On a retrouvé « L’Uomo femina »

            Dans une lettre d’information envoyée par le musée du Louvre, il était question d’un opéra qui sera présenté le samedi 5 juin 2027 à 20h dans l’Auditorium Michel Laclotte : L’Uomo femina (L’Homme femme) de Baldassare Galuppi. À l’heure où nous écrivons, ils restent encore quelques places disponibles ici.

            Le résumé/description de cette œuvre nous a intriguée : « Dans cette île mystérieuse, les femmes ont le pouvoir et font la guerre, tandis que les hommes rivalisent de coquetterie au sérail afin de leur plaire… Agnès Jaoui et Vincent Dumestre ressuscitent un opéra vénitien oublié, qui donne à réfléchir autant qu’à rire, porté par une formidable équipe de solistes parmi lesquels Eva Zaïcik et Anas Séguin. »

            Galuppi (1706-1785) était un compositeur vénitien dont le succès, à l’époque, était certain.

En 1750, il écrivit un premier opéra où les femmes avaient le pouvoir : Il mondo alla rovescia o sia le donne che comandano (Le Monde à l'envers ou les Femmes qui commandent) ; pour cet opéra, le librettiste fut Carlo Goldoni (1707-1793).

Soit ce thème, parce que la situation retourne à la normale quand le rideau tombe sur les protagonistes avec le pouvoir rendu aux hommes, plaisait au public de l’époque, soit ce thème et les possibilités qu’il offrait à Galuppi lui plaisait, car il composa L’Uomo femina, opéra burlesque en trois actes, en 1762 selon un livret de Pietro Chiari (1712-1785). Cette histoire, sur plusieurs points, nous a fait penser à certaines comédies de Shakespeare – pas seulement parce que deux membres d'une même famille se retrouvent par hasard sur cette île étrange après leur naufrage respectif.

L’intrigue est simple : sur une île dirigée par des femmes qui font penser à des Amazones, les hommes sont tout à leurs chiffons et fards afin de plaire aux dirigeantes et maîtresses du lieu. À la suite d’un naufrage, un homme et son serviteur échouent sur cette île et eux, qui viennent d’une terre où les hommes règnent sur les femmes, vont apporter ce concept sur l’île après maintes péripéties destinées à amuser et émouvoir le spectateur. La conclusion peut sembler tout ramener à la normale, à moins qu’il ne faille continuer à creuser ce thème et le message – ou pas.

Cet opéra fut créé en octobre 1762 au Teatro San Moisè de Venise. On en a une trace à Pavie en 1768… puis cette œuvre disparaît.

L’hypothèse qu’elle ait été victime des frasques napoléoniennes a été émise et semble une excellente piste.

Heureusement pour nous, il arrive que des opéras soient retrouvés (nous vous avions déjà raconté une telle histoire avec Morgiane). Ce fut le cas pour L’Uomo femina dont on découvrit un exemplaire – auquel il manque trois airs – à Lisbonne à la bibliothèque du palais national d’Ajuda en 2006.

 

            Si juin 2027vous semble trop loin, que vous ne pourrez pas assister à cette représentation ou que vous ne savez pas encore ce que vous ferez ce jour-là, ARTE Concert nous offre (en tout cas pour l’instant) la possibilité de voir et d’apprécier cette œuvre si particulière et qu'il eut été dommage d’avoir à jamais perdu :

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