Dans ce bulletin, nous vous proposons :
* Empathie a aujourd’hui une signification positive, mais pas εμπάθεια en grec moderne. L’histoire linguistique et la métamorphose de ce mot est fascinante (article en anglais).
* Dès que des envahisseurs-colonisateurs s’emparent de monuments historiques, il y a deux possibilités : ils les préservent parce qu’ils apprécient leur beauté, leur Histoire et leur importance (l’Alhambra ne fut finalement pas détruite) ou leur manque de respect finit par causer des dommages - c’est ce qui arriva à l’Acropole à cause des Turcs et des Vénitiens (article en anglais).
* Nous devrions probablement parler du talus d’Achille et non pas de son talon. Quelques archéologues – et récemment Barbara Caré – sont convaincus que nous avons un problème de linguistique avec une mauvaise interprétation d’un mot qui a évolué. L’astragale, le talus aujourd’hui, aurait été confondu avec le talon et des interprétations littéraires en hommage à Homère largement postérieures auraient contribuées à placer le point faible d’Achille dans son talon alors qu’il est plus logique que la faiblesse ait été dans son talus et ce pour deux raisons : blesser Achille au talus était l’assurance qu’il ne pourrait plus combattre car sa cheville aurait été brisée et il est plus logique que sa mère, Thétis, l’ait plongé dans le Styx en le tenant par la cheville (quelle mère prendrait le risque de lâcher son enfant en ne le tenant que par le talon ?). Si vous souhaitez en savoir plus, un article en anglais vous attend ici.
* En 1963, les archéologues de l’École française d’Athènes découvrirent une statue de l’empereur Hadrien plus grande que nature sur l’île de Thasos, où la statue se trouve toujours et où elle peut être admirée au musée archéologique local (article en anglais).
Découverte de la statue. Photo : École française d’Athènes.
* Comme nous l’avions mentionné dans le bulletin #13, le pain était très important en Grèce. Si vous souhaitez tenter l’expérience à la maison, un article vous propose une histoire de pain et une recette en vidéo à la sauce reconstitution archéologique ou en version rapide (en anglais).
* Sara Corning fut une femme extraordinaire. Cette Canadienne devint infirmière, rejoignit la Croix rouge et contribua à sauver des milliers d’orphelins lors du génocide gréco-arménien après la Grande guerre. Elle aida à la fondation d’orphelinats en Grèce, en géra un elle-même et adopta même certains des enfants. Un article (en anglais) lui est consacré ici.
* En parlant de femme intéressante, Anne Comnène (1083-1153 ?) nous a laissé l’Aléxiade, long poème qui fait figure de chronique de son époque. Ce texte est si riche en détails historiques qu’il sert encore aux historiens d’aujourd’hui. Certes, la princesse byzantine fut privilégiée, mais son histoire montre ce qui arrive quand l’éducation des filles n’est pas négligée (article en anglais).
* En Grèce, le klérotèriôn était un appareil qui permettait de désigner, par tirage au sort, les citoyens d’Athènes qui siégeraient à l’Héliée (le tribunal situé sur l’Agora) et la Boulê (l’assemblée chargée des lois). Cet appareil garantissait que le choix n’était pas truqué. Nos politocards (poly-tocards ?[1]) auraient bien trop peur de faire de même ; en allant même plus loin, on pourrait se demander si certains postes officiels ne seraient pas mieux pourvus si on utilisait un tel système (article en anglais).
[1] : Si, si, c’est mérité.

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