Exposition : « Diego Cibeli, confins de porcelaine » (6 juin - 26 octobre 2026 au château de Chantilly)

En même temps que l’exposition « De Naples à Chantilly, les collections de la reine Caroline Murat », le château de Chantilly nous présente une exposition d’art contemporain dans la « Grande Singerie » (dans les Grands Appartements du château) du 6 juin au 26 octobre 2026 :

 

« Diego Cibeli, confins de porcelaine 

Dans le cadre de la saison napolitaine qui s’inaugure le 6 juin 2026 au musée Condé du Château de Chantilly, alors que le Jeu de Paume présente les collections de Caroline Murat, reine de Naples sous l’Empire, l’artiste napolitain Diego Cibelli conçoit une installation, c’est-à-dire un ensemble de sculptures créées pour l’expositions, destinées à l’un des espaces les plus emblématiques des Grands Appartements.

Pour la première fois, l’un des décors les plus emblématiques du XVIIIe siècle, la Grande Singerie peinte en 1737 par Christophe Huet accueille une création contemporaine. Dans cet intérieur où se superposent les strates du goût, du pouvoir et de la mémoire, Diego Cibelli ne reconstitue pas la collection de porcelaines des princes de Condé aujourd’hui disparues, il en fait renaître le souvenir et l’imaginaire. Ses formes fragiles, où s’entrelacent figures humaines, animales et végétales, semblent issues d’un monde enchanté. Entre Naples et Chantilly, sa production relie deux grandes histoires du raffinement, des arts décoratifs et du collectionnisme dans une méditation joyeuse sur l’étrange, l’altérité et la mouvance des formes et des matières.

De Naples à Berlin et Chantilly

Né à Naples en 1987, Diego Cibelli étudie aux Beaux-Arts de sa ville natale avant de se former à la Weissensee Kunsthochschule de Berlin. De retour dans la cité parthénopéenne, il travaille – depuis son atelier du quartier populaire de Scampia dans la périphérie de Naples – un matériau emblématique de l’histoire artistique et politique du royaume de Naples : le biscuit de porcelaine (une céramique cuite sans glaçure).

Cette fragile matière lactée lui permet d’explorer les formes poétiques du vivant, faisant dialoguer et s’entrelacer figures humaines, animales, mythologiques et chimériques dans un univers de métamorphoses.

Après une exposition au musée de Capodimonte à Naples en 2021, Diego Cibelli obtient le premier Prix Carta Bianca en 2024, avant de créer une installation permanente à la Fondation Rovati à Milan en septembre 2025.

Porcelaine en héritage

À Naples, la porcelaine occupe une place singulière dans l’histoire du pouvoir et du goût, analogue à celle qu’elle revêtit à Chantilly. Fondée en 1743 par le roi Charles de Bourbon, la manufacture royale de Capodimonte fut l’une des plus ambitieuses d’Europe avant d’être appelée à une seconde vie sous le règne de Joachim Murat et de Caroline Bonaparte, qui en ravivèrent l’élan expérimental et la portée diplomatique.

Diego Cibelli s’inscrit dans cet héritage, qu’il réinterprète librement dans une fusion féerique de formes anthropomorphes, botaniques et animales, telle l’œuvre site-specific qu’il crée pour la Grande Singerie.

Peint en 1737, ce célèbre décor déployé en arabesques, peuplé d’espiègles figures simiesques où dialoguent et s’interpénètrent les Cinq Sens et les Quatre Parties du monde, abritait autrefois les précieuses collections de porcelaines du duc de Bourbon. Dès 1725, ce prince avait fondé sa propre manufacture à Chantilly, qui perdura jusqu’en 1870.

La Grande Singerie réunissait des porcelaines produites à Chantilly comme d’autres venues des confins de l’Asie, déployant un Orient imaginaire, promesse d’évasion vers l’ailleurs chère aux sociétés des Lumières.

En 2026, Diego Cibelli recrée, avec Confins de porcelaine, l’univers fantastique et métamorphique de cette collection dont la trace s’est aujourd’hui perdue, dans un harmonieux choc de représentations.

Le titre de l’exposition évoque les lointains géographiques rêvés au XVIIIe siècle comme les frontières mouvantes entre les règnes, les formes et les matières, au cœur du travail de l’artiste. Confins de porcelaine interroge ainsi l’étrangeté et l’altérité dans un jeu de rencontres entre les personnages, l’architecture, le décor, l’œuvre contemporaine et le public.

Cette installation tisse un dialogue inédit entre l’histoire des collections de Chantilly, l’imaginaire exotique du XVIIIᵉ siècle et les formes contemporaines de l’expérience de la découverte de l’étranger profondément ancrée dans la tradition millénaire de la cité portuaire de Naples.

Diego Cibelli – Premier Prix Carta Bianca 2024

Cette exposition et sa communication sont soutenues par l’Association SANTéART, qui a décerné son premier Prix Carta Bianca à Diego Cibelli en 2024. Trouvant sa source au croisement de l’art et de la dimension sensible de l’être humain, le Prix Carta Bianca construit une passerelle entre le monde des artistes et le monde des patients. Il est fondé autour de valeurs-clés inhérentes aux professions de santé: partage, don de soi, engagement, solidarité, humanité et considère l’apport du contact avec l’œuvre comme source de revitalisation et de renaissance. Avec une dotation annuelle le plaçant parmi les plus importants Prix français et européens, le Prix Carta Bianca a permis au cours des trois dernières éditions le soutien de vingt-quatre artistes, choisis par un comité franco-italien.

Commissariat

Ulysse Jardat, Conservateur du patrimoine, musée Condé »

Exposition : « Napoléon à Chantilly » (6 juin - 4 octobre 2026 au Cabinet des Livres du château de Chantilly)

En complément de l’exposition « De Naples à Chantilly, les collections de la reine Caroline Murat », le château de Chantilly nous propose, avec un supplément au billet, une exposition sur Napoléon (dans le Cabinet des Livres du château) du 6 juin au 4 octobre 2026 :

 

« Napoléon à Chantilly »

À première vue, on ne s’attend pas à trouver des souvenirs napoléoniens au musée Condé, surtout quand on sait que le dernier représentant des princes de Condé, le duc d’Enghien, a été fusillé sur ordre de Bonaparte, alors premier consul. Malgré cela, le duc d’Aumale a rassemblé une riche collection de souvenirs napoléoniens, souvent méconnus ou inédits. Tandis que Caroline Murat est mise à l’honneur dans la salle du Jeu de Paume, le cabinet des livres présente ces témoignages rares consacrés à son frère. » [Lettre d’information du château]

Le site du château nous dit :

« A priori, on ne penserait pas trouver des souvenirs napoléoniens au musée Condé, dont le nom rend hommage à la dynastie des princes de Condé, dont le dernier représentant, le duc d’Enghien, a été fusillé sur ordre de Bonaparte, alors premier consul.

En réalité, dans la droite ligne réconciliatrice de son père le roi Louis-Philippe, le duc d’Aumale s’est intéressé à la personne de l’Empereur et à son histoire, et a réuni représentations, souvenirs historiques, archives et ouvrages dont un grand nombre sont peu connus ou n’ont jamais été montrés au public. Alors que Caroline Murat, sera mise en valeur au Jeu de Paume, le cabinet des livres exposera les souvenirs méconnus et parfois extraordinaires de son illustre frère.

Commissariat

Mathieu Deldicque, Conservateur en chef du patrimoine, Directeur du musée Condé

Florent Picouleau, Chargé d’archives au musée Condé »

Exposition : « De Naples à Chantilly, les collections de la reine Caroline Murat » (6 juin - 4 octobre 2026 au Jeu de Paume du château de Chantilly)

            Le château de Chantilly nous présente une nouvelle exposition à la salle du Jeu de Paume du 6 juin au 4 octobre 2026 :

Caroline Murat par Ingres

« De Naples à Chantilly, les collections de la reine Caroline Murat

Caroline Murat (1782-1839), sœur de Napoléon Ier et reine de Naples dès 1808 aux côtés de son époux Joachim Murat, fut une grande mécène surnommée la « reine des arts ». Passionnée par la baie de Naples et les sites antiques de Pompéi et d’Herculanum, elle constitua une collection remarquable en soutenant des artistes majeurs tels qu’Ingres, Rebell ou Canova. L’exposition présentée au musée Condé du Château de Chantilly reconstitue cette collection grâce à d’importants prêts et à des œuvres récemment réattribuées. Elle met en valeur le goût novateur de Caroline Murat et son rôle essentiel dans le rayonnement artistique de Naples au début du XIXᵉ siècle, invitant le public à un voyage entre Naples et Chantilly.

Chantilly, une petite Naples

Chantilly est une petite Naples. L’exposition mettra l’accent sur le lien unissant Naples à Chantilly et Caroline Murat à Henri d’Orléans, duc d’Aumale et fondateur du musée Condé. Dernière sœur de la fratrie de Napoléon Ier, Caroline Bonaparte épouse le 20 janvier 1800, le général de brigade de l’armée impériale Joachim Murat, proche de l’empereur. Ensemble, ils ont eu quatre enfants, dont les portraits réalisés par leur professeur Benjamin Rolland témoignent de la proximité du couple Murat avec les artistes reconnus de leur époque. La collection des Murat prend racine dans la France impériale et s’enrichit durant leur règne napolitain. C’est Léopold de Bourbon-Siciles, prince de Salerne, régent à Naples à partir de 1815 au moment de la Restauration, qui reçoit en partage une grande partie de la collection des Murat. Ces œuvres rejoignent finalement, en 1854, la collection du duc d’Aumale, gendre du prince de Salerne.

La reine de l’Élysée

Si le collectionnisme de Caroline Murat connaît un essor à Naples, ses prémices prennent place en France, dans les résidences parisiennes du couple. Du palais de l’Élysée au château de Neuilly, l’exposition dévoilera l’existence d’un goût précoce pour le mobilier et les décors à l’antique, déjà prégnants dans les salons et cabinets d’études de la reine. Les paysages et vues intérieures de ces demeures rappelleront le raffinement artistique et architectural qui caractérise le mode de vie de Caroline Murat.

Napoli !

Régnant à Naples à partir de 1808, le couple Murat s’installe dans le palais royal. Cette demeure d’exception devient alors l’écrin de la collection grandissante de Caroline Murat, mais aussi un lieu où la reine accueille et développe son cercle artistique et intellectuel. Le milieu artistique et intellectuel dans lequel baigne la baie de Naples à l’arrivée du couple des Murat, est empreint d’un néoclassicisme. L’Italie est alors tournée vers son héritage antique, artistique et historique, mais aussi vers les grands noms de la Renaissance. La peinture italienne de l’époque moderne ornait ainsi les murs du palais royal.

La décennie de domination française est marquée par l’application d’une politique des arts dans le domaine archéologique. Caroline Murat développe un vif intérêt pour les fouilles archéologiques de Pompéi et d’Herculanum. Plus qu’un goût pour les trésors, c’est une véritable conscience patrimoniale qui semble être née chez la reine. Cette dernière se constitue alors un entourage composé des savants les plus éclairés tels que le comte de Clarac, Aubain-louis Millin, ou encore François Mazois qui entreprend de compiler ses travaux et dessins d’études dans les Ruines de Pompéi dédicacées « à Sa Majesté, la reine des Deux-Siciles ». Genèse d’un « musée de la Reine », les remarquables antiques conservés au musée Condé et présentés à l’occasion de cette exposition sont un témoignage de la passion archéologique de Caroline Murat et du caractère scientifique de sa collection.

Si le goût de Caroline Murat était tourné vers les œuvres du passé, la reine de Naples doit également être considérée comme une protectrice des arts et des artistes de son temps. L’exposition aura pour vocation de rendre compte de ce mécénat éclairé et de cette sensibilité pour la production contemporaine, en mettant l’accent sur des figures artistiques majeures, dont les œuvres étaient particulièrement appréciées et collectionnées par Caroline Murat. Seront mis particulièrement à l’honneur Antonio Canova – dont on doit au couple Murat l’introduction de son œuvre en France – François Gérard, Jean-Auguste-Dominique Ingres, François-Marius Granet, Benjamin Rolland ou encore Louis- Nicolas Lemasle. Un accent particulier sera mis sur les paysages napolitains et vues du Vésuve dont les principaux peintres, Joseph Rebell, Alexandre-Hyacinthe Dunouy ou encore Louis-Nicolas-Philippe-Auguste de Forbin, occupent une place de choix au sein de la collection de Caroline Murat.

Le visiteur sera plongé dans les paysages panoramiques de la baie de Naples, où les grondements du Vésuve semblent se faire entendre.

Voici un aperçu de cette fabuleuse collection :

Exposition placée sous le patronage de l’ambassade d’Italie en France et de l’ambassade de France en Italie.
Avec le soutien exceptionnel de la Direction régionale des Affaires culturelles des Hauts-de-France, de la Bibliothèque nationale de France, du Château de Fontainebleau et de l’Institut Culturel Italien.

Commissariat :

Mathieu Deldicque, Conservateur en chef du patrimoine, Directeur du musée Condé

Gennaro Toscano, Co-commissaire de l’exposition, Conservateur général, conseiller scientifique à la Bibliothèque nationale de France et professeur à l’École nationale des chartes

Ulysse Jardat, Commissaire associé, Conservateur du patrimoine, musée Condé »

Flash info : L'Amérique et Versailles (4 et 5 juillet 2026 au domaine de Trianon)

            Si vous souhaitez célébrer les 250 ans des États-Unis d’Amérique et assister à une grande reconstitution historique, une magnifique option vous attend au domaine de Trianon à Versailles (de 11 h à 18 h le 4 et de 10 h à 17 h le 5).

Le site du château de Versailles nous dit :

« L’Amérique & Versailles

La Guerre de la liberté

 

Le temps d’un week-end, le Château de Versailles célèbre les 250 ans de l’Indépendance américaine lors d’une reconstitution historique pour toute la famille.

 

Après une revue des troupes sur la place d’armes du Château de Trianon, découvrez le plus grand campement jamais reconstitué dans les jardins de Trianon avec le quartier royal de Louis XVI, le camp des insurgés américains et le bivouac anglais.

 

Le public déambulera librement dans les bases militaires à la rencontre de 500 reconstituteurs érudits et passionnés, en uniformes restitués avec la plus grande précision.

 

Vivez une immersion spectaculaire au cœur du XVIIIᵉ siècle avec des démonstrations équestres et militaires, mais également la découverte des métiers anciens. Quadrille écossais, danse de Boston et concerts de musique d’époque seront aussi à l’honneur, offrant au public un véritable voyage à travers le temps.

 

En point d’orgue de ces deux journées, La Grande Bataille offrira un spectacle époustouflant où les insurgés et leurs alliés s’opposeront aux militaires anglais dans une reconstitution des forces en présence pour la Bataille de Yorktown !

 

Reconstitutions, musiques et vie de camp : l’Histoire reprend vie au cœur du Château de Versailles. »

Informations complémentaires et lien pour réserver sur cette page.

Flash info : La fête des Pîtres (20 et 21 juin 2026)

     C'est l'anniversaire de la Monnaie de Paris.

    Vous pouvez gratuitement visiter le musée, les expositions et, comme chaque année, des animations diverses et variées vous seront proposées. 

Des informations complémentaires se trouvent sur cette page où vous pourrez réserver un pass.

Bonne fête des Pîtres !

La Santa Maria e San Rafaele

            À la fin du Moyen Âge, les activités portuaires de Nice représentent une part importante de la vie de la cité, qui est sous la protection de la Savoie depuis la Dédition de 1388.[1]   

            La solide forteresse de la ville sur sa colline protège tout un petit monde qui s’affaire sur la plage des Ponchettes. L’anse a été aménagée au XIIIe siècle afin de faciliter l’armement, la réparation et le déchargement des navires et les installations sont sans cesse utilisées. Pour les marins, les voyageurs et les marchands, ainsi que pour les  armateurs et leurs ouvriers, les Ponchettes sont le passage obligé.

            On vient de France et de Gênes pour acheter des bois de construction sur les plages de Nice. Certains achètent ou bien louent des navires niçois et courent de la Méditerranée jusqu’à l’Atlantique. Ces navires sont très réputés : les meilleurs bois de la région se trouvent déjà sur place afin de les négocier, mais certains sont utilisés par d’habiles ouvriers dont le travail est reconnu dans toute l’Europe. Nice est une escale consacrée[2] et de nombreux marchands préfèrent s’y arrêter plutôt que de débarquer au port voisin de Villefranche, malgré la supériorité des installations de ce dernier.

 

            Si les Génois reconnaissent la valeur des bois que l’on trouve à Nice pour la construction des navires et en sont grands consommateurs, cela ne les empêche pas de livrer une farouche bataille commerciale aux navires niçois lorsque, d’aventure, ils les rencontrent en mer. 

            Les différends entre Gênes et Nice ne sont pas chose nouvelle à la veille de la Renaissance (la première mention de litige date du XIIe siècle, lors d’une tentative  d’extension génoise).[3]

            La république de Gênes possède un des plus grands ports de l’Italie du Nord. En 1284, elle avait battu Pise qui était sa rivale à la bataille de la Meloria et s’était emparée de la Corse et de la Sardaigne ; toutefois, les Corses ne s’intéresseront que partiellement aux activités  maritimes des Génois qui voulaient transformer l’île en un relais pour leur commerce en Méditerranée. Son autre rivale, Venise, perd encore un peu plus chaque jour son monopole commercial.

            Depuis 1339, la république patricienne est dirigée par un doge élu à vie. La structure politique de la république est assez semblable à celle de Venise, si ce n’est que le doge de Gênes est encore moins puissant que celui de Rialto. L’activité principale de la république reste la banque, même si le commerce est très important. Ce sont les grandes familles qui dirigent Gênes, mais plus le temps passe et plus les grandes familles se déchirent ; la république en souffre.

            La situation géographique ne présente pas que des avantages. Si les terres se trouvent protégées par la proximité de l’Apennin ligure qui interdit presque toute attaque terrestre, en revanche, la plus grande partie du territoire se trouve resserrée sur la côte et ne dispose pas d’hinterland.

 

 

            La situation politique et les difficultés territoriales expliquent peut‑être l’agressivité génoise ; cela explique aussi peut‑être le ressentiment des Niçois quant à l’attitude de leurs concurrents sur les flots. Cette concurrence entre la république de Gênes et Nice est à l’origine de la construction de la plus grande galère du XVIe siècle: la Santa Maria e San Rafaele.

            Les trois frères Galléan, Jean, Raphael et Claude, sont des commerçants et de redoutables armateurs.

            Jean tente un rapprochement avec les Génois en épousant une des leurs, Nicoletta Doria, mais cela ne garantie en rien la protection des bâtiments appartenant aux Galléan : les galères génoises ont pour ordre de s’attaquer à tout navire battant pavillon savoyard.  Jean est un excellent marin et bien souvent il commande ses propres vaisseaux de marchandises.

            Alors qu’au port de Bona il a accepté de faire route avec deux capitaines siciliens, Jean tombe dans un piège génois. Peu de temps après avoir quitté le port, les trois navires sont poursuivis par les galères d’un corsaire turc, le capitaine Camalo et aussitôt, au lieu de lui prêter assistance comme il était convenu, les Siciliens font savoir à Jean qu’ils ont un sauf‑conduit de Camalo et ils le laissent seul. Jean et son équipage se battent, mais, dépassés par le nombre des assaillants, ils doivent se rendre. Jean, qui a été blessé, est fait prisonnier et ses frères doivent verser une rançon importante.

            Les Galléan tentent de se venger une première fois en envoyant des bâtiments attaquer les côtes de la république, mais Gênes rappelle les galères qui croisent dans le Levant et les Niçois doivent regagner leur port sans avoir lavé cet affront. C’est alors que les frères décident la construction d’un vaisseau de haut bord.

            C’est en 1487, à Nice, que commence la construction de la Santa Maria e San Rafaele. Les travaux durent deux ans. En octobre 1489, le navire est lancé, puis il est remorqué au port de Villefranche où, pour des raisons pratiques,  il est gréé.

            Le navire est un des plus imposants de son temps, sa portée est de mille six cents tonneaux, son artillerie est puissante et l’équipage de cent cinquante hommes a été choisi parmi les meilleurs marins du duché de Savoie.

            Jean part pour quelques courses en compagnie de son frère Claude qui commande un autre navire. Les navires génois qui ont le malheur de croiser leur route sont poursuivis avec acharnement. Ces actions desservent les Galléan : elles montrent aux Génois les trop nombreuses qualités de la Santa Maria e San Rafaele. Jean a l’intention de vendre son navire au vice‑roi de Naples, mais une demande de son duc, Charles Ier (1468‑1490), lui fait rompre les négociations. Un navire chargé de sel naviguant pour le compte de Blanche de Montferrat, épouse de Charles, a été capturé par des Génois et le duc aimerait que Jean récupère navire et chargement. En fidèle sujet, Jean accepte et se lance à la poursuite des Génois.

            Si cette expédition n’a pas exactement le succès escompté, car, en effet, le navire de Blanche restera perdu, en revanche elle fait connaître la Santa Maria e San Rafaele dans toute la Méditerranée. On l’admire ou on la craint. Toutes les puissances italiennes veulent l’acheter. Florence et Naples sont les premières sur les rangs, mais Gênes est également très active. Leur détermination quant à cet achat étonne les contemporains. La république va même jusqu’à envoyer un ambassadeur, Cristoforo Salvago, qui promet le rétablissement de la liberté du commerce entre Gênes et Nice si le navire leur est vendu.

            Les négociations traînent en longueur et les Génois tentent d’incendier le vaisseau dans la rade de Villefranche avec l’aide de Français qui ont été soudoyés. Leur plan échoue, mais il sera fatal à Salvago, victime de la fureur populaire, étant considéré comme responsable de cette action.

            Les Galléan s’endettent, vendent les bijoux de la famille et arment quatre vaisseaux qui feront route avec le navire tant convoité. Au début du mois de juin 1491, cette escadre que les meilleurs marins niçois se sont fait un devoir de rejoindre part en expédition contre les Génois.

            Un riche vaisseau de la république est capturé. Alors qu’ils rentrent au port, une tempête disperse les Niçois et la Santa Maria e San Rafaele se retrouve seule dans le golfe de La Napoule. La flotte génoise l’intercepte, mais préfère agir par ruse : Julien de Magnerie, commandant en chef génois invite Jean à son bord... et le fait prisonnier. Les Génois s’emparent du navire niçois et livre Jean à la mer à bord d’une barque. Jean est sauvé par un  navire marchand qui, comble de malchance, le conduit à Gênes où il est emprisonné.        

C’est grâce à l’intervention d’une parente, Catherine du Carret, auprès du Sénat génois que Jean recouvre la liberté, mais il doit jurer de renoncer à toute réclamation et de ne jamais parler du traitement qu’il a subi depuis sa capture à La Napoule[4]. Le Pape Alexandre VI le dégage de son serment, ce qui permet à Jean de se plaindre à son duc, Charles II (1488‑1496), pour lequel la duchesse Blanche assure la régence, mais également au roi de France et à d’autres rois. Jean prend toute l’Europe à témoin de son malheur.

            En compensation, les Galléan reçoivent de nombreux honneurs de la duchesse, mais la république de Gênes fait la sourde oreille et refuse de rendre le vaisseau qu’elle a volé. Les Galléan réclament leur bien jusqu’en 1520, sans résultat.

            Jean Galléan fait encore quelques tentatives, mais son combat prend fin le 5 juin 1538. Lors du congrès de Nice[5], alors qu’il va prendre son tour de garde au château, Jean est tué d’un coup d’arquebuse. Accident ou action décidée par Gênes ? Les quelques sources dont nous disposons ne nous livrent que des réponses contradictoires ou partisanes.

 

            Les Niçois et les Génois se sont mené une guerre maritime et commerciale sans pitié à l’aube de la Renaissance. L’armement niçois était reconnu à l’époque : les Génois, dont la puissance déclinait à cause des luttes intestines, ne pouvaient se résoudre à voir leur influence se réduire ainsi.

            Mais il faudrait peut‑être ne pas seulement voir dans les actes génois un entêtement et une fourberie[6] sans limite et envisager la possibilité que la république ait dû faire face à d’importantes difficultés qui peuvent expliquer leur politique agressive, même si la Santa Maria e San Rafaele est arrivée dans le port de Gênes par ruse.

                       

            La Santa Maria e San Rafaele fut, trop brièvement, le fleuron de la flotte niçoise.

     

            Peu de temps après, Gênes allait perdre la plupart de ses comptoirs et de ses possessions. 

            Quant à Nice, le nombre de ses activités portuaires allaient diminuer au fil des siècles. Les Ponchettes furent abandonnées au profit du site de Lympia où se trouve le port actuel. Si aujourd’hui le port évoque plutôt la navigation de plaisance, pour faire justice à Nice, il faut se souvenir de sa grandeur passée.

 

 

Bibliographie :

Hervé BARELLI et Roger ROCCA, Histoire de l’identité niçoise, Serre, Nice, 1995

Michel DERLANGE (sous la direction de), Les Niçois dans l’histoire, Privat, Toulouse, 1988

Robert LATOUCHE, Histoire de Nice, Paris, 1961-1965

Jean-Baptiste TOSELLI, Biographie Niçoise ancienne et moderne, Lafitte Reprints, Marseille, 1973



[1] : En 1388, la Savoie était un Comté, elle deviendra un duché lorsque, le 9 février 1416, Amédée VIII de Savoie est fait duc par l’Empereur Sigismond. La Reine Jeanne Ière (1326-1382), héritière de la Provence et de Naples qui étaient des terres des Anjou, n’avait pas d’héritier légitime. Elle adopta successivement deux héritiers (Charles de Duras et Louis d’Anjou), ce qui provoqua la guerre en Provence à sa mort. Nice était favorable à Duras, mais les Anjou étaient sur le point d’obtenir l’héritage promis et menaçaient d’attaquer Nice. Par la Dédition, la ville obtenait notamment la protection de la Savoie à laquelle elle resterait fidèle.

[2]: Villefranche et Nice sont les deux plus importants débouchés du duché de Savoie sur la Méditerranée, mais les installations de Nice ont l’avantage de permettre une communication plus rapide avec les routes commerciales.

[3] : Les terres de Nice, voisines de la république de Gênes, auraient été une prise utile qui auraient permis aux Génois de disposer des ressources militaires et matérielles de Nice. 

[4]: Il ne devait parler ni du vol de son vaisseau, ni des conditions de son emprisonnement à Gênes.

[5]: De mai à juin 1538, le pape Paul III tenta de réconcilier les Français de François Ier et les Espagnols de Charles Quint qui s’affrontaient dans le Piémont. Les trois hommes se rencontrèrent à Nice, mais ce fut un échec.

[6]: C’est un terme souvent employé par l’historien du XIXe siècle, Jean-Baptiste Toselli, qui a fait preuve d’une grande rigueur dans ses différents travaux ; il semble avoir été extrêmement sensible à ce sujet, ce qui pourrait nous donner une idée de l’importance de l’antagonisme entre les deux cités.

 

Des nouvelles de Clio (bulletin #15)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

* Parce qu’il fut métamorphosé en église, le temple d’Héphaïstos à Athènes est pratiquement intact ce qui est extraordinaire et précieux (article en anglais).

* Quelqu’un a échappé à ce qui aurait pu être une amende de £7000 (en fait, les règles ont changées en 2019 et le coupable ne risquait plus rien – mais quand même) ! 

En 1976, quelqu’un (on ne sait pas qui car les fichiers de la bibliothèque ont probablement été détruits, ce qui semble fou et particulièrement frustrant) emprunta deux ouvrages et… ne les rapporta pas à la bibliothèque de Leeds. 

Les livres ont récemment été donnés à une œuvre de charité qui a réalisé que la bibliothèque n’avait pas fait don de ces précieux ouvrages et ils ont été restitués à leur légitime propriétaire (article en anglais).

* Alors que les populations ont peu à peu été obligée d’ouvrir un compte en banque (en France, ce fut afin de protéger les porteurs de fonds qui étaient pris pour cible), la grande majorité des banques, alors même qu’elles boursicotent joyeusement avec les petits (ou gros) sous que nous laissons sur nos comptes, prennent des frais de tenue de compte. La Grèce vient de se faire rattraper par cette pratique (article en anglais).

* Des travaux de voirie peuvent mettre au jour des trésors archéologiques ; c’est ce qui vient d’arriver à Athènes où une mosaïque vient d’être découverte dans un exceptionnel état de conservation malgré la somme de travaux effectués au dessus d’elle au cours des siècles. Les archéologues vont avoir du pain sur la planche (article en anglais).

* Si vous envisagez de faire un saut à Londres, ce n’est pas votre Baedeker qu’il faudra mettre dans votre valise, mais la nouvelle liste des musées gratuits que vous trouverez ici (en anglais, evidently).

* Une équipe de scientifique du Schmidt Ocean Institute a eu la bonne surprise de filmer un calmar colossal adolescent au large des îles Sandwich à 600 mètres de profondeur, ce qui est une première (article et vidéo en anglais).

* Pourquoi les premiers chrétiens utilisaient-ils le poisson comme signe de reconnaissance ? C’est du grec. Littéralement. Le mot lui-même servait d’acronyme pour parler de Jésus et dessiner un poisson (enfin, juste une moitié de poisson) vous permettait de savoir si vous parliez à un nouvel allié en religion… ou pas (article et vidéo en anglais).

* Il faut avoir un égo qui ne passe plus les portes, avoir été élevé dans une grange ou être l’idiot du village (ou les trois) pour aller graver son nom sur un monument. D’un côté, si c’est arrivé il y a longtemps, les historiens et les archéologues récupèrent de précieuses informations comme, par exemple, le fait que des visiteurs d’Asie ont laissé des graffiti, notamment en vieux tamoul, dans des tombes de la vallée des rois en Égypte et, d’un autre côté, la planète entière sait, deux mille ans après les faits, que Cikai Korran (qui est loin d’être le seul) était un vandale (article en anglais).

* Dans les années 1950, en Angleterre, un receveur de bus récupérait les fausses pièces et les pièces étrangères avec lesquelles les voyageurs payaient leurs tickets et les donnaient à son petit-fils. Ce dernier vient de faire don à un musée d’une pièce phénicienne frappée à Gadir (Cadix aujourd’hui) il y a deux mille ans. Les spécialistes vont pouvoir étudier cette pièce extraordinaire, mais nous ne saurons probablement jamais comment elle est arrivée en Angleterre (article en anglais).

* Il y a en ce moment des travaux au Palais de Justice de Paris sur l’île de la Cité, ce qui donne la possibilité aux archéologues d’explorer les différentes couches présentes dans la cour du Mai.

* Il y a trois cent cinquante ans, à York, Jane Wright légua par testament l’énorme somme de mille livres, somme qui devait être investie dans des terres dont les profits seraient confiés à la cathédrale afin d’être distribués aux nécessiteux et en particulier aux jeunes gens qui venaient de terminer leur apprentissage. En 2026, le legs de Jane Wright a été sagement utilisé et il rapporte toujours de l’argent (article en anglais).

Vidéos : « Martin Schongauer - Le bel immortel » au Louvre (8 avril - 20 juillet 2026)

            Nous vous avions parlé de cette exposition, mais quelques vidéos très intéressantes ont été publiées.

Le musée a posté une courte vidéo de présentation de l’exposition :

Il y a aussi une présentation un peu plus longue (qui donne envie d’aller faire un tour à Colmar) :

Si vous voulez faire vos devoirs avant d’aller visiter l’exposition, la conférence de présentation est aussi en ligne :

 

Flash info: Le premier bal de la licorne

            Si vous avez envie de musique le 13 juin 2026, le musée de Cluny a une proposition à vous faire :

« Bal de la licorne

Participez à la première édition du Bal de la licorne pour fêter la fin de l’exposition « Licornes ! ».

Le temps d’une soirée et à l’occasion du mois des fiertés, le musée se transforme en un espace de fête autour de l’univers de la licorne. Figure emblématique du Moyen Âge, elle est devenue un symbole contemporain des communautés LGBTQIA+.

Le programme mêle performances et musique : la drag queen Élysée Moon proposera des interventions chantées et un quiz autour des licornes, puis un DJ set de Corrine fera vibrer la cour de l’hôtel médiéval.

Des étudiants de l’École du Louvre seront présents dans l’exposition "Licornes !" pour vous accompagner dans votre découverte des œuvres.

Un service de restauration et de bar est assuré par la Table de Cana pendant la soirée (service payant).
 

L’événement bénéficie du soutien des Amis du musée de Cluny.

Bal de la licorne 2026 © Aurore Brunet

Réservation obligatoire (pas de vente sur place).

Ouverture de la billetterie mercredi 13 mai à 10h.

À partir de 18 ans

Dans l’esprit festif de la soirée, les costumes sont les bienvenus. Afin d’assurer le confort et la sécurité de toutes et tous, merci de respecter les points suivants :

  • Veuillez adopter une tenue respectueuse du musée et du public
  • Les costumes trop volumineux, encombrants ou susceptibles de gêner la circulation sont interdits
  • Les accessoires dangereux ou rigides (pointes, objets contondants, structures imposantes, etc.) ne sont pas autorisés
  • Les masques sont acceptés, mais doivent pouvoir être retirés à tout moment (le visage doit rester identifiable, notamment à l’entrée)
  • Les batteries de vélo et les trottinettes ne sont pas autorisées
  • Pas de vestiaire disponible

Pour des raisons de sécurité, le personnel pourra demander le retrait temporaire de tout élément de costume. Le musée se réserve le droit de refuser l’entrée à toute personne dont la tenue ou le comportement ne respecterait pas ces règles. »

Des nouvelles de Clio (bulletin #14)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Mais où est donc passé l’escalier « Persé » du château d’Amboise ? Il a été détruit, mais une équipe d’archéologues est aujourd’hui partie à la recherche des traces qu’il a pu laisser.

* Ce n’est pas par hasard que le Parthénon a survécu aux éléments et aux terribles actions des hommes. Sa construction fut extraordinaire (article en anglais).

* La cuisine égyptienne a de nombreuses recettes avec des lentilles. Une très ancienne recette a fait surface et est rédigée en grec. Si vous êtes tentés par une soupe historique de lentilles, c’est par ici (article et vidéo en anglais).

* La Conquête de Constantinople de Geoffrey de Villehardouin relate les événements qui ont mené au sac de Constantinople lors de la quatrième croisade. Cet étrange épisode eut des conséquences qui ont des répercutions encore aujourd’hui (article en anglais).

* L’Aphrodite de Melos (ou Vénus de Milo si vous y tenez) nous cache encore bien des mystères, mais certains d’entre eux pourront peut-être être résolu grâce à de nouvelles archives familiales qui ont été offertes à la Grèce (article en anglais).

* En 1994, un plongeur belge, René Wouters, repéra une statue au large de l’île croate de Lošinj. Protégée par les sédiments marins alors qu’elle était immergée à 45 mètres, ce grand bronze d’un sportif après l’épreuve est presque entier, ce qui est extraordinaire. Elle peut être aujourd’hui admirée au musée d’Apoxyomenos à Mali Lošinj en Croatie. Vous pouvez lire plus d’informations sur cette statue dans cet article (en anglais).

* Lucius Cornelius Sulla Felix, que l’on appelle en général simplement Sulla, opéra avant notre ère. Il fut un dirigeant compliqué et fascinant. Un article résume certaines de ses actions marquantes (en anglais).

* Le 16 février 2026, un livre spolié à Marc Bloch a été restitué à ses descendants. Vous pouvez lire la déclaration du ministère de la culture ici.

* Le 19 février 2026, Inrap a annoncé la sortie du livre d’Anne Augereau, Une Préhistoire des femmes. Étant donné que, jusque récemment, les données archéologiques de la préhistoire étaient décryptées au travers du prisme du patriarcat, ce nouveau travail cherche à comprendre où était la vérité à cette époque lointaine.


* Sir Arthur Evans découvrit des tablettes où étaient inscrits des textes rédigés en linéaire B. Alice Kober travailla à le déchiffrer, mais elle fut emportée avant de pouvoir achever son travail et ce fut Michael Ventris qui parvint à lire cette langue. L’histoire de cette aventure linguistique est fascinante (article en anglais).

* En 1916, l’administration coloniale française avait volé en Côte d’Ivoire un tambour parleur dit Djidji Ayôkwé dont l’importance culturelle pour la population locale fut ignorée par les voleurs. Il va enfin être rendu à sa communauté qui, à juste titre, se réjouit de ce retour.

Exposition : « L’Eau primordiale - Leçons de Mésopotamie » au Louvre (20 mai 2026-15 mars 2027)

            À partir du 20 mai 2026 et jusqu’au 15 mars 2027, vous pourrez visiter l’exposition « L’Eau primordiale - Leçons de Mésopotamie » au Louvre dans la salle 230 (aile Richelieu) et dans les salles du département des Antiquités orientales ailes Richelieu et Sully. 

 

Le site du musée précise d’ailleurs qu’afin « de permettre la maintenance des espaces d’exposition et l’entretien des collections du musée, les salles suivantes pourront être amenées à fermer :
Les lundis : salles 300 à 304 et 306 à 314 (aile Sully) / Les mercredis : salles 227 à 230 (aile Richelieu) ».

Au sujet de l’exposition, le site nous dit :

«  Traversé par les deux seuls fleuves connus du paradis biblique, dont l’importance et les dangers ont pu inspirer le mythe du déluge, la Mésopotamie antique est aussi la terre où fut inventée et développée pour la première fois l’irrigation. Ces premières expériences de maîtrise de l’eau par l’homme, à travers la transformation artificielle de son environnement naturel, ont suscité l’invention et le développement en Mésopotamie des premiers ouvrages hydrauliques connus (premiers canaux, ponts, aqueducs, réseaux de canalisations, lacs artificiels, etc.). Ils furent sources de changements pour le territoire et ses habitants dont on montrera les atouts et les faiblesses à long terme. Reposant volontairement sur les seules collections du Louvre, dont la richesse rend possible un tel projet, l’exposition s’insère au sein des salles permanentes du département pour y interroger l’ensemble des antiquités orientales sous l’angle de l’eau et de ses leçons environnementales d’hier à aujourd’hui.

Commissaire

Ariane Thomas, directrice du département des Antiquités orientales, musée du Louvre

Commissaires associés

Barbara Couturaud et Grégoire Nicolet, département des Antiquités orientales, musée du Louvre »

Exposition : « Silla : l’Or et le Sacré » au musée Guimet (20 mai – 31 août 2026)

            Le musée Guimet va bientôt nous présenter une exposition exceptionnelle sur une civilisation aujourd’hui disparue.

 

Le site du musée nous dit :

« Grâce à une collaboration exceptionnelle avec le musée national de Gyeongju et d’autres institutions muséales sud-coréennes et françaises, le musée Guimet présente, pour la première fois en Europe, une exposition sur le royaume du Silla (57 av J.-C- 935 après J.-C), l’une des civilisations les plus brillantes de l’Asie de l’Est.

Révélé par l’archéologie autant que par les chroniques médiévales, l’art du Silla apparaît aujourd’hui comme un héritage vivant, au cœur de la mémoire culturelle de la Corée du Sud. Cette présentation inédite met en lumière un royaume où, durant près d’un millénaire, art, spiritualité et pouvoir se sont conjugués pour façonner une culture d’une remarquable richesse.


Des origines mythiques du Silla, racontées par les chroniques coréennes médiévales, à la chute du royaume, l’exposition se déploie en cinq sections thématiques qui retracent l’histoire, les expressions artistiques et la mémoire d’un État à la fois puissant et profondément ancré dans des traditions spirituelles. Elle offre une lecture renouvelée de cette civilisation, révélant la manière dont les dynamiques politiques, religieuses et esthétiques se sont entremêlées pour produire un héritage qui est parvenu jusqu’à nous.

Couronne en or, pendentif, diadème en or Gyeongju National Museum

Transportés aux origines de la ville-paysage Gyeongju, au sud-est de la Corée, les visiteurs découvriront les traces d’une civilisation dont les montagnes, les immenses « tombes-montagnes », les temples et la vie moderne portent encore l’empreinte. Une ville dont les habitants sont pleinement investis dans la protection de leur patrimoine.


Du 4e au début du 6e siècle, la période dite maripgan marque une étape décisive dans l’affirmation de l’identité du Silla avec l’essor du clan des Kim. L’or devient la signature éclatante du royaume, symbole d’un pouvoir consolidé. Les trésors exhumés des grandes tombes royales (couronnes d’or, parures de jade, bijoux ouvragés, grès figuratifs) témoignent d’un savoir-faire exceptionnel et d’un royaume ouvert aux échanges sur les routes reliant le Japon, la Chine, la steppe, l’Asie centrale, jusqu’aux mondes méditerranéens. Prestige politique et splendeur artistique s’y confondent, donnant naissance à un langage visuel d’une exceptionnelle inventivité.  

Ceinture et pendentifs en or  Gyeongju National Museum

Au cours du Silla unifié (668–935), le royaume s’impose comme puissance méridionale dominante, avec le bouddhisme comme force spirituelle et protectrice du territoire. Les matériaux précieux autrefois réservés aux tombes royales trouvent désormais leur place dans les monastères, les pagodes, les reliquaires et les images sacrées. Les trésors de fer, d’or, d’argent, de verre et de pierre du Silla constituent un héritage vivant, encore perceptible dans le paysage de Gyeongju comme dans la mémoire collective. 


L’exposition réunit un ensemble exceptionnel de pièces emblématiques, parmi lesquelles figurent de nombreux trésors nationaux présentés pour la première fois hors de Corée du Sud. Nichée entre montagnes boisées et plaines ondoyantes, la ville de Gyeongju, capitale du Silla, offre encore aujourd’hui l’un des paysages les plus singuliers de Corée du Sud. Pagodes, tumulus royaux et vestiges monumentaux y dialoguent avec les lignes d’une cité contemporaine attentive à la préservation de son patrimoine. Le visiteur y marche littéralement au cœur de l’histoire, dans un espace où le passé demeure visible, habité, transmis.

Exposition organisée par le musée national des arts asiatiques - Guimet et le musée national de Gyeongju (Corée).

 

Commissariat :

Arnaud Bertrand, conservateur des collections Corée – Chine ancienne au musée Guimet

Kim Jaewan, conservateur senior au musée national de Gyeongju

Yun Seogyeong, assistante conservatrice au musée national de Gyeongju »


 

 

Chantier de restauration de vingt-quatre Rubens au musée du Louvre (fermeture de la salle le 18 mai 2026)

            S’il vous arrive de passer au musée d’Orsay, vous avez peut-être eu l’occasion de voir des restaurations d’œuvres faites devant les visiteurs. Il est fascinant de pouvoir voir comment travaillent les restaurateurs.

Ce qui se prépare au musée du Louvre ne pourra pas se faire devant nous, hélas. En effet, c’est toute une salle qui va être restaurée (la fermeture est prévue pour le 18 mai 2026) :


 

« Une restauration hors norme : "le cycle de Marie de Médicis" de Pierre Paul Rubens

Le musée du Louvre annonce le lancement de la restauration la plus ambitieuse de l’histoire du département des Peintures : celle des 24 toiles monumentales de Pierre Paul Rubens constituant l’extraordinaire Cycle de Marie de Médicis.

Tout est hors-norme dans cette opération prévue pour durer 4 ans : la galerie Médicis constitue la commande la plus importante jamais reçue et livrée par Rubens, alors au sommet de sa gloire en Europe.

Elle représente près de 293m² de surface picturale à restaurer in situ dans la salle 801 située dans l’aile Richelieu, qui sera transformée en atelier de restauration.

La restauration du Cycle de Marie de Médicis de Rubens bénéficie du soutien exceptionnel de
la Société des Amis du Louvre.

Avec le généreux concours de Madame Isabelle Ealet-Corbani et The David Schwartz Foundation, Inc. via les American Friends of the Louvre.

Les études préalables à la restauration du Cycle de Marie de Médicis de Rubens, étape essentielle de ce projet, ont bénéficié du généreux soutien de Madame Isabelle Ealet-Corbani. »

            Si la salle où se trouvent les Rubens est fermée au public, le visiteur du 2ème étage de l’aile Richelieu aura bien des pas en plus à faire – mais ça en vaudra grandement la peine.

Lors de notre dernière visite, nous avons pris des photos de cette salle en pensant à vous :