Gustave Adolphe Mossa (1883-1971)

            Les Niçois célèbres ne sont pas rares, mais ils se laissent bien souvent éclipser par leurs voisins provençaux, dont la célébrité a atteint Paris ; Frédéric Mistral (1830-1914) est connu grâce à Mirèio, à son prix Nobel et comme fondateur du Félibrige en 1854, pourtant... et pourtant, alors que Mistral n’était même pas né, Joseph‑Rosalinde Rancher (1785-1843) menait déjà le combat pour préserver sa langue, la codifier et la promouvoir par la littérature. Toutefois, il est un Niçois dont le travail est connu, et reconnu internationalement, parce qu’il perfectionna le Carnaval de Nice dans la forme moderne qu’il conserve encore aujourd’hui. Mais, ce ne fut pas la seule œuvre de ce génie trop souvent méconnu : Gustav Adolf Mossa (1883-1971).

 
Mossa en 1908

            Le 28 janvier 1883, Alexis Mossa (Santa-Fe de Bogota, 15 octobre 1844 – Nice, 2 décembre 1926), professeur à l’École d’art décoratif (future École des arts décoratifs de Nice), devient père. Madame Mossa, Marguerite Alfieri[1] (Castellinaldo, 31 décembre 1855 – Nice, 29 mai 1919), vient de donner le jour à leur unique enfant. Le jeune Gustave va grandir au milieu des toiles et des pinceaux de son père, qui deviendra, officiellement, son professeur de 1897 à 1900. Cette courte période à l’École d’art décoratif permettra au jeune Mossa de se perfectionner, car il est déjà rompu aux techniques classiques : Alexis, qui fut l’élève de Carlo Garacci (1818-1895) et d’Hercule Trachel (1820-1872), eut tout d’abord une influence académique sur son fils. Gustave fut également influencé par sa ville natale, où il trouva de nombreux sujets d’inspiration.

            Le rattachement, définitif cette foi, de Nice est récent, et cela vaut à toute la région une attention particulière de la part de la République qui entend rendre bien française cette terre restée longtemps au royaume de Piémont-Sardaigne.

Les particularismes de Nice sont nombreux. Rattachée à la France ou bien au Piémont, qu’importe, ici, on parle nissart : ni provençal, ni italien, ni piémontais et encore moins français, simplement langue d’oc et de si qui berce tous les Niçois – petit peuple et grands bourgeois compris – parce qu’elle est leur langue et qu’ils sont fiers de la parler (maints récits de voyages signalaient cette particularité en s’étonnant que les personnages importants de la région s’abaissent à une telle pratique).

Aussi, les maisons neuves côtoient les vieilles bâtisses réputées insalubres de la Vieille Ville, partie de la ville qui vous rappelle que l’Italie est toute proche. Il faut également compter sur le caractère cosmopolite de Nice : le climat est réputé, quelques Français y séjournent, mais ce sont principalement les Anglais et les Russes qui y viennent et se font construire des demeures plus extravagantes les unes que les autres ; il est d’ailleurs à signaler que la communauté russe trouvera définitivement asile a Nice après 1917, et qu’elle apportera un style particulier qui s’intégrera parfaitement.

            Nice n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui ; passé Cimiez, le jeune Gustave se trouvait déjà dans la colline et la campagne, sous ce ciel bleu comme nulle part ailleurs.

Au nord, les premiers villages de l’arrière‑pays l’appelaient, accrochés à leurs montagnes, rescapés des temps anciens. À l’est, les Alpes et l’Italie (en 1902, il visite avec son père Gênes, Pise, Sienne et surtout Florence ; en 1903, Padoue et Venise). À l’ouest, la Provence et au sud, la “mère” Méditerranée.

 

            Tel est l’univers dans lequel Gustave Mossa a grandi. Alexis lui a fait découvrir les œuvres du passé ; en 1900, ils se rendent à Paris pour l’Exposition Universelle. Gustave, déjà sensible au symbolisme agonisant, découvre l’Art Nouveau, avec les œuvres de Gallé ou de Guimard, ainsi que l’historicisme de reconstitutions plus ou moins archéologiques.

 

            La première œuvre symboliste de celui qui signera Gustav Adolf Mossa date de 1904 (après la première guerre, il reviendra à l’orthographe française de ses prénoms). Attiré par le pointillisme, il utilisera cette technique en complément pour parfaire les décors de ses toiles. Toutefois, certains spécialistes reprochèrent à Mossa d’avoir un dessin trop imprécis.

L’étrangeté de son œuvre symboliste a longtemps dérangé et dérange encore.

Il trouve ses sujets notamment dans les œuvres de Shakespeare, de Baudelaire, dans la littérature ou les légendes niçoises, italiennes, germaniques (il fut sensible au romantisme allemand), dans l’opéra, dans l’Antiquité grecque ou romaine. 

Sa période symboliste sera intense, mais brève : en 1911, il découvre les primitifs flamands et fait ses adieux définitifs au symbolisme.

Mossa est également un illustrateur ; il travaille sur les œuvres de Rancher, de son ami Marie‑Barthélémy Marengo (1882-1925), de Georges Delrieu (1905-1966), de Francis Gag (1900-1988) et de bien d’autres.

Il réalise des aquarelles de paysages, niçois ou italiens principalement, et des scènes réalistes au pastel.

Il est surtout « l’Ymagier » du Carnaval. En 1873, son père avait inventé le corso, fastueux et complexe. Gustav Adolf reprend la structure des chars carnavalesques ; dans sa période symboliste, le Carnaval, monde à l’envers, monde de transgression, permet à l’artiste de donner libre cours à ses fantasmes personnels, nés de ses lectures ou de ses références culturelles. C’est la naissance du Roi éphémère et de Madame Carnaval.

Jusqu’à sa mort, Mossa prendra part aux préparatifs carnavalesques. Mais il ne traite pas que de sujets légers. En 1914, il est mobilisé ; blessé à Ypres, il est renvoyé chez lui pour une longue convalescence et il commence une série sur la « Der des der » : Songeries de la guerre (1915), suivie des Très tristes heures de la guerre et Visions de guerre (1916) qui eurent beaucoup de succès à Paris.

            En 1918, Mossa et sa femme, Charlotte‑Andrée, née Naudin, se séparent[2], mais c’est en 1919 qu’il subit une perte bien plus cruelle encore : sa mère meurt et c’est un choc terrible pour ce fils unique qui avait été choyé et adoré par sa mère.

Il se remarie le 5 septembre 1925 avec Augustine Lucrèce Roux (Nice, 30 avril 1895 –  1955). Le couple a une fille, France Georgette Raphaëlle Rosalinde (Nice, 11 avril 1924 – 13 septembre 2001).

C’est le 24 juillet 1956 qu’il épouse sa nouvelle muse : Marie‑Marcelle[3] Buttelli (Saint-Martin-du-Var, 24 janvier 1908 – Nice, 23 octobre 1999), qu’il rebaptisera « Violette ».

 

Une autre responsabilité artistique allait bientôt échoir à Mossa : son père devient le conservateur du musée des Beaux‑Arts (devenu musée des Beaux‑Arts Jules Chéret en 1928), mais il meurt en 1926 et son fils le remplace. Qui mieux que Gustave Adolphe Mossa pouvait travailler à l’enrichissement et à la mise en valeur de ce musée ? Mossa se montre à la hauteur de la tâche.

 

            Les œuvres du peintre Mossa prouvent qu’il fit de solides études classiques au Lycée de Nice, mais elles n’en sont pas les seules preuves, car Mossa fut aussi un écrivain. Si nous ne devons pas oublier ses nombreux articles et études détaillées, il attacha néanmoins plus d’importance à la poésie et au théâtre ; il écrivit la majeure partie de son œuvre en nissart. Ses œuvres les plus connues sont :

            Lou nouvé o sia lou pantai de Barb’Antò (Nice, 1921). Mystère de Noël qui n’a rien en commun avec la provençale pastorale Maurel ; les personnages prennent vie grâce aux dictons, proverbes et légendes de nos montagnes. Il l’écrivit en collaboration avec Barthélémy Marengo (1882-1925).

            La Nemaìda (Nice, 1923). Comédie en cinq actes, basée sur le poème du même nom composé par Rancher, pour le centenaire de l’œuvre.

-         L’anticàri (Nice, 1930).

Les œuvres de Mossa connurent un tel succès qu’il créa le théâtre de « Barba Martin », rendant ainsi hommage à Eugène Emanuel (1817-1880) et montrant la pérennité du théâtre niçois ; Mossa écrivait ses pièces, les mettait en scène et réalisait, bien évidemment, les décors.

Dans son théâtre, il accueillit Francis Gag, aujourd’hui une des plus importantes figures du théâtre niçois, mais aussi Louis Genari (1871-1952) et Guillaume Boréa (1866-1951).

Mossa connaît sa langue, et ses problèmes de graphies : différences entre les graphies anciennes, italiennes, de l’arrière‑pays, françisantes, mistraliennes, etc... Dans sa pièce La Tina figure une note : il donne pour boutiha (bouteille), vingt‑cinq orthographes différentes et ajoute, comme un clin d’œil, « e segur n’òublidi » (« et j’en oublie sûrement »).

 

            Mossa peignait et écrivait à la niçoise. Enfant de Nice, il aimait à chanter son pays. Le Musée Chéret, perché sur sa colline, dans le quartier des « Baumèta », devint la seconde maison de Mossa. Vers la fin de sa vie, Mossa recevait ses amis, mais également ses visiteurs, dans son bureau au musée comme s’il eut été dans son salon. Victime de problèmes cardiaques, il nous quitta le 25 mai 1971.


[1] : Le décès de Marguerite, chez elle, au 29, rue Lépante à Nice, à onze heures du matin, fut déclaré le lendemain à la mairie par son fils et par son frère, Jean-Baptiste Alféro, restaurateur de son état et alors âgé de cinquante ans.

[2] : Charlotte Gabrielle Andrée (Grenoble, 25 septembre 1887 – Nice, 7 janvier 1972) et Gustave Adolphe se marièrent à Nice le 6 juin 1908. Le divorce fut prononcé le 28 avril 1925. Le couple eut deux enfants : Nicolette Marguerite Yvonne Gabrielle (Nice, 22 mai 1912 – 15 janvier 1989) et Jean Gabriel Robert (Nice, 1er juillet 1914 – Oued Mellah [province de Casablanca, Maroc], 3 septembre 1965).

[3] : Marcelle Maria Louise pour l’état civil.

Des nouvelles de Clio (bulletin #13)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Le premier gastronome grec était aussi un poète. Si vous souhaitez en savoir plus sur Archestratus et son avis sur la nourriture, ainsi que sur les habitudes alimentaires des Grecs anciens, l’article qu’il vous faut est là et si vous vous demandez à qui nous devons l’invention du four de boulanger, c’est peut-être Théarion dont le travail fut mentionné par Platon. Dans l’antiquité, il existait au moins soixante-douze différentes sortes de pain en Grèce ; le pain était une part importante du régime alimentaire de l’époque (articles en anglais).

* Jacques Jaujard, conservateur du Louvre au moment où la Seconde guerre mondiale éclata, avait pris les devants afin de protéger et cacher les œuvres les plus précieuses du musée. Quand le comte von Metternich arriva au Louvre afin d’y récupérer les œuvres dont les Nazis voulaient s’emparer, le musée était vide. Un documentaire Illustre et inconnu retrace cette extraordinaire aventure (article en anglais).

* Prendre un bain à Pompéi ne devait pas être une très agréable expérience en fin de journée. En effet, des archéologues ont analysé les dépôts calcaires d’un établissement de bains publics et, en plus des canalisations en plomb qui contaminaient l’eau pour lentement vous transformer en légume, l’eau ne provenait pas d’un aqueduc, mais de sources et autres puits et n’était changée qu’une fois par jour. Pas très propre tout ça (article en anglais).

* Le 20 janvier 2026, Jeffrey Roth a sorti un documentaire sur l’archéologue égyptien Zahi Hawass : L’Homme au chapeau (The Man with the Hat). La carrière tumultueuse d’Hawass y est évoquée et il y explique qu’il espère trouver la tombe de Néfertiti avant de prendre sa retraite (article en anglais).

* L’Histoire de la Grèce a encore quelques mystères que les archéologues n’ont pas encore réussi à élucider. En revanche, au sujet de la mort d’Alexandre, la maîtresse de conférences à la Dunedin School of Medicine en Nouvelle-Zélande, Katherine Hall, a une théorie absolument fascinante (article en anglais).

* La guerre de Troie a-t-elle eu lieu ? Est-ce même la bonne question ? Troie, en tant que cité, a bien existé, mais l’histoire racontée par Homère est-elle un conte ou contient-elle une part de vérité historique ? Tout cela est très compliqué, mais fascinant (article en anglais).

* Une pièce très rare a été trouvée dans le Yorkshire. Un détecteur de métaux peut donc faire de jolies découvertes archéologiques (article en anglais).

* Il est bien évident que l’Athènes antique était de taille à remettre en question les élites et qu’il serait compliqué de faire la même chose aujourd’hui, mais… avouez que la possibilité d’une graphē paranómōn (action en justice à caractère public) afin d’empêcher les plus riches de se comporter comme s’ils étaient au dessus des lois fait rêver (article en anglais).

* On dit la « comète de Halley », mais cette comète est brodée sur la tapisserie de Bayeux (ce n’est pas une tapisserie !). Enfin, marquez son retour dans vos agendas pour juillet 2061 (article en anglais).

 

Expositions à venir en 2026 à Versailles

            « Le Grand Dauphin. Fils de roi, père de roi et jamais roi » fut la première exposition du château de Versailles à fermer ses portes le 15 février.

« 1725. Des alliés amérindiens à la cour de Louis XV » peut être visitée jusqu’au 3 mai.

 

            Le site du château annonce les prochaines expositions :

 

« Jardins des Lumières (1750-1800)

Du 5 mai au 27 septembre 2026
Grand Trianon, jardin anglais du Petit Trianon

Au printemps 2026 ouvrira Jardins des Lumières (1750-1800), une grande exposition qui rassemblera près de 150 œuvres - peintures, dessins, mobilier, projets d'architecture ou encore costumes - afin de révéler toute l'originalité et la diversité des jardins paysagers conçus dans la seconde moitié XVIIIe siècle. Inspiré du modèle né en Grande-Bretagne dans les années 1730, ce nouveau style s'affranchit des règles du jardin à la française, rompant avec la symétrie et les tracés géométriques pour privilégier l'irrégularité, le pittoresque et l'évocation poétique de la nature. À partir de la seconde moitié du siècle, cette esthétique conquiert l'Europe du Nord dans un mouvement d'anglomanie qui associe fabriques excentriques, rêveries philosophiques, goût de l'exotisme et recherche d'un refuge intime. L'exposition en explorera les multiples sources - de l'Antiquité à la Chine - ainsi que les nouveaux modes de vie qu'elle accompagne, entre plaisirs champêtres, fêtes et contemplation. Le parcours dialoguera étroitement avec les jardins historiques du domaine de Trianon, offrant une mise en perspective inédite des éléments de son jardin anglais : le Belvédère, le Temple de l'Amour ou encore le Hameau de la Reine. 

Commissariat
Elisabeth Maisonnier, conservateur en chef du patrimoine au château de Versailles

Les abords du pavillon de Bagatelle, Louis Belanger, 1785, gouache sur vélin
© Château de Versailles, Dist. RMN / © Christophe Fouin

 

« Marie-Antoinette » de Sofia Coppola

Dès le 22 septembre 2026
Petit Trianon

En septembre 2026, le château de Versailles célébrera les vingt ans du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola à travers une exposition présentée au Petit Trianon, lieu intimement lié à la reine et cadre de nombreuses séquences du tournage. Devenu film culte, Marie-Antoinette a profondément renouvelé l'image de la dernière reine, contribuant à façonner une icône culturelle mêlant histoire, modernité et imaginaire pop. Récompensée par l'Oscar des meilleurs costumes en 2007, l'esthétique singulière de Sofia Coppola - entre rigueur historique, audace contemporaine et raffinement pastel - a donné naissance à un véritable « style Marie-Antoinette », dont l'influence se fait encore sentir dans la mode, le design et la photographie. 

Déployée au cœur du domaine de Trianon, l'exposition invitera les visiteurs dans les coulisses de cette création cinématographique : costumes originaux de Milena Canonero, chaussures créées par Manolo Blahnik, accessoires du tournage, storyboards, scénarios annotés, photographies de plateau et esquisses de décors. Des projections permettront de revoir des séquences filmées dans les pièces même où elles furent réalisées, offrant une expérience immersive unique où se répondent espace historique et relecture cinématographique.

Commissariat
Laurent Salomé, directeur du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Hélène Delalex, conservatrice en chef du patrimoine au château de Versailles

Avec la participation exceptionnelle de Sofia Coppola.

© Château de Versailles / C. Milet

 

Adriaen De Vries

Du 17 novembre 2026 au 2 mai 2027
Salles Empire de l'aile du Midi

Du 17 novembre 2026 au 2 mai 2027, le château de Versailles consacrera une exposition dédiée à Adriaen De Vries, figure majeure de la sculpture européenne du début du XVIIe siècle. Grâce à une collaboration exceptionnelle avec le Nationalmuseum de Stockholm, l'exposition réunira pour la première fois depuis 1998 un ensemble significatif d'œuvres du sculpteur, placé au cœur du dialogue artistique qui unissait alors les cours de France, de Suède et d'Italie. L'exposition bénéficiera d'un contexte architectural unique : les salles ouvrent largement sur le parterre du Midi dessiné par André Le Nôtre, qui inspira Nicodème Tessin le Jeune pour le parc de Drottningholm, rappelant combien les décors de jardin ont façonné la réception de la sculpture européenne. De Vries fut d'ailleurs apprécié de Louis XIV, qui choisit d'installer en 1694 dans le jardin de l'Orangerie l'un de ses chefs-d'œuvre issu de la collection de la reine Christine, aujourd'hui conservé au musée du Louvre. Considéré comme le plus grand musée de sculpture en plein air au monde, le château de Versailles offre avec cette exposition l'opportunité de redécouvrir un artiste essentiel dont l'œuvre, héritière de la Renaissance italienne et admirée dans toute l'Europe, n'a cessé d'enrichir le langage de la sculpture baroque. 

Adriaen De Vries, Triton (détail), vers 1617
© Nationalmuseum

Commissariat
Christophe Leribault, président du château de Versailles

Yasumichi morita

A partir du 8 décembre 2026
Appartement de madame de Maintenon

L’architecte d’intérieur et photographe japonais Yasumichi Morita a parcouru le château de Versailles durant plusieurs années, au fil des saisons, pour composer un reportage photographique empreint de silence, de matière et de lumière. Présentée pour la première fois en 2023 au Chanel Nexus Hall de Tokyo sous le titre In Praise of Shadows — hommage explicite au célèbre essai esthétique de Jun’ichirō Tanizaki — cette série trouve son inspiration dans l’histoire humaine du château : dans les gestes, les traces et les présences qui ont façonné le lieu. Morita saisit ce qu’il nomme « l’espace étroit entre la lumière et l’obscurité », là où affleure la mémoire sensible des décors versaillais. L’exposition proposera un florilège de ces images méditatives en noir et blanc, révélant un Versailles intime, où les jeux d’ombre et de lumière deviennent les témoins discrets des siècles passés.

© Yasumichi Morita / Château de Versailles »

Exposition : « Michel-Ange / Rodin - Corps vivants » au musée du Louvre (15 avril – 20 juillet 2026)

          Une nouvelle exposition va ouvrir ses portes au musée du Louvre. Elle se trouvera à la mezzanine Napoléon.

Le site du musée nous dit :


« Michel-Ange Rodin - Corps vivants 

Exposition : « Martin Schongauer - Le bel immortel » au musée du Louvre (8 avril – 20 juillet 2026)

            Une nouvelle exposition va ouvrir ses portes au musée du Louvre. Elle se trouvera à la mezzanine Napoléon.

Le site du musée nous dit :


 

« Martin Schongauer

Le bel immortel

Martin Schongauer est l’un des artistes germaniques les plus importants et les plus populaires de la fin du Moyen-Âge. Né à Colmar vers 1445, mort à Vieux-Brisach en 1491, il est installé comme peintre mais doit sa renommée, dès son vivant, à son œuvre de graveur. Fils et frère d’orfèvres, il n’a pas lui-même exercé ce métier mais a certainement appris dans l’atelier paternel le maniement délicat du burin, qu’il porte à un haut degré de perfection. 

L’exposition présente une large sélection de son œuvre gravé et dessiné et, pour la première fois, la quasi-totalité de ses peintures de chevalet et retables, dont la Vierge au buisson de roses de 1473, son seul panneau peint daté. Schongauer s’y montre fin observateur de la nature, narrateur inventif et délicat, mais aussi artiste lettré.

Les gravures de Martin Schongauer, abondamment diffusées, ont séduit plusieurs générations d’artistes. Faisant appel à tous les arts, les œuvres présentées dans la seconde partie de l’exposition, originaires d’une grande partie du continent européen et créées jusqu’au tout début du 17e siècle, permettent d’apprécier cette large réception artistique des œuvres du « Beau Martin ».

Commissariat 

Pantxika Béguerie De Paepe, conservatrice honoraire du Musée Unterlinden.
Hélène Grollemund, musée du Louvre.

Remerciements 

Cette exposition bénéficie du soutien de la Fondation Etrillard.

Avec le soutien exceptionnel du Musée Unterlinden, Colmar, et du Conseil de Fabrique de la Collégiale Saint-Martin, Colmar. »


Des nouvelles de Clio (bulletin #12)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Des fouilles archéologiques à Senon ont mis à jour d’intéressants vestiges, mais aussi trois importants dépôts monétaires.

* Mélos fait plus souvent penser à la célèbre Aphrodite, mais cette île nous a aussi donné Diagoras, qui plaidait la raison face aux superstitions (article en anglais).

* De récentes découvertes archéologiques viennent modifier ce que nous pensions savoir de la vie des Romains en poste le long du mur d’Hadrien (article en anglais).

* Hérodote avait-il raison en disant que l’alphabet grec était d’origine phénicienne ? Oui. Et non. En fait, le lien phénicien a une origine en Égypte et se base sur certains caractères égyptiens anciens (article en anglais).

* Il fut un temps où le British Museum nourrissait des chats qui protégeaient ses collections et le plus célèbre s’appelait Mike. Il garda une patte protectrice sur le musée jusqu’à près de vingt-et-un ans. Des articles furent publiés sur lui et un des employés du musée écrivit un émouvant poème lorsqu’il partit chasser les mulots célestes (article en anglais)

Mike, gardien de la porte principale du musée de février 1909 à janvier 1929.

* Pour l’instant, nous ne sommes en possession que d’un seul mot , en grec, écrit de la main de Cléopâtre VII. Si vous voulez en savoir plus, allez lire l’article (en anglais) sur le sujet.

* D’ailleurs, en parlant de Cléopâtre, sa fille, Cléopâtre Séléné II, si elle fut envoyée comme prisonnière à Rome après la défaite d’Actium et la mort de sa mère, fut la seule des enfants de la reine d’Égypte à remonter sur un trône (ses frères disparurent de l’Histoire à Rome). (article en anglais)

* Faire la circulation au carrefour a toujours été pénible. Les Athéniens avaient une façon bien à eux de remercier les policiers en faction (article en anglais).

Exposition : « Après Michel-Ange » à l’École nationale supérieure des beaux-arts (24 mars – 24 mai 2026)

            Une nouvelle exposition à l’École nationale supérieure des beaux-arts va bientôt s’ouvrir. Si elle s’ouvre un mardi, elle pourra être visitée du mercredi au dimanche de 13h à 19h (sauf le 1er mai, bien sûr).

Elle sera présentée au Cabinet des dessins et estampes - Jean Bonna au 14, rue Bonaparte dans le VIe.

Le site de l’école nous dit : 

La nouvelle exposition du cabinet des dessins et estampes - Jean Bonna des Beaux-Arts de Paris se saisit de la figure de Michel-Ange pour interroger la notion d’influence et de transmission.


Michel-Ange détient une place particulière dans le panthéon des grands artistes : son œuvre, unanimement admiré et fondé sur une originalité inédite, résiste à ceux qui y cherchent l’exemplarité. 
Au XIXe siècle, Michel-Ange devient une référence incontournable parce qu’il est l’archétype de « l’artiste-magicien », selon l’expression de Rodin, qui a recherché dans ses réalisations les ressorts mystérieux de sa propre créativité.

Après Michel-Ange rassemble une quarantaine d’œuvres – dessins, estampes, photographies, sculptures – issues des collections qui révèlent les diverses manières dont le « divin » Michel-Ange a été étudié, copié, regardé ou réinterprété depuis la Renaissance, et particulièrement au XIXe siècle, par Géricault, Carpeaux ou encore Rodin. Le parcours est enrichi d'œuvres réalisées pour l'exposition par des étudiants de neuf professeurs qui se sont rassemblés autour de ce projet : Pascale Accoyer, Claude Closky, Clément Cogitore, Frédérique Loutz, Jack McNiven, Guillaume Paris, Philippe Renault, Daniel Schlier et Valérie Sonnier.

L'exposition est accompagnée d’un catalogue et donnera lieu à une manifestation du 9 au 11 avril 2026 qui rassemblera historiens de l’art, spécialistes du patrimoine, étudiants et professeurs des Beaux-Arts de Paris autour de la réception de cette immense figure de la Renaissance italienne en France. Programme complet bientôt disponible ici.

COMMISSARIAT

Alice Thomine-Berrada, responsable des collections aux Beaux-Arts de Paris, et Estelle Lambert, conservatrice des imprimés et manuscrits aux Beaux-Arts de Paris.
 

PARMI LES ARTISTES

Domenico del Barbiere, Guillaume Boichot, Léon Bonnat, Numa Boucoiran, Adolphe Braun, Jean Baptiste Carpeaux, Alphonse Chamson, Jacques Louis David, Étienne Delaune, Mathias Duval, Guillaume Duchenne de Boulogne, Jacques Édouard Gatteaux, Théodore Géricault, Alexandre Charles Guillemot, Hermann Heid, Louis Alexis Jamar, Paul Lepage, Charles Marville, Raffaele da Montelupo, Alphonse Antoine Montfort, Antoine Quatremère de Quincy, Joseph Théodore Richomme, Joseph Nicolas Robert-Fleury, Auguste Rodin, Martino Rota, Henri Joseph François de Triqueti, François Joseph Toussaint Uchard...

Légende : Jean-Baptiste Carpeaux, Étude d'après un détail du plafond de la Chapelle Sixtine de Michel-Ange, XIXe siècle, plume et encre brune sur papier, 11,5 x 18,7 cm © Beaux-Arts de Paris