Des nouvelles de Clio (bulletin #4)

            Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Un podcast de l’Institut du monde arabe où l’ancienne journaliste reconvertie dans l’humanitaire Assia Shihab discute avec l’historien Pierre Filiu de la situation à Gaza en Palestine occupée.

* Les historiens du XIXe siècle auraient-ils mal traduit leur Platon (et leur dramaturges !) ? ou étaient-ils tout simplement très misogynes ? À vous de voir, mais ce qui est certain, c’est que dire que seuls les hommes étaient acteurs (ou spectateurs) en Grèce dans l’antiquité est erroné (article en anglais).

* Rhodopis est-elle l’ancêtre de Cendrillon ? À vous d’en juger… (article en anglais).

* Si vous vous demandez quel est le lien entre la guerre de Troie et Héracléion, la réponse (en anglais) est là.

* L’importance de la bataille des Thermopyles est expliquée ici (en anglais).

* Connaissez-vous l’explorateur Scylax ? (article en anglais)

* Après l’éruption du Vésuve, certains Pompéiens sont retournés vivre sur les cendres de leur cité (jusqu’au Ve siècle de notre ère, en fait). Aujourd’hui, les archéologues prennent le temps d’explorer toutes les couches du site et ont fait d’importantes découvertes (article en anglais).


 

Curiosités de musée : Albertine de Christian Krohg

            Dans l’exposition consacrée à Christian Krohg (1852-1925) au musée d’Orsay, il y avait un coin de salle réservé à plusieurs toiles en lien avec un roman écrit par Krohg lui-même : Albertine. Cette histoire fut publiée le 20 décembre 1886 – le 21 décembre, le roman était interdit par le ministre de la justice et saisit par la police.

            Krohg était né dans une famille d’hommes d’état. Son grand-père, Christian, lui aussi (1777-1828), fut ministre et conseiller d’état et son père, Georg Anton (1817-1873), était homme d’état et légiste. Georg Anton envoya d’abord son fils à l’université de Christiania[1] afin d’y étudier le droit, mais il était écrit qu’il ne suivrait pas la voie familiale après avoir obtenu son diplôme et il apprit la peinture en Allemagne, à Karlsruhe.

            Krohg devint peintre, mais il fut aussi illustrateur, journaliste et écrivain, ce qui nous ramène à Albertine dont un exemplaire était présenté à gauche d’une gigantesque toile qu’il peignit afin de représenter une des scènes du roman : Albertine dans la salle d'attente du médecin de la police (peinte entre 1885 et 1887, ce qui montre qu’il avait prévu une sorte de marketing/promotion autour de son roman, en plus des illustrations qui y sont contenues).

            Krohg, même s’il venait d’une famille privilégiée, était tout à fait conscient des injustices sociales ; il les dénonçait dans ses toiles et dans ses écrits.

 Albertine dans la salle d'attente du médecin de la police (1885-1887)
 
Exemplaire d'Albertine exposé au musée d'Orsay

            Inspiré par quelques rencontres et par divers récits qu’il avait entendu au sujet de jeunes femmes perdues et abusées, Krohg se mit à écrire Albertine.

L’histoire du roman est celle d’une jeune couturière, Albertine, qui vit dans une petite maison sombre avec sa mère et son frère malade. Sa sœur est tombée dans la prostitution, qui est le problème que Krohg voulait dénoncer, car c’était une plaie pour de nombreuses femmes à l’époque, d’autant plus que la prostitution était légale (mais très réglementée) à l’époque. Albertine est souvent épuisée par son travail et ne sort pas beaucoup car elle trouve que ses vêtements sont trop misérables et elle en a honte. Un jour, elle emprunte le bel imperméable que sa sœur avait laissé à la maison afin de sortir avec une de ses amies, Jossa (Krohg fit le portrait de ce personnage[2] et la toile était présentée à Orsay).

 
Jossa (1887)
 

Un soir, un policier fait boire Albertine et la viole alors qu’elle est inconsciente. La honte d’avoir été violée, puis d’avoir été convoquée au poste de police afin d’être examinée par le médecin de la police, alors que ce genre d’examen est normalement réservé aux prostituées en activité, la traumatise encore plus (c’est cette scène humiliante où la victime d’un viol est une nouvelle fois abusée par des hommes que Krohg peint). En conséquence, Albertine commença alors à se prostituer ; elle finit même par inviter tous les hommes à venir chez elle gratuitement.

Krohg fit de son personnage le symbole de la condition des femmes dont la vie était souvent dure et qui n’étaient vraiment pas protégées par les autorités.

            Ce qui fit réagir la censure et la police, dont les représentants durent ne pas apprécier le rôle littéraire d’un policier imaginaire (qui ne l’était peut-être pas tant que ça) fut la scène finale, où Albertine, qui était une gentille jeune fille, devient une prostituée enragée (à cause du viol commis par un policier, ce que Krohg démontre et répète, car sans ce crime, Albertine serait encore en train de coudre à côté de la fenêtre à petits carreaux, demandant l’heure à sa mère et parlant du temps qu’il fait).

            Si le roman fut interdit, les lecteurs protestèrent vivement et Krohg défendit son œuvre au tribunal – d’abord à l’échelle locale, puis jusqu’à la cour suprême, mais l’interdiction fut maintenue, même si notre auteur expliqua aux juges que la drame vécu par Albertine l’avait été par l’une de ses modèles qui lui avait raconté son calvaire.

En janvier 1887, cinq mille manifestants vinrent protester sous les fenêtres du premier ministre Johan Sverdrup (1816-1892), mais ce dernier refusa d’autoriser Albertine. Il promit cependant de s’attaquer au problème dénoncé par Krohg dans son roman et, quelques années plus tard, la prostitution devint illégale en Norvège.

 

             Il y a eu quelques traductions de ce roman, en suédois et en allemand, au début du XXe siècle, mais pas en anglais ou en français et il est vraiment dommage que le musée d’Orsay n’ait pas fait faire une traduction de cette histoire. Du coup, nous envisageons d’essayer de le traduire en français.




[1] : Oslo, capitale de la Norvège, ne porte ce nom que depuis le 1er janvier 1925. Cette ville s’est appelée Christiania ou Kristiania entre 1624 et 1924. Comme le quartier de « Stamboul », donna son nom actuel, Istanbul, à Constantinople, le faubourg d’Oslo donna son nom moderne à la ville.

[2] : Le modèle était une jeune prostituée surnommée « Anna la brune » (Svart-Anna en version originale). Elle posa aussi pour la grande toile où Albertine doit passer chez le médecin de la police.


Arrogance et vieille broderie

            En vérifiant les liens vidéos de certains de nos articles, nous avons remarqué que celle sur la tapisserie broderie (!) de Bayeux était désormais indiquée comme « privée »… si ce n’est qu’une personne sur Twitter (oui, nous savons, ça a changé de nom, mais le nouveau propriétaire est une buse[1]) a indiqué qu’il lui semblait qu’on avait plus ou moins forcé le musée à ne plus donner accès à cette vidéo où la fragilité de cette œuvre est mentionnée.

- « Pourquoi ? » vous demandez-vous.

Tout simplement parce qu’il est question de prêter l’œuvre au British Museum. Par camion. Ce qui pourrait tout simplement la détruire.

            Vous pouvez trouver des articles et vidéos sur le sujet (le tout dernier a été publié dans The Guardian).

            Du coup, si vous souhaitez signer la pétition, elle est là.


[1] : Oui, nous sommes en mode « Audiard » (version light, parce que notre commentaire est bien pire dans notre tête).

 

Exposition : « Le génie et la majesté » au château de Versailles (jusqu’au 28 septembre 2025)

            Tout comme la semaine dernière, une autre petite exposition a failli nous échapper.


            Vous avez donc jusqu’au 28 septembre prochain afin de visiter « Le génie et la majesté » qui présente le buste de Louis XIV par Gian Lorenzo Bernini - Le Bernin de ce côté-ci des Alpes (1598-1680).


D’autres œuvres accompagnent et éclairent le buste du roi soleil (il y a notamment une petite représentation de Jésus enfant réalisé par Bernini et son fils qui se trouve d’habitude au Louvre).

            Le site du château nous dit :

« Cette exposition accompagne les travaux de restauration en cours dans le salon de Diane depuis octobre 2021 visant à redonner toute sa splendeur au décor peint et sculpté du plafond, des voussures et des dessus-de-porte. Ce salon offre un cadre pensé pour révéler pleinement le lien entre le génie de l'artiste et la majesté de son buste de Louis XIV.

Organisée dans l’appartement de la Dauphine, cette exposition met notamment à l’honneur l’un des chefs-d’œuvre les plus emblématiques des collections du château : le Buste de Louis XIV, sculpté en marbre par Le Bernin lors de son séjour à Paris en 1665.

La première salle présente les principaux protagonistes du voyage du Bernin en France qui vit naître ce que certains historiens de l’art ont considéré être « le plus grandiose portrait baroque ». La seconde salle est centrée cette œuvre du Bernin et les réactions qu’il suscite auprès des artistes français. Ce dialogue entre baroque italien et classicisme français annonce une rivalité artistique qui se prolongera jusqu’au règne de Louis XV.

Ainsi, présenté depuis 1684 dans le salon de Diane, le Buste de Louis XIV, habituellement installé en hauteur et à distance du public, sera accessible de près, offrant une occasion unique d’admirer en détail ce chef-d’œuvre de la sculpture du XVIIe siècle. Il sera exposé à hauteur d’homme, dans une mise en scène qui permet de le redécouvrir dans des conditions proches de sa première présentation au roi en 1665.

L’artiste et l’histoire

Lors de son voyage en France, Le Bernin est au sommet de sa renommée. En 1665, lorsque Louis XIV le convie à Paris, il est alors considéré comme le sculpteur le plus célèbre d’Europe. Si le chantier d'un nouveau Louvre conçu par le Bernin fut voué à l'échec, la réalisation du Buste de Louis XIV, véritable portrait idéalisé du roi, marque ce séjour prolongé, malgré les difficultés liées au choix du marbre et aux nombreuses critiques. Installé d’abord aux Tuileries puis à Versailles, le buste célèbre la grandeur souveraine de Louis XIV, dans une œuvre où l’inspiration artistique dépasse la simple ressemblance pour incarner une majesté intemporelle.

Après un tel succès, Louis XIV passe une nouvelle commande au Bernin d’une statue équestre, mais celle-ci ne reçoit pas le même enthousiasme de la part du roi.

L’exposition revient sur cet épisode marquant où l’art devient un outil de représentation du pouvoir.

Prêts d’exception et contexte artistique

Enrichie de prêts exceptionnels issus d’institutions françaises et internationales, l’exposition permet de retracer le contexte de création du Buste de Louis XIV et le génie du Bernin.

Parmi eux, le portrait du Bernin peint par Giovanni Battista Gaulli (Gallerie Nazionali Barberini Corsini, Rome) et le buste d’Alexandre VII réalisé par Le Bernin (Fondation Palazzo Chigi Zondadari, Sienne) rappellent le succès du Bernin à cette époque et ses liens avec les commanditaires, notamment avec le Pape Alexandre VII. Plusieurs œuvres de la collection de Versailles sont également exposées, notamment Le Progrès des arts du dessin sous le règne de Louis XIV de Nicolas-Pierre Loir, qui érige le roi en figure divine au sommet de la création artistique, et La Gloire de Louis XIV triomphe du Temps de Baldassare Franceschini, qui célèbre l’immortalité du souverain.

Ces œuvres permettent d’explorer les enjeux artistiques et politiques liés à la venue du Bernin à la cour de France. À travers une sélection d’œuvres et de documents, l’exposition met en lumière les personnalités qui ont fait de ce voyage un événement à la fois artistique et politique. L’une des figures clé est Jean-Baptiste Colbert, dont le portrait peint par Claude Lefèbvre en 1666 est déplacé pour l’occasion des Salles Louis XIV dans l’appartement de la Dauphine. 

Cette exposition illustre l’ambition artistique et politique du règne de Louis XIV, et révèle la portée européenne de son dialogue avec les plus grands artistes de son temps. »

            Une fois passé le premier contrôle, allez dans la cour de marbre, juste à côté de la boutique cadeau et passez la porte vitrée.


            Si vous prévoyez votre visite un week-end, vous pourrez aussi visiter la chapelle, la salle du congrès (et les appartements du président) et les appartements du général de Gaulle à Trianon-sous-Bois (n’oubliez pas votre gourde et de très bonnes chaussures).

 

Exposition : « Le Conservateur, le cercueil et la barbe » au Louvre (jusqu'au 15 septembre 2025)

            Tout est possible… En général, nous faisons très attention aux expositions annoncées dans les musées où nous avons la possibilité d’aller, mais il peut arriver que nous mettions du temps à remarquer certains événements qui ne sont pas assez mis en avant.

C’est ce qui est arrivé à ce pauvre Théodule Devéria dont l’exposition au Louvre était tout en bas de page.

            Vous n’avez désormais plus que jusqu’au 15 septembre 2025 afin de vous rendre en salle 337 au Louvre.


La salle 337, c’est un mouchoir de poche qui sert d’entrée au département d’égyptologie. D’ailleurs, l’exposition Le Conservateur, le cercueil et la barbe ne compte que deux vitrines, mais elles rendent bien hommage à la passion et au talent de Devéria.

 


            Le site du Louvre nous dit au sujet de cette exposition :

« Théodule Devéria (1831 – 1871), fils du dessinateur Achille Jacques Devéria et neveu du peintre Eugène Devéria, s’intéresse tôt à l’égyptologie. En 1855 il rejoint le département des Antiquité égyptiennes du musée du Louvre, dont il devient conservateur assistant en 1860.

 

Une grande partie de son activité est consacrée à l’étude des objets provenant du Sérapéum de Memphis, reçus en partage entre la France et l’Égypte après les fouilles de l’égyptologue Auguste Mariette en 1851. Excellent épigraphiste, il maîtrise les écritures égyptiennes et publie le premier catalogue des manuscrits du musée.

 

Au cours de sa carrière, Devéria constitue une documentation d’une richesse extraordinaire. Selon les circonstances il alterne entre photographie, dessin, estampage et relevé manuscrit. L’exposition s’attache plus particulièrement à l’ensemble funéraire de Soutymès, prêtre du dieu Amon au début de la 21e dynastie (1869 – 943 avant J.-C.). Elle montre comment, à partir des documents établis par Devéria, certains éléments dissociés avec le temps ont pu être réunis. »

Des nouvelles de Clio (bulletin #3)

            Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Il y a une exposition sur Austen et Turner mentionnée dans cet article en anglais, ainsi qu’une œuvre contemporaine d’une artiste qui a fait ses devoirs avant de se lancer dans le portrait d’un des personnages de Sanditon.

* Si vous vous demandez ce qui est vraiment arrivé à la bibliothèque d’Alexandrie, cet article en anglais répondra à vos questions et vous donnera des pistes de recherche.

* Une tombe étrusque a été découverte et elle avait échappé aux pillards (les quatre occupants de la tombe sont désormais avec une équipe d’archéologues).

* À cette page, vous pourrez lire un article (en anglais) sur le sculpteur grec Yannoulis Chalepas.

* L’évolution de la science (grâce à un spectromètre de masse) peut aider les archéologues à résoudre un mystère en analysant les résidus au fond de jarres d’offrandes. Vous avez le choix entre Live Science et Greek Reporter, en anglais (le sujet a inspiré plusieurs journalistes).

* Le service Eurêkoi de l’Institut du monde arabe a mis en ligne une liste des ouvrages traitant de l’esclavage des musulmans sur le sol européen, et notamment en France.

* De même, si vous vous posez des questions sur les statues égyptiennes qui ont le nez cassé, une liste d’articles a été compilées.


* Les Grecs étaient de grands voyageurs et les archéologues ont trouvé… des passeports (article en anglais).

Gaspard de Forbin la Barben

            Aujourd’hui, son patronyme est transcrit en Forbin La Barben, mais il signait « Forbin la Barben » et nous avons gardé cette forme pour son portrait.

            En général, quand un acte (baptême, mariage ou décès) concernait une famille noble, les curés de la paroisse concernée faisaient quelque effort d’écriture, mais il n’en fut rien pour l’enregistrement de l’ondoiement, puis le baptême de cet enfant, ce qui a provoqué une erreur qui se retrouve dans bon nombre de généalogies en ligne.

Il naquit le 13 décembre 1739, à Aix-en-Provence. On dut craindre pour sa vie, car il fut ondoyé « par permission de l’archevêque » et on lui donna alors le seul prénom de « François ». Cela fut enregistré à l’église St-Sauveur par son père, Claude François Palamède de Forbin, seigneur de la Barben et marquis de Pont-à-Mousson (1712-1761).

Le 23 décembre, l’enfant fut baptisé François Anne Gaspard Palamède de Sales de Forbin à St-Sauveur. Son grand-père, Gaspard Palamède de Forbin, marquis de la Barben (1668-1751) fut son parrain et Dame Anne Marie Catherine de Caze de la Bove, comtesse de Nogaret (1714-1803), une des tantes de l’enfant, fut sa marraine.

Claude de Forbin était capitaine de cavalerie au régiment de Puisieux et avait épousé à Paris, le 27 août 1736, Charlotte Nicole de Caze de La Bove (1717-1765). Avant d’avoir Gaspard, qui fut leur second et dernier enfant, ils eurent une fille en 1738, Françoise Yolande.

            Il fut président au Parlement d’Aix-en-Provence, mais, comme son père, il fit d’abord carrière dans l’armée en tant que capitaine de cavalerie dans le régiment de Montcalm, puis comme « mestre de camp de cavalerie ». Il devint chevalier de Malte.

            Le 22 janvier 1765, à la paroisse Saint-Esprit d’Aix-en-Provence, il épousa Françoise Marthe de Milan Forbin de La Roque (1747-1810). Ils eurent en tout huit enfants qui naquirent dans leur hôtel particulier, cours Mirabeau à Aix, ou au château de La Roque d’Anthéron : Joseph (1766-1768), Claude (1769-1854), Yolande (1771-1839), Victor (1772-1850), Joséphine (1775-1823), Auguste (1777-1841), Charles (17 mars 1779-5 décembre 1779) et Adélaïde (1786-1851). Curieusement, leur aîné semble être le seul à qui l’on fait référence avec son premier prénom ; les autres choisirent d’utiliser leur dernier prénom, mais cela leur venait peut-être de leurs parents car l’enfant qui ne vécut que quelques mois en 1779 est appelé Charles alors qu’il fut baptisé Gaspard Stanislas Charles.

            En 1793, Gaspard de Forbin, sa femme et ses enfants étaient à Lyon. S’y trouvaient également une des sœurs de Mme de Forbin, Marie Thérèse, et son époux, André Elzéar d’Arbaud, seigneur de Jouques.

Pendant l’insurrection de la ville de Forbin la Barben et d’Arbaud apportèrent tout leur soutien aux royalistes, mais ils furent pris et jugés à Commune affranchie (le nouveau nom donné à Lyon par la Convention. En tant que contre-révolutionnaires, Garpard Forbin « âgé de 53 ans, natif d’Aix, département des Bouches-du-Rhône, demeurant à Lyon rue de la Charité ; ci-devant marquis, rentier, & ci-devant président au parlement d’Aix » et « André-Elzard » Arbaud « ex-noble, âgé de 57 ans, natif d’Aix, département des Bouches-du-Rhône, demeurant à Lyon rue de la Charité ; rentier, ci-devant président au parlement d’Aix »[1] furent guillotinés.

Gaspard de Forbin mourut le 6 nivôse, an II (26 décembre 1793).



[1] : Cf. Liste générale des contre-révolutionnaires mis à mort à Commune-affranchie, d’après les Jugements rendus par le Tribunal de justice populaire, la Commission militaire & la Commission révolutionnaire, depuis le 21 Vendémiaire jusqu’au 17 Germinal de l’an deuxième de la République, Commune-affranchie, Destefanis, An II [1793], p. 5 (Arbaud) et p. 51 (Forbin).