts, aqueducs, réseaux de canalisations, lacs artificiels, etc.). Ils furent sources de changements pour le territoire et ses habitants dont on montrera les atouts et les faiblesses à long terme. Reposant volontairement sur les seules collections du Louvre, dont la richesse rend possible un tel projet, l’exposition s’insère au sein des salles permanentes du département pour y interroger l’ensemble des antiquités orientales sous l’angle de l’eau et de ses leçons environnementales d’hier à aujourd’hui.

Commissaire

Ariane Thomas, directrice du département des Antiquités orientales, musée du Louvre

Commissaires associés

Barbara Couturaud et Grégoire Nicolet, département des Antiquités orientales, musée du Louvre »

Exposition : « Silla : l’Or et le Sacré » au musée Guimet (20 mai – 31 août 2026)

            Le musée Guimet va bientôt nous présenter une exposition exceptionnelle sur une civilisation aujourd’hui disparue.

 

Le site du musée nous dit :

« Grâce à une collaboration exceptionnelle avec le musée national de Gyeongju et d’autres institutions muséales sud-coréennes et françaises, le musée Guimet présente, pour la première fois en Europe, une exposition sur le royaume du Silla (57 av J.-C- 935 après J.-C), l’une des civilisations les plus brillantes de l’Asie de l’Est.

Révélé par l’archéologie autant que par les chroniques médiévales, l’art du Silla apparaît aujourd’hui comme un héritage vivant, au cœur de la mémoire culturelle de la Corée du Sud. Cette présentation inédite met en lumière un royaume où, durant près d’un millénaire, art, spiritualité et pouvoir se sont conjugués pour façonner une culture d’une remarquable richesse.


Des origines mythiques du Silla, racontées par les chroniques coréennes médiévales, à la chute du royaume, l’exposition se déploie en cinq sections thématiques qui retracent l’histoire, les expressions artistiques et la mémoire d’un État à la fois puissant et profondément ancré dans des traditions spirituelles. Elle offre une lecture renouvelée de cette civilisation, révélant la manière dont les dynamiques politiques, religieuses et esthétiques se sont entremêlées pour produire un héritage qui est parvenu jusqu’à nous.

Couronne en or, pendentif, diadème en or Gyeongju National Museum

Transportés aux origines de la ville-paysage Gyeongju, au sud-est de la Corée, les visiteurs découvriront les traces d’une civilisation dont les montagnes, les immenses « tombes-montagnes », les temples et la vie moderne portent encore l’empreinte. Une ville dont les habitants sont pleinement investis dans la protection de leur patrimoine.


Du 4e au début du 6e siècle, la période dite maripgan marque une étape décisive dans l’affirmation de l’identité du Silla avec l’essor du clan des Kim. L’or devient la signature éclatante du royaume, symbole d’un pouvoir consolidé. Les trésors exhumés des grandes tombes royales (couronnes d’or, parures de jade, bijoux ouvragés, grès figuratifs) témoignent d’un savoir-faire exceptionnel et d’un royaume ouvert aux échanges sur les routes reliant le Japon, la Chine, la steppe, l’Asie centrale, jusqu’aux mondes méditerranéens. Prestige politique et splendeur artistique s’y confondent, donnant naissance à un langage visuel d’une exceptionnelle inventivité.  

Ceinture et pendentifs en or  Gyeongju National Museum

Au cours du Silla unifié (668–935), le royaume s’impose comme puissance méridionale dominante, avec le bouddhisme comme force spirituelle et protectrice du territoire. Les matériaux précieux autrefois réservés aux tombes royales trouvent désormais leur place dans les monastères, les pagodes, les reliquaires et les images sacrées. Les trésors de fer, d’or, d’argent, de verre et de pierre du Silla constituent un héritage vivant, encore perceptible dans le paysage de Gyeongju comme dans la mémoire collective. 


L’exposition réunit un ensemble exceptionnel de pièces emblématiques, parmi lesquelles figurent de nombreux trésors nationaux présentés pour la première fois hors de Corée du Sud. Nichée entre montagnes boisées et plaines ondoyantes, la ville de Gyeongju, capitale du Silla, offre encore aujourd’hui l’un des paysages les plus singuliers de Corée du Sud. Pagodes, tumulus royaux et vestiges monumentaux y dialoguent avec les lignes d’une cité contemporaine attentive à la préservation de son patrimoine. Le visiteur y marche littéralement au cœur de l’histoire, dans un espace où le passé demeure visible, habité, transmis.

Exposition organisée par le musée national des arts asiatiques - Guimet et le musée national de Gyeongju (Corée).

 

Commissariat :

Arnaud Bertrand, conservateur des collections Corée – Chine ancienne au musée Guimet

Kim Jaewan, conservateur senior au musée national de Gyeongju

Yun Seogyeong, assistante conservatrice au musée national de Gyeongju »


 

 

Chantier de restauration de vingt-quatre Rubens au musée du Louvre (fermeture de la salle le 18 mai 2026)

            S’il vous arrive de passer au musée d’Orsay, vous avez peut-être eu l’occasion de voir des restaurations d’œuvres faites devant les visiteurs. Il est fascinant de pouvoir voir comment travaillent les restaurateurs.

Ce qui se prépare au musée du Louvre ne pourra pas se faire devant nous, hélas. En effet, c’est toute une salle qui va être restaurée (la fermeture est prévue pour le 18 mai 2026) :


 

« Une restauration hors norme : "le cycle de Marie de Médicis" de Pierre Paul Rubens

Le musée du Louvre annonce le lancement de la restauration la plus ambitieuse de l’histoire du département des Peintures : celle des 24 toiles monumentales de Pierre Paul Rubens constituant l’extraordinaire Cycle de Marie de Médicis.

Tout est hors-norme dans cette opération prévue pour durer 4 ans : la galerie Médicis constitue la commande la plus importante jamais reçue et livrée par Rubens, alors au sommet de sa gloire en Europe.

Elle représente près de 293m² de surface picturale à restaurer in situ dans la salle 801 située dans l’aile Richelieu, qui sera transformée en atelier de restauration.

La restauration du Cycle de Marie de Médicis de Rubens bénéficie du soutien exceptionnel de
la Société des Amis du Louvre.

Avec le généreux concours de Madame Isabelle Ealet-Corbani et The David Schwartz Foundation, Inc. via les American Friends of the Louvre.

Les études préalables à la restauration du Cycle de Marie de Médicis de Rubens, étape essentielle de ce projet, ont bénéficié du généreux soutien de Madame Isabelle Ealet-Corbani. »

            Si la salle où se trouvent les Rubens est fermée au public, le visiteur du 2ème étage de l’aile Richelieu aura bien des pas en plus à faire – mais ça en vaudra grandement la peine.

Lors de notre dernière visite, nous avons pris des photos de cette salle en pensant à vous :


 


Gustave Adolphe Mossa (1883-1971)

            Les Niçois célèbres ne sont pas rares, mais ils se laissent bien souvent éclipser par leurs voisins provençaux, dont la célébrité a atteint Paris ; Frédéric Mistral (1830-1914) est connu grâce à Mirèio, à son prix Nobel et comme fondateur du Félibrige en 1854, pourtant... et pourtant, alors que Mistral n’était même pas né, Joseph‑Rosalinde Rancher (1785-1843) menait déjà le combat pour préserver sa langue, la codifier et la promouvoir par la littérature. Toutefois, il est un Niçois dont le travail est connu, et reconnu internationalement, parce qu’il perfectionna le Carnaval de Nice dans la forme moderne qu’il conserve encore aujourd’hui. Mais, ce ne fut pas la seule œuvre de ce génie trop souvent méconnu : Gustave Adolphe Mossa (1883-1971).

 
Mossa en 1908

            Le 28 janvier 1883, Alexis Mossa (Santa-Fe de Bogota, 15 octobre 1844 – Nice, 2 décembre 1926), professeur à l’École d’art décoratif (future École des arts décoratifs de Nice), devient père. Madame Mossa, Marguerite Alfieri[1] (Castellinaldo, 31 décembre 1855 – Nice, 29 mai 1919), vient de donner le jour à leur unique enfant. Le jeune Gustave va grandir au milieu des toiles et des pinceaux de son père, qui deviendra, officiellement, son professeur de 1897 à 1900. Cette courte période à l’École d’art décoratif permettra au jeune Mossa de se perfectionner, car il est déjà rompu aux techniques classiques : Alexis, qui fut l’élève de Carlo Garacci (1818-1895) et d’Hercule Trachel (1820-1872), eut tout d’abord une influence académique sur son fils. Gustave fut également influencé par sa ville natale, où il trouva de nombreux sujets d’inspiration.

            Le rattachement, définitif cette foi, de Nice à la France est récent, et cela vaut à toute la région une attention particulière de la part de la République qui entend rendre bien française cette terre restée longtemps au royaume de Piémont-Sardaigne.

Les particularismes de Nice sont nombreux. Rattachée à la France ou bien au Piémont, qu’importe, ici, on parle nissart : ni provençal, ni italien, ni piémontais et encore moins français, simplement langue d’oc et de si qui berce tous les Niçois – petit peuple et grands bourgeois compris – parce qu’elle est leur langue et qu’ils sont fiers de la parler (maints récits de voyages signalaient cette particularité en s’étonnant que les personnages importants de la région s’abaissent à une telle pratique).

Aussi, les maisons neuves côtoient les vieilles bâtisses réputées insalubres de la Vieille Ville, partie de la ville qui vous rappelle que l’Italie est toute proche. Il faut également compter sur le caractère cosmopolite de Nice : le climat est réputé, quelques Français y séjournent, mais ce sont principalement les Anglais et les Russes qui y viennent et se font construire des demeures plus extravagantes les unes que les autres ; il est d’ailleurs à signaler que la communauté russe trouvera définitivement asile à Nice après 1917, et qu’elle apportera un style particulier qui s’intégrera parfaitement.

            Nice n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui ; passé Cimiez, le jeune Gustave se trouvait déjà dans la colline et la campagne, sous ce ciel bleu comme nulle part ailleurs.

Au nord, les premiers villages de l’arrière‑pays l’appelaient, accrochés à leurs montagnes, rescapés des temps anciens. À l’est, les Alpes et l’Italie (en 1902, il visite avec son père Gênes, Pise, Sienne et surtout Florence ; en 1903, Padoue et Venise). À l’ouest, la Provence et au sud, la mère Méditerranée.

 

            Tel est l’univers dans lequel Gustave Mossa a grandi. Alexis lui a fait découvrir les œuvres du passé ; en 1900, ils se rendent à Paris pour l’Exposition Universelle. Gustave, déjà sensible au symbolisme agonisant, découvre l’Art Nouveau, avec les œuvres de Gallé ou de Guimard, ainsi que l’historicisme de reconstitutions plus ou moins archéologiques.

 

            La première œuvre symboliste de celui qui signera Gustav Adolf Mossa date de 1904 (après la première guerre, il reviendra à l’orthographe française de ses prénoms). Attiré par le pointillisme, il utilisera cette technique en complément pour parfaire les décors de ses toiles. Toutefois, certains spécialistes reprochèrent à Mossa d’avoir un dessin trop imprécis.

L’étrangeté de son œuvre symboliste a longtemps dérangé et dérange encore.

Il trouve ses sujets notamment dans les œuvres de Shakespeare, de Baudelaire, dans la littérature ou les légendes niçoises, italiennes, germaniques (il fut sensible au romantisme allemand), dans l’opéra, dans l’Antiquité grecque ou romaine. 

Sa période symboliste sera intense, mais brève : en 1911, il découvre les primitifs flamands et fait ses adieux définitifs au symbolisme.

Mossa est également un illustrateur ; il travaille sur les œuvres de Rancher, de son ami Marie‑Barthélémy Marengo (1882-1925), de Georges Delrieu (1905-1966), de Francis Gag (1900-1988) et de bien d’autres.

Il réalise des aquarelles de paysages, niçois ou italiens principalement, et des scènes réalistes au pastel.

Il est surtout « l’Ymagier » du Carnaval. En 1873, son père avait inventé le corso, fastueux et complexe. Gustave Adolphe reprend la structure des chars carnavalesques ; dans sa période symboliste, le Carnaval, monde à l’envers, monde de transgression, permet à l’artiste de donner libre cours à ses fantasmes personnels, nés de ses lectures ou de ses références culturelles. C’est la naissance du Roi éphémère et de Madame Carnaval.

Jusqu’à sa mort, Mossa prendra part aux préparatifs carnavalesques. Mais il ne traite pas que de sujets légers. En 1914, il est mobilisé ; blessé à Ypres, il est renvoyé chez lui pour une longue convalescence et il commence une série sur la « Der des der » : Songeries de la guerre (1915), suivie des Très tristes heures de la guerre et Visions de guerre (1916) qui eurent beaucoup de succès à Paris.

            En 1918, Mossa et sa femme, Charlotte‑Andrée, née Naudin, se séparent[2], mais c’est en 1919 qu’il subit une perte bien plus cruelle encore : sa mère meurt et c’est un choc terrible pour ce fils unique qui avait été choyé et adoré par sa mère.

Il se remarie le 5 septembre 1925 avec Augustine Lucrèce Roux (Nice, 30 avril 1895 –  1955). Le couple a une fille, France Georgette Raphaëlle Rosalinde (Nice, 11 avril 1924 – 13 septembre 2001).

C’est le 24 juillet 1956 qu’il épouse sa nouvelle muse : Marie‑Marcelle[3] Buttelli (Saint-Martin-du-Var, 24 janvier 1908 – Nice, 23 octobre 1999), qu’il rebaptisera « Violette ».

 

Une autre responsabilité artistique allait bientôt échoir à Mossa : son père devient le conservateur du musée des Beaux‑Arts (devenu musée des Beaux‑Arts Jules Chéret en 1928), mais il meurt en 1926 et son fils le remplace. Qui mieux que Gustave Adolphe Mossa pouvait travailler à l’enrichissement et à la mise en valeur de ce musée ? Mossa se montre à la hauteur de la tâche.

 

            Les œuvres du peintre Mossa prouvent qu’il fit de solides études classiques au Lycée de Nice, mais elles n’en sont pas les seules preuves, car Mossa fut aussi un écrivain. Si nous ne devons pas oublier ses nombreux articles et études détaillées, il attacha néanmoins plus d’importance à la poésie et au théâtre ; il écrivit la majeure partie de son œuvre en nissart. Ses œuvres les plus connues sont :

            Lou nouvé o sia lou pantai de Barb’Antò (Nice, 1921). Mystère de Noël qui n’a rien en commun avec la provençale pastorale Maurel ; les personnages prennent vie grâce aux dictons, proverbes et légendes de nos montagnes. Il l’écrivit en collaboration avec Barthélémy Marengo.

            La Nemaìda (Nice, 1923). Comédie en cinq actes, basée sur le poème du même nom composé par Rancher, pour le centenaire de l’œuvre.

            L’anticàri

(Nice, 1930).

Les œuvres de Mossa connurent un tel succès qu’il créa le théâtre de « Barba Martin », rendant ainsi hommage à Eugène Emanuel (1817-1880) et montrant la pérennité du théâtre niçois ; Mossa écrivait ses pièces, les mettait en scène et réalisait, bien évidemment, les décors.

Dans son théâtre, il accueillit Francis Gag, aujourd’hui une des plus importantes figures du théâtre niçois, mais aussi Louis Genari (1871-1952) et Guillaume Boréa (1866-1951).

Mossa connaît sa langue, et ses problèmes de graphies : différences entre les graphies anciennes, italiennes, de l’arrière‑pays, françisantes, mistraliennes, etc... Dans sa pièce La Tina figure une note : il donne pour boutiha (bouteille), vingt‑cinq orthographes différentes et ajoute, comme un clin d’œil, « e segur n’òublidi » (« et j’en oublie sûrement »).

 

            Mossa peignait et écrivait à la niçoise. Enfant de Nice, il aimait à chanter son pays. Le Musée Chéret, perché sur sa colline, dans le quartier des « Baumèta », devint la seconde maison de Mossa. Vers la fin de sa vie, Mossa recevait ses amis, mais également ses visiteurs, dans son bureau au musée comme s’il eut été dans son salon. Victime de problèmes cardiaques, il nous quitta le 25 mai 1971.


[1] : Le décès de Marguerite, chez elle, au 29, rue Lépante à Nice, à onze heures du matin, fut déclaré le lendemain à la mairie par son fils et par son frère, Jean-Baptiste Alféro, restaurateur de son état et alors âgé de cinquante ans.

[2] : Charlotte Gabrielle Andrée (Grenoble, 25 septembre 1887 – Nice, 7 janvier 1972) et Gustave Adolphe se marièrent à Nice le 6 juin 1908. Le divorce fut prononcé le 28 avril 1925. Le couple eut deux enfants : Nicolette Marguerite Yvonne Gabrielle (Nice, 22 mai 1912 – 15 janvier 1989) et Jean Gabriel Robert (Nice, 1er juillet 1914 – Oued Mellah [province de Casablanca, Maroc], 3 septembre 1965).

[3] : Marcelle Maria Louise pour l’état civil.

Des nouvelles de Clio (bulletin #13)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Le premier gastronome grec était aussi un poète. Si vous souhaitez en savoir plus sur Archestratus et son avis sur la nourriture, ainsi que sur les habitudes alimentaires des Grecs anciens, l’article qu’il vous faut est là et si vous vous demandez à qui nous devons l’invention du four de boulanger, c’est peut-être Théarion dont le travail fut mentionné par Platon. Dans l’antiquité, il existait au moins soixante-douze différentes sortes de pain en Grèce ; le pain était une part importante du régime alimentaire de l’époque (articles en anglais).

* Jacques Jaujard, conservateur du Louvre au moment où la Seconde guerre mondiale éclata, avait pris les devants afin de protéger et cacher les œuvres les plus précieuses du musée. Quand le comte von Metternich arriva au Louvre afin d’y récupérer les œuvres dont les Nazis voulaient s’emparer, le musée était vide. Un documentaire Illustre et inconnu retrace cette extraordinaire aventure (article en anglais).

* Prendre un bain à Pompéi ne devait pas être une très agréable expérience en fin de journée. En effet, des archéologues ont analysé les dépôts calcaires d’un établissement de bains publics et, en plus des canalisations en plomb qui contaminaient l’eau pour lentement vous transformer en légume, l’eau ne provenait pas d’un aqueduc, mais de sources et autres puits et n’était changée qu’une fois par jour. Pas très propre tout ça (article en anglais).

* Le 20 janvier 2026, Jeffrey Roth a sorti un documentaire sur l’archéologue égyptien Zahi Hawass : L’Homme au chapeau (The Man with the Hat). La carrière tumultueuse d’Hawass y est évoquée et il y explique qu’il espère trouver la tombe de Néfertiti avant de prendre sa retraite (article en anglais).

* L’Histoire de la Grèce a encore quelques mystères que les archéologues n’ont pas encore réussi à élucider. En revanche, au sujet de la mort d’Alexandre, la maîtresse de conférences à la Dunedin School of Medicine en Nouvelle-Zélande, Katherine Hall, a une théorie absolument fascinante (article en anglais).

* La guerre de Troie a-t-elle eu lieu ? Est-ce même la bonne question ? Troie, en tant que cité, a bien existé, mais l’histoire racontée par Homère est-elle un conte ou contient-elle une part de vérité historique ? Tout cela est très compliqué, mais fascinant (article en anglais).

* Une pièce très rare a été trouvée dans le Yorkshire. Un détecteur de métaux peut donc faire de jolies découvertes archéologiques (article en anglais).

* Il est bien évident que l’Athènes antique était de taille à remettre en question les élites et qu’il serait compliqué de faire la même chose aujourd’hui, mais… avouez que la possibilité d’une graphē paranómōn (action en justice à caractère public) afin d’empêcher les plus riches de se comporter comme s’ils étaient au dessus des lois fait rêver (article en anglais).

* On dit la « comète de Halley », mais cette comète est brodée sur la tapisserie de Bayeux (ce n’est pas une tapisserie !). Enfin, marquez son retour dans vos agendas pour juillet 2061 (article en anglais).