La chapelle royale du château de Versailles

            Quand on visite le château de Versailles, on a une vue de la chapelle royale seulement depuis la porte du premier étage qui donne sur la tribune royale.


            Il y a des événements et concerts dans cette chapelle, qui peut aussi être admirée lors d’une visite guidée, mais l’été dernier (du 8 juillet au 30 septembre 2025), la partie basse de la chapelle a été ouverte au public en visite libre.

La page Internet du château nous dit :

« La Chapelle royale a été achevée à la fin du règne de Louis XIV, en 1710. Elle est la cinquième – et dernière – des chapelles qui se sont succédé dans le château depuis Louis XIII. Jules Hardouin-Mansart en propose le plan au Roi en 1699. Le Premier architecte meurt en 1708 sans voir la fin des travaux qui sont achevés par son beau-frère Robert De Cotte.

 

Le dernier chantier de Louis XIV

L’élévation générale du bâtiment emprunte à l’architecture gothique son élévation, ses grandes verrières ou ses contreforts. Dédiée à Saint Louis, saint patron du Roi et ancêtre de la maison royale, la Chapelle, par son allure générale, fait écho à la Sainte-Chapelle de Paris qu’il avait fondée. L’élévation intérieure, dans sa distribution en deux niveaux, reprend la répartition habituelle des chapelles palatines, mais son traitement architectural, avec la puissante colonnade qui règne au premier étage, s’inspire ostensiblement de l’Antiquité.

Le plafond de la voûte, qu’Hardouin-Mansart a voulu sans aucun arc doubleau pour en faire une surface entièrement unie, est consacré à la Sainte-Trinité : au centre, Dieu le Père dans sa gloire par Antoine Coypel[1], dans l’abside La Résurrection par Charles de La Fosse[2] et, au-dessus de la tribune royale, La Descente du Saint‑Esprit par Jean Jouvenet[3].

 

 Anecdote

Chaque jour, généralement le matin à 10 heures, la Cour assistait à la messe du roi. Celui-ci se tenait à la tribune royale, entouré de sa famille. Les dames de la Cour occupaient les tribunes latérales. Dans la nef se trouvaient les « officiers » et le public.

Le roi n’y descendait que pour les grandes fêtes religieuses où il communiait, pour les cérémonies de l’ordre du Saint-Esprit, pour les baptêmes et pour les mariages des Enfants de France qui y furent célébrés de 1710 à 1789.

Au-dessus de l’autel, autour de l’orgue de Clicquot[4] orné d’un beau Roi David en relief et dont les claviers ont été tenus par les plus grands maîtres comme François Couperin[5], la musique de la Chapelle, renommée dans toute l’Europe, chantait quotidiennement des motets[6] tout au long de l’office. »

Le plafond : 

 
L'autel :
 
 
L'orgue:
 

La tribune royale :

Colonnades, vitraux et autres éléments de la chapelle :

 

            La chapelle royale a été récemment restaurée et la chaîne YouTube du château a publié un fascinant documentaire sur le sujet :



[1] : Antoine Coypel (1661-1722), peintre à la Cour de Louis XIV, puis Premier peintre du Roi en 1716 sous Louis XV…

[2] : Charles de La Fosse (1636-1716), peintre ayant œuvré à l’Hôtel des Invalides.

[3] : Jean Jouvenet (1644-1717), peintre, élève de Le Brun…

[4] : Robert Clicquot (1645-1719), facteur d’orgue français…

[5] : François Couperin (1668-1733), compositeur, organiste et claveciniste de musique baroque.

[6] : Compositions musicales à partir d’un texte religieux ou profane, à une ou plusieurs voix, avec ou sans accompagnement.




Quand Bosch nous laisse de la musique sur les fesses d'un personnage ou pourquoi il faut faire attention à tous les détails

            Parfois, une œuvre est juste ce qu’elle montre, mais il arrive que son auteur s’en serve afin de délivrer un message. Il arrive aussi que des choses soient cachées.

Il y a quelques semaines, nous avons croisé une référence à un morceau de musique caché dans une toile de Jérôme Bosch. Bosch était le nom de guerre de Jheronimus van Aken (1450 ?-1516) qui résidait à Bois-le-Duc – ‘s-Hertogenbosch (ou Den Bosch) en version originale, ce qui explique le nom de notre artiste.

Né dans une famille de peintres, il épousa une aristocrate, Aleid van de Meervene. En plus de la fortune que son épouse lui apporta et qui améliora sa position sociale à Bois-le-duc, il devint membre « notable » de la confrérie Notre-Dame, ce qui fit de lui le peintre attitré de la Vierge dans la région.

Le style de Bosch est très particulier et sa façon de représenter les péchés et les pécheurs peut être bien sombre et cruelle.

            Ici, c’est son triptyque le Jardin des délices qui nous intéresse. Bosch a utilisé de la peinture à l’huile sur des panneaux de chêne (hauts de 2,20 m et, en tout, larges de 3,86 m).

Le commanditaire est inconnu et la date de création fluctue entre 1480 et 1504.

En 1570, le triptyque arriva en Espagne dans les bagages de Fernando Álvarez de Toledo y Pimentel, duc d’Albe (1507-1582). Ses héritiers donnèrent l’œuvre à la famille royale en 1593 ; elle resta au palais de l’Escurial jusqu’en 1939 et elle fut placée au musée du Prado où on peut l’admirer aujourd’hui encore.

            Le Jardin des délices est ésotérique, énigmatique et… bizarre. Les dernières théories à son sujet sont que cette œuvre serait un speculum nuptiarum – un miroir nuptial devant servir de guide à de jeunes mariés afin de leur montrer l’importance des liens sacrés qui les unissent.


Le panneau de gauche représente le paradis et l’union d’Adam et Ève par Dieu, le panneau central décrit l’humanité avant le déluge et celui de droite dépeint l’enfer. Quand il est fermé, les deux panneaux du triptyque représentent la Création du monde.

C’est dans le panneau de droite qu’un personnage nu se trouve écrasé par un instrument de musique géant.


Ce personnage a de la musique sur le postérieur.

Le fait qu’il y ait peu d’indications musicales fait dire à certains que Bosch avait simplement placé des notes de façon aléatoire sur une partition. C’est tout à fait possible, mais il avait reçu une bonne éducation, connaissait le latin et était très impliqué dans la confrérie Notre-Dame ; peut-être connaissait-il des rudiments de musiques.

De même, certains disent que cette partition avait déjà été transcrite en 1978 par un moine espagnol, Gregorio Paniagua.

En 2014, une étudiante américaine, Amelia Hamrick, s’est penchée sur ce personnage et le morceau de musique sur sa face arrière. Depuis, d’autres se sont essayés à l’interprétation de ces notes et, que ce soit un air voulu par Bosch ou un heureux hasard musical, le son est fascinant ; en voici une version :

 

Curiosités de musée : Une colonne byzantine

            Le recyclage de matériaux n’est pas chose nouvelle, mais, en 1917, on aurait pu espérer que les colons britanniques n’auraient pu eu l’arrogance de transformer une colonne byzantine (donc de la période entre 313 et 642 de notre ère) en stèle funéraire – remarquez… nous parlons des Britanniques qui ont fait ce qu’ils voulaient du pays lui-même, alors…

            Que les Romains qui sont retournés à Pompéi aient utilisé les pierres des monuments qui n’étaient pas enterrés sous la cendre, ça peut se comprendre.

Que le commun des mortels prenne les pierres taillées (et parfois gravées ou sculptées) de bâtiments abandonnés, ça peut se comprendre.

 

En revanche, un militaire, en 1917, a donné l’ordre de faire d’une colonne byzantine trouvée à Gaza en Palestine la stèle funéraire du lieutenant des lanciers du Bengale Fas Lansdowne. Une inscription en anglais a été sculptée en bas-relief, défigurant ainsi la colonne byzantine.

Si nous savons que ce lieutenant est mort le 14 août 1917, nous n’avons trouvé aucune autre information sur lui.


 

            Aujourd’hui, ce marbre découvert sur une dune côtière à Gaza fait partie des œuvres conservées au Musée d’art et d’histoire de Genève (le MAH) en Suisse au nom de l’Autorité Nationale Palestinienne. En 1962, la Suisse avait ratifié la Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé (cette convention de La Haye date de 1954) et c’est le MAH qui conserve les œuvres qui appartiennent à la Palestine, mais ne peuvent y retourner de crainte d’être détruite par les colons. Ce sont 529 objets que le MAH conserve pour la Palestine depuis dix-huit ans ; ces œuvres devaient être présentées dans un futur musée archéologique à Gaza, mais la construction de ce dernier n’a pas encore vu le jour – et vues les nouvelles des dernières annihilations dans la bande de Gaza où les lieux culturels ont été visés et systématiquement éliminés, il est heureux que ces quelques pièces, qui ont récemment été présentées à Paris à l’Institut du monde arabe, soient en sécurité à Genève.

Cette petite colonne de 71 cm et d’un diamètre de 22 cm a pour référence d’inventaire JKC 418. Cette pièce faisait partie de l’ancienne collection Jawdat Khoudary.

Les tours de Notre-Dame de Paris

            Le nouveau parcours des tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris a ouvert pour les journées européennes du patrimoine, puis le 24 septembre 2025.

            Nous avons réussi à avoir un billet pour le jour de l’ouverture et nous allons partager avec vous nos photos de notre visite. Il y a 424 marches à gravir jusqu’en haut de la tour sud et le site du monument insiste beaucoup sur le fait qu’il faut être en bonne condition physique et ne pas souffrir d’acrophobie pour entreprendre cette visite – nous ajouterons comme conseil de garder un œil sur la météo (nous avons terminé notre visite sous une bruine pénétrante et la visibilité aurait pu être bien meilleure).

            Il n’y a pas de vente de billet sur place. Il faut réserver par Internet et il y a 9 créneaux disponibles toutes les quinze minutes.

            L’entrée se trouve sur la droite quand on est face à la cathédrale.

Une fois passé le contrôle des billets, il y a une première envolée de marches, mais le plus gros de l’ascension nous attend.

Au niveau de la salle basse, vous trouverez la boutique cadeau. Ce sera le moment d’admirer les deux statues mises à l’abri dans cet espace et de faire vos emplettes, car on ne repasse pas par cet endroit en descendant.

 

Souvenirs achetés, on repart pour la suite de l’ascension :

On passe au niveau de la galerie de la Vierge et on arrive à la salle des quadrilobes :

Les travaux ne sont pas finis à l’extérieur :

L’escalier à double révolution nous attend :

Nous voici sur la plateforme (le ciel était gris, mais quelle vue) :

 

Il n’y a plus qu’une envolée de marches avant d’atteindre le sommet de la tour sud :

Une fois au sommet :

 

De retour sur la plateforme, on croise le bourdon Marie et le bourdon Emmanuel :

En descendant, on arrive dans l’espace qui est entre les deux tours et où on peut admirer quelques chimères :

 

C’est là aussi qu’on peut voir la « forêt » (la charpente reconstruite est magnifique) :

On passe dans la tour nord pour redescendre :

La cloche Denise David est conservée dans une salle de la tour nord (une ambiance musicale nous accompagne) :

Puis on redescend :

C’est une très belle visite – à faire par beau temps.


Exposition : « Le Triptyque de Moulins » au musée du Louvre (26 novembre 25 - 31 août 26)

            Du 26 novembre 25 au 31 août 26, le musée du Louvre expose le Triptyque de Moulins de Jean Hey (aile Richelieu, salle 831, au 2ème étage).


            Le site du musée nous dit :

« Le Triptyque de Moulins de Jean Hey est l'un des chefs-d'œuvre absolus de la peinture française à l'aube du XVIe siècle.

Sa restauration (2022-2025), décidée et pilotée par la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Auvergne – Rhône-Alpes, conduite au Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) et réalisée par les restaurateurs de l'atelier Arcanes et de l'atelier Tournillon, est un événement considérable dans l'actualité patrimoniale en France. Il s'agit d'un moment crucial pour la connaissance de la peinture française autour de 1500 : les opérations ont révélé les couleurs éclatantes des trois panneaux qui le composent, depuis longtemps oubliées ; d'autre part, cette restauration, et les études approfondies menées au C2RMF qui l'accompagnent, engendrent de nouvelles interrogations quant aux expérimentations picturales du peintre Jean Hey, autrefois connu comme le « Maître de Moulins » avant son identification. Formé en Flandres, il est le plus génial artiste actif en France dans les dernières décennies du XVe siècle.

La fin de cette restauration fondamentale, la première depuis 1879, offre aujourd'hui au musée du Louvre, à la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes et au C2RMF l'occasion d'organiser une présentation exceptionnelle du Triptyque à proximité immédiate des salles des peintures françaises du Louvre. Le public pourra ainsi partager ce moment historique et découvrir ou redécouvrir l'œuvre magistrale de Jean Hey. La présence du Triptyque à Paris, où il n'avait plus été exposé depuis 1937, représente en effet la chance unique de le rapprocher des œuvres de Jean Hey conservées dans la capitale : cinq tableaux et un dessin au musée du Louvre, ainsi que la Vierge Bacri acquise en 2013 au musée de Cluny. Autour de ce corpus, plusieurs panneaux peints, mais aussi des dessins, enluminures et objets orfévrés, issus des collections du musée du Louvre, permettront aux visiteurs de mieux comprendre ce chef-d'œuvre du patrimoine français, et ce qui en fait une création exceptionnelle de l'art occidental au tournant des XVe et XVIe siècles. »

 

Des nouvelles de Clio (bulletin #8)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Avant même la fin de la Seconde guerre mondiale, Churchill et Staline décidèrent du sort de la Grèce… Enfin, à vous de lire (article en anglais).

* Les Grecs anciens étaient des métallurgistes extraordinaires. Pour preuves : le taureau de Delphes et le cratère de Derveni (articles en anglais).

* Une petite recette historique ? C’est par ici pour le pasteli grec qui remonte à l’antiquité (article – et recette – en anglais).

* Une sorte de télégraphe hydraulique avait été inventé avant notre ère – par les militaires (article en anglais).

* Il y a au Metropolitan Museum de New York une petite statue en bronze d’Éros qui est assez extraordinaire (article en anglais).

* En parlant d’art, les archéologues se sont penchés sur la composition des pigments de certains vases grecs et ils ont découvert que le gypse fut utilisé pour le blanc de certains vases funéraires (article en anglais).

* Une fois n’est pas coutume, en Histoire très contemporaine, des scientifiques ont découverts que l’antidote au venin de mamba noir peut avoir des conséquences aussi catastrophiques que le venin lui-même.

Les victimes de morsures de vipères sont aujourd’hui souvent mises en observation à l’hôpital, mais les mambas sont hélas plus dangereux. La médecine n’est pas au bout de ses peines, mais d'autres scientifiques ont cependant peut-être trouvé une solution en utilisant des anticorps à domaine unique qui semblent très prometteurs afin de protéger ceux qui ont été mordus par des mambas, des cobras ou des ringhals - ou cobras cracheurs (articles en anglais).

Exposition : « 1725. Des alliés amérindiens à la cour de Louis XV » au château de Versailles (25 novembre 25 - 3 mai 26)

Il y a au château de Versailles dans les appartements de la Dauphine, du 25 novembre 2025 au 3 mai 2026 une nouvelle exposition intitulée « 1725. Des alliés amérindiens à la cour de Louis XV ».

Le site du château nous dit :

« Le château de Versailles et le Musée du Quai Branly - Jacques Chirac proposent une nouvelle exposition consacrée à la visite des alliés amérindiens à la cour de Versailles. 1725, quatre chefs amérindiens et une femme amérindienne de la vallée du Mississippi sont reçus en France lors d'un voyage diplomatique et rencontrent Louis XV. L’exposition revient sur cette rencontre marquante et explore les liens entre la France et les nations autochtones d’Amérique du Nord au XVIIIe siècle.

 

Aux origines d’une alliance

Au tournant du XVIIIe siècle, la vallée du Mississippi est un espace structuré par de puissantes sociétés amérindiennes. Ces nations vivaient selon une organisation hiérarchisée, guerrière et spirituelle, où le prestige des chefs se manifestait par des objets de pouvoir comme une coiffe de plumes, probablement la plus ancienne connue au monde.

Une carte contemporaine et des cartes anciennes du XVIIIe siècle présentent ces nations comme déjà en lien avec les Français depuis la Grande Paix de Montréal de 1701, traité historique scellant une première alliance diplomatique. Les modes de vie autochtones alternent entre agriculture et chasse, suivant le rythme des saisons. Leur lien au vivant est aussi spirituel et passe par de véritables relations sociales entretenues avec des « personnes » autre qu’humaines comme les oiseaux-tonnerres, esprits puissants, qui ornent notamment les peaux offertes aux Français comme cadeaux diplomatiques.

 

Un voyage diplomatique

En 1724, la Compagnie des Indes[1] propose un geste inédit : inviter des chefs autochtones à la Cour de Louis XV. Étienne Véniard de Bourgmont sollicite plusieurs nations : Oto, Osage, Missouri, Illinois. Des lettres diplomatiques précieuses, certaines traduites par des missionnaires jésuites comme Nicolas-Ignace de Beaubois, documentent leur réponse. Malgré un naufrage qui empêche certaines délégations de partir, quatre chefs et la fille d’un chef Missouri embarquent au printemps 1725, traités dès leur départ comme de véritables ambassadeurs.

Leur arrivée en France inaugure un voyage diplomatique entre Paris, Versailles et Fontainebleau. Grâce au Mercure de France, le parcours est suivi pas à pas : audiences officielles, rencontres avec les princes du sang, visites des résidences royales. Le moment le plus solennel survient à Fontainebleau, le 25 novembre 1725, lorsque Louis XV reçoit les chefs en audience : harangues et gestes protocolaires marquent un respect mutuel.

Cette rencontre laisse une empreinte durable dans la culture française. Jean-Philippe Rameau, inspiré par une danse de deux chefs sur la scène de la Comédie italienne, compose la célèbre “Danse des Sauvages” pour son opéra Les Indes galantes. Cette création témoigne de l’impact culturel de cette délégation, encore peu souligné aujourd’hui.

 

L’exposition

Avec la création de la colonie de Louisiane, les relations entre les Français et leurs alliés autochtones se renforcent. Un dialogue culturel s’installe, donnant naissance à des objets métissés, à la fois européens et amérindiens : casse-têtes décorés de fleurs de lys, colliers de perles importées, couteaux européens dans des fourreaux autochtones. Le calumet de paix, richement orné, devient l’un des symboles de cette diplomatie partagée.

Lors du voyage, la délégation est conviée à participer à la chasse royale. Les invités y prennent part à leur manière, à pied et armés de leurs arcs. Les échanges de présents – calumets, coiffes, arcs, médailles en or – scellent cette rencontre. L’exposition présente ces objets, accompagnés de portraits des principaux acteurs, dont celui d’un Amérindien Miami, jamais montré en France. À travers une série d’œuvres prêtées exceptionnellement par le Musée du Quai Branly, se dessine une autre image de ces sociétés, bien différente de celle transmise par les récits coloniaux.

En clôture du parcours, une médiation sonore donne la parole aux membres autochtones du conseil scientifique de l’exposition. Ils évoquent la mémoire vivante de cette alliance et son écho dans les relations actuelles entre la France et leurs nations. »

 

            Les objets présentés doivent être fascinants, mais la médiation sonore a l’air tout simplement extraordinaire.

 



[1] : Une compagnie qui gérait le commerce entre une métropole européenne et ses colonies.