Avant de vous livrer une première histoire (d’ailleurs, j’ai un mal fou pour me décider sur la première chose que je vais vous raconter ou la première personne de ma famille que je vais vous présenter), je me suis dit, puisque je me suis retrouvée ces derniers mois à faire le tri de plus d’un siècle d’archives de famille, que j’allais partager avec vous quelques idées.
Si j’ai retrouvé l’original de ma collante de bac dans les papiers de ma mère à quelques jours de mon départ définitif de sa maison, j’ai aussi retrouvé la mallette militaire d’un de mes oncles, une mèche de cheveux de mon arrière-grand-mère, le livret de retraite de mon grand-père ou de vieilles cartes de rationnement.
À chaque découverte, je me disais, « Oh, ce sera intéressant pour ma nouvelle série d’articles ».
J’ai des enquêtes généalogiques et des mystères à partager ; j’ai des souvenirs à vous montrer… et j’ai un énorme problème : il y a des noms que je n’ai pas notés parce que je n’ai jamais imaginé que ma mère serait emportée en une semaine et que je n’imaginais pas ce moment où je ne pourrais jamais plus rien lui demander.
Alors...
Notez les noms.
Écrivez les recettes (j’ai passé beaucoup de temps dans toutes nos cuisines, mais il est si facile de perdre un héritage culinaire).
Demandez qui sont les personnes sur les vieilles photos (j’ai hérité d’un album de ma grand-mère ; sur certaines photos, elle a écrit au dos leurs noms et j’en reconnais certains, mais d’autres resteront d’illustres inconnus pour moi).
Posez des questions aux vivants, même si ces questions dérangent (à moins d’un quasi miracle, je ne saurai jamais pourquoi le frère aîné de ma grand-mère a été envoyé en nourrice à un jet de pierre de Giverny ou pourquoi ma grand-mère a toujours pensé qu’il avait été envoyé en Lorraine dans le village natal de sa mère et puisque ma grand-mère n’a jamais posé de question à sa demi-sœur aînée, je ne saurai jamais comment ma grand-tante avait réussi à faire évader son fils de la Kommandantur pendant la seconde guerre mondiale – et lui est mort quand j’étais encore à l’école primaire et bien avant qu’on ne me raconte cette histoire).
Prenez des photos.
Enregistrez vos proches et filmez-les (je viens de retrouver des vieux super 8 dont les étiquettes me font penser qu’il s’agit de films de mon enfance et me donnent l’espoir que ma mère soit à l’image à un moment – apprendre à utiliser le vieux projecteur dont je viens aussi d’hériter va être intéressant).
Bref, prenez les devants afin de préserver un maximum de données et d’histoires avant qu’il ne soit trop tard – et le faire ne fera pas partir vos proches plus vite (ah, oui, ma chère grand-mère avait ce genre de superstitions… et vous auriez dû la voir pendant un orage – elle serait rentrée dans un trou de souris si elle avait pu tant elle avait peur). De plus, vous aurez ainsi des souvenirs et des témoignages qui, si vous les partagez, pourraient intéresser d’autres personnes.
Si je retrouve la recette de kouglof de famille, promis, je vous la donnerai.
Par quelle histoire commencer… ?
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