Des nouvelles de Clio (Bulletin #9)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

* Une nouvelle fois, archéologues et scientifiques ont collaboré afin d’essayer de recréer des senteurs du passé (article en anglais).

* Un entretien avec le professeur Stephen Tuck nous donne un aperçu de ses recherches sur les habitants de Pompéi qui ont réussi à fuir avant que la ville ne disparaisse sous les cendres. Il a écrit un ouvrage sur ses découvertes (article en anglais).

* Quand l’humain ne comprend pas quelque chose, il invente des histoires. La naissance de jumeaux, encore aujourd’hui dans certaines cultures, a longtemps posé bien des questions et, dans l’antiquité, les hommes ont créé des explications qui, pour la plupart, devaient servir d’avertissements. La mythologie a alors influencé la façon dont les jumeaux étaient perçus (et souvent craints). La science peut aider à améliorer l’Histoire (article en anglais).

* Le directeur du musée de l’Acropole a profité du vol au Louvre afin de demander au musée de restituer les quelques marbres du Parthénon qui avaient été achetés au XVIIIe siècle. En fait, le but final est de récupérer les marbres volés par Lord Elgin et qui se trouvent au British Museum – où il semble qu’ils n’en prennent pas si bon soin que ça (article en anglais).

* Loin des clichés au sujet de Cléopâtre VII, cet article se penche sur l’excellente éducation reçue par la reine d’Égypte selon les meilleurs critères grecs et rend justice à son extraordinaire intellect (article en anglais).

* Des chercheurs se sont penchés sur le roi Midas et si aucun homme n’a jamais transformé en or tout ce qu’il touchait en dehors des récits mythologiques, ce nom apparaît réellement en Histoire (article en anglais).

* Si vous vous posez des questions au sujet de l’état de la médecine en Égypte antique et en Grèce antique, le tout agrémenté de petites vidéos instructives, l’article dont vous avez besoin est ici (en anglais).

* L’existence d’Homère  - et le fait qu’il ait, ou non, écrit l’Iliade et l’Odyssée  - est toujours source de débats (plus ou moins virulents) chez les chercheurs. Cet article propose également une fascinante vidéo qui se penche sur la question « Homère aurait-il pu être une femme ? » (article et vidéo en anglais).

L'aile de Trianon-sous-bois au Grand Trianon

            Afin de célébrer les 150 ans de la IIIe République, l’aile du Grand Trianon, Trianon-sous-Bois, où résida le général de Gaulle, a été ouverte au public en visite libre les week-ends à partir du 5 avril et jusqu’à la fin octobre 2025.

Le communiqué de presse sur le site Internet du domaine de Versailles nous dit :

« Ouverture des appartements du général de Gaulle à Trianon

En 2025, dans le cadre des 150 ans de la IIIe République, le château de Versailles célèbre son héritage républicain. Après la salle du Congrès et l’appartement du président du Congrès, l’aile de Trianon-sous-Bois ouvrira au public à partir du 5 avril. Ces appartements avaient été réaménagés par le général de Gaulle dans les années 1960 pour en faire une résidence présidentielle privée.

 

Trianon-sous-Bois, l’Élysée à la campagne

Trianon-sous-Bois est une aile discrète du Grand Trianon qui ne se dévoile qu’en contournant le parterre haut du jardin. L'aile apparait sur le plan ancien de Trianon par Hardouin-Mansart et a été bâtie pour loger la famille de Louis XIV. Si le Grand Trianon est construit en pierre calcaire, seule l'aile de Trianon-sous-Bois n'a pas reçu de placage de marbre. Elle est aussi la seule aile du palais pourvue d’un étage. Son style préfigure celui du XVIIIe siècle. 

Dans le cadre d’importants travaux de restauration et de modernisation du Grand Trianon dans les années 1960, c’est à Trianon-sous-Bois que fut aménagée la résidence privée du général de Gaulle. Son rez-de-chaussée se compose de différents bureaux, dont celui du Général et ceux de ses aides-de-camp, de salons et d’une salle à manger. L’étage est dévolu aux appartements privés avec une série de chambres et de salles de bains. Le président peut y séjourner et recevoir les invités de la France dès 1966. 

Au sous-sol, ce sont 800 m2 qui sont consacrés à des cuisines ultra-modernes pouvant servir un nombre important de convives lors de banquets officiels organisés dans la galerie des Cotelle. 

Jean Coural, alors administrateur du Mobilier national, demande au décorateur Serge Royaux de meubler cette nouvelle résidence privée. Scénographe d’expositions et décorateur de résidences privées luxueuses, il était l’homme de la situation. Pour les salons du rez-de-chaussée, le choix du mobilier se porte sur les collections Empire du Mobilier national. Certains meubles ont été adaptés aux usages modernes, comme des vases montés en lampes ou des bancs transformés en tables basses. Concernant les textiles, Serge Royaux va jouer sur les contrastes colorés et imposer le velours frappé. Pour le premier étage, espace véritablement privé, le style est plus discret : on opte pour un mobilier de style Louis XVI et des cotonnades imprimées rappelant la toile de Jouy. 

Le mobilier de Trianon-sous-Bois a été restitué par le Mobilier national en 2015. L’aile se découvre donc aujourd'hui dans son état des années 1960. 

 

Le Grand Trianon, mille-feuille de l’histoire

Le Grand Trianon a été bâti dès 1687 par Jules Hardouin-Mansart pour Louis XIV qui désirait un lieu privé pour lui et sa famille, à l’écart du château où bourdonnait la vie de cour. Le palais se caractérise par sa construction de plain-pied, ses marbres roses et son péristyle majestueux ouvert vers les jardins. 

Moins prisé mais non délaissé par Louis XV et Louis XVI, le Grand Trianon fut investi par Napoléon à partir de 1808 puis par Louis-Philippe qui en fit une résidence familiale lui permettant de séjourner au plus près des travaux de transformation du château de Versailles en musée de l’histoire de France. 

Ainsi, chaque souverain qui vécut à Trianon laissa une trace dans le palais. Aujourd’hui, le Grand Trianon fait s’entremêler ces différentes époques : les boiseries et l'essentiel des peintures datent de Louis XIV et le mobilier date de Napoléon et de Louis-Philippe. 

 

La restauration et la modernisation du Grand Trianon dans les années 1960

Le général de Gaulle fut le dernier chef d’État à laisser sa marque au Grand Trianon. Dans les années 1960, des aménagements au palais de l’Élysée privèrent les hôtes de marque étrangers d’une résidence officielle en France. Sur proposition d’André Malraux en 1962, alors ministre des Affaires culturelles, le général de Gaulle choisit le Grand Trianon pour y remédier. 

Le projet prévoyait une importante restauration générale prenant en compte d’une part des considérations d’ordre logistique et pratique comme l’électricité et le chauffage, le palais étant devenu très vétuste, et d’autre part l’aménagement d’une résidence pour les hôtes étrangers de la France dans l’aile gauche et l’aménagement d’une résidence présidentielle privée dans l’aile droite, dite de Trianon-sous-Bois. »

            Une fois traversé le péristyle, on arrive à la galerie des Cotelle, ainsi nommée en l’honneur des toiles de Jean Cotelle (1642-1708) qui ornent les murs (sur les vingt-quatre toiles de la galerie, vingt-et-une sont de lui ; emportées au château par Louis-Philippe (1773-1850), elles furent ramenées dans la galerie en 1913. Le 4 juin 1920, ce fut dans cette galerie que fut signé le traité de Trianon qui mit fin à la guerre avec la Hongrie.

Les grandes réceptions organisées par de Gaulle avaient lieu là.

 Au bout de cette galerie, on trouve le salon des jardins.

En continuant la visite sur la droite, on arrive à la chapelle Louis-Philippe.

Puis commencent les appartements du général de Gaulle :

La salle à manger du président de la République


 Le salon du président de la République

Le bureau du président de la République

Le bureau du premier aide de camp

 Le bureau du deuxième aide de camp

Le salon d’attente

Le salon des huissiers

 

Les jardins


            Pour une petite explication en vidéo au sujet de la plus récente version de Trianon-sous-Bois, la chaîne YouTube du château de Versailles a créé ceci :

Activités au musée de Cluny les 17 et 18 janvier 2026

            Nous avons reçu un message du musée de Cluny au sujet d’activités la semaine prochaine, ce qui nous permet de partager la nouvelle avec vous :

Les Légendaires à Cluny

Événement


Date : samedi 17 janvier 2026 - 11:00

À l'occasion de la sortie du film, les Légendaires s'invitent au  musée de Cluny le temps d'un week-end. 

Entre amis ou en famille, venez suivre les héros dans les collections du musée.  Au programme : des visites guidées, des rencontres avec le réalisateur et le scénariste du film, un concert et des tirages au sort pour gagner des BD, des places de cinéma et des entrées au musée...

Danaël, Jadina, Gryf, Shimy et Razzia vous attendent nombreux pour fêter l'événement ! 

Cet événement est organisé en partenariat avec PAN ANIMATION à l’occasion de la sortie du film "Les Légendaires", adapté de la série de bandes dessinées de Patrick Sobral. Sortie au cinéma le 28 janvier 2026.


Une programmation exceptionnelle

Livret-jeu gratuit "Les Légendaires au musée de Cluny" 

Disponible à l'entrée du musée.

Public : à partir de 8 ans

"Les Légendaires", des bulles au cinéma

Samedi 17 janvier de 16h30 à 17h30

Rencontre avec Guillaume Ivernel (réalisateur du film "Les Légendaires") et d'Antoine Schoumsky (scénariste)

Plongez dans les coulisses de l’adaptation au cinéma des "Légendaires" ! À travers un échange exclusif avec le réalisateur et le scénariste, découvrez les défis et les secrets de la transformation d’une BD culte en un film d’animation à couper le souffle. 
Des révélations qui promettent de vous donner envie de filer au cinéma dès la première séance !

Public : adultes

Tarif : inclus dans le billet d'entrée. Inscription sur place dans la limite des places disponibles. 


L'univers des "Légendaires" s'anime en musique

Dimanche 18 janvier de 16h15 à 17h15

Par Cécile Corbel et Simon Caby

Rencontrez le créateur des "Légendaires", Patrick Sobral, et laissez-vous emporter par les compositions inédites de Cécile Corbel et Simon Caby.

Une parenthèse artistique exceptionnelle, conçue rien que pour vous.

Public : à partir de 6 ans.

Tarif : inclus dans le billet d'entrée. Inscription sur place dans la limite des places disponibles. 

La programmation associée

Durant tout le week-end, la programmation du musée plonge dans l'univers des Légendaires. 
Visite guidée : 5€

Atelier : 10€ pour les moins de 18 ans / 20€ pour les adultes 

Samedi 17 janvier 

11h : Héros et héroïnes, visite guidée, durée 1h30 (à partir de 8 ans)

11h30 : Drôles d’animaux, visite guidée, durée 1h (à partir de 5ans)

14h : Atelier héraldique, atelier, durée 2h (8-12 ans)

14h30 : Héros et héroïnes, visite guidée, durée 1h30 (à partir de 8 ans)

16h15 : Vivre au Moyen Âge, visite guidée, durée 1h (à partir de 6 ans) 

Dimanche 18 janvier

11h : Héros et héroïnes, visite guidée, durée 1h30 (à partir de 8 ans)

11h30 : Drôles d’animaux, visite guidée, durée 1h (à partir de 5 ans)

14h : Atelier héraldique, atelier, durée 2h (adultes)

14h30 : Héros et héroïnes, visite guidée, durée 1h30 (à partir de 8 ans)

16h30 : Vivre au Moyen Âge, visite guidée, durée 1h (à partir de 6 ans)

Espace lecture

Samedi 17 et dimanche 18 janvier de 11h à 15h

Installez-vous confortablement et plongez dans les aventures des Légendaires. Des albums seront disponibles tout au long du week-end pour vous offrir une pause lecture au cœur de la salle Notre-Dame.

La chapelle royale du château de Versailles

            Quand on visite le château de Versailles, on a une vue de la chapelle royale seulement depuis la porte du premier étage qui donne sur la tribune royale.


            Il y a des événements et concerts dans cette chapelle, qui peut aussi être admirée lors d’une visite guidée, mais l’été dernier (du 8 juillet au 30 septembre 2025), la partie basse de la chapelle a été ouverte au public en visite libre.

La page Internet du château nous dit :

« La Chapelle royale a été achevée à la fin du règne de Louis XIV, en 1710. Elle est la cinquième – et dernière – des chapelles qui se sont succédé dans le château depuis Louis XIII. Jules Hardouin-Mansart en propose le plan au Roi en 1699. Le Premier architecte meurt en 1708 sans voir la fin des travaux qui sont achevés par son beau-frère Robert De Cotte.

 

Le dernier chantier de Louis XIV

L’élévation générale du bâtiment emprunte à l’architecture gothique son élévation, ses grandes verrières ou ses contreforts. Dédiée à Saint Louis, saint patron du Roi et ancêtre de la maison royale, la Chapelle, par son allure générale, fait écho à la Sainte-Chapelle de Paris qu’il avait fondée. L’élévation intérieure, dans sa distribution en deux niveaux, reprend la répartition habituelle des chapelles palatines, mais son traitement architectural, avec la puissante colonnade qui règne au premier étage, s’inspire ostensiblement de l’Antiquité.

Le plafond de la voûte, qu’Hardouin-Mansart a voulu sans aucun arc doubleau pour en faire une surface entièrement unie, est consacré à la Sainte-Trinité : au centre, Dieu le Père dans sa gloire par Antoine Coypel[1], dans l’abside La Résurrection par Charles de La Fosse[2] et, au-dessus de la tribune royale, La Descente du Saint‑Esprit par Jean Jouvenet[3].

 

 Anecdote

Chaque jour, généralement le matin à 10 heures, la Cour assistait à la messe du roi. Celui-ci se tenait à la tribune royale, entouré de sa famille. Les dames de la Cour occupaient les tribunes latérales. Dans la nef se trouvaient les « officiers » et le public.

Le roi n’y descendait que pour les grandes fêtes religieuses où il communiait, pour les cérémonies de l’ordre du Saint-Esprit, pour les baptêmes et pour les mariages des Enfants de France qui y furent célébrés de 1710 à 1789.

Au-dessus de l’autel, autour de l’orgue de Clicquot[4] orné d’un beau Roi David en relief et dont les claviers ont été tenus par les plus grands maîtres comme François Couperin[5], la musique de la Chapelle, renommée dans toute l’Europe, chantait quotidiennement des motets[6] tout au long de l’office. »

Le plafond : 

 
L'autel :
 
 
L'orgue:
 

La tribune royale :

Colonnades, vitraux et autres éléments de la chapelle :

 

            La chapelle royale a été récemment restaurée et la chaîne YouTube du château a publié un fascinant documentaire sur le sujet :



[1] : Antoine Coypel (1661-1722), peintre à la Cour de Louis XIV, puis Premier peintre du Roi en 1716 sous Louis XV…

[2] : Charles de La Fosse (1636-1716), peintre ayant œuvré à l’Hôtel des Invalides.

[3] : Jean Jouvenet (1644-1717), peintre, élève de Le Brun…

[4] : Robert Clicquot (1645-1719), facteur d’orgue français…

[5] : François Couperin (1668-1733), compositeur, organiste et claveciniste de musique baroque.

[6] : Compositions musicales à partir d’un texte religieux ou profane, à une ou plusieurs voix, avec ou sans accompagnement.