Le
musée archéologique national de Naples se situe dans le Palazzo degli Studi et
est un des plus grands musées archéologiques du monde. C’est sans doute le
musée qui possède le plus d’objets romains au monde.
Les
toutes premières pièces proviennent de la collection Farnèse (Alexandre Farnèse
(1468-1549) qui fut pape sous le nom de Paul III, fut un très grand
collectionneur), mais le nombre d’œuvres romaines augmenta grandement quand les
archéologues commencèrent à explorer Pompéi et Herculanum.
À Pompéi, une des maisons dont les
œuvres d’art ont été préservées par les cendres de l’éruption du Vésuve en 79 a
été baptisée « maison du faune », parce qu’une statue de faune dansant
s’y trouvait. C’est aussi là que fut découverte la célèbre mosaïque d’Alexandre
le Grand à la bataille d’Issos. La maison du faune occupait toute une insula (un
pâté de maisons ou îlot urbain) et de nombreuses œuvres magnifiques y ont été
découvertes.
Le
musée archéologique national de Naples possède notamment un petit marbre
touchant et assez inhabituel : un groupe de quatre chiots qui se serrent
les uns contre les autres.
Une nouvelle exposition vient d’ouvrir
ses portes au musée du Louvre. Elle est installée dans les salles 300 et 316 (elle
n’est pas accessible le lundi).
Le département des
Antiquités orientales accueille pour la première fois dans les salles
d’archéologie chypriote, seize œuvres prêtées par le Département des Antiquités
de Chypre du Ministère de la Culture de la République de Chypre accompagnées d’une
expérience numérique inédite.
À partir d’œuvres
emblématiques et iconiques, comme les idoles en picrolite extraites du Mont
Troodos ou un lingot de cuivre inscrit mis au jour dans un des sanctuaires
d’Enkomi, le visiteur est invité à mieux comprendre les productions matérielles
et les échanges commerciaux et culturels qui se développent dans l’île au
chalcolithique et à l'âge du Bronze.
De magnifiques
statues votives archaïques en terre cuite découvertes par la mission suédoise
dans les années 1930 à Ayia Irini dialogueront avec les ex-voto en calcaire mis
au jour à Golgoï par la mission du Comte de Vogüé dans les années 1860. Autour
des deux chapiteaux hathoriques du Louvre, les recherches récentes sur la
« Grande déesse » seront valorisées et aux côtés de la très
importante collection d’ex-voto anatomiques, trônera le dieu Asklépios de
Paphos, rappelant l’importance de Chypre dans la pratique de la médecine.
À la découverte de
ces œuvres ambassadrices et à la redécouverte de la collection du musée, le
visiteur suivra un parcours sensoriel riche d’extraits de poèmes de George
Séféris et Constantin Cavafy et de chants chypriotes.
Cette manifestation
matérielle et immatérielle célèbre au Louvre la richesse de la culture
chypriote à travers le temps, dans le cadre de la présidence de Chypre au
conseil de l’Union européenne.
Commissariat
George
Papasavvas et Artémis Georgiou (Université de Chypre) et Hélène Le Meaux (musée
du Louvre).
Remerciements
Cette exposition est
organisée par le musée du Louvre dans le cadre du Programme culturel de la
présidence chypriote du Conseil de l’Union européenne en 2026. »
* Si
vous vous demandez pourquoi « Athènes » est au pluriel, c’est parce
que c’est linguistiquement logique – même si c’est ancien – et géographiquement
cohérent (article en anglais).
* Les
hommes qui ont inventé la mythologie ont eu de drôles d’idées : les
habitantes de Lemnos, maudites par Aphrodite, tuèrent les hommes de leu île, mais
Hypsipyle arriva à sauver son vieux père. Ça fait des histoires fascinantes,
mais bien tarabiscotées quand même (article en anglais).
* Olympie- et ses fameux jeux – est une ville
charmante, mais n’oublions pas Delphes et ses jeux pythiques en l’honneur
d’Apollon (article en anglais).
* Les
Romains avaient des pratiques funéraires variées. Des fouilles récentes de
l’Inrap (Institut national des recherches archéologiques préventives) dans
l’ancienne Olbia, près d’Hyères dans le Var, ont révélé une zone de crémation
dans la nécropole étudiée (article sur le sujet en français ou en anglais).
* Avec
des « si », on met Athènes en amphore, mais il est frustrant de se
dire que Démocrite avait eu une excellente intuition au sujet des atomes et
qu’Aristote a contré son idée et a influencé la science pendant des siècles
(article en anglais).
* « Tous
les chemins mènent à Rome »… c’est bien connu. En revanche, ce qui avait
été oublié, c’est le nombre de kilomètres de routes utilisées par les Romains.
Des chercheurs se sont penchés sur la question et ont découvert qu’il y avait
deux fois plus de routes que nous ne le pensions. Ils ont fait une petite vidéo
sur leurs découvertes et les routes peuvent être explorées sur le site qu’ils ont créé (en anglais – version courte et version longue).
* Entre
1801 et 1804, Thomas Bruce, Lord Elgin (septième comte du nom), se débrouilla
pour soudoyer les Ottomans qui occupaient la Grèce et il eut recours à des
Italiens pour s’emparer sans le moindre ménagement de certaines frises du Parthénon à Athènes. Il ramena ces œuvres afin de décorer sa demeure écossaise,
mais il finit par les vendre au British Museum, où elles se trouvent encore –
malgré les demandes répétées du gouvernement grec (le nouveau musée de l’Acropole a été
spécialement construit pour accueillir ces pièces car les Anglais refusaient de
les rendre si leur conservation n’étaient pas assurée dans de bonnes
conditions. Londres refuse encore de restituer les sculptures dérobées par
ruse, corruption et arrogance colonialiste).
Un
tout nouveau documentaire, The Marbles, va même jusqu’à suggérer que le
document ottoman présenté par Elgin afin de dire qu’il était autorisé à prendre
des statues du Parthénon était un faux (il n’y en a aucune trace dans aucune
archive).
Les
statuts du British Museum (depuis 1963… ils auraient pu les restituer bien
avant) font qu’ils ne peuvent les rendre sans une décision directe du
gouvernement – qui fait la sourde oreille (articles et bande-annonce du
documentaire en anglais).
Les peuples opprimés, les peuples
colonisés, se serrent les coudes, même quand leur propre situation est bien
sombre. Cette empathie, cette solidarité, cet amour sont et resteront toujours
un mystère pour les oppresseurs et les colons.
En 1795, l’Espagne céda aux États-Unis
des territoires et parmi ces terres se trouvaient les terres de la Nation
Choctaw ou Chactas – incidemment, « Choctaw » est l’anglicisation
incorrecte de leur nom : « Chahta » (ce nom serait celui d’un
ancien chef ou le résultat de la compression de la phrase « hvcha
hattak » qui signifie « peuple du fleuve », ce qui ferait de
leur nom une référence géographique quant à d’anciennes cités de ce peuple).
Ce
peuple natif des états que les colons ont appelé Louisiane, Mississippi et
Alabama était réparti en plusieurs groupes ; les Espagnols les
rencontrèrent au XVIe siècle, les Français au siècle suivant
(notamment en Louisiane).
Tandis
que ce peuple avait soutenu les colons britanniques dans leur guerre
d’indépendance quand ils en eurent assez de payer des impôts au roi
d’Angleterre sans pour autant avoir des représentants au Parlement de Londres
pour défendre leurs intérêts, ainsi que dans d’autres conflits, les Choctaws
furent arrachés à leurs terres de 1831 à 1833. Paradoxalement, en vertu du
Traité de Dancing Rabbit Creek de 1830, ceux qui décidèrent de rester au
Mississippi furent considérés comme simples citoyens américains.
Afin
de donner les terres des natifs à des colons, une grande partie de la Nation
Choctaw, environ quinze mille âmes, fut déportée, à pied, en Oklahoma ; ce
fut la « piste des larmes » (1/6 d’entre eux mourut en route). Dans
le traité de 1830, la Nation avait accepté de partir pour des nouvelles terres
à l’ouest, mais pas dans les conditions atroces que les soldats leur firent
subir.
La
déportation en Oklahoma fut terrible. L’installation sur les nouvelles terres
maintint la Nation dans la pauvreté.
En parallèle, l’Irlande fut réduite
par l’Angleterre au statut de simple colonie en 1801. Les natifs, gaéliques et
catholiques, n’avaient pratiquement aucun droit face aux colons protestants.
La
situation des Irlandais s’était déjà dégradée en 1649 quand Oliver
Cromwell (1599-1658) avait mis en place des lois systématiquement en défaveur
des catholiques à la suite de leur tentative de révolte contre le pouvoir
anglais.
Si
Antoine Parmentier (1737-1813) eut une excellente idée en arrivant à faire
adopter la pomme de terre aux Européens, il n’aurait pu imaginer comment ce
légume allait permettre une explosion de la population – malgré le fait que les
terres qui avaient été morcelées jusqu’à être de ridicules parcelles (en
effet, à cause de Cromwell, tous les fils d’une famille héritaient d’une
parcelle des terres du père et plus seulement l’aîné, ce qui causa bien des
problèmes) et ce que l’arrivée du mildiou en Irlande allait causer comme
tragédie.
À
partir de 1845, le mildiou attaqua les récoltes irlandaises. Les propriétaires
terriens anglais continuèrent à exporter le peu qui était produit. Trois des
quatre récoltes suivantes furent catastrophiques et Sir Charles Trevelyan
(1807-1886) minimisa les conséquences des mauvaises récoltes sur la population
– il contribua à lui seul à l’exil de deux millions d’Irlandais et la mort d’un
million d’entre eux.
L’exil
des Irlandais fit se poser des questions au monde et on commença à parler de la
famine en Irlande.
Quand les membres de la Nation
Choctaw apprirent ce qui se passait – et malgré leur situation qui n’était
guère reluisante – ils firent une collecte pour les Irlandais et, en 1847, ils envoyèrent
170 $. Cette somme correspond environ à cinq mille dollars aujourd’hui, mais il
s’agissait d’une somme énorme à l’époque.
Le geste de solidarité de la Nation
Choctaw aurait pu s’arrêter à ce don de 1847, mais les peuples opprimés se
soutiennent. Aussi, ils se souviennent de la main tendue et de l’aide apportée.
En
1990, des chefs de la Nation Choctaw se rendirent en Irlande, dans le comté de
Mayo, afin de participer à la commémoration de la marche de 1848 où les
Irlandais allèrent voir leurs propriétaires terriens.
En
1992, des représentants irlandais rendirent visite aux membres de la Nation
Choctaw qui se préparaient à commémorer la piste des larmes. La même année, une
plaque commémorative rappelant le don des Choctaws fut installée à Mansion House,
résidence officielle du Lord maire de Dublin depuis 1715.
Les
représentants politiques des deux nations se rendent régulièrement visite pour
diverses commémorations et l’échange de cadeaux culturels. Le Taoiseach Leo
Varadkar a même déclaré que le lien entre la Nation Choctaw et le peuple
irlandais n’est pas qu’un souvenir sacré, mais un lien sacré qui lie ces deux
peuples pour l’éternité.
En
2017, la statue Kindred Spirits d’Alex Pentek fut installée dans le parc
Bailick à Midleton dans le comté de Cork en Irlande. Neuf plumes d’aigle en
métal de plus de six mètres sont en cercle autour d’un bol vide.
En
2024, Samuel Stitt de la Nation Choctaw créa Eternal Heart, une sorte de
nœud celtique sans début ni fin. L’œuvre est installée sur le terrain du
Capitol Choctaw à Tuskahoma en Oklahoma.
Cette solidarité n’est pas limitée à
deux peuples.
La
Nation Cherokee, dont la situation n’était pas meilleure que celle de la Nation
Choctaw, avait aussi envoyée 200 $ aux Irlandais au moment de la famine.
En
2020, alors que la Nation Navajo et la Nation Hopi souffraient particulièrement
à cause de la pandémie, l’Irlande lança une campagne de levée de fonds en leur
faveur qui récolta plus de quatre millions de dollars. En juillet 2025, les
Nations Navajo et Hopi ont remercié les Irlandais, ce qui montre que des liens
se tissent entre ces peuples.
En
septembre 2020, l’équipe nationale d’Irlande de lacrosse donna sa place au
championnat du monde à l’équipe « Iroquois Nationals », composée de
Mohawk, Onondaga, Oneida, Cayuga, Seneca et Tuscarona parce que les
organisateurs ne reconnaissaient pas leur équipe comme étant celle d’une nation
souveraine.
En
octobre 2025, la nouvelle présidente d’Irlande, Catherine Connolly, défend
toujours le peuple palestinien en rappelant que la Palestine est occupée depuis
des décennies et fait ainsi écho aux démarches officielles de l’Afrique du Sud
en aide à la Palestine.
Les peuples opprimés se
reconnaissent et se soutiennent.