Flash info : Gratuités exceptionnelles au domaine national du château d'Angers (1er et 2 novembre 2025)

            Le 1er et 2 novembre, il y a des gratuités au domaine national du château d’Angers.

 

Pour samedi 1er, de 10h30 à 16h30, ce sont les fossés qui sont exceptionnellement ouverts : 

« Le château vu d’en bas : ouverture exceptionnelle des fossés et de leurs jardins

C’est nouveau ! Et si vous entriez dans la plus belle carte postale d’Angers ? Le château ouvre gratuitement ses fossés. Découvrez la puissance de la forteresse vue d’en bas et flânez entre les parterres de broderies.

 

Présentation

Avec ses deux tours massives qui encadrent la plus ancienne herse de France et les arabesques des jardins à leur pied, c’est l’image iconique la plus instagrammable d’Angers ! 

Qui n’a jamais rêvé de descendre dans ces douves qu’on ne voit que d’en haut pour flâner à l’ombre des hautes tours de la forteresse de Saint-Louis et Blanche de Castille et déambuler parmi les arabesques des parterres réguliers ?

Ces jardins historiques dessinés et plantés en 1911 sont les plus anciens du monument et avaient pour objectif initial de devenir un parc public. 114 ans plus tard, leur ouverture ponctuelle et régulière aux visiteurs par les équipes du château vise à faire découvrir leur histoire et à partager le point de vue exceptionnel qu’ils offrent sur les formidables remparts de la forteresse. 

Et pour le 29 novembre 2025, le château vous invite  à rencontrer les partenaires passionnés qui œuvrent à ses côtés pour l’entretien des jardins et la préservation de la biodiversité et à participer à une dégustation de vin.

 

Programme du 29 novembre 2025

Dégustation de vin avec Vignes en ville

Venez rencontrer les bénévoles de l’association Vignes en ville qui tout au long de l’année entretiennent notre parcelle de chenin blanc, en haut des remparts.

Ils vous feront déguster leurs cuvées issues de la production des vignobles du Couvent de la Baumette.

Un monument et ses partenaires angevins protecteurs de la biodiversité  

Le 29 novembre 2025, c’est l’occasion d’en apprendre davantage sur les coulisses du château d’Angers ! 

Entretien des jardins sans produits phytosanitaires, tontes raisonnées, fauche tardive, valorisation des tailles pour créer des refuges à la microfaune, nichoirs… Depuis plus de 15 ans, nous avons mis la protection de la biodiversité au cœur de notre politique d’entretien des jardins. Ce travail de longue haleine est mené avec la LPO et nous vaut depuis 2011 un classement « refuge pour la protection des oiseaux » et « refuge chauve-souris ».

Des bénévoles de la LPO-Anjou seront présents durant cette première journée d’ouverture des fossés le 30 août pour échanger sur les actions menées au château pour la protection de l’environnement. 

La société « If-Tech » des Ponts de Cé, mécène du monument depuis 2018 pour sa lutte biologique contre les ravageurs (pyrale du buis, cochenille, acariens, pucerons…), fera quant à elle découvrir aux visiteurs les pouvoirs de la chrysope, cette « demoiselles aux yeux d’or » amie des jardiniers.

Les jardins du château : une vitrine pour la filière horticole angevine et son histoire

Domaine national, le château d’Angers est un monument ancré dans son territoire.

Membre du pôle de compétitivité Végépolys, nous participons à valoriser la recherche et la production horticole locales par la présentation dans nos jardins de collections d’hortensias Angers Val de Loire® ou de plantes innovantes créés par l’INRAE. 

En 2026, vous pourrez découvrir la roseraie du château transformée : elle présentera exclusivement des rosiers d’obtention angevine et produits sur le territoire, avec des variétés liées aux personnages historiques du monument. Le rosiériste Jérôme Chéné de la « Pépinière Roses Loubert » aux Rosiers-sur-Loire (partenaire du projet de roseraie conservatoire du château), sera présent le 29 novembre 2025. »

 

Pour le premier dimanche du mois, le 2 novembre, l’intérieur du château, ses remparts, la Tapisserie de l’Apocalypse et l’exposition « Le retour du roi » seront gratuitement ouverts.

 

Exposition : « Le Grand Dauphin » au château de Versailles (du 14 octobre 25 au 15 février 26)

 Le site du château nous dit : 

« Le château de Versailles présente une exposition consacrée au Grand Dauphin, Louis de France, fils aîné de Louis XIV. À travers près de 250 œuvres issues de collections françaises et internationales, ce parcours retrace la vie de ce prince méconnu. Héritier du trône, il fut au cœur des ambitions dynastiques des Bourbons sans jamais régner, mais dont l’éducation, les résidences et le goût pour les arts témoignent du destin qui lui était promis.

Louis de france

Né en 1661 au château de Fontainebleau, Louis de France est le premier fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche. Dauphin de son vivant, il est appelé « Monseigneur », puis reçoit le surnom de « Grand Dauphin » après sa mort en 1711, pour le distinguer de son propre fils, le duc de Bourgogne.

Héritier de la couronne, il meurt prématurément de la petite vérole en avril 1711 dans son château de Meudon, quatre ans avant son père. Son fils aîné, le duc de Bourgogne, meurt l’année suivante, laissant deux enfants. L'aîné, le duc d’Anjou, âgé de deux ans, devient alors dauphin et accède au trône en 1715 après la mort de Louis XIV, sous le nom de Louis XV. Si le Grand Dauphin ne régna pas, il reste une figure centrale de la dynastie des Bourbons ; grand-père de Louis XV, arrière-arrière-grand-père de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X, et père de Philippe V, premier souverain de la branche espagnole des Bourbons, toujours régnante aujourd’hui.

Une vie de Cour, de pouvoir et de culture

Durant toute sa vie, le Grand Dauphin est formé pour devenir roi, et reçoit une instruction rigoureuse dans les arts, la guerre et le gouvernement. Sa vie, résumée par Saint-Simon dans une formule célèbre :

« Fils de roi, père de roi, et jamais roi. »

Cette formule incarne le paradoxe d’un prince formé à gouverner mais jamais couronné.

Au-delà des obligations politiques, le Grand Dauphin développe aussi un goût prononcé pour les arts et les plaisirs de la cour. Grand collectionneur, il rassemble de nombreuses œuvres d'art, dont certaines seront exposées pour la première fois grâce à des prêts exceptionnels, notamment du musée du Prado de Madrid.

L’exposition

L’exposition, réalisée avec la participation exceptionnelle de la Bibliothèque nationale de France, met en lumière ce que signifiait sous l’Ancien Régime, être dauphin de France, en retraçant les grandes étapes de la vie du Grand Dauphin. Présentée en trois parties suivant la formule de Saint Simon, elle retrace son éducation princière, sa vie à la cour et son engagement dans les affaires de l’État.

Environ 250 œuvres, provenant de collections publiques et privées, françaises et internationales, illustrent toutes ces facettes de sa vie. Peintures, sculptures, objets d’art, et manuscrits permettent de retracer l’existence de ce prince que Louis XIV imaginait comme son digne successeur. »


Flash info : Cours d'Histoire gratuits à Versailles (du 5 novembre 25 au 6 mai 26)

Des cours d’Histoire gratuits (il suffit de s’inscrire en ligne) vont être donnés à l’auditorium du château de Versailles.


 

Le site nous dit :

Le premiers cours introduit le fonctionnement du pouvoir royal et la logique de la monarchie absolue. Le public suit ensuite l’évolution de la diplomatie et de la géopolitique du royaume, entre affrontements militaires et périodes de paix. Les cours suivants s’attachent à montrer comment le roi finance son autorité grâce à la fiscalité, et à éclairer les rapports complexes qu’il entretient avec la religion et l’Église.

Le cycle poursuit avec une plongée dans le rayonnement des arts et des sciences, lorsque Versailles devient un foyer culturel et intellectuel majeur en Europe. Il se prolonge avec une réflexion sur la hiérarchisation de la société et les interactions entre les différentes classes du système socio-économique de l’Ancien Régime. Enfin, il s’achève par une analyse des crises et des révoltes qui secouent le royaume, révélant les tensions sociales et politiques du temps de Louis XIV. Chaque cours, d’une durée d’une heure, se conclut par un temps d’échange avec le public, offrant l’occasion d’approfondir les sujets abordés et de dialoguer directement avec les intervenants.

Le premier cours

Mercredi 5 novembre - L'État royal

Par Laurent Avezou, historien archiviste paléographe, professeur de chaire supérieure (Chartres) au lycée Pierre de Fermat, Toulouse.

À la mort du cardinal Mazarin le 9 mars 1661, Louis XIV, roi depuis 1643, exerce le pouvoir. Les ministres, les secrétaires d'État et le Conseil sont les institutions sur lesquelles repose son pouvoir. Cependant, les forces traditionnelles tels que les parlements et la noblesse de campagne subsistent. La distance et la faiblesse des moyens de communication font du royaume une juxtaposition de peuples et de pays, et non un État moderne.

Prochains cours

Mercredi 12 novembre - Le Roi conquérant : guerre et diplomatie de 1661 à 1688

Par Jean-Philippe Cénat, professeur de Khâgne au lycée Auguste-Blanqui, Saint-Ouen.

Au début de son règne, Louis XIV hérite d'une situation géopolitique favorable : la France est en paix. Alors qu'il dispose de la première armée d'Europe, le jeune roi va chercher à s'illustrer à travers la guerre de Dévolution (1667-1668) puis la guerre de Hollande (1672-1678), toutes deux victorieuses. Si l'annexion des territoires frontaliers en pleine paix lui permet de consolider les frontières du royaume, elle entraîne la coalition du reste de l'Europe contre la France dans une nouvelle guerre en 1688.

Mercredi 3 décembre - Le Soleil déclinant : guerre et diplomatie de 1688 à 1715

Par Clément Oury, directeur général adjoint du Campus Condorcet en charge de l'Humathèque.

Il faut à la France un effort militaire sans précédent pour parvenir en 1697 à mettre fin à la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697). Mais cinq ans plus tard, l'Europe s'embrase à nouveau sur la question de la couronne d'Espagne. Cette nouvelle guerre amène le royaume au bord du gouffre.

Mercredi 7 janvier : « Un seul roi, une seule foi »

Par Etienne Bourdeu, ancien membre de la Casa de Velázquez, professeur au lycée Victor-Louis, Talence.

Pour mieux appréhender les conflits entre Louis XIV, les confessions considérées comme hérétiques (protestantisme et jansénisme) et le pape, il est nécessaire de saisir le rôle central de la religion dans les sociétés des Temps modernes. La foi n’était pas un simple enjeu de spiritualité, elle renvoyait tout autant à l'organisation de la société et à son contrôle.

Mercredi 4 février - Les Français, le roi et l'impôt

Par Stéphane Guerre, professeur de Khâgne au lycée Blomet, Paris.

Après avoir évoqué les ressources financières à la disposition du pouvoir royal, l'objectif du cours sera de mettre en lumière les réformes fiscales qui ont façonné le règne de Louis XIV, tout en explorant les mécanismes de collecte de l'impôt et les réactions de la société face à une pression fiscale croissante.

Mercredi 18 mars - L'art et les sciences au service du roi

Par Isaure Boitel, maîtresse de conférences en histoire moderne à l'Université de Picardie Jules-Verne, Amiens.

Afin de découvrir comment les artistes et les savants de l'époque se sont mis au service de Louis XIV, l'objectif du cours est de comprendre pourquoi la culture française fascinait autant les contemporains étrangers et participait pleinement à la puissance souveraine.

Mercredi 8 avril - Clergé, noblesse, tiers état : une société hiérarchisée

Par Mathieu Lemoine, professeur de Khâgne au lycée Molière, Paris.

La société française au XVIIe siècle est une société d'ordres au sein de laquelle chacun se distingue en fonction des privilèges dont il bénéficie et qui le positionne au sein de toute une hiérarchie. Malgré des schémas fixes, la société française est relativement ouverte, permettant les ascensions sociales.

Mercredi 6 mai - Misères du Grand Siècle : crises et révoltes

Par Gauthier Aubert, professeur d’histoire moderne, Université Rennes-II.

Les historiens du XVIIe siècle ont mis en avant les difficultés que subirent les contemporains de Louis XIV, permettant de faire contrepoint à la magnificence du règne dont Versailles était le symbole. En conclusion de ce cycle, il s'agira d'évoquer les principales crises que les 20 millions de Français durent affronter mais aussi la manière qu'ils ont eu d'y faire face, pouvant impliquer d'aller jusqu'à la rébellion.

Mécenat

Ces cours sont rendus possibles grâce au mécénat de The Danny Kaye and Sylvia Fine Kaye Fondation.

Informations pratiques

  • Dates : tous les mois (5 et 12 novembre, 3 décembre, 7 janvier, 4 février, 18 mars, 8 avril, 6 mai)
  • Horaires : de 18h à 19h30
  • Lieu : Auditorium
  • Accès :  Parking gratuit place d'Armes

Exposition : « Le Moyen Âge du XIXe siècle. Créations et faux dans les arts précieux » au musée de Cluny (du 7 octobre 25 au 11 janvier 26)

Le site du musée nous dit :


« Après les événements révolutionnaires, le 19e siècle redécouvre le Moyen Âge, tout en le réinterprétant. Ce siècle, qui cultiva une rêverie romantique et connut d’importants progrès technologiques et la constitution de grandes collections, s’est inspiré du Moyen Âge en produisant des copies, des pastiches, des oeuvres composites et des faux. L’exposition permet des confrontations, mettant en regard certains objets médiévaux avec leurs "résonances" du 19e siècle.

Le propos est centré sur les arts précieux, dans leur acception médiévale : pièces d’orfèvrerie et d’émaillerie, ivoires, tissus précieux. Ces domaines ont en effet connu au 19e siècle un foisonnement de redécouvertes techniques. Ces phénomènes culturels et artistiques émergent dès les années 1820-1830 jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale, soit pendant un siècle environ. Collectionneurs, ateliers de création et de restauration, mais aussi faussaires, en sont les principaux acteurs, autour d’un marché de l’art en pleine expansion, focalisé sur Paris, qui apparaît alors comme la capitale des arts précieux.

L’exposition "Le Moyen Âge du 19e siècle. Créations et faux dans les arts précieux" est organisée par le musée de Cluny – musée national du Moyen Âge et GrandPalaisRmn. Le commissariat est confié est à Christine Descatoire, conservatrice générale au musée de Cluny, et Frédéric Tixier, maître de conférences en histoire de l’art médiéval à l’Université de Lorraine.

L’exposition est réalisée avec la participation exceptionnelle du musée du Louvre.

Elle bénéficie du soutien de L’École des Arts Joailliers, qui a pour mission de transmettre la culture joaillière auprès du public le plus large ; et de The New York Medieval Society. 

Consultez le dossier de presse de l'exposition ici. »

Jean du Teil de Beaumont

            Comme ses trois frères aînés, le chevalier Jean du Teil de Beaumont fut un militaire, tout comme leur propre père, François du Teil (19 janvier 1686-4 février 1758), seigneur de Beaumont, capitaine au régiment Royal-artillerie et chevalier de l’ordre de Saint-Louis.

Le contrat de mariage de François et Marguerite de Chambaran (1700–31 janvier 1758) est en date du 20 avril 1722. Le mardi 14 juillet 1722 naquit au château de Pommier à la Côte-Saint-André dans l’Isère, Jean-Pierre du Teil de Beaumont, qui fut baptisé le lendemain.

François et Marguerite du Teil eurent d’autres fils : François Alexis (3 mars 1729-4 février 1760) qui mourut à Pondichéry et Jérôme (28 mars 1730- 27 janvier 1759) qui fut mortellement blessé au siège de Madras. Le troisième fils du couple, Jean, vit le jour au château le lundi 7 juillet 1738 et fut baptisé le jour même. Marguerite donna aussi naissance à François en 1742, mais l'enfant mourut en 1743. Elle eut également trois filles : Madeleine (1724-1725), Rosalie (1731-1733) et Marianne (1736-1742).

Comme ses frères et leur père avant eux, Jean se retrouva dans l’armée[1] très jeune. Le 11 octobre 1747, Jean se retrouva surnuméraire au corps de l’artillerie et on lui fit rejoindre le bataillon de Fontenay à l’armée des Flandres où sa famille servait. Dès le 9 novembre, il fut nommé cadet gentilhomme.

Pour leurs services en Flandres, les quatre frères furent récompensés par le roi le 14 avril 1748 et Jean, à dix ans, reçu l’épaulette de sous-lieutenant de canonniers au bataillon de Soucy.

Le 20 février 1756, il fut promu au rang de lieutenant en second de bombardiers. Un an plus tard, le 1er janvier 1757, il devint lieutenant en second de canonniers.

En 1758, il participa à la campagne sur les côtes de Bretagne (il servit à Brest et se rendit au Havre après la campagne). Son père, François du Teil de Beaumont mourut le 4 février 1758, au château de Pommier à la Côte-Saint-André quatre jours après sa femme et, le 21 mai, il obtint une pension de deux cent soixante livres sur le trésor en considération des services de son père.

Il passa à la brigade de Mouy le 1er janvier 1759.

De 1759 à 1762, il participa aux campagnes en Allemagne. Il fut d’ailleurs blessé le 1er août 1759 à la bataille de Minden. Le chevalier, lui-même, raconta ce qui s’était passé :

 

« Lors de la retraite des Français à la bataille de Minden, en 1759, n’ayant reçu aucun ordre de me retirer avec deux pièces de 8 que je commandois, je continuay à faire feu sur l’ennemy. J’étois posté sur la lisière d’un bois que l’ennemy crut que nous occupions ce qui l’obligea de s’arrêter. Je ne me retiray qu’après avoir consommé toutes mes munitions et perdu la plus grande partie de mes canonniers.

M. le maréchal de Contades loua ma conduite et me fit obtenir une gratification de 300 livres. C’est alors que je fus blessé légèrement d’un éclat d’obus. J’ai continué d’être employé à la retraite pendant laquelle nous avons combattu tous les jours. »

 

Cette bataille fut un tournant dans la guerre de Sept ans (1756-1763) et un choc pour les troupes françaises qui, malgré leur supériorité en nombre, y subirent un très cuisant échec.

Après la mort de ses frères François (1760) et Jérôme (1759), ce fut lui qui devint « chevalier du Teil ».

Le 25 novembre 1761, il fut promu lieutenant en premier.

Le 11 juin 1762, il devint sous-aide-major de la brigade d’Invilliers.

Le 15 août 1763, il fut fait capitaine et exactement deux ans plus tard, il devint aide-major du régiment d’artillerie de Grenoble. Le 10 mai 1767, l’excellence de son travail fit que l’inspecteur de son régiment demanda pour lui une gratification et il reçut trois cents livres

Le 26 février 1769, il fut nommé capitaine de sapeurs au régiment d’artillerie de Strasbourg.

Le 26 novembre 1771, il épousa[2] à Mardigny[3], près de Metz, Marguerite Louise Georgin de Mardigny (Metz, 21 juillet 1752 – Ancy-sur-Moselle, 20 septembre[4] 1830). Le père de Marguerite, François Étienne (1717-1756), était conseiller du roi au parlement de Metz ; sa mère était Barbe Lucie Besser de Charly (1724-1791). Les du Teil de Beaumont avaient de la famille en Lorraine et ils avaient renoués avec les du Teil d’Auvergne ; ces relations expliquent l’excellent mariage contracté par le chevalier.

Le 7 février 1772, il devint capitaine de bombardiers et, le 15 décembre, il fut fait chevalier de Saint-Louis. À cette époque, il commença pour la première fois à travailler à la rédaction d’un ouvrage militaire (le baron Joseph avait pu lire une lettre du 14 octobre 1773 que le chevalier envoya à un supérieur, décrivant ce qu’il avait déjà rédigé, mais il n’eut pas le temps de terminer cet ouvrage)

Le 25 juillet 1774 à huit heures du matin, Georges[5] François, premier enfant de Jean et Marguerite naquit. Il fut baptisé le jour même à la paroisse Ste Ségolène à Metz.

Le 28 juin 1775, il devint capitaine de canonniers.

Le 25 mai 1776 à dix heures du soir, Marguerite[6] Louise voyait le jour à Metz et était baptisée à Ste Ségolène le lendemain. Le 14 septembre de la même année, le chevalier du Teil devint major du régiment d’artillerie de Toul où il rejoignit son frère aîné à Besançon (ils restèrent ensemble jusqu’à la promotion du baron Jean-Pierre du Teil au poste de colonel au régiment de la Fère le 1er janvier 1777).

Le 24 janvier 1778 à sept heures du matin, Marguerite[7] naquit à Metz et fut baptisée le jour même à Ste Ségolène. Cette année-là, Jean du Teil publia à Metz où il était alors en poste Usage de l'artillerie nouvelle dans la guerre de campagne ; connaissance nécessaire aux officiers destinés à commander toutes les armes. Cet ouvrage fut publié avec la bénédiction et sous le privilège de la Société royale des sciences et arts de Metz dont il faisait partie[8].

Le 1er août 1779, il fut détaché comme aide-major de l’équipage d’artillerie de l’armée rassemblée sur les côtes de Bretagne et de Normandie.

Le 21 février 1780 à onze heures du matin, Marie[9] vit le jour à Metz. Elle fut baptisée le lendemain à Ste Ségolène.

Le 31 décembre 1781, à Metz, il publia Manœuvres d'infanterie pour résister à la cavalerie et l'attaquer avec succès dont le baron Joseph du Teil, plus d’un siècle après sa publication, vantait encore les mérites.

Les services du chevalier sur la côte furent récompensés lorsqu’il fut nommé lieutenant-colonel du régiment d’artillerie de Metz le 4 juillet 1784. Il se retrouva en poste à Besançon en octobre 1786.

À la fin 1787, le régiment de Metz, dont Jean du Teil était lieutenant-colonel, qui était encore à Besançon, fut envoyé à Douai, mais il n’y resta que deux mois (le régiment retourna sans doute à Besançon en décembre).

Le 30 mars 1788 à Metz naissait Romain[10]. Il fut baptisé à Ste Ségolène le 5 avril. Le 4 octobre de cette année-là, le chevalier du Teil passa au régiment d’Auxonne. En 1789, il participa à une autre campagne sur les côtes et le 14 mars 1790, il fut promu commandant général de la garde nationale de Metz. Lors de l’Affaire de Nancy, en août, où les trois régiments de la ville se mutinèrent car ils croyaient que leurs officiers les volaient sur leur solde, le chevalier du Teil participa à la répression et dut soigner quelques contusions.

Excellent officier, il fut promu colonel directeur d’artillerie le 1er avril 1791, mais il donna sa démission le 11 août suivant. Il est possible qu’il soit resté à son poste jusqu’à l’obtention de sa pension de retraite le 9 octobre. Cette brève retraite n’était pas pour des raisons politiques puisqu’il était favorable aux changements qui se passaient dans le pays ou parce qu’il n’avait pas obtenu un certain poste, puisqu’il fut quand même nommé adjudant général colonel le 8 février 1792, mais qu’il refusa ce poste (son excellente réputation lui permis cette manœuvre). Il est possible que ce bref retrait ait été pour raison de santé, d’ailleurs, il accepta sa nomination comme maréchal de camp, inspecteur d’artillerie, commandant l’artillerie du Rhin en 1793.

Il arriva à Nice le 3 mai et il parcourut la côte jusqu’aux Bouches-du-Rhône, faisant un état des lieux des défenses. En juillet, il fut employé comme inspecteur général d’artillerie à l’armée des Alpes à la place de son frère aîné, le baron Jean-Pierre du Teil, qui avait refusé le commandement de l’artillerie de l’armée des Alpes et d’Italie, le chevalier, alors général de brigade, accepta ce poste. Le 11 août, il fut promu général de division et, le 31 octobre, il se mit en route pour Toulon en partant de Grenoble, car il devait commander l’artillerie de l’armée qui était devant la ville[11]. Ce fut lui qui demanda à ce que Napoléon Bonaparte, élève du baron du Teil qui chantait ses louanges, soit affecté auprès de lui.

L’engagement de Jean du Teil dans la cause révolutionnaire, position intéressante pour un noble, est claire dans une lettre qu’il rédigea en Avignon au ministre de la guerre Jean-Baptiste Bouchotte (1754-1840) :

 

« J’attendois vos ordres pour aller prendre le commandement de l’artillerie de l’armée de la Mozelle que vous m’avez déféré, lorsque les représentants du peuple et le général Doppet m’ont donné une marque de confiance que mon zèle justifiera sûrement, si ma trop faible santé n’y met pas d’obstacles. Ils ont désiré me voir à la tête de l’artillerie qui doit réduire les rebelles de Toulon; cette importante mission avait bien de quoi séduire un républicain qui a à cœur la gloire de nos armes et le salut de la patrie. Ma vie, leur ay-je dit, est à la République, elle ne peut plus l’ignorer, disposez de ses restes. Je suis parti de Grenoble le 10 du deuxième mois[12] et je marche avec le représentant Albitte et le général Doppet sur cette infâme cité que j’espère avoir la gloire de rendre à la République, si mes plans sont suivis. Mais, si je survis à cette opération, je mettrai un plus grand intérêt encore à aller prendre le commandement et l’inspection que vous m’avez déférés sur la Mozelle et particulièrement ce dernier qui est analogue à mes forces. J’ai lieu d’espérer, citoyen ministre, que vous n’en disposerez point et que vous me renouvellerez l’ordre d’y rejoindre lorsque je pourrai vous le demander. »

 

Des remaniements dans les affectations militaires firent que du Teil n’eut plus le même supérieur à Toulon. Alors que Granet nous raconte – et pourquoi changerait-il les faits dont il fut témoin ? – que le général du Teil avait pris sous son aile le jeune Bonaparte[13], Buonaparte devenu empereur raconta que ce vieux général (il avait cinquante-cinq ans et quarante-six ans de service) avait été bien content de se défaire de sa charge et de laisser Bonaparte gérer l’artillerie lors du siège.

La santé de du Teil se dégradait et il fut autorisé à se rendre à Metz fin décembre ; une affectation plus compatible avec son état de santé devait être donnée au « citoyen Duteil cadet ».

Malgré ses états de service, Jean du Teil fut rattrapé par la Terreur et fut provisoirement suspendu de ses fonctions le 19 janvier 1794 (30 nivôse, An II). Son frère aîné, le baron Jean-Pierre du Teil, fut fusillé à Lyon[14] le 27 février, ce qui dut ébranler quelque peu ses convictions. Le 4 avril (15 germinal), le chevalier fut autorisé à prendre sa retraite et obtint une pension le 16 novembre (26 brumaire, An III).

Le 24 août 1798 (7 fructidor, An VI), il fut admis au traitement de réforme.

Le retraite pesait à du Teil et, encouragé par son gendre, le baron Noirot, il décida de reprendre du service et demanda une affectation le 13 novembre 1798 (23 brumaire An VII).

Le 2 août 1799 (16 thermidor), il fut nommé inspecteur général chargé de l’organisation des bataillons auxiliaires de la 3ème division militaire. Il prit pour aide de camp Marie-Césaire du Teil, un des fils de son aîné le baron Jean-Pierre du Teil. Jean du Teil se mit immédiatement au travail et il ne lui fallut que quelques mois afin d’opérer les changements nécessaires à un meilleur fonctionnement.

Le 12 mars 1800 (21 ventôse An VIII), il devint commandant de place à Lille[15] et le 13 octobre (21 vendémiaire An IX), il fut nommé commandant d’armes à Metz à la suite d’une demande qu’il envoya lui-même au ministre de la Guerre.

Le 11 décembre 1803, il devint membre de la Légion d’honneur et fut fait commandant le 14 juin 1804.

Le 26 septembre 1806, l’empereur et l’impératrice rendirent visite à du Teil à Metz, ce dont toute la ville se réjouit.

Le travail de du Teil à Metz fut toujours excellent et les soldats qu’il formait étaient la fierté de la ville.

Le 22 mars 1814, il fut mis à la retraite par décret (il avait déjà été question de retraite le 20 janvier 1811, mais l’empereur avait refusé) et la décision lui fut communiquée le 21 avril. Il cessa ses fonctions le 22 mai.

Le 25 avril 1820 à Ancy-sur-Moselle à cinq heures du matin, Jean du Teil rendit l’âme. Son décès fut déclaré à la mairie par deux de ses amis : le chef de bataillon Pierre Nicolas Berth et le capitaine en retraite Antoine Vacher. Il repose dans ce village dont il fut le seigneur.



[1] : Les informations sur la carrière militaire du chevalier Jean du Teil viennent de deux ouvrages rédigés par le baron Joseph du Teil : Une Famille militaire au XVIIIe siècle, publié en 1896 et Napoléon Bonaparte et les généraux Du Teil (1788-1794), l'école d'artillerie d'Auxonne et le siège de Toulon, publié en 1897. Les informations familiales viennent de geneanet.org et de http://genobco.free.fr/provence/Tillia4Beaumont.htm.

[2] : D’après Joseph du Teil, le contrat datait du 9 novembre 1771.

[3] : Cette commune lorraine fut réunie à un village voisin en 1810 et s’appelle désormais Lorry-Mardigny.

[4] : Elle mourut chez elle, à quatre heures du matin.

[5] : L’enfant a dû mourir assez jeune, mais nous ne l’avons pas trouvé dans les actes de décès de la paroisse où il fut baptisé.

[6] : Elle ne se maria jamais et fut rentière. Elle résidait à Ancy-sur-Moselle, mais mourut à Metz le 30 janvier 1837.

[7] : Le 14 mars 1847, quelques jours seulement après sa sœur cadette, elle mourut chez elle à  Ancy-sur-Moselle à trois heures du matin. Rentière, elle était veuve (elle avait épousé le baron Jean Baptiste Noirot (1768-1826) le 17 février 1793 à Strasbourg). Son décès fut déclaré par le mari d’une de ses petites filles, Ernest de Beccary (1810-1880), qui était rentier. Noirot était l’aide de camp du père de Marguerite. Neuf mois après son mariage, Marguerite donna naissance à Brumaire Marie à Metz le 20 brumaire An II (10 novembre 1793) ; l’acte de naissance de l’enfant la nomme d’abord Marie, mais Brumaire lui est donné comme premier prénom (au moins pendant la Révolution et la Terreur). En 1818, Marie épousa Jean-Baptiste Sechehaye (1797-1875) à Ancy-sur-Moselle ; ils eurent trois filles et un fils.

[8] : L’ancien inspecteur général, le marquis Antoine Baratier de Saint-Auban (1713-1783), critiqua sévèrement l’ouvrage et écrivit à la Société – qui ignora son courrier. De Saint-Auban publia une lettre dans le « Journal militaire et politique » du 1er mai 1779 où il réitéra ses critiques ; la Société royale prit la défense du chevalier du Teil.

[9] : Comme sa sœur aînée, elle ne se maria jamais et fut rentière. Elle mourut chez elle à Ancy-sur-Moselle, à dix heures du matin, le 6 février 1847. Ernest de Beccary fut celui qui déclara le décès de sa grand-tante par alliance.

[10] : Son prénom lui venait de son parrain, Romain de Varennes ; sa marraine était sa sœur Marie et il est à noter que la signature de cette enfant de huit ans est plus nette que celle du parrain, pourtant jeune noble capitaine au régiment de Grenoble du corps royal de l’artillerie. Sur un site de généalogie en ligne, nous avons trouvé une mention indiquant que cet enfant était mort le 3 février 1792 à Metz, mais nous ne l’avons pas retrouvé dans les archives en ligne – tout comme son frère aîné.

[11] : Nous reviendrons plus en détail sur cet épisode dans un autre article.

[12] : Le 10 brumaire An II (31 octobre 1793).

[13] : Les pièces consultées par le baron Joseph du Teil aux « archives de la Guerre » confirment la version de Granet. La mémoire de l’empereur, plus de deux décennies après le siège, dut lui jouer des tours quand il raconta cette version de l’histoire.

[14] : En poste à Grenoble où il avait été envoyé, il y fut arrêté et envoyé à Lyon où il fut jugé par la commission militaire le 4 ventôse An II (22 février 1794) pour avoir donné des ordres contre-révolutionnaires lors du siège de Toulon, condamné à mort le 8 ventôse An II (mercredi 26 février) et fusillé le 9 ventôse An II (jeudi 27 février 1794). Son fils Marie-Césaire (1773-1842) était avec lui, mais il dut être traumatisé par l'exécution de son père et par sa propre fuite en Suisse afin de ne pas connaître le même sort, car il raconta que la sentence avait été immédiatement appliquée. Jean-Pierre du Teil de Beaumont repose à l'ossuaire des Brotteaux, chapelle des Capucins ; cette chapelle des Martyrs accueille de nombreuses victimes.

[15] : Ce poste prestigieux lui fut donné par Napoléon qui avait encore de la reconnaissance pour son ancien officier supérieur.

 

Des nouvelles de Clio (bulletin #6)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Dans sa jeunesse, Jules César fut enlevé par des pirates. Si vous ne connaissez pas cette histoire, elle est assez extraordinaire (article en anglais).

* Divers éléments et informations permettent de savoir que l’éruption de Santorin (Théra à l’époque) eut d’importantes conséquences en Égypte (article en anglais).

* Des archéologues passionnés ont réussi à recréer un des parfums de Cléopâtre (article en anglais).

* Avant le Parthénon, il y avait un palais sur l’Acropole. Si vous souhaitez en savoir plus, c’est par ici (article en anglais).

* Thucydide était lucide quant à la façon dont les humains gèrent les conflits et les rapports de force – et ça fait froid dans le dos, parce que rien n’a changé en plusieurs millénaires (article en anglais).

* Le monastère des capucins de Corfou qui avait été fondé en 1642 vient de fermer ses portes car il n’y avait plus assez de moines pour s’en occuper (article en anglais).

* Ce qui se passe en ce moment même au Royaume-Uni quant à la répression et la censure est plus qu’alarmant. Les citoyens britanniques ne sont plus libres de s’exprimer et risquent de se faire arrêter pour des raisons que l’Histoire ne jugera pas tendrement. Banksy avait décidé de dénoncer la situation et le (décevant) pouvoir en place a fait détruire l’œuvre qui les critiquait. Photos et explications se trouvent ici (article en anglais).


Jean-Pierre du Teil de Beaumont

             La famille du Teil faisait souvent carrière dans les armes.

Portrait du général du Teil par Alfred de Jaubert[1]

 

            Ainé de Marguerite de Chambaran (1700 –31 janvier 1758) et de François du Teil (19 janvier 1686-4 février 1758), seigneur de Beaumont, capitaine au régiment Royal-artillerie et chevalier de l’ordre de Saint-Louis, Jean-Pierre du Teil de Beaumont naquit le mardi 14 juillet 1722 au château de Pommier à la Côte-Saint-André dans l’Isère ; il fut baptisé le lendemain. Le contrat de mariage de ses parents est en date du 20 avril 1722.

François et Marguerite du Teil eurent trois autres fils, tous militaires : François Alexis (3 mars 1729-4 février 1760) qui mourut à Pondichéry, Jérôme (28 mars 1730- 27 janvier 1759) qui fut mortellement blessé au siège de Madras et Jean (1738-1820). Marguerite donna naissance à François en 1742, mais l'enfant mourut en 1743 ; elle eut aussi trois filles : Madeleine (1724-1725), Rosalie (1731-1733) et Marianne (1736-1742).

            Le futur général eut une carrière militaire en deux temps. Il rejoignit en volontaire l’artillerie alors qu’il n’avait pas encore dix ans en mars 1731.

Le 18 décembre 1733, il devint cadet et participa à sa première campagne en Italie. Il y fut encore en campagne en 1734 et 1735.

Le 24 août 1735, il fut nommé sous-lieutenant de canonniers au bataillon de Labory (devenu Fontenay, puis Soucy).

En 1741 et 1742, il fut en campagne en Bohême.

Il passa lieutenant en second de canonniers le 9 novembre 1743. De 1743 à 1748, il participa aux campagnes dans les Flandres et il fut notamment blessé par un éclat de bombe au siège de Tournai en 1745.

Le 29 mars 1746, il fut nommé lieutenant en premier de canonniers.

Il passa capitaine en second de sapeurs le 14 avril 1748 et fut fait chevalier de Saint-Louis le 8 mai 1753.

Le jeudi 26 février 1756, à la Côte-Saint-André, il épousa Marie Florie Madeleine Fay de Perraud qui était la fille du lieutenant général de police local et conseiller du roi, Joseph Fay de Perraud, et de Marie Colin de La Marche. Le marié avait presque trente-quatre ans et sa jeune épouse seize. Marie Fay de Perraud était pensionnaire de la noble abbaye de Laval à la Côte Saint-André où le contrat de mariage fut signé dans le grand parloir

Il fut fait capitaine en premier de canonniers au bataillon de Cosne le 1er janvier 1757 et le 3 juillet, le premier des onze enfants du couple, Claude Jean Joseph Pierre, vit le jour au château de Pommier à la Côte Saint-André[2].

En 1757 et 1758, il participa à des campagnes en Allemagne.

Le 1er janvier 1759, il était employé à Sélestat[3]. Au château de Pommier, son fils Jean-Michel[4] vit le jour le 16 septembre 1759.

En 1760, il participa à une nouvelle campagne en Allemagne ; le 27 mars 1760, il était capitaine à la brigade de Mouy. Il demanda une pension de retraite pour raison de santé et l’obtint le 26 mai 1760 et Jean-Augustin[5] naquit au château le 19 novembre de cette année-là.

Il quitta sa retraite et rejoignit de nouveau l’armée et fut employé à Marbourg ; le 20 juin 1761, il fut réadmis au corps de l’artillerie et le 25 novembre de la même année, il devint capitaine de bombardiers à la brigade de Saint-Auban.

En 1762, il participa de nouveau aux campagnes en Allemagne. Marie donna naissance à Jean Albin cette année-là, mais l’enfant mourut le 5 décembre 1763. Dans la même année, Marie avait donné naissance à leur première fille, Jeanne[6].

Il fut envoyé à La Rochelle le 13 août 1765 et fut élevé au rang de chef de brigade le 15 octobre de la même année. C’est à ce grade qu’il fut envoyé au régiment d’artillerie de Toul le 25 août 1766. Cette année-là, Marie donna naissance à Jean Alexandre ; l’enfant ne vécut qu’un an.

Le 29 février 1768, il devint lieutenant-colonel.

Le 29 décembre 1769, Eulalie[7] vit le jour au château.

Il fut nommé sous-directeur à Collioure le 11 avril 1770.

Le 16 janvier 1771, Clotilde[8] naissait au château.

Il retourna au régiment d’artillerie de Toul le 27 novembre 1773 et son fils Marie-Césaire[9] vit le jour au château le 8 décembre. Il fut suivi d’un autre garçon, Alexandre[10], le 9 juillet 1775.

Le 1er janvier 1777, il fut nommé colonel du régiment d’artillerie de La Fère.

Le 3 juin 1779, il devint commandant de l’École d’artillerie d’Auxonne. Il demanda une permission d’un semestre en septembre : le 6 de ce mois, au château, Alexandrine[11] était née. Malheureusement, Marie ne devait jamais se remettre de cet accouchement. Jean-Pierre du Teil monta au grade de brigadier d’infanterie le 1er mars 1780 et il dut rejoindre son poste. Le dimanche 20 août 1780, Marie du Teil rendit l’âme ; le service funèbre eut lieu le lendemain et elle fut inhumée dans la chapelle des seigneurs. Le veuf demanda un nouveau congé : il devait prendre des dispositions testamentaires, ce qui fut fait le 1er juin.

Le 13 juin 1782, il reçut une gratification de huit cent livres, vraisemblablement pour avoir reçu le grand duc de Russie, Paul Petrovitch (1754-1801, futur Paul Ier  de Russie.

Le gourverneur d’Auxonne était rarement à son poste et du Teil remplissait ses fonctions sans être rémunéré pour cela, aussi, le 10 février 1783, il fut suggéré de lui accorder un supplément de traitement de deux mille livres afin de couvrir les dépense qu’il pouvait avoir quand des visiteurs de marque venaient à Auxonne. Le 4 avril, le ministre répondit que les mérites de du Teil étaient connus, mais les finances de l’État ne permettaient pas d’accéder à cette requête. Le 24 octobre, il reçut de Louis XVI (1754-1793) un brevet spécial de commandant (depuis le 13, malade, du Teil avait demandé l’autorisation de prendre plusieurs permissions sur quatre mois, cela lui fut accordé le 15 novembre).

Il devint maréchal de camp le 1er janvier 1784.

Le 19 décembre 1787 arrivait à Auxonne le dernier régiment que du Teil allait commander là et le 25 du même mois arrivait le régiment de La Fère dont le lieutenant en second était Napolionne de Buonaparte.

En 1789, du Teil et Bonaparte quittèrent Auxonne. Il est possible que du Teil ait alors pris Bonaparte comme aide de camp et qu’ils partirent ensemble pour Lyon. Le baron du Teil dut se rendre à Pommier qui fut pillé, une partie de la collection d’armes étant volée, à la fin juillet et qui fut sauvé de l’incendie par le curé de la paroisse et un beau-frère du baron qui était sur place. Informé de la catastrophe, du Teil demanda une permission le 14 août qui lui fut accordée la semaine suivante.

Du Teil était convaincu que la Révolution n’était qu’une passade et que le mouvement prendrait vite fin.

Le 14 juillet 1790, tout en étant soldat du roi, lui et ses officiers prêtèrent le serment fédératif et reçurent des cocardes tricolores. De passage à Pommier en août, il fit une mauvaise chute et obtint une permission jusqu’en octobre ; cette permission fut prolongée jusqu’en mai 1791.

Il devint inspecteur général d’artillerie du sixième département le 1er avril 1791 et lieutenant général des armées du roi le 30 novembre de la même année.

Le baron du Teil s’efforçait de passer le plus de temps possible au château de Pommier. Selon Joseph du Teil, il avait rassemblé « une belle bibliothèque militaire et une importante collection d'armes, pillée en partie en 1789[12] ». Son élève à Auxonne, Napoléon Bonaparte (1769-1821), lui rendit visite au château (c’est là qu’il fit la connaissance d’Alexandrine et se prit d’affection pour elle). La dernière visite de Bonaparte à Pommier date d’août 1791.

Au fil des ans, le baron du Teil avait su étendre son domaine et Pommier lui rapportait plus de douze mille livres par an. Ses fils suivaient tous la même carrière que lui, mais il était aussi attentif à l’éducation de ses filles qu’il confiait à de bonnes institutions (ses aînées étaient en charge des plus jeunes à Pommier).

En avril 1792, il fut nommé commandant en chef de l’équipage d’artillerie de l’armée du Rhin, mais son état de santé l’empêcha de rejoindre et il refusa le poste le 5 juillet ; la charge fut confiée à son propre frère, le chevalier Jean du Teil (1738-1820).

Ne voyant pas les horreurs qui allaient être commises pendant la Terreur, il refusa de fuir et resta en poste à Grenoble où il avait été envoyé. Ce fut là qu'il fut arrêté et envoyé à Lyon où il fut jugé par la commission militaire le 4 ventôse An II (22 février 1794) pour avoir donné des ordres contre-révolutionnaires lors du siège de Toulon, condamné à mort le 8 ventôse An II (mercredi 26 février) et fusillé le 9 ventôse An II (jeudi 27 février 1794). Son fils Marie-Césaire était avec lui, mais il dut être traumatisé par l'exécution de son père et par sa propre fuite en Suisse afin de ne pas connaître le même sort, car il raconta que la sentence avait été immédiatement appliquée. Jean-Pierre du Teil de Beaumont repose à l'ossuaire des Brotteaux, chapelle des Capucins ; cette chapelle des Martyrs accueille de nombreuses victimes.



[1] : Le comte Alfred Werner de Jaubert naquit à Metz le 19 septembre 1804 et mourut à son domicile au 27 bis, rue de la Chaussée d’Antin dans le IXe arrondissement de Paris le 17 décembre 1863. Louise Michaud (1822-1848), son épouse, était déjà morte et il était, selon son acte de décès, « rentier ». Aucune mention de son activité de peintre – alors qu’il fut formé par Louis Hersent (1777-1860) et exposa au Salon.

[2] : Tout comme son père, il fut dans l’artillerie, dès 1775, et prit sa retraite en 1816. Il fut chevalier de Saint-Louis et mourut à Beaune le samedi 9 novembre 1822. Il se maria deux fois et eut quatre enfants (trois fils avec Angèle de Berbis et une fille avec Louise de Luzy-Pélissac – Cf. http://genobco.free.fr/provence/Tillia4

Beaumont.htm).

[3] : Dans Napoléon Bonaparte et les généraux Du Teil (1788-1794), l'école d'artillerie d'Auxonne et le siège de Toulon publié en 1897, le baron Joseph du Teil (1863-1918) appelle l’Alsacienne Schlettstadt « Schelestadt ».

[4] : Il devint militaire en 1775 et fut capitaine au régiment de Saintonge en 1789. En 1792, il fut aide de camp de son père. Il fut mortellement blessé à Berstheim le 2 décembre 1793

[5] : Il commença sa carrière militaire en 1776 et fut lieutenant au régiment de Lorraine en 1787. Il rendit l’âme à Bayeux le 18 février 1789.

[6] : Cette enfant mourut en 1773.

[7] : Elle épousa Louis Boizot. Elle était veuve quand elle mourut à Metz le 16 février 1830. Elle était rentière. Ce fut son neveu, le chevalier Charles Cézar du Teil (il avait trente-six ans et était capitaine au septième régiment de dragons ; il était le troisième fils de Claude du Teil, aîné des enfants de Jean-Pierre et Marie), qui déclara son décès.

[8] : Elle mourut à Paris le 19 février 1832 (il existe un acte reconstitué aux archives de Paris). Elle était l’épouse de François Jacquesson, qui était rentier. Le couple résidait au 2, rue des Colonnes dans le IIe arrondissement.

[9] : Ce baron du Teil fut lieutenant au corps royal d’artillerie en 1788 et il fut aide de camp de son père en 1791 (un an avant son aîné Jean-Michel). Il fut nommé capitaine en 1793, puis chef de bataillon en 1817. Il fut député de la Moselle de 1825 à 1830. chevalier de Saint-Louis et officier de la légion d’honneur, il fut nommé baron héréditaire par lettres patentes en date du 14 avril 1820. Il épousa Marie de Wayde le 4 septembre 1797 à Metz et ils eurent quatre enfants : trois filles, Henriette, Eulalie et Louise (l’aînée épousa son cousin Charles, celui qui avait déclaré le décès de sa tante Eulalie) et un fils, Henri, qui fut l’un des fondateurs de Jockey Club à Paris et fut à l’origine d’une branche de la famille établie au Guatemala. Marie-Césaire mourut à Paris le 18 décembre 1842.

[10] : Il est aujourd’hui connu sous le nom de baron du Teil de Chars ; sa branche fut fixée à Paris. Il fut nommé lieutenant au corps royal d’artillerie en 1788 et servit jusqu’en 1795, participant à quatre campagnes. Il reprit du service en 1816 : il fut colonel, chef d’État-major des Gardes nationales de Saône et Loire. Il fut fait chevalier de Saint-Louis en 1821 et chevalier de la Légion d’Honneur en 1826. En Loraine, à Gorze, il épousa Françoise de Jouslard d’Ivernay (Ivernay, 1777-Paris, 18 juin 1857) ; ils eurent trois filles (Lydie, Clémence et Flavie) et un fils (James). Alexandre du Teil mourut à Paris le 20 août 1854. Le couple résidait au 2, rue des Saints-Pères.

[11] : Elle épousa Paul Étienne de Patris (Rodez, 29 juin 1778-Tarragone, 23 juin 1811) ; l’acte de décès d’Alexandrine à Metz le 30 septembre 1868 l’appelle « Patris », mais il nomme la défunte « Alexandre ». Une Famille militaire au XVIIIe siècle, ouvrage rédigé par le baron Joseph du Teil et publié en 1896 qui l’appelle « de Patris » donne la bonne version. Le couple eut une seule fille avant que de Patris meure au siège de Tarragone et le jeune couple fut longtemps séparé par les affectations militaires de Paul Étienne. La jeune veuve se retira auprès de son oncle, Jean du Teil de Beaumont (1738-1820). À Metz, le 10 mai 1812, elle parvint à s’approcher de l’empereur qu’elle connaissait depuis que Jean-Pierre du Teil avait  pris le jeune officier sous son aile à Auxonne et fit établir un brevet de pension pour Alexandrine ; elle en bénéficiait encore au moment de son décès.

[12] : Teil (baron Joseph du), Napoléon Bonaparte et les généraux Du Teil (1788-1794), l'école d'artillerie d'Auxonne et le siège de Toulon, Paris, 1897, p. 264.