Des nouvelles de Clio (bulletin #18)

Dans ce bulletin, nous vous proposons :

* Une inscription sur une fontaine peut avoir une signification plus grande qu’il n’y paraît au premier abord : si « Junia Rufina est l’amie des nymphes » semble une bien innocente déclaration, en fait, elle montre l’importance d’une femme qui était peut-être dans le cercle de l’empereur Hadrien. Il est souvent bon de fouiller les choses afin de découvrir l’étendue de leur signification (article en anglais).

* Aristote (et ses compatriotes) savaient comment désaliniser l’eau de mer. La technique a été modernisée aujourd’hui, mais le concept est beaucoup plus ancien qu’on ne pourrait le croire (article en anglais).

* L’intelligence artificielle peut se révéler utile dans certains cas : un rouleau de parchemin trouvé dans un triste état à Herculanum vient d’être déchiffré ainsi (article en anglais).

* La science peut venir en aide aux historiens et archéologues. Par exemple, une analyse ADN vient de révéler que deux membres de la famille Médicis n’étaient pas morts d’empoisonnement à l’arsenic, mais avaient succombé à… la malaria (article en anglais).

* D’ailleurs, en parlant de science… Il y a deux cents ans, près de Stonehenge, fut découverte la tombe d’un shaman et ferronnier (plus probablement orfèvre, en fait)… Aujourd’hui, une analyse ADN nous apprend que la personne qui fut enterrée là avec tout le matériel nécessaire pour travailler le métal – et même les métaux précieux – était… une femme. Les clichés ont la vie dure. Les archéologues vont devoir tout réinterpréter au sujet de la shaman d’Upton Lovell – et le musée où le contenu de la tombe est exposé va devoir changer le portrait d’homme qui accompagnait les objets (article en anglais).

* Dans la série « Les femmes sortent de l’ombre de l’Histoire », une nouvelle étude émet l’hypothèse que certaines princesses égyptiennes auraient pu être initiées au tir à l’arc et au combat, mais tous les archéologues ne sont pas d’accord car les squelettes qui nous sont parvenus ont été très mal conservés et une comparaison de squelettes avec des personnes non royales contemporaines des princesses n’a pas été possible. Cette possibilité reste fascinante (article en anglais).

* Les vilica (responsables des villas) romaines ont, elles aussi, été sous-estimées par les historiens qui n’ont vu en elles que des servantes dans les domaines agricoles alors qu’elles étaient en fait les intendantes chargées de faire prospérer les terres de leurs maîtres. Là, il y a bien de la mauvaise foi de la part de certains historiens parce que les écrits de Caton l’Ancien (234 avant J.-C. ?-149 avant J.-C.) mentionnent le travail de certaines femmes dans les fermes en tant qu’intendantes ; pire encore : nous disposons du texte détaillé de Columelle (Lucius Iunius Moderatus Columella, né en 4 à Cadix et mort en 70 à Tarente). Ce dernier décrit avec précision le travail des intendantes et des intendants. Certains historiens l’ont lu en grande diagonale, ou ils sont misogynes - ou les deux (article en anglais).

* Alors que dans l’antiquité, les femmes grecques étaient cantonnées à leurs fourneaux et métiers à tisser à la maison, certaines villes organisaient des Thesmophories en octobre en l’honneur de Déméter et Perséphone où seules les femmes étaient autorisées (un homme qui aurait tenté de les espionner aurait été attaqué et castré ou mis à mort). Aristophane a écrit une comédie intitulée Les Thesmophories où, comme dans Lysistrata (présentée deux mois plus tôt en janvier 411), les femmes sont maîtresses de l’action – cette fois-ci contre Euripide qu’elles trouvent misogyne (article en anglais).

* Dans la série « Les Horreurs de la colonisation », une nouvelle étude suggère que les Anglais amenèrent la variole en Australie où elle décima la population (qui devait se compter en millions, plutôt qu’en centaines de milliers). Soyons lucides, les colons australiens nient souvent les atrocités commises et ne s’excusent toujours pas des horreurs de leur colonisation et de leur politique raciste – il y a des siècles ou seulement quelques années, voire actuellement (article en anglais).

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