Jean-Pierre du Teil de Beaumont

             La famille du Teil faisait souvent carrière dans les armes.

Portrait du général du Teil par Alfred de Jaubert[1]

 

            Ainé de Marguerite de Chambaran (1700 –31 janvier 1758) et de François du Teil (19 janvier 1686-4 février 1758), seigneur de Beaumont, capitaine au régiment Royal-artillerie et chevalier de l’ordre de Saint-Louis, Jean-Pierre du Teil de Beaumont naquit le mardi 14 juillet 1722 au château de Pommier à la Côte-Saint-André dans l’Isère ; il fut baptisé le lendemain. Le contrat de mariage de ses parents est en date du 20 avril 1722.

François et Marguerite du Teil eurent trois autres fils, tous militaires : François Alexis (3 mars 1729-4 février 1760) qui mourut à Pondichéry, Jérôme (28 mars 1730- 27 janvier 1759) qui fut mortellement blessé au siège de Madras et Jean (1738-1820). Marguerite donna naissance à François en 1742, mais l'enfant mourut en 1743 ; elle eut aussi trois filles : Madeleine (1724-1725), Rosalie (1731-1733) et Marianne (1736-1742).

            Le futur général eut une carrière militaire en deux temps. Il rejoignit en volontaire l’artillerie alors qu’il n’avait pas encore dix ans en mars 1731.

Le 18 décembre 1733, il devint cadet et participa à sa première campagne en Italie. Il y fut encore en campagne en 1734 et 1735.

Le 24 août 1735, il fut nommé sous-lieutenant de canonniers au bataillon de Labory (devenu Fontenay, puis Soucy).

En 1741 et 1742, il fut en campagne en Bohême.

Il passa lieutenant en second de canonniers le 9 novembre 1743. De 1743 à 1748, il participa aux campagnes dans les Flandres et il fut notamment blessé par un éclat de bombe au siège de Tournai en 1745.

Le 29 mars 1746, il fut nommé lieutenant en premier de canonniers.

Il passa capitaine en second de sapeurs le 14 avril 1748 et fut fait chevalier de Saint-Louis le 8 mai 1753.

Le jeudi 26 février 1756, à la Côte-Saint-André, il épousa Marie Florie Madeleine Fay de Perraud qui était la fille du lieutenant général de police local et conseiller du roi, Joseph Fay de Perraud, et de Marie Colin de La Marche. Le marié avait presque trente-quatre ans et sa jeune épouse seize. Marie Fay de Perraud était pensionnaire de la noble abbaye de Laval à la Côte Saint-André où le contrat de mariage fut signé dans le grand parloir

Il fut fait capitaine en premier de canonniers au bataillon de Cosne le 1er janvier 1757 et le 3 juillet, le premier des onze enfants du couple, Claude Jean Joseph Pierre, vit le jour au château de Pommier à la Côte Saint-André[2].

En 1757 et 1758, il participa à des campagnes en Allemagne.

Le 1er janvier 1759, il était employé à Sélestat[3]. Au château de Pommier, son fils Jean-Michel[4] vit le jour le 16 septembre 1759.

En 1760, il participa à une nouvelle campagne en Allemagne ; le 27 mars 1760, il était capitaine à la brigade de Mouy. Il demanda une pension de retraite pour raison de santé et l’obtint le 26 mai 1760 et Jean-Augustin[5] naquit au château le 19 novembre de cette année-là.

Il quitta sa retraite et rejoignit de nouveau l’armée et fut employé à Marbourg ; le 20 juin 1761, il fut réadmis au corps de l’artillerie et le 25 novembre de la même année, il devint capitaine de bombardiers à la brigade de Saint-Auban.

En 1762, il participa de nouveau aux campagnes en Allemagne. Marie donna naissance à Jean Albin cette année-là, mais l’enfant mourut le 5 décembre 1763. Dans la même année, Marie avait donné naissance à leur première fille, Jeanne[6].

Il fut envoyé à La Rochelle le 13 août 1765 et fut élevé au rang de chef de brigade le 15 octobre de la même année. C’est à ce grade qu’il fut envoyé au régiment d’artillerie de Toul le 25 août 1766. Cette année-là, Marie donna naissance à Jean Alexandre ; l’enfant ne vécut qu’un an.

Le 29 février 1768, il devint lieutenant-colonel.

Le 29 décembre 1769, Eulalie[7] vit le jour au château.

Il fut nommé sous-directeur à Collioure le 11 avril 1770.

Le 16 janvier 1771, Clotilde[8] naissait au château.

Il retourna au régiment d’artillerie de Toul le 27 novembre 1773 et son fils Marie-Césaire[9] vit le jour au château le 8 décembre. Il fut suivi d’un autre garçon, Alexandre[10], le 9 juillet 1775.

Le 1er janvier 1777, il fut nommé colonel du régiment d’artillerie de La Fère.

Le 3 juin 1779, il devint commandant de l’École d’artillerie d’Auxonne. Il demanda une permission d’un semestre en septembre : le 6 de ce mois, au château, Alexandrine[11] était née. Malheureusement, Marie ne devait jamais se remettre de cet accouchement. Jean-Pierre du Teil monta au grade de brigadier d’infanterie le 1er mars 1780 et il dut rejoindre son poste. Le dimanche 20 août 1780, Marie du Teil rendit l’âme ; le service funèbre eut lieu le lendemain et elle fut inhumée dans la chapelle des seigneurs. Le veuf demanda un nouveau congé : il devait prendre des dispositions testamentaires, ce qui fut fait le 1er juin.

Le 13 juin 1782, il reçut une gratification de huit cent livres, vraisemblablement pour avoir reçu le grand duc de Russie, Paul Petrovitch (1754-1801, futur Paul Ier  de Russie.

Le gourverneur d’Auxonne était rarement à son poste et du Teil remplissait ses fonctions sans être rémunéré pour cela, aussi, le 10 février 1783, il fut suggéré de lui accorder un supplément de traitement de deux mille livres afin de couvrir les dépense qu’il pouvait avoir quand des visiteurs de marque venaient à Auxonne. Le 4 avril, le ministre répondit que les mérites de du Teil étaient connus, mais les finances de l’État ne permettaient pas d’accéder à cette requête. Le 24 octobre, il reçut de Louis XVI (1754-1793) un brevet spécial de commandant (depuis le 13, malade, du Teil avait demandé l’autorisation de prendre plusieurs permissions sur quatre mois, cela lui fut accordé le 15 novembre).

Il devint maréchal de camp le 1er janvier 1784.

Le 19 décembre 1787 arrivait à Auxonne le dernier régiment que du Teil allait commander là et le 25 du même mois arrivait le régiment de La Fère dont le lieutenant en second était Napolionne de Buonaparte.

En 1789, du Teil et Bonaparte quittèrent Auxonne. Il est possible que du Teil ait alors pris Bonaparte comme aide de camp et qu’ils partirent ensemble pour Lyon. Le baron du Teil dut se rendre à Pommier qui fut pillé, une partie de la collection d’armes étant volée, à la fin juillet et qui fut sauvé de l’incendie par le curé de la paroisse et un beau-frère du baron qui était sur place. Informé de la catastrophe, du Teil demanda une permission le 14 août qui lui fut accordée la semaine suivante.

Du Teil était convaincu que la Révolution n’était qu’une passade et que le mouvement prendrait vite fin.

Le 14 juillet 1790, tout en étant soldat du roi, lui et ses officiers prêtèrent le serment fédératif et reçurent des cocardes tricolores. De passage à Pommier en août, il fit une mauvaise chute et obtint une permission jusqu’en octobre ; cette permission fut prolongée jusqu’en mai 1791.

Il devint inspecteur général d’artillerie du sixième département le 1er avril 1791 et lieutenant général des armées du roi le 30 novembre de la même année.

Le baron du Teil s’efforçait de passer le plus de temps possible au château de Pommier. Selon Joseph du Teil, il avait rassemblé « une belle bibliothèque militaire et une importante collection d'armes, pillée en partie en 1789[12] ». Son élève à Auxonne, Napoléon Bonaparte (1769-1821), lui rendit visite au château (c’est là qu’il fit la connaissance d’Alexandrine et se prit d’affection pour elle). La dernière visite de Bonaparte à Pommier date d’août 1791.

Au fil des ans, le baron du Teil avait su étendre son domaine et Pommier lui rapportait plus de douze mille livres par an. Ses fils suivaient tous la même carrière que lui, mais il était aussi attentif à l’éducation de ses filles qu’il confiait à de bonnes institutions (ses aînées étaient en charge des plus jeunes à Pommier).

En avril 1792, il fut nommé commandant en chef de l’équipage d’artillerie de l’armée du Rhin, mais son état de santé l’empêcha de rejoindre et il refusa le poste le 5 juillet ; la charge fut confiée à son propre frère, le chevalier Jean du Teil (1738-1820).

Ne voyant pas les horreurs qui allaient être commises pendant la Terreur, il refusa de fuir et resta en poste à Grenoble où il avait été envoyé. Ce fut là qu'il fut arrêté et envoyé à Lyon où il fut jugé par la commission militaire le 4 ventôse An II (22 février 1794) pour avoir donné des ordres contre-révolutionnaires lors du siège de Toulon, condamné à mort le 8 ventôse An II (mercredi 26 février) et fusillé le 9 ventôse An II (jeudi 27 février 1794). Son fils Marie-Césaire était avec lui, mais il dut être traumatisé par l'exécution de son père et par sa propre fuite en Suisse afin de ne pas connaître le même sort, car il raconta que la sentence avait été immédiatement appliquée. Jean-Pierre du Teil de Beaumont repose à l'ossuaire des Brotteaux, chapelle des Capucins ; cette chapelle des Martyrs accueille de nombreuses victimes.



[1] : Le comte Alfred Werner de Jaubert naquit à Metz le 19 septembre 1804 et mourut à son domicile au 27 bis, rue de la Chaussée d’Antin dans le IXe arrondissement de Paris le 17 décembre 1863. Louise Michaud (1822-1848), son épouse, était déjà morte et il était, selon son acte de décès, « rentier ». Aucune mention de son activité de peintre – alors qu’il fut formé par Louis Hersent (1777-1860) et exposa au Salon.

[2] : Tout comme son père, il fut dans l’artillerie, dès 1775, et prit sa retraite en 1816. Il fut chevalier de Saint-Louis et mourut à Beaune le samedi 9 novembre 1822. Il se maria deux fois et eut quatre enfants (trois fils avec Angèle de Berbis et une fille avec Louise de Luzy-Pélissac – Cf. http://genobco.free.fr/provence/Tillia4

Beaumont.htm).

[3] : Dans Napoléon Bonaparte et les généraux Du Teil (1788-1794), l'école d'artillerie d'Auxonne et le siège de Toulon publié en 1897, le baron Joseph du Teil (1863-1918) appelle l’Alsacienne Schlettstadt « Schelestadt ».

[4] : Il devint militaire en 1775 et fut capitaine au régiment de Saintonge en 1789. En 1792, il fut aide de camp de son père. Il fut mortellement blessé à Berstheim le 2 décembre 1793

[5] : Il commença sa carrière militaire en 1776 et fut lieutenant au régiment de Lorraine en 1787. Il rendit l’âme à Bayeux le 18 février 1789.

[6] : Cette enfant mourut en 1773.

[7] : Elle épousa Louis Boizot. Elle était veuve quand elle mourut à Metz le 16 février 1830. Elle était rentière. Ce fut son neveu, le chevalier Charles Cézar du Teil (il avait trente-six ans et était capitaine au septième régiment de dragons ; il était le troisième fils de Claude du Teil, aîné des enfants de Jean-Pierre et Marie), qui déclara son décès.

[8] : Elle mourut à Paris le 19 février 1832 (il existe un acte reconstitué aux archives de Paris). Elle était l’épouse de François Jacquesson, qui était rentier. Le couple résidait au 2, rue des Colonnes dans le IIe arrondissement.

[9] : Ce baron du Teil fut lieutenant au corps royal d’artillerie en 1788 et il fut aide de camp de son père en 1791 (un an avant son aîné Jean-Michel). Il fut nommé capitaine en 1793, puis chef de bataillon en 1817. Il fut député de la Moselle de 1825 à 1830. chevalier de Saint-Louis et officier de la légion d’honneur, il fut nommé baron héréditaire par lettres patentes en date du 14 avril 1820. Il épousa Marie de Wayde le 4 septembre 1797 à Metz et ils eurent quatre enfants : trois filles, Henriette, Eulalie et Louise (l’aînée épousa son cousin Charles, celui qui avait déclaré le décès de sa tante Eulalie) et un fils, Henri, qui fut l’un des fondateurs de Jockey Club à Paris et fut à l’origine d’une branche de la famille établie au Guatemala. Marie-Césaire mourut à Paris le 18 décembre 1842.

[10] : Il est aujourd’hui connu sous le nom de baron du Teil de Chars ; sa branche fut fixée à Paris. Il fut nommé lieutenant au corps royal d’artillerie en 1788 et servit jusqu’en 1795, participant à quatre campagnes. Il reprit du service en 1816 : il fut colonel, chef d’État-major des Gardes nationales de Saône et Loire. Il fut fait chevalier de Saint-Louis en 1821 et chevalier de la Légion d’Honneur en 1826. En Loraine, à Gorze, il épousa Françoise de Jouslard d’Ivernay (Ivernay, 1777-Paris, 18 juin 1857) ; ils eurent trois filles (Lydie, Clémence et Flavie) et un fils (James). Alexandre du Teil mourut à Paris le 20 août 1854. Le couple résidait au 2, rue des Saints-Pères.

[11] : Elle épousa Paul Étienne de Patris (Rodez, 29 juin 1778-Tarragone, 23 juin 1811) ; l’acte de décès d’Alexandrine à Metz le 30 septembre 1868 l’appelle « Patris », mais il nomme la défunte « Alexandre ». Une Famille militaire au XVIIIe siècle, ouvrage rédigé par le baron Joseph du Teil et publié en 1896 qui l’appelle « de Patris » donne la bonne version. Le couple eut une seule fille avant que de Patris meure au siège de Tarragone et le jeune couple fut longtemps séparé par les affectations militaires de Paul Étienne. La jeune veuve se retira auprès de son oncle, Jean du Teil de Beaumont (1738-1820). À Metz, le 10 mai 1812, elle parvint à s’approcher de l’empereur qu’elle connaissait depuis que Jean-Pierre du Teil avait  pris le jeune officier sous son aile à Auxonne et fit établir un brevet de pension pour Alexandrine ; elle en bénéficiait encore au moment de son décès.

[12] : Teil (baron Joseph du), Napoléon Bonaparte et les généraux Du Teil (1788-1794), l'école d'artillerie d'Auxonne et le siège de Toulon, Paris, 1897, p. 264.


 

On a retrouvé la... vidéo bajocasse

Très chers lecteurs[1],

nous sommes têtue (la plaisanterie familiale est que « Têtue » est notre troisième prénom) et nous avons donc cherché une copie de la vidéo que la préfecture du Calvados a fait disparaître de sa chaîne YouTube. La fameuse vidéo dont nous vous parlions et .

Nous en avons récupéré une copie et vous souhaitons un bon visionnage (en espérant ne pas être censurée) :



[1] : Il y a un joli compteur dans la section technique du blog et nous vous voyons cliquer et nous lire, alors... « Coucou ! » et la première ou le premier qui capte la référence gagne le droit de nous suggérer un sujet d’article…

Nouvelles de rentrée et dates d'expositions à venir

            Nous allons partager avec vous les informations qui nous sont parvenues dans diverses infolettres.

 

            Au Louvre, la Mise au tombeau ou le Transport du Christ vers le tombeau de Tiziano Vecellio (Titien de ce côté-ci des Alpes) a été restaurée. En revanche, mauvaise nouvelle, la toile est en salle 711 (aussi connue sous le nom de « salle où se trouve la Joconde et la moitié des visiteurs du musée »).

Du 15 octobre 2025 au 26 janvier 2026, une extraordinaire exposition aura lieu avec pour sujet l’œuvre de Jacques-Louis David.

 

            Au musée d’Orsay, du 23 septembre 2025 au 11 janvier 2026, nous pourrons visiter l’exposition « John Singer Sargent – Éblouir Paris » qui promet d’être extraordinaire.

Du 30 septembre 2025 au 11 janvier, c’est l’exposition « Paul Troubetzkoy – Sculpteur (1866-1938) » que nous pourrons admirer.

 

            Au musée Guimet, du 19 novembre 2025 au 9 mars 2026, les œuvres du musée seront mises face aux personnages de l’exposition « Manga. Tout un art ! ».

 

            À la BNF, côté Richelieu, du 9 septembre 2025 au 11 janvier 2026, se tiendra l’exposition « Impressions Nabies ».

Côté François-Mitterrand, du 23 septembre 2025 au 18 janvier 2026, la bibliothèque présentera une exposition sur « Les mondes de Colette ».

 

Des nouvelles de Clio (bulletin #5)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Nil noui sub sole… Les contrats de location, hier et aujourd’hui, ont bien des points communs – et nous le savons grâce à une stèle qui témoigne des usages antiques (article en anglais).

* De même, les choses étaient très différentes en ce qui concerne les impôts. Trèèès différentes (article en anglais).

* Si vous voulez en savoir un peu plus sur la bibliothèque d’Alexandrie, il y a cet article (en anglais).

* L’influence du grec en géographie est fascinante (article en anglais).

* Un article (en anglais) sur Agnodice, femme médecin, est lucide quant aux obstacles auxquels les femmes doivent faire face en médecine à cause des hommes.

* Dans la série « on a peut-être retrouvé le silphium », voici un nouvel article (en anglais).

* En plus d’être un génie, il est possible que Pythagoras ait été un farceur (le céramiste a aussi droit à des applaudissements). (article et vidéos en anglais)

* La mort d’Alexandre est peut-être plus mystérieuse qu’on nous l’a dit et sa sépulture a été déplacée neuf fois selon l’auteur de cet article (en anglais).


Exposition : « Le mystère Cléopâtre » à l'Institut du monde arabe (jusqu’au 11 janvier 2026)

L’exposition Le Mystère Cléopâtre, à l’Institut du monde arabe, a ouvert ses portes le 11 juin.  Au 1er étage, nous pouvons découvrir l’Histoire de la reine Cléopâtre principalement grâce à des œuvres contemporaines de son règne.

Au 2ème étage, la visite se poursuit du côté des arts, avec des sculptures,

des peintures,


des livres, d’Histoire et de littérature, qui sont majoritairement injustes envers une bonne souveraine dont la bienveillance fut célébrée par les écrivains et historiens non-européens et des œuvres plus contemporaines qui rendent hommage à celle qui fut présentée comme un monstre pendant des siècles.


Cléopâtre fascine toujours et cette exposition est une magnifique occasion de remettre les pendules à l'heure à son sujet.

 

Le site de l'Institut nous dit :

 

 

« Des rares grandes figures féminines que compte l’histoire, Cléopâtre, la dernière souveraine d'Égypte, est la plus populaire. Autour de son personnage se sont forgées une légende noire puis une figure universelle, associant passion et mort, volupté et cruauté, richesse et guerre, politique et féminisme.  

Sur quelles fondations cette légende repose-t-elle ? Comment les artistes s'en sont-ils emparés à travers les siècles ? Pourquoi fascine-t-elle encore ? Explorons ensemble le « mystère Cléopâtre »… 

Depuis son suicide il y a deux mille ans, la notoriété de Cléopâtre n’a cessé que croître. Une renommée aux multiples facettes – d’autant plus surprenante que nulle biographie antique ne la fonde – qui habitent nos imaginaires dans tous les domaines de la création, et même de la consommation.

Pourquoi une telle renommée? Peintures, sculptures, estampes, manuscrits, objets archéologiques, bijoux et monnaies, costumes, projections, photographies… sont autant de réponses, à découvrir au fil d’une riche sélection d’œuvres issues du Louvre, de la Bibliothèque nationale, du château de Versailles, d’autres musées de France et d’Espagne, des États-Unis, d’Italie et de Suisse.

 
Que savons-nous de Cléopâtre ? 

L’exposition débute par une plongée dans les découvertes historiques et archéologiques les plus récentes. Grâce aux rares sources directes – pièces de monnaie et papyrus signé de sa main –, nous mettons un visage sur le nom de Cléopâtre VII Philopator. 

Cette section éclaire le contexte économique, politique et religieux d’une époque charnière, alors que le prospère royaume d’Égypte, sous protectorat romain, et sa capitale Alexandrie, centre du monde hellénistique, constituent un florissant lieu d’études, d’échanges et de commerce. Dernière souveraine de la lignée ptolémaïque, Cléopâtre mène une active politique de réformes qui enrichissent son pays. Fine stratège, elle fait régner la paix pendant les vingt années de son règne.  

En 31 avant notre ère, la défaite d’Actium qui oppose la Rome d’Octave, futur empereur Auguste, et l’Égypte de Cléopâtre et Marc Antoine marque un tournant majeur dans l’histoire méditerranéenne : avec le suicide de sa reine, s’en est fini de l’indépendance de l’Égypte et des dynasties pharaoniques.

 
La légende 

Si les auteurs arabes soulignent les qualités intellectuelles et le rôle de cheffe d’État de Cléopâtre, on doit aux écrivains romains d’avoir fondé sa légende noire, en accord avec la propagande augustéenne, en la dépeignant sous les traits d’un fatale monstrum (Horace). Dans les écrits de l’époque impériale, elle est diffamée et reléguée au second plan, n’apparaissant que dans des récits consacrés à César ou à Marc Antoine. « L’Égyptienne » incarne la luxure et la menace qu’une étrangère, femme de tête et reine tout à la fois, représentait pour un pouvoir romain misogyne. Ces sources biaisées influenceront durablement l’historiographie. 

Son suicide, grâce auquel elle échappe à la capture par les Romains, fait naître la Cléopâtre immortelle : la mort héroïque d’une reine séductrice selon les auteurs de l’Antiquité, se révèle une inépuisable source d’inspiration. Enluminures, dessins, peintures, sculptures, littérature, théâtre, opéra…  généralisent la légende d’une Cléopâtre tantôt inspirée de l’Ève pècheresse tantôt Orientale perverse.    

 
Le mythe 

Après Sarah Bernhardt qui l’incarne dans Cléopâtre de Victorien Sardou, la reine prend sa revanche sur les écrans, éclipsant César et Antoine. Des actrices charismatiques imposent la Cléomania au cinéma dans des productions à grand spectacle, avec leurs garde-robes somptueuses et leurs maquillages anachroniques, Theda Berra, Sofia Loren et surtout Liz Taylor dans la  superproduction mythique de Joseph L. Mankiewicz de 1963. 

Avec la prolifération des images, la glamourisation du star-system et la massification de la culture, elle s’invite dans tous les foyers. Objet de consommation, elle devient reine de beauté, égérie de mode ou marque de publicité. En devenant l’une des femmes les plus connues au monde, le mythe l’emporte sur les faits, entrainant une durable confusion, voire des récupérations hasardeuses, au dépend de la connaissance de la cheffe d’État historique.

 
L’icône

Dès la fin du XIXe siècle naît Cléopâtre, icône des luttes identitaires et émancipatrices. Cette femme forte et indépendante qui préféra mourir plutôt que se rendre est relue sous le prisme de nouveaux combats politiques. En Égypte, la reine est un emblème nationaliste de résistance face au colonialisme, affirmant l’héritage antique du pays. Aux États-Unis, elle est récupérée par la communauté africaine-américaine comme cheffe d’État africaine. Plus largement, les mouvements féministes réhabilitent son image en tant que femme de pouvoir ayant su imposer sa voix. Par-delà les siècles et les fruits de la recherche historique et académique, la figure de Cléopâtre demeure ainsi le miroir des aspirations et des fantasmes… »

Curiosités de musée : Portraits : Thales Fielding par Eugène Delacroix et Eugène Delacroix par Thales Fielding

            Dans les collections permanentes du musée Delacroix se trouvent deux toiles bien particulières : un portrait d’Eugène Delacroix (1798-1863) par son ami Thales Fielding (1793-1837) et un portrait de Fielding par Delacroix.

Fielding par Delacroix

            Thales Angelo Vernet Fielding fut baptisé à l’église All Saints de Stamford dans le Lincolnshire[1], le 4 décembre 1793.

Il était l’un des cinq fils[2] du peintre Nathan Theodore Fielding (1747 ?-1814) et d’Elizabeth Baker (1760 ?-1807 ?).

            En 1810, il exposa pour la première fois à la Society of Painters in Water Colours (Société des aquarellistes). Il fut sans doute aussi formé par son père et peut-être d’autres tuteurs, puis il devint étudiant aux Royal Academy Schools (Écoles de l’Académie royale de peinture) sous le matricule H1057 après avoir été pris à l’essai le 27 juillet 1813. D’ailleurs, le 22 mars 1815, « T. A. Fielding » apparaît sur le registre des étudiants autorisés à dessiner dans la galerie Townley du British Museum. Il était recommandé par un des membres de la Royal Academy, Henry Fuseli[3] (1741-1825).

            En 1818, il fit probablement un passage à la British Institution School of Painting[4] (École de l’Institution britannique de peinture)

            De 1814 à sa mort, il exposa à la Royal Academy, la Society of British Artists et la British Institution.

            En 1818[5], il s’installa au 26, Newman Street à Londres et, quand il résidait en Angleterre, ce fut son adresse jusqu’à sa mort.

            En plus d’être un aquarelliste, il était aussi graveur à l’aquatinte et le fait que son style soit proche de celui de Theodore, son frère aîné, ralentit sa reconnaissance par le public.

            En 1823, il séjourna à Paris avec son père et deux de ses frères, Theodore et Newton. Ils étaient venus en France afin de créer un atelier. Ce fut à cette occasion qu’ils devinrent tous ami avec Delacroix, mais le lien fut plus important entre Eugène et Thales. Ce fut l’aquarelliste Charles-Raymond Soulier (1792-1866) qui présenta Delacroix aux Fielding. Delacroix et Soulier se connaissaient depuis 1816 ; Soulier avait initié Delacroix à l’aquarelle, mais selon les techniques anglaises (Soulier avait grandi en Angleterre et était élève de Copley Fielding). Soulier apprit aussi l’anglais à Delacroix.

            Thales Fielding profita de son séjour parisien afin d’exposer au Salon de 1824. En octobre de cette année-là, il partagea son atelier au 20, rue du Colombier (l’actuelle rue Jacob dans le VIème arrondissement de Paris) avec Delacroix. Ce fut sans doute lors de cette cohabitation artistique qu’ils peignirent leurs portraits.

            De la fin mai à la fin août 1825, il fit un séjour à Londres avec Delacroix, puis ils retournèrent à Paris où Fielding resta jusqu’en 1827, puis il retourna à Londres gérer les affaires de sa famille. Ce fut cette année-là qu’il exposa son portrait de Delacroix à la Royal academy.

            En 1829, il fut élu associé à la Society of Painters in Water Colours.

            En 1836, il signa un contrat pour un salaire annuel de 300 £[6] en tant que professeur de dessin à la Royal Military Academy (Académie royale militaire) à Woolwich.

            Emporté par une fulgurante maladie, il mourut chez lui, à Londres, le 27 décembre 1837, et fut enterré au cimetière All Souls à Kensal Green.

 
 
Delacroix par Fielding
 

            Le 7 floréal an VI (26 avril 1798), Ferdinand Victor Eugène Delacroix naquit à Charenton-Saint-Maurice. Il fut une surprise pour ses parents, Victoire Œben[7] (1758-1814) et Charles François Delacroix de Contaut (1741-1805) qui avaient déjà trois enfants : Charles-Henri (1779-1845), qui finit sa carrière avec le grade général d’empire[8], Henriette (1782-1827), qui épousa le diplomate Raymond de Verninac-Saint-Maur (1761-1822), et Henri, né en 1784 et tué à la bataille de Friedland le 14 juin 1804.

Leur dernier enfant est d’autant plus une surprise que Charles Delacroix avait un problème médical, un sarcocèle (une tumeur charnue du testicule), au moment de la conception. Le docteur Imbert-Delonnes réussit une première médicale en pratiquant l’ablation de cette tumeur et son patient se rétablit en deux mois. Comme Eugène naquit juste un peu plus de sept mois après l’opération de son père qui fut hautement commentée, quelques langues de vipères de salon prétendirent que le petit dernier des Delacroix avait pour père Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (1754-1838) ; c’était vraiment accorder foi à des ragots, simplement parce que Talleyrand était proche des Delacroix.

Eugène perdit son père le 4 novembre 1805 et dès janvier de l’année suivante, Mme Delacroix s’installait pour quelques temps avec Eugène au 50, rue de Grenelle à Paris chez sa fille Henriette et son époux, Raymond de Verninac. Eugène se trouva donc proche du demi-frère de sa mère, le peintre Henri Riesener, ce qui l’introduisit dans le monde de la peinture ; il semble qu’il ait eu des dispositions pour la musique, mais son éducation musicale prit fin à la mort de son père (il resta lié à la musique par ses fréquentations et ses amitiés).

Ce fut également en 1806, à la rentrée d’octobre, qu’il fut envoyé au lycée Louis-le-Grand (lycée impérial à l’époque). Il fut bon élève et se fit des amis qu’il conserva jusqu’à sa mort.

            En 1813, Eugène obtint un quatrième accessit de dessin et Riesener le présenta au baron Gérard (1770-1837) qui était un ancien élève de Jacques-Louis David (1748-1825), comme Riesener.

            En 1814, il se retrouva orphelin et partit vivre chez sa sœur, qui résidait alors au 114, rue de l’Université.

En 1815, il obtint le premier accessit de dessin et termina sa scolarité. Grâce à Riesener, il intégra l’atelier du baron Guérin (1774-1833). Il y rencontra Théodore Géricault (1791-1824). Malgré la maigre rente qui lui venait de son père et quelques commandes, Delacroix manquait d’argent et l’enseignement en atelier privé revenait fort cher. Il alla à l’école des Beaux-Arts de Paris dès 1816, mais sa technique n’était pas assez bonne pour lui faire atteindre le prix de Rome. 1816 fut aussi l’année où il fit la connaissance de Soulier qui lui présenta les Fielding.

Delacroix commença sa carrière en tant que décorateur (de 1819 à 1821). Il quitta le domicile de sa sœur en 1820 et s’installa au 22, rue de la Planche (l’actuelle rue de Varenne).

Il exposa au Salon pour la première fois en 1822 avec La Barque de Dante ; si la toile qui se trouve aujourd’hui au Louvre fut achetée par l’État (moins cher que Delacroix ne la vendait), les réactions quant à son style furent partagées : la vieille garde détesta (sauf le baron Gros (1771-1835), qui était lucide quant à l’évolution de la peinture[9]), mais les critiques plus jeunes apprécièrent sa contribution.

Il est à noter qu’il était en retard et utilisa un vernis qui abima la toile (il eut l’autorisation de la restaurer lui-même en 1860). Il commit de nouveau la même erreur avec La Liberté guidant le peuple en 1830 ; cette toile fut récemment sauvée par les équipes du Louvre.

Toujours en 1822, sa sœur se retrouva veuve et il l’accueillit chez lui, ainsi que son neveu, Charles de Verninac (1803-1834).

            En 1823, il retourna rue de Grenelle, mais au 114 cette fois-ci.

Tout comme Géricault qui s’inspirait de faits d’actualité, Delacroix peignit Scènes des massacres de Scio, qu’il présenta au Salon de 1824 afin que le public n’oublie pas le massacre d’avril 1822 commis par les Turcs sur la population de l’île de Chio[10].

            S’il connaissait ses classiques latins et grecs, il se révéla aussi philhelhène et connaisseur en littérature étrangère : l’épisode choisit pour sa première toile n’est pas l’un de ceux repris par tant d’autres artistes qui ne connaissaient pas vraiment l’œuvre de Dante et son séjour en Angleterre l’initiera à Shakespeare dont le travail parlait à son imaginaire et sa sensibilité Romantique. Il connaissait aussi la littérature allemande.

            En 1827, certains critiques assassinèrent La Mort de Sardanapale, mais Victor Hugo (1802-1885), encore une fois, défendit cette œuvre.

            En 1830, Delacroix se trouva au cœur de la Révolution des Trois Glorieuses (du 27 au 29 juillet) qui lui inspira La Liberté guidant le peuple qu’il présenta (vernie trop vite) au Salon de 1831.

Ce fut en 1831 qu’il fut décoré de la légion d’honneur. Thales Fielding ajouta alors cette décoration à sa toile, mais nous ne savons pas exactement à quelle date.

            En 1832, il séjourna au Maroc, en Algérie et en Espagne. Il y trouva l’inspiration pour de très nombreuses toiles.

            En 1833, il rencontra chez un amis une domestique bretonne, Jeanne-Marie, dite Jenny, Le Guillou (1801-1869) qui entra à son service environ deux ans plus tard et qui fut son intendante, garde du corps, infirmière et amie jusqu’à sa mort.

            Il reçut de nombreuses commandes de l’État, ce qui l’occupa pendant des années (notamment la décoration de la bibliothèque du Sénat et de la bibliothèque de l’assemblée nationale).

            En 1839, il se rendit en Belgique et en Hollande.

            En 1842, il fut gravement malade.

            Le 5 juillet 1846, il fut promut officier de la légion d’honneur ; Thales Fielding n’était plus de ce monde pour modifier la décoration de son ami.

            L’avènement de la République ne lui fit pas perdre ses contrats et, en mars 1850, il fut chargé de décorer la partie centrale du plafond de la galerie d’Apollon au Louvre. Cette année-là, il retourna en Belgique et Hollande et visita aussi l’Allemagne.

             En 1855, il présenta une rétrospective de son œuvre lors de l’Exposition universelle (à cette occasion, Charles Baudelaire (1821-1867) écrivit un bel éloge du style de Delacroix) et il fut promu commandeur de la légion d’honneur.

            En 1856, il s’installa 6, place de Furstenberg (où se trouve son musée aujourd’hui).

Après neuf candidatures, il fut enfin élu à l’Institut en 1857. Il pensa rédiger un Dictionnaire des Beaux-Arts, mais il tomba gravement malade en fin d’année (en juillet 1858, il n’était pas encore complètement remis). Il parvint à participer au Salon en 1859 – pour la dernière fois ; il retomba malade en janvier 1860.

            Atteint de tuberculose, son état se dégrada en 1863 à partir de juin et à 6 heures[11], le 13 août, il s’éteignit en tenant la main de sa fidèle Jenny à qui il légua de nombreuses choses. Ce fut Jenny Le Guillou qui décida de faire éditer le journal que Delacroix avait tenu, parfois pas très régulièrement.

Il repose au cimetière du Père-Lachaise et sa fidèle Jenny l’y rejoignit, selon la volonté du peintre, en 1869.

 

Sources :

Myrone (Martin), Drawing after the Antique at the British Museum - Supplementary Materials: Biographies of Students Admitted to Draw in the Townley Gallery, British Museum, with Facsimiles of the Gallery - Register Pages (1809 – 1817) [téléchargeable ici]

https://www.britishmuseum.org/

https://www.assemblee-nationale.fr/14/evenements/delacroix.asp

https://www.musee-delacroix.fr



[1] : Les notices du musée Delacroix font naître Fielding dans le Yorkshire, comme son père et certains de ses frères, mais cette information est incorrecte. Il est vrai qu’il est plutôt compliqué de trouver une mention du baptême de Thales.

[2] : Tous les enfants Fielding furent artistes. Cinq fils sont mentionnés dans le Volume XVIII du Dictionary of National Biography édité par Leslie Stephen en 1885, mais seuls les quatre peintres y sont nommés : Theodore Henry Adolphus (1781-1851), Anthony Vandyke Copley (1787-1855), Thales et Newton Smith (1799-1856). Le cinquième frère s’appelait Felix F.F.R. Fielding (1784 ?-1853) ; nous n’avons trouvé que son nom et ses dates.

[3] : Né à Zurich, en Suisse, son nom était Füssli. Son père, Johann Caspar, était peintre ; malgré l’intérêt d’Henry pour la peinture, il le poussa vers la religion et Henry fut ordonné à vingt ans. Il changea de carrière peu après et, en 1764 à Londres, il rencontra le premier président de la Royal Academy, Joshua Reynolds qui l’encouragea. Ce fut à Rome, en poursuivant son apprentissage, qu’Henry italianisa son nom en « Fuseli ». Il repassa brièvement par Zurich, mais à partir de 1779, il travailla principalement en Angleterre.

[4] : La « British Institution for Promoting the Fine Arts in the United Kingdom » était une institution londonienne privée qui fut fondée en 1805 et fermée en 1867. Son but était de promouvoir les artistes vivants ou morts ; c’était une institution plutôt élitiste. Une école gratuite pour de jeunes étudiants fut ouverte et des prix de 50 £ ou 100 £ furent distribués dès 1807.

[5] : Les différentes sources que nous avons consultées ne concordent pas sur l’année de son installation à cette adresse et certaines donnent 1819 ou 1820.

[6] : Cette somme correspondrait à près de 44 000 £ en 2025. Ce salaire correspond à ce qui est proposé sur certains postes d’enseignement aujourd’hui, mais, en 1836, c’était un bon salaire.

[7] : Elle était la fille de Jean-François Œben (1721-1763), qui était l’ébéniste de Louis XV. Sa mère, Marguerite van der Cruse (1731-1775), épousa Jean Henri Riesener et leur fils, Henri François (1767-1828) devint peintre.

[8] : Mis à la retraite à la Restauration, il se retrouva « demi-solde » et ne toucha plus que la moitié de ce qu’il gagnait sous l’Émpire.

[9] : La fin de sa vie pourrait constituer un épisode des « horreurs de l’Histoire » : de cinglantes critiques, alors qu’il se rapprochait du style Romantique, et des problèmes personnels finirent par le pousser au suicide.

[10] : Aussi studieux que Géricault, Delacroix avait lu les Mémoires du colonel Voutier sur la guerre actuelle des Grecs, publiés en 1823 par Olivier Voutier lui-même et il avait déjeuné avec lui le 12 janvier 1824. Cette rencontre est mentionnée par Delacroix dans son journal.

[11] : C’est l’heure indiquée sur l’acte de décès (n° 1804). François-Honoré de Verninac, président du tribunal civil de Tulle et l’avoué Eugène Legrand firent la déclaration à la mairie (à l’époque, il était rare qu’une femme se charge d’une déclaration et, aux yeux du monde, Jenny n’était que la domestique).

Des nouvelles de Clio (bulletin #4)

            Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Un podcast de l’Institut du monde arabe où l’ancienne journaliste reconvertie dans l’humanitaire Assia Shihab discute avec l’historien Pierre Filiu de la situation à Gaza en Palestine occupée.

* Les historiens du XIXe siècle auraient-ils mal traduit leur Platon (et leur dramaturges !) ? ou étaient-ils tout simplement très misogynes ? À vous de voir, mais ce qui est certain, c’est que dire que seuls les hommes étaient acteurs (ou spectateurs) en Grèce dans l’antiquité est erroné (article en anglais).

* Rhodopis est-elle l’ancêtre de Cendrillon ? À vous d’en juger… (article en anglais).

* Si vous vous demandez quel est le lien entre la guerre de Troie et Héracléion, la réponse (en anglais) est là.

* L’importance de la bataille des Thermopyles est expliquée ici (en anglais).

* Connaissez-vous l’explorateur Scylax ? (article en anglais)

* Après l’éruption du Vésuve, certains Pompéiens sont retournés vivre sur les cendres de leur cité (jusqu’au Ve siècle de notre ère, en fait). Aujourd’hui, les archéologues prennent le temps d’explorer toutes les couches du site et ont fait d’importantes découvertes (article en anglais).