« Les Chroniques de Paris » (Annonce)

            Vous avez peut-être remarqué que j’ai[1] publié moins d’articles depuis le mois d’octobre 2025.

Ce changement momentané était dû au fait que mon dernier parent a quitté ce monde et j’ai dû gérer sa succession seule – je tiens d’ailleurs à remercier ici mes voisins, mes collègues et mes étudiants qui ont été adorables dans leur soutien.

 

            Bref, la succession a été bouclée le 25 juin 2026 et je vais reprendre la rédaction d’articles sur mes sujets de recherche ou des points d’Histoire qui m’intriguent.

J’ai également décidé de créer une nouvelle série sur ce blog puisque je me retrouve la dernière dépositaire de la mémoire de ma famille[2]. Certaines histoires de famille font partie de la petite Histoire et je souhaite en laisser une trace – et certaines d’entre elles vont, je l’espère, vous intéresser (j’ai réussi à élucider quelques mystères familiaux qui sont assez curieux ; j’en ai d’autres qui risquent de rester des mystères à jamais).

            J’ai décidé d’ignorer le côté anglo-italien (York et Turin) de mon héritage parce qu’un lâche[3] ne mérite que l’oubli. Je vais donc me concentrer sur la famille de ma mère et ses branches franco-germaniques.

            Le plus vieil ancêtre direct dont je suis certaine pour l’instant (j’ai encore bien des recherches généalogiques à faire) est du côté « Parisse » (à Paris et à Maubeuge), pas du côté « Becker » (en Lorraine), mais cet ancêtre se nommait Georges de Paris.

J’ai pensé que « Les Chroniques de Paris » ferait un titre amusant, même pour les autres branches de ma famille.

J’ai prévu de partager avec vous des souvenirs (sur les guerres, sur la vie quotidienne, sur tout ce dont je me souviens des histoires racontées par ma grand-mère maternelle…). Je n’ai prévu aucun ordre et les périodes historiques seront mélangées.

            Pour fouiller le mystère « Georges de Paris », je devrai certainement me rendre aux archives municipales de Maubeuge, où il est mort en 1718 (il y avait épousé Jeanne Cambier en 1690), mais un indice trouvé dans les inventaires après succession aux Archives nationales me fait penser qu’il faisait peut-être partie d’une famille de commerçants parisiens qui aurait peut-être envoyé certains de ses fils à Maubeuge afin de protéger (un acte de baptême mentionne un « de Paris » militaire) ou travailler à la manufacture royale d’armes de Maubeuge.

            « Les Chroniques de Paris » vous ouvriront de petites fenêtres sur une famille et me permettront de laisser une trace de ces histoires dans l’Histoire.

            À bientôt pour le premier épisode…


[1] : Cette chère Sorbonne m’a appris à utiliser le « nous » neutre quand j’écris, mais cet article est très personnel, d’où le changement de ton.

[2] : Note à l’intention d’éventuels cousins (ceux que je n’ai pas vus depuis vingt-cinq ou trente ans) : je suis la seule à avoir passée toute sa vie avec notre grand-mère ; si vous avez d’autres histoires en mémoire, créez votre propre blog.

[3] : Les autres enfants de mon père ont, pour certains, leurs propres canaux Internet, mes cousins sont de fieffés imbéciles et mes géniales cousines partagent déjà ce qu’elles veulent sur la toile. Des parents britanniques sont remontés jusqu’au Moyen Âge ; je leur laisse cette branche.

On a retrouvé « L’Uomo femina »

            Dans une lettre d’information envoyée par le musée du Louvre, il était question d’un opéra qui sera présenté le samedi 5 juin 2027 à 20h dans l’Auditorium Michel Laclotte : L’Uomo femina (L’Homme femme) de Baldassare Galuppi. À l’heure où nous écrivons, ils restent encore quelques places disponibles ici.

            Le résumé/description de cette œuvre nous a intriguée : « Dans cette île mystérieuse, les femmes ont le pouvoir et font la guerre, tandis que les hommes rivalisent de coquetterie au sérail afin de leur plaire… Agnès Jaoui et Vincent Dumestre ressuscitent un opéra vénitien oublié, qui donne à réfléchir autant qu’à rire, porté par une formidable équipe de solistes parmi lesquels Eva Zaïcik et Anas Séguin. »

            Galuppi (1706-1785) était un compositeur vénitien dont le succès, à l’époque, était certain.

En 1750, il écrivit un premier opéra où les femmes avaient le pouvoir : Il mondo alla rovescia o sia le donne che comandano (Le Monde à l'envers ou les Femmes qui commandent) ; pour cet opéra, le librettiste fut Carlo Goldoni (1707-1793).

Soit ce thème, parce que la situation retourne à la normale quand le rideau tombe sur les protagonistes avec le pouvoir rendu aux hommes, plaisait au public de l’époque, soit ce thème et les possibilités qu’il offrait à Galuppi lui plaisait, car il composa L’Uomo femina, opéra burlesque en trois actes, en 1762 selon un livret de Pietro Chiari (1712-1785). Cette histoire, sur plusieurs points, nous a fait penser à certaines comédies de Shakespeare – pas seulement parce que deux membres d'une même famille se retrouvent par hasard sur cette île étrange après leur naufrage respectif.

L’intrigue est simple : sur une île dirigée par des femmes qui font penser à des Amazones, les hommes sont tout à leurs chiffons et fards afin de plaire aux dirigeantes et maîtresses du lieu. À la suite d’un naufrage, un homme et son serviteur échouent sur cette île et eux, qui viennent d’une terre où les hommes règnent sur les femmes, vont apporter ce concept sur l’île après maintes péripéties destinées à amuser et émouvoir le spectateur. La conclusion peut sembler tout ramener à la normale, à moins qu’il ne faille continuer à creuser ce thème et le message – ou pas.

Cet opéra fut créé en octobre 1762 au Teatro San Moisè de Venise. On en a une trace à Pavie en 1768… puis cette œuvre disparaît.

L’hypothèse qu’elle ait été victime des frasques napoléoniennes a été émise et semble une excellente piste.

Heureusement pour nous, il arrive que des opéras soient retrouvés (nous vous avions déjà raconté une telle histoire avec Morgiane). Ce fut le cas pour L’Uomo femina dont on découvrit un exemplaire – auquel il manque trois airs – à Lisbonne à la bibliothèque du palais national d’Ajuda en 2006.

 

            Si juin 2027vous semble trop loin, que vous ne pourrez pas assister à cette représentation ou que vous ne savez pas encore ce que vous ferez ce jour-là, ARTE Concert nous offre (en tout cas pour l’instant) la possibilité de voir et d’apprécier cette œuvre si particulière et qu'il eut été dommage d’avoir à jamais perdu :

Flash info : Reconstitution historique au château de Chantilly (19 et 20 septembre 2026)

            Si les reconstituteurs qui seront présents à Chantilly sont aussi passionnés et passionnants que ceux de « L’Amérique & Versailles », nous pourrions bien avoir un autre excellent weekend à l’horizon.

            En lien avec l’exposition sur les collections de Caroline Murat dont nous vous avons parlé, le château de Chantilly organise un Grand week-end de reconstitution historique le samedi 19 et le dimanche 20 septembre 2026.

Le site du château nous dit :

« En écho à l’exposition consacrée à Caroline Murat, sœur de Napoléon et reine de Naples, au sein de son Jeu de Paume, le Château de Chantilly propose à ses visiteurs un grand week-end de reconstitution historique les plongeant au cœur du Premier Empire.

Rencontrez Caroline et Joachim Murat, en visite à Chantilly, leur suite et leurs troupes !

Conçue comme une immersion vivante et accessible à tous, cette manifestation invite le public à déambuler librement entre les différents espaces du domaine, pour un véritable voyage dans le temps à la découverte d’un campement militaire, de scènes de vie civile et d’animations participatives, composant un parcours riche en expériences. Rassemblant près de 150 de reconstituteurs – soldats, artilleurs, danseurs et figures princières et civiles – cet événement restitue avec précision et passion la vie quotidienne au début du XIXème siècle.

Entre manœuvres des troupes et du canon, démonstrations commentées de la vie princière ou militaire, et évocations des « petits métiers », ce week-end d’exception met en lumière les savoir-faire, les pratiques et les usages de l’époque napoléonienne.

Ponctuée de moments d’échange, d’initiations et de démonstrations de danses historiques, cette immersion propose une expérience pédagogique, au plus près de l’Histoire. Le visiteur découvre ainsi un passé recréé, entre fidélité historique et esprit de fête.

 

Une immersion au cœur du premier empire

 

Le bivouac militaire et le village des petits métiers seront ouverts au public en continu de 10h00 à 17h00. Les visiteurs pourront y découvrir la vie de camp, l’artisanat et diverses animations. Des bals et démonstrations de danses d’époque viendront rythmer les festivités.

Samedi 19 septembre

10h0010h40 : Ouverture au public du bivouac militaire et du village des petits métiers – Jardin anglais.
10h40 – 11h00 : Mise en place des troupes et déplacement vers la cour d’honneur.
11h00 – 11h20 : Arrivée officielle de Leurs Majestés le roi et la reine de Naples et accueil protocolaire. Revue des troupes : présentation protocolaire et inspection officielle – Cour d’honneur du château.
11h30 – 12h00 : Animations simultanées :

  • Saynète historique par l’état-major Murat et échange avec le public — Galerie des Batailles.
  • Présentation de l’école du soldat et du peloton — Jardin anglais.

12h0012h30 : Scènes de vie au bivouac / petits métiers : présentation de la vie quotidienne et préparation des repas.
12h30 – 14h00 : Pause méridienne et maintien de la vie de camp, accessible au public.
14h00 – 14h45 : Bal historique : présentation de la Cour, ouverture du bal par Leurs Majestés le roi et la reine de Naples puis danses d’époque — Galerie de Peintures.
15h00 – 15h30 : Démonstrations militaires (zone de manœuvre) : exercices de tir, charges à la baïonnette, formation en ligne – Jardin anglais.

En parallèle – Saynète historique par l’état-major Murat et échange avec le public — Galerie des Batailles.
15h30 – 16h15 : Conférence La mode sous l’Empire — Salon du Roi.
15h45 – 16h45 : Grandes manœuvres militaires — Jardin anglais.
16h00 – 16h30 : Saynète historique par l’état-major Murat et échange avec le public — Galerie des Batailles.
17h15 – 17h45 : Revue des troupes et cérémonial des distinctions : remise de médailles, galons et chevrons d’ancienneté — Parterre de la Volière.

Dimanche 20 septembre

10h0010h40 : Ouverture au public du bivouac militaire et du village des petits métiers – Jardin anglais.
10h40 – 11h00 : Mise en place des troupes et déplacement vers la cour d’honneur.
11h00 – 11h20 : Arrivée officielle de Leurs Majestés le roi et la reine de Naples et accueil protocolaire. Revue des troupes : présentation protocolaire et inspection officielle – Cour d’honneur du château.
11h20 – 11h30 : Salve d’artillerie – Jardin anglais.
11h30 – 12h00 : Animations simultanées :

  • Saynète historique par l’état-major Murat et échange avec le public — Galerie des Batailles.
  • Présentation de l’école du soldat et du peloton — Jardin anglais.

12h00 – 12h30 : Scènes de vie au bivouac / petits métiers : présentation de la vie quotidienne et préparation des repas – Jardin anglais.
12h30 – 14h00 : Pause méridienne et maintien de la vie de camp, accessible au public.
14h00 – 14h45 : Bal historique : présentation de la Cour, ouverture du bal par Leurs Majestés le roi et la reine de Naples puis danses d’époque — Galerie de Peintures.
15h00 – 15h30 : Démonstrations militaires (zone de manœuvre) : exercices de tir, charges à la baïonnette, formation en ligne.

En parallèle -Saynète historique par l’état-major Murat et échange avec le public — Galerie des Batailles.
15h30 – 16h15 : Conférence La mode sous l’Empire, par Cristina Barreto-Lancaster, spécialiste de la mode sous l’Empire, auteure et collectionneuse — Salon du Roi.
15h45 – 16h15 : Grandes manœuvres militaires — Jardin anglais.
16h00 – 16h30 : Saynète historique par l’état-major Murat et échange avec le public — Galerie des Batailles.
16h30 – 17h00 : Revue des troupes et salut au public — Parterre de la Volière.

Informations importantes
Les horaires et le déroulé des animations sont communiqués à titre indicatif et sont susceptibles d’être modifiés en fonction des contraintes d’organisation.
En cas de conditions météorologiques défavorables ou de circonstances exceptionnelles, le Château de Chantilly se réserve le droit de modifier, reporter ou annuler tout ou partie des animations prévues, sans que cela n’ouvre droit à un remboursement.
 »

            N’oubliez pas qu’il existe un pack TER qui inclut le billet aller-retour depuis Paris-Nord ou une gare des Hauts de France et la gare de Chantilly-Gouvieux et le billet d’entrée « 1 jour » à échanger à l’entrée du château.

 

Curiosités de musée : Anne de France, duchesse de Bourbon présentée par saint Jean l’Évangéliste

Le 7 décembre 2025, nous vous avions parlé du triptyque de Moulins qui a été restauré et est exposé en ce moment, jusqu’au 31 août, dans la salle 831 de l’aile Richelieu.

Cette œuvre est absolument magnifique :


« JEAN HEY

Actif en France vers 1480-1500

Triptyque de la Vierge glorieuse, dit Triptyque de Moulins […]

Peint sur bois (chêne), vers 1498 […]

Moulins, cathédrale Notre-Dame. Œuvre classée au titre des monuments historiques en 1898. »


« VOLET GAUCHE

Pierre II de Bourbon en prière, accompagné par saint Pierre

Pierre II, couronné, est vêtu de manière quasi royale, tandis que saint Pierre, tenant les clés du paradis, apparaît en pape, pour accentuer encore le prestige du duc. Ici, Pierre II veut exprimer sa foi, mais aussi clamer sa souveraineté sur le duché de Bourbon qu’il entend léguer à sa fille Suzanne. 

Cadre fabriqué en 2025 à l’occasion de la restauration de l’œuvre. »


« PANNEAU CENTRAL

La Vierge et l’Enfant dans une gloire entourés d’anges

Alors qu’il était la plupart du temps fermé, la vue du triptyque ouvert devait susciter une émotion extraordinaire. La Vierge surgit comme une apparition dans le ciel. La couronne d’étoiles et la lune à ses pieds sont ses attributs lorsqu’elle est présentée comme l’Immaculée Conception. Pour la magnifier plus encore, Jean Hey associe la préciosité inhérente de l’or à la texture légère des cercles colorés, pour créer un halo solaire, d’où émane la lumière. »


« VOLET DROIT

Anne de France accompagnée de sainte Anne, avec sa fille Suzanne de Bourbon, en prière

La duchesse et sa fille sont agenouillées sur de riches coussins, sous une chapelle de soie. L’absence d’éléments d’architecture accentue l’impression qu’elles se trouvent dans un lieu intermédiaire entre terre et ciel. Les Bourbons apparaissent pleinement associés à la gloire de la Vierge.

Cadre fabriqué en 2025 à l’occasion de la restauration de l’œuvre. »


« VOLET DROIT (REVERS)

L’ange de l’Annonciation

La restauration a permis de comprendre que Jean Hey a plusieurs fois changé sa composition. Ainsi derrière l’ange, sous l’arc gothique, on voit le dessin d’un plafond voûté, de type Renaissance : le peintre a ensuite renoncé à ce projet. En outre, il n’a pas terminé ses grisailles, pour une raison encore inconnue : certains des anges sont juste esquissés, d’autres sont plus aboutis. »


« VOLET GAUCHE (REVERS)

La Vierge de l’Annonciation

Agenouillée dans un lieu qui évoque une église, Marie est surprise par l’ange dans sa prière ; derrière elle, la branche de lys symbolise sa pureté. La scène est surmontée d’un arc gothique, qui créait une continuité entre la peinture et l’architecture de la collégiale de Moulins où le Triptyque se trouvait. »

 

            Le triptyque est splendide et il faut vraiment prendre le temps de l’admirer, mais il faut aussi admirer les autres œuvres qui se trouvent dans la même salle.

            C’est l’une de ces œuvres qui nous a intriguée ; elle fut également peinte par le Maître de Moulins dont l’identité resta un relatif mystère jusqu’à une date assez récente (ce ne fut qu’en 2011 qu’une inscription au dos d’une toile intitulée Ecce Homo éclaira l’identité du maître). Aujourd’hui nommé Jean Hey, on sait peu de choses sur la vie de ce peintre, dessinateur et enlumineur.

Il est possible qu’il soit originaire du nord : toujours l’inscription au dos d’Ecce Homo désigne le peintre comme « teutonicus » (teuton/germanique) et comme de nombreux historiens pensent qu’il a été formé à Gand, ils pensent également qu’il était flamand… comme si aucun jeune homme n’avait jamais changé de pays afin de se former auprès d’un maître renommé (ce patronyme se trouve effectivement en Flandres, mais aussi en Alsace et pourquoi ne pas utiliser le latin « flandricus », qui existe ?).

Naissance et formation de Hey sont inconnues, mais on sait qu’il fut au service de l’archevêque de Lyon, Charles de Bourbon (1433-1488). À la mort de son protecteur, il se mit au service de Pierre II de Bourbon (1438-1503) dont l’Histoire se souvient aussi sous le nom de Pierre de Beaujeu. Pierre avait épousé Anne de France (1461-1522), fille de Louis XI (1423-1483), et ils avaient assuré la régence de 1483 à 1491 pour Charles VIII (1470-1498). Leur fille, Suzanne (1491-1521), fut duchesse de Bourbon et d’Auvergne et comtesse de la Marche.

            Situé pour l’instant à gauche du triptyque quand vous lui faites face, vous trouvez le volet gauche d’un triptyque dont le panneau central est aujourd’hui perdu ; cette huile sur bois représente Pierre II, sire de Beaujeu, duc de Bourbon, présenté par saint Pierre et elle fut réalisée vers 1492. Un fragment fut découpé dans le volet droit et ne présente plus aujourd’hui que Suzanne de Bourbon, dit enfant en prière ; il se trouve sur le même mur, juste à côté de l’œuvre qui nous intéresse : le volet droit qui représente Anne de France, dame de Beaujeu, duchesse de Bourbon présentée par saint Jean l’Évangéliste.


            Si vous regardez bien la toile, vous remarquerez des bestioles dans le calice que tient saint Jean :

Les autres visiteurs étaient tous focalisés sur le grand triptyque. Nous avons demandé à la charmante surveillante qui se trouvait dans la salle si elle savait ce que racontait cette représentation, mais nous étions toutes deux perdues.

Une réponse se trouve sur la fiche de cette toile sur le site des collections du Louvre :

« Portrait de la duchesse Anne de Beaujeu en buste, agenouillée en prière les mains jointes. Elle est présentée par saint Jean bénissant de la main droite, à la gauche un de ses attributs courants, le calice d'où s'échappent deux serpents (selon le récit miraculeux raconté par Jacques de Voragine dans la Légende dorée, dans lequel Jean se trouvant à Éphèse fut mis à l'épreuve par le grand prêtre du temple de Diane : le poison que Jean devait boire fut transformé en serpent lorsqu'il bénit sa coupe). Ils se tiennent dans une galerie ouverte sur un paysage visible par une arcade en anse de panier. »

Cette description donne une piste de recherche, mais pas la bonne réponse : Jean Hey est bien trop précis dans ses représentations de la Nature pour avoir peint des serpents aussi mal faits (regardez la bosse sur la créature centrale). Et puis, il y a trois têtes, pas deux.

Le calice représente la coupe remplie de poison donnée par le grand prêtre du temple de Diane à Éphèse. Saint Jean bénit la coupe et neutralisa le poison, mais plusieurs versions existent et dans certaines deux serpents s’échappent du calice, dans d’autres c’est un petit dragon bicéphale. Certaines versions parlent d’un serpent d’airain ou d’un dragon à trois têtes. Ici, nous avons donc un dragon à trois têtes ; c’est à la fois un symbole du Christ, un rappel du serpent d’airain de Moïse et une promesse de guérison.

Cette créature dans le calice tenu par l’Évangéliste est beaucoup plus importante et intéressante qu’il n’y paraît au premier regard.

 


Flash info : théâtre baroque à Chantilly (29 août 2026)

            Si vous avez envie de faire un saut dans le passé, vous pourrez profiter d’une pièce de théâtre à Chantilly le 29 août prochain. L’événement est décrit comme une représentation « à la bougie », mais puisque l’horaire indiqué est « 20 h » et que la pièce dure une heure et quart, l’utilisation d’éclairage à la bougie (Cf. la présentation vidéo) devrait être minimal.

 

            La représentation aura lieu dans les jardins de la Maison de Sylvie (vers l’entrée principale du château, mais non loin de l’hippodrome), sauf en cas de pluie où les organisateurs semblent avoir prévu un « plan B ».

            Le site nous dit :

« Pyrame et Thisbé, une œuvre de Théophile de Viau

Soirée théâtrale à la bougie : Pyrame et Thisbé

Dans le cadre des commémorations du 400e anniversaire de la mort de Théophile de Viau, cette célèbre pièce baroque prend vie au cœur même des jardins de la Maison de Sylvie, lieu chargé de son histoire : c’est ici, dans cette maison de Sylvie, que ce poète du début du XVIIe trouva refuge et inspiration, et qu’il donna son nom à ce pavillon en hommage à la protectrice qui l’accueillit.

Un théâtre à la bougie sous le ciel étoilé, où les mots anciens reprennent vie dans une expérience hors du temps grâce à la compagnie Oghma. La déclamation en vieux français en révèle toute la musicalité et la puissance, tandis que le spectacle déploie un jeu d’ombre et de lumière caravagesque, où visages et corps émergent de la pénombre avec une intensité saisissante.

Adaptée d’un mythe antique transmis par Ovide, la pièce raconte l’amour tragique de deux jeunes amants séparés par la haine de leurs familles. Contraints de se parler à travers une fente dans un mur, Pyrame et Thisbé bravent les interdits pour se retrouver, au prix d’un destin funeste. Dans cette œuvre emblématique du théâtre baroque, Théophile de Viau exalte la liberté, la passion et la révolte contre l’ordre imposé, jusqu’à une métamorphose finale où amour et nature se confondent.

Une tragédie intime et envoûtante, où l’amour et la liberté se murmurent à la nuit dans une atmosphère à la fois picturale et profondément vivante. Une expérience unique, dans un lieu enchanteur, mêlant déclamation baroque, costumes d’époque, beauté de la langue et performance théâtrale, à la lumière seule des bougies. »

 

Des nouvelles de Clio (bulletin #17)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

* Empathie a aujourd’hui une signification positive, mais pas εμπάθεια en grec moderne. L’histoire linguistique et la métamorphose de ce mot est fascinante (article en anglais).

* Dès que des envahisseurs-colonisateurs s’emparent de monuments historiques, il y a deux possibilités : ils les préservent parce qu’ils apprécient leur beauté, leur Histoire et leur importance (l’Alhambra ne fut finalement pas détruite) ou leur manque de respect finit par causer des dommages - c’est ce qui arriva à l’Acropole à cause des Turcs et des Vénitiens (article en anglais).

* Nous devrions probablement parler du talus d’Achille et non pas de son talon. Quelques archéologues – et récemment Barbara Caré – sont convaincus que nous avons un problème de linguistique avec une mauvaise interprétation d’un mot qui a évolué. L’astragale, le talus aujourd’hui, aurait été confondu avec le talon et des interprétations littéraires en hommage à Homère largement postérieures auraient contribuées à placer le point faible d’Achille dans son talon alors qu’il est plus logique que la faiblesse ait été dans son talus et ce pour deux raisons : blesser Achille au talus était l’assurance qu’il ne pourrait plus combattre car sa cheville aurait été brisée et il est plus logique que sa mère, Thétis, l’ait plongé dans le Styx en le tenant par la cheville (quelle mère prendrait le risque de lâcher son enfant en ne le tenant que par le talon ?). Si vous souhaitez en savoir plus, un article en anglais vous attend ici.

* En 1963, les archéologues de l’École française d’Athènes découvrirent une statue de l’empereur Hadrien plus grande que nature sur l’île de Thasos, où la statue se trouve toujours et où elle peut être admirée au musée archéologique local (article en anglais).

Découverte de la statue. Photo : École française d’Athènes.

* Comme nous l’avions mentionné dans le bulletin #13, le pain était très important en Grèce. Si vous souhaitez tenter l’expérience à la maison, un article vous propose une histoire de pain et une recette en vidéo à la sauce reconstitution archéologique ou en version rapide (en anglais).

* Sara Corning fut une femme extraordinaire. Cette Canadienne devint infirmière, rejoignit la Croix rouge et contribua à sauver des milliers d’orphelins lors du génocide gréco-arménien après la Grande guerre. Elle aida à la fondation d’orphelinats en Grèce, en géra un elle-même et adopta même certains des enfants. Un article (en anglais) lui est consacré ici.

* En parlant de femme intéressante, Anne Comnène (1083-1153 ?) nous a laissé l’Aléxiade, long poème qui fait figure de chronique de son époque. Ce texte est si riche en détails historiques qu’il sert encore aux historiens d’aujourd’hui. Certes, la princesse byzantine fut privilégiée, mais son histoire montre ce qui arrive quand l’éducation des filles n’est pas négligée (article en anglais).

* En Grèce, le klérotèriôn était un appareil qui permettait de désigner, par tirage au sort, les citoyens d’Athènes qui siégeraient à l’Héliée (le tribunal situé sur l’Agora) et la Boulê (l’assemblée chargée des lois). Cet appareil garantissait que le choix n’était pas truqué. Nos politocards (poly-tocards ?[1]) auraient bien trop peur de faire de même ; en allant même plus loin, on pourrait se demander si certains postes officiels ne seraient pas mieux pourvus si on utilisait un tel système (article en anglais).


[1] : Si, si, c’est mérité.

Flash info : nouvelles du musée de Cluny

            Le musée de Cluny a un nouveau site Internet qui a de nouvelles pages thématiques :

* « Parcours de visite » 

* « Á faire à la maison » (Coloriages, Broderie médiévale ou Recettes médiévales)

* « Les podcasts du musée de Cluny »

* « Dossiers thématiques » (Cartes blanches aux chercheurs, Des clés pour comprendre le Moyen Âge, Ensembles architecturaux, L’iconographie chrétienne, Pour approfondir)

Bonne exploration ! Si nous disparaissons sur la page des recettes médiévales, que personne ne s’étonne…

Activités au château d'Azay-le-Rideau (14 juillet - 22 août 2026)

            De nombreuses manifestations historiques vont avoir lieu au château d’Azay-le-Rideau cet été.

Nous vous signalons notamment :

 

Du 15 juillet au 22 août, le « Spectacle immersif « La Conjuration d'Azay » 



Plongez dans une nouvelle expérience de visite théâtrale et immersive proposée par le Théâtre des Minuits et revivez un événement historique unique au château d'Azay-le-Rideau.

 

Présentation

 

Nouveau scénario, nouveaux décors ! Après le succès de l’édition 2025, les comédiens du Théâtre des Minuits et quelques 200 bénévoles reviennent cet été au château pour vous plonger dans une nouvelle édition de la « Conjuration d'Azay ». Spectacle immersif par excellence, les comédiens vous entrainent au cœur de l'intrigue.

Nous sommes en 1626. Le royaume de France est fragilisé par l’absence d’héritier. Gaston de France, frère de Louis XIII, convoite le trône et s’oppose à l’autorité grandissante du cardinal de Richelieu. Manipulé par la duchesse de Chevreuse, il se retrouve mêlé à une conspiration visant le cardinal et le Roi. 

Réfugié à Azay-le-Rideau, Gaston tente d’oublier les tensions politiques en s’abandonnant à de fastueuses festivités, tandis que Louis XIII y envoie secrètement sa mère, Marie de Médicis, et Richelieu pour tenter de ramener à la raison le jeune prince. 

Sous les masques et la musique baroque, la menace persiste : la conspiration est-elle vraiment terminée, ou un assassin se cache-t-il parmi les danseurs ? 

 

Vous êtes accompagnés de personnes non francophones ?

Des créneaux spécifiques sont prévus pour les visiteurs étrangers.

Chaque jour de représentation, des chuchoteurs narrent en anglais et en espagnol à l’aide d’audiophones, les scènes et dialogues du spectacle.

 

En anglais : à 19h10 et 21h10
En espagnol : à 19h20 et 21h20

Les mercredis, jeudis, vendredis et samedis du 15 juillet au 22 août 2026
De 19h à 23h30
Durée du spectacle : 1h20
Des départs sont proposés toutes les 10 minutes (dernier départ à 22h) 
 

Plein tarif : 21 €
Tarif réduit : 14 € (- 18 ans, étudiants, bénéficiaires des minimas sociaux, familles nombreuses ...)
Moins de 5 ans : gratuit

À partir de 5 ans

Chaque départ est composé d'un groupe de 30 personnes maximum.
Spectacle en déambulation dans le parc et le château. Pas de places assises.
Sur réservation »

 

Du 14 juillet au 18 août, des « animations historiques 



Présentation

 

La Renaissance reprend vie au château d’Azay-le-Rideau

Cette saison, le château d’Azay-le-Rideau vous invite à vivre une expérience immersive au cœur de la Renaissance grâce aux animations historiques proposées par la compagnie La Muse.

Dans les jardins du château, comédiens et personnages costumés redonnent vie à l’élégance, aux savoir-faire et aux intrigues du XVIe siècle. Entre scènes théâtralisées, rencontres insolites, démonstrations et moments participatifs, petits et grands découvrent l’histoire autrement : vivante, sensible et pleine de surprises.

Pensées pour toute la famille, ces animations mêlent découverte culturelle, divertissement et émerveillement. Les enfants pourront s’initier aux usages de la Renaissance tandis que les adultes apprécieront la richesse historique et l’atmosphère unique du lieu.

Le temps d’une visite, laissez-vous transporter dans l’univers raffiné de la cour de François Ier et partagez un moment hors du temps au cœur de l’un des plus beaux châteaux de la Loire.

 

Au programme

 

14 juillet : Touraine, jardin de la France
Découvrir la cuisine de la Renaissance et les spécialités tourangelles.

 

21 juillet : Les jeux de la Muse
S'amuser avec les jeux de l'époque.

 

28 juillet : Les mains de l'histoire
S'initier à l'artisanat.

 

4 août : Les jeux de la Muse
S'amuser avec les jeux de l'époque.

 

11 août : Le Camp des jongleurs 
S'initier à la jonglerie, aux acrobaties et aux danses de la Renaissance.

 

18 août : Ars militari
Comprendre l'artisanat militaire et s'initier au combat.

Les mardis du 14 juillet au 18 août 2026
De 10h à 13h et de 14h à 18h 

L'accès aux animations est compris dans le billet d’entrée du château
Adulte : 16 € en caisse
Gratuit moins de 26 ans

Si vous souhaitez acheter votre billet à l'avance, choisissez le billet "Visite libre du monument".

Tout public

Les animations sont proposées en continu dans le parc
Sans réservation »

 

Le mardi 22 juillet, un « Bal Renaissance au château

 

Au son des airs de la Renaissance, venez danser au château le temps d’une soirée exceptionnelle

 


 

Présentation

 

Dansons dans le cadre enchanteur du château d’Azay-le-Rideau ! Le Banquet du Roy vous propose le temps d’une soirée de renouer avec cette passion emblématique du XVIᵉ siècle : le bal Renaissance.

Ouvert à tous et guidé par un maître à danser, cet événement festif et participatif vous invite, quel que soit votre niveau, à vous initier aux pavanes, branles et allemandes. Au fil des danses, vous découvrirez  le plaisir d’évoluer ensemble, portés par une même pulsation et l’énergie du collectif.

Mardi 28 juillet 2026 de 20h à 22h

Tarif : 16 €
Moins de 18 ans : gratuit

 

Location de costumes en partenariat avec l’association Louis XII. 
Possibilité de location sur place à partir de 19h15 ou de pré-réservation en ligne (ouverture des réservations en juin).
Le port du costume n'est pas obligatoire. »

Flash info : ouverture de la Chapelle royale et de la Grande Sacristie au château de Versailles (7 juillet-30 août et 7 juillet-27 septembre 2026)

           C’est l’été et la Chapelle royale du château de Versailles peut être visitée du 7 juillet au 27 septembre et, cette année, jusqu’au 30 août, nous pourrons aussi visiter la Grande Sacristie et la pièce du lavabo.

Le site nous dit :

« Les annexes de la Chapelle royale

Construite suivant les plans de Jules Hardouin-Mansart, la Chapelle royale du château de Versailles est l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture religieuse en France et l’un des points d’orgue de la visite du monument.

La chapelle royale et ses Annexes

Envisagée dès les années 1680, la construction de la Chapelle royale fut différée pour des raisons financières, puis reprise de 1699 à 1710 environ. 

Dès 1682, Louis XIV avait souhaité que des Lazaristes (ou Missionnaires), au nombre de 14 puis 21, soient affectés au service divin. Le fonctionnement de la chapelle nécessitait donc d’importants espaces annexes, auxquels un emplacement avait été réservé à l’extrémité de l’aile nord. Leur aménagement eut lieu vers 1708-1710, sous la direction de Jules Hardouin-Mansart puis de Robert de Cotte.

Ces annexes regroupaient les différents usages liés au culte et au fonctionnement de la chapelle (le Logement des Lazaristes, la Salle de classe des enfants de chœur, la Pièce des musiciens, le Logements du Suisse et du Prédicateur, la Grande Sacristie, la Pièce du lavabo…), qui s’imbriquaient dans les logements de courtisans, d’officiers et autres corps de garde du reste de l’aile nord.

Les Annexes de la chapelle royale : des espaces particulièrement authentiques

L’ensemble des pièces attenantes à la Chapelle a été peu modifié depuis l’Ancien Régime. Comme dans le reste du Château, les logements furent régulièrement adaptés et densifiés à partir du milieu du XVIIIème siècle, et un Oratoire pour Madame de Pompadour fut aménagé à l’emplacement d’un palier d’escalier. Au XIXème siècle, la nécessité de conserver la Sacristie permit de préserver toute l’extrémité de l’aile nord lors de l’aménagement des salles d’Afrique. Seul l’Escalier des Lazaristes fut sacrifié au profit d’un calorifère destiné à chauffer la salle de la Smalah.

Ainsi, les pièces attenantes à la Chapelle royale demeurent un témoin rare et précieux de la vie quotidienne des courtisans et des servants de la chapelle sous l’Ancien Régime.

Une intervention sur ces pièces s’inscrit dans la continuité de la restauration de la Chapelle Royale et est aujourd’hui nécessaire en raison de leur état de dégradation parfois avancée.

Une restauration urgente

Certaines pièces présentent des altérations dues à l’utilisation de la chapelle en tant que salle de concert induisant des aménagements et une logistique particulière. C’est pourquoi elles appellent aujourd’hui à être restaurées tandis que les installations techniques doivent être rénovées.

La Grande sacristie et la Pièce du lavabo

La Grande Sacristie de la Chapelle est un ensemble de pièces de grande valeur patrimoniale situées dans l’aile nord du Château. Elles nécessitent aujourd’hui une restauration majeure afin de sauvegarder cet espace et de le présenter au public. Reliées à la première travée du déambulatoire, elles s’organisent autour d’un couloir d’accès situé au niveau inférieur, de plain-pied avec le pavement de la Chapelle, distribuant au nord la Grande Sacristie et à l’est la pièce du lavabo.

La Grande Sacristie est la pièce la plus vaste et la plus précieuse des annexes de la Chapelle royale. Si les portes richement sculptées donnant sur la Chapelle sont peintes et dorées, le reste des boiseries du XVIIIe des annexes de la Chapelle est simplement ciré « à la capucine », selon l’usage des boiseries d’église. La partie inférieure du couloir, tout comme les pièces adjacentes, est intégralement lambrissée, conférant à ces trois espaces une remarquable unité. Ces pièces sont composées de panneaux de lambris et de mobilier intégré moulurés voire sculptés, avec des sols en parquet Versailles à frises et compartiments. Austérité et grandeur, alliées à une perfection dans la qualité du bois comme dans l’exécution de la menuiserie, caractérisent ces lieux hors du temps.


La Grande Sacristie

© EPV/Didier Saulnier

Une lourde intervention est indispensable pour la pièce du lavabo : le plancher s’est affaissé de plus d’une dizaine de centimètres, engendrant d’importantes déformations des lambris. Le précieux lavabo en marbre du Languedoc et sa tuyauterie en plomb seront restaurés selon des méthodes traditionnelles. Seuls les chapiers souffrent également de déformations importantes.

La restauration des annexes de la Chapelle permettra également la mise en œuvre d’un projet muséographique et la présentation du "trésor" de la Chapelle grâce à l’aménagement discret des placards de la pièce du lavabo en vitrines. En parallèle, la Grande Sacristie continuera à servir aux usages cultuels.

Ainsi, la restauration et le réaménagement de ces espaces permettront d’envisager la création d’un circuit de visite inédit dans une partie du Château qui n’était, jusqu’à présent, pas accessible au public.

Mécénat

La pièce des musiciens et le revestiaire des chantres ont été restaurés grâce au mécénat de la Fondation Philanthropia.

L'oratoire de madame de Pompadour a été restauré grâce au mécénat de la Fondation Frédéric de Sainte Opportune sous l'égide de la Fondation Notre Dame.

La Sacristie et la pièce du lavabo sont en cours de restauration grâce au mécénat de la Société des Amis de Versailles avec le soutien de la Fondation du patrimoine.

Le château de Versailles remercie Mademoiselle Madeleine Faucheux-Bureau, Madame Françoise Dufaux et Monsieur Guy Renard pour leurs généreux legs réalisés par l'intermédiaire de la Société des Amis de Versailles. »

 

Curiosités de musée : Les chambres secrètes du château de Chantilly

            Ce qui est fascinant quand on est abonnée à moultes infolettres, c’est que cela nous permet de partager certaines informations avec vous, chers Lecteurs.

            Cette fois-ci, il se trouve que France 3 Picardie s’est rendue au château de Chantilly afin de brièvement nous faire découvrir deux chambres qui ne font pas partie du parcours de visite ouvert à tous.

            L’information qui allait avec le lien est la suivante :

« Reportage : La chambre secrète du Château de Chantilly

Le Château de Chantilly renferme plusieurs lieux secrets. Dans ce reportage c’est un lieu hors parcours de visite du château qui nous est dévoilé : la chambre de Berthe de Clinchamp. Situé derrière une porte dérobée, l’endroit reste secret en raison de son accessibilité réduite, mais aussi parce qu’il est une véritable plongée dans l’intimité de celui qui fut le dernier propriétaire du Domaine de Chantilly. »

            Voici la vidéo qui accompagne ce texte :

            En bonus, il existe une page sur le site Internet du château où vous pouvez visionner certaines expositions virtuelles. Bonne visite à distance !

Des nouvelles de Clio (bulletin #16)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

 

* Lord Elgin ne s’est pas seulement contenté de voler les frises du Parthénon : il a aidé un de ses amis, Edward Daniel Clarke, à voler une caryatide à Éleusis et elle a failli être perdue dans un naufrage au large de l’Angleterre. Cette statue se trouve aujourd’hui à Cambridge (article en anglais).

D’ailleurs, en parlant de cet imbécile d’Elgin, son navire, le Mentor, a lui aussi fait naufrage et les archéologues du ministère de la culture ont encore retrouvé en 2025 quelques fragments qui n’avaient pas été repêchés après le naufrage. Entre le naufrage, l’opération de récupération, le stockage inadéquat en Grèce, puis en Angleterre où Elgin fut en dessous de tout, le Royaume-Uni se moque du monde en refusant encore de rendre ces pièces qui ont été pillées par un arrogant dont l’égo ne passait plus les portes (article en anglais).

* Au début du XXe siècle, T. E. Lawrence (Lawrence d’Arabie) et l’archéologue Leonard Wolley avaient remarqué une église byzantine (entre Terre Sainte et monastère de Sainte Catherine) dont les ruines avaient été découvertes (et endommagées !) par les autorités ottomanes en Palestine occupée. Aujourd’hui, grâce à Lawrence et Wolley, cette église a été retrouvée et des fouilles ont mis à jour des mosaïques aux motifs floraux (article en anglais).

* Un parchemin qui décrit la Passion du Christ, un Arma Christi, rouleau datant de 1475, se trouve aujourd’hui au Bar Convent Museum à York où il n’est pas toujours présenté aux visiteurs car il est très fragile. Il existe peu de ces rouleaux et c’est une vraie chance de pouvoir admirer cet exemplaire extraordinaire quand il est montré au public (article en anglais).


* Oscar Wilde avait reçu une éducation très classique. Au lieu d'aller à Rome comme bon nombre de sujet de la reine Victoria, il visita la Grèce avec quelques camarades d'Oxford à vingt-trois ans. Cette aventure marqua profondément le futur écrivain (article en anglais).

* Si vous passez par Delphes, vous pourrez admirer une magnifique statue d'Antinoüs au musée archéologique. Elle fut découverte par une équipe d'archéologues français en 1894. Après la mort de son impérial amant, Hadrien avait divinisé Antinoüs et ordonné qu'il soit vénéré dans tout l'empire - une statue du jeune dieu fut donc installée à Delphes à l'entrée du sanctuaire (article en anglais).

Découverte de la statue
 

* Aristophane était un génie littéraire et c'est à lui que l'on doit le plus long mot en grec ancien : « λεπαδοτεμαχοσελαχογαλεοκρανιολειψανοδριμυποτριμματοσιλφιοτυρομελιτοκατακεχυμενοκιχλεπικοσσυφοφατοπεριστεραλεκτρυνοπτοκεφαλιοκιγκλοπελειολαγῳοσιραιοβαφητραγανοπτερυγών ». En revanche, aurait-il été prudent d'inviter Aristophane dans nos cuisines ? En effet, ce curieux mot décrit un plat partagé lors d'un banquet, mais la liste des ingrédients est pour le moins hétéroclite (article en anglais).

* Aujourd'hui encore, les archéologues peuvent faire des découvertes extraordinaires : une momie d'un homme adulte (mort après le règne de Cléopâtre VII) découverte à Oxyrhynque en Égypte avait un papyrus dans l'estomac, mais au lieu d'un livre des morts, le texte qui y fut rédigé est une partie de l'Iliade. D'autres momies avaient des langues en or ou en cuivre (article en anglais).

* Des chercheurs ont travaillé sur les inégalités alimentaires sur une période de dix mille ans. Leurs conclusions sont fascinantes et parfois étonnantes (bref, il n'a jamais fait bon naître femme).

Exposition : « Diego Cibeli, confins de porcelaine » (6 juin - 26 octobre 2026 au château de Chantilly)

En même temps que l’exposition « De Naples à Chantilly, les collections de la reine Caroline Murat », le château de Chantilly nous présente une exposition d’art contemporain dans la « Grande Singerie » (dans les Grands Appartements du château) du 6 juin au 26 octobre 2026 :

 

« Diego Cibeli, confins de porcelaine 

Dans le cadre de la saison napolitaine qui s’inaugure le 6 juin 2026 au musée Condé du Château de Chantilly, alors que le Jeu de Paume présente les collections de Caroline Murat, reine de Naples sous l’Empire, l’artiste napolitain Diego Cibelli conçoit une installation, c’est-à-dire un ensemble de sculptures créées pour l’expositions, destinées à l’un des espaces les plus emblématiques des Grands Appartements.

Pour la première fois, l’un des décors les plus emblématiques du XVIIIe siècle, la Grande Singerie peinte en 1737 par Christophe Huet accueille une création contemporaine. Dans cet intérieur où se superposent les strates du goût, du pouvoir et de la mémoire, Diego Cibelli ne reconstitue pas la collection de porcelaines des princes de Condé aujourd’hui disparues, il en fait renaître le souvenir et l’imaginaire. Ses formes fragiles, où s’entrelacent figures humaines, animales et végétales, semblent issues d’un monde enchanté. Entre Naples et Chantilly, sa production relie deux grandes histoires du raffinement, des arts décoratifs et du collectionnisme dans une méditation joyeuse sur l’étrange, l’altérité et la mouvance des formes et des matières.

De Naples à Berlin et Chantilly

Né à Naples en 1987, Diego Cibelli étudie aux Beaux-Arts de sa ville natale avant de se former à la Weissensee Kunsthochschule de Berlin. De retour dans la cité parthénopéenne, il travaille – depuis son atelier du quartier populaire de Scampia dans la périphérie de Naples – un matériau emblématique de l’histoire artistique et politique du royaume de Naples : le biscuit de porcelaine (une céramique cuite sans glaçure).

Cette fragile matière lactée lui permet d’explorer les formes poétiques du vivant, faisant dialoguer et s’entrelacer figures humaines, animales, mythologiques et chimériques dans un univers de métamorphoses.

Après une exposition au musée de Capodimonte à Naples en 2021, Diego Cibelli obtient le premier Prix Carta Bianca en 2024, avant de créer une installation permanente à la Fondation Rovati à Milan en septembre 2025.

Porcelaine en héritage

À Naples, la porcelaine occupe une place singulière dans l’histoire du pouvoir et du goût, analogue à celle qu’elle revêtit à Chantilly. Fondée en 1743 par le roi Charles de Bourbon, la manufacture royale de Capodimonte fut l’une des plus ambitieuses d’Europe avant d’être appelée à une seconde vie sous le règne de Joachim Murat et de Caroline Bonaparte, qui en ravivèrent l’élan expérimental et la portée diplomatique.

Diego Cibelli s’inscrit dans cet héritage, qu’il réinterprète librement dans une fusion féerique de formes anthropomorphes, botaniques et animales, telle l’œuvre site-specific qu’il crée pour la Grande Singerie.

Peint en 1737, ce célèbre décor déployé en arabesques, peuplé d’espiègles figures simiesques où dialoguent et s’interpénètrent les Cinq Sens et les Quatre Parties du monde, abritait autrefois les précieuses collections de porcelaines du duc de Bourbon. Dès 1725, ce prince avait fondé sa propre manufacture à Chantilly, qui perdura jusqu’en 1870.

La Grande Singerie réunissait des porcelaines produites à Chantilly comme d’autres venues des confins de l’Asie, déployant un Orient imaginaire, promesse d’évasion vers l’ailleurs chère aux sociétés des Lumières.

En 2026, Diego Cibelli recrée, avec Confins de porcelaine, l’univers fantastique et métamorphique de cette collection dont la trace s’est aujourd’hui perdue, dans un harmonieux choc de représentations.

Le titre de l’exposition évoque les lointains géographiques rêvés au XVIIIe siècle comme les frontières mouvantes entre les règnes, les formes et les matières, au cœur du travail de l’artiste. Confins de porcelaine interroge ainsi l’étrangeté et l’altérité dans un jeu de rencontres entre les personnages, l’architecture, le décor, l’œuvre contemporaine et le public.

Cette installation tisse un dialogue inédit entre l’histoire des collections de Chantilly, l’imaginaire exotique du XVIIIᵉ siècle et les formes contemporaines de l’expérience de la découverte de l’étranger profondément ancrée dans la tradition millénaire de la cité portuaire de Naples.

Diego Cibelli – Premier Prix Carta Bianca 2024

Cette exposition et sa communication sont soutenues par l’Association SANTéART, qui a décerné son premier Prix Carta Bianca à Diego Cibelli en 2024. Trouvant sa source au croisement de l’art et de la dimension sensible de l’être humain, le Prix Carta Bianca construit une passerelle entre le monde des artistes et le monde des patients. Il est fondé autour de valeurs-clés inhérentes aux professions de santé: partage, don de soi, engagement, solidarité, humanité et considère l’apport du contact avec l’œuvre comme source de revitalisation et de renaissance. Avec une dotation annuelle le plaçant parmi les plus importants Prix français et européens, le Prix Carta Bianca a permis au cours des trois dernières éditions le soutien de vingt-quatre artistes, choisis par un comité franco-italien.

Commissariat

Ulysse Jardat, Conservateur du patrimoine, musée Condé »