Bête ou méchant ?

            Nous avons envisagé pendant quelques secondes de mettre cet article dans les « horreurs de l’Histoire », mais nous avons immédiatement imaginé la réaction de certains d’entre vous pensant que nous devrions déménager à Ste Anne – et ce le plus vite possible.

Un peu en liaison avec l’article précédent (pardon pour la plongée en Histoire contemporaine), il y a une pratique journalistique qui nous fait gronder dangereusement.

Que s’est-il passé ? Un message d’alerte du Washington Post (dont la qualité a fortement baissé depuis son rachat) :

Si votre anglais est fatigué, une traduction pourrait être : « Le Prince Harry et Meghan Markle devraient retourner en Angleterre, six ans après avoir quitté le pays

Selon la BBC et d’autres sources, Harry et Meghan vont s’installer dans une résidence privée, et sans lien avec la couronne, en banlieue de Londres. Leurs enfants, le prince Archie (7 ans) et la princesse Lilibet (5 ans) sont inscrits dans une école anglaise pour la prochaine rentrée de septembre. » (Notez au passage que la nouvelle est publiée dans la section Entertainment, donc Divertissement, car il ne faudrait pas parler de cette famille dans les Nouvelles).

 

            Avant d’apprendre qu’Harry (Londres, 15 septembre 1984) préfère le diminutif – historique et traditionnel – de son prénom officiel (il a été baptisé Henry Charles Albert David et utilisa le nom de Wales – de Galles – puisque son père était prince de Galles, avant d’utiliser Mountbatten-Windsor[1]), nous pensions que les journalistes se montraient un peu trop familiers. Sur ce point là, Harry est la forme souhaité par celui qui est concerné.

En revanche… son épouse, depuis leur mariage à Windsor le 19 mai 2018, n’est plus Meghan Markle (Los Angeles, 4 août 1981) ; elle est Meghan, duchesse de Sussex.

Remarquez, leur belle-sœur, Catherine – Kate – Middleton (Reading, 9 janvier 1982), épouse de William (Londres, 21 juin 1982), a eu le même problème puisqu’après son mariage le 29 avril 2011, elle devint Catherine, duchesse de Cambridge, mais que « Kate Middleton » apparaît encore çà et là. Nous n’avons pas tenté de faire des statistiques, mais il nous semble que maintenant qu’elle est princesse de Galles, du fait de la montée de son beau-père sur le trône, il est plus souvent fait référence à elle sous ce titre.

            Que ce soit Catherine, duchesse de Cambridge (aujourd’hui princesse de Galles, duchesse de Cornouailles, de Rothesay et de Cambridge et comtesse de Chester, de Strathearn et de Carrick, dame des Îles et baronne Carrickfergus) ou Meghan, duchesse de Sussex, il arrive encore après les cérémonies qui ont fait que feue le reine Élisabeth II (1926-2022) leur attribua ces titres, certains les appellent encore « Kate Middleton » et « Meghan Markle ».

            Bien… il y a ceux pour qui leurs noms de jeunes filles sont… juste des noms, parce qu’ils s’en fichent complètement, mais, ça, c’est le public, le commun des mortels. Soyons lucide, il existe aussi parmi les bipèdes de base des individus qui font penser à des poissons rouges qui n'auraient pas la lumière à tous les étages, si vous nous passez l'expression (quand on voit certaines réponses sur Internet, on est en droit de se poser des questions sur le niveau de compréhension de certains).

Il reste les médias. Médias qui ont été priés par le porte-parole de la couronne d’appeler ces jeunes femmes, désormais mariées aux princes de la couronne, Catherine, duchesse de Cambridge (plus aujourd’hui, mais à l’époque) et Meghan, duchesse de Sussex. Dans le même temps, et même si les princes William et Harry se sont retrouvés orphelin de mère à cause du harcèlement de journaleux sans scrupules, ils n’ont jamais été appelé par des termes destinés à leur rappeler leur conditions : « les petits privilégiées de la couronne », « les orphelins royaux » ou « le p’tit Billy et son frère Riton ». Pour ce qui est des médias, il y a trois possibilités : bêtes, méchants ou les deux.

Bêtes, parce qu’ils pensent que le public (c'est-à-dire nous, hein) ne peut pas comprendre qu’elles ont changé de noms après le mariage et que c’est trop compliqué de se souvenir du titre qui leur a été donné. Merci, les gratte-papiers, mais c’est loin d’être de la physique quantique.

Méchants, parce que ce sont deux roturières qui sont entrées dans la famille royale d’Angleterre et que l’une d’entre elle sera très probablement un jour reine. Quelle horreur ! Quant à la seconde… Elle est américaine, pas anglicane avant sa conversion afin de pouvoir se marier avec le fils cadet du prince de Galles, plus vieille que son mari, divorcée et… disons, pas très caucasienne. Pour les rédacteurs de journaux à poisson, il est nécessaire de lui rappeler à chaque occasion qu’elle ne fait pas vraiment partie de la famille royale et qu’elle ne sera jamais qu’un bout rapporté.

Évidemment, il y a ceux qui les rabaissent parce que leur patrons sont des monstres et qu’il ne faudrait pas qu’elles se pensent dignes d’être traitées comme des duchesses (pour ceux-là, c’est comme dans Violettes impériales : l’encre n’est pas encore sèche sur leurs titres de noblesse et elles sont nées parmi le peuple) et nous sommes bêtes à manger du foin, donc il faut continuer à utiliser leurs noms de naissance.

            Nous ne sommes fan ni de l’une, ni de l’autre, mais si nous ne disions rien, ce serait cautionner le manque de respect à leur égard et comme l’a écrit le pasteur Niemöller, si on se tait quand les autres sont attaqués, il n’y aura personne pour prendre notre défense quand des bipèdes arrogants et complètement aux fraises s’en prendront à nous.

Ce n’est pas compliqué de se souvenir du nouveau nom de deux femmes mariées. Sérieusement, si c’est trop dur, il va falloir envisager une cure de repos et des vitamines – et très vite.

Maintenant, il reste les misogynes et les jaloux. Remarquez, comme signal d’alarme à leur égard, c’est pratique.


[1] : Battenberg, mais, pendant la première guerre mondiale, il valait mieux ne pas trop rappeler aux Britanniques les origines allemandes de la famille royale, d’où la traduction en « Mountbatten ».

Exposition : Le savoir en trompe-l'œil au musée Guimet (16 septembre 26-4 janvier 27)

            Alors que certains musées annoncent leurs expositions des semaines à l’avance, d’autres vous annoncent une ouverture le jour-même (le musée du Luxembourg et le musée Guimet ont envoyés leurs lettres d’information un peu tard).

La nouvelle exposition du musée Guimet est consacrée au trompe-l’œil en Corée de la fin du XVIIIe siècle au XXe siècle.

Le site du musée nous dit :

« À quoi peut servir une bibliothèque lorsque le temps manque pour lire ? À l’heure où le savoir circule sur les écrans, s’évader par la lecture devient parfois un luxe et la bibliothèque est alors souvent plus regardée que pratiquée.

Ce dilemme n’est pas nouveau. Dans la Corée de la fin du 18e siècle, le roi Jeongjo (r. 1776-1800) y est déjà confronté. Pris par les affaires de l’État, n’ayant que peu le temps de lire, il passe commande aux artistes officiels de l’Académie royale de peinture de réaliser un paravent reprenant sa bibliothèque en trompe-l’œil, pour rester proche de ses livres. Il trouve ainsi dans la contemplation de cette peinture un moyen de demeurer symboliquement entouré de ses livres : un trompe-l’œil prolongeant l’esprit du cabinet d’étude, stimulant la vertu, la curiosité et la conversation savante.

Les ambassades coréennes à Pékin jouent alors un rôle déterminant. Les envoyés de Joseon y découvrent les cabinets de trésors chinois, ainsi que l’art jésuite de la perspective, diffusé à la cour des Qing et dans les églises de la capitale impériale par les artistes européens. L’alliance entre l’accumulation érudite chinoise et le savoir-faire européen en matière de trompe-l’œil nourrit l’inventivité des peintres coréens, qui développent un usage singulier de la perspective, le chaekgeori.

Paravent à dix panneaux représentant une bibliothèque, Corée, époque du Joseon (1392-1910), xixe siècle, Encre, couleurs et or sur soie, Séoul, musée national de Corée © National Museum of Korea’s public work is used according to KOGL

Rapidement, ce nouvel art du livre et des objets se diffuse dans les palais, les demeures aristocratiques et les foyers provinciaux. Livres, porcelaines, bronzes archaïsants, instruments d’écriture ou objets venus de Chine, du Japon ou d’Occident s’y accumulent dans un jeu d’illusions optiques savamment maîtrisé. Loin des vanités européennes, ces bibliothèques peintes ne renvoient pas à des collections réelles, mais à un cabinet des désirs, à ce que l’on aspire à posséder un jour. À partir de la fin du 18e siècle, le livre perd sa valeur savante pour devenir décoratif  ; les perspectives se brisent, les formes se distordent, les animaux fantastiques apparaissent. La bibliothèque s’éloigne du réel pour rejoindre un univers à mi-chemin entre surréalisme, fauvisme et onirisme.

Éventail à motif de taegeuk, Corée, époque du Joseon (1392-1910), xixe siècle, Bois, papier ; 84 × 43 × 2,5 cm, Paris, musée Guimet

© GrandPalaisRmn (musée Guimet, Paris) / Michel Urtado

Pour la première fois au musée Guimet, une exposition redonne à ce mouvement pictural sa place centrale, loin de l’image folklorique ou purement décorative qui lui est trop souvent associée. Elle tisse des liens entre l’art jésuite et l’art coréen, montre l’impact des ambassades coréennes à la cour de Chine, notamment à travers un exceptionnel rouleau peint de plus de cinq mètres du 18e siècle présenté pour la première fois, et révèle la diffusion des codes de la perspective grâce à des œuvres provenant du Louvre et du Asian Civilisation Museum de Singapour. Elle démontre également que la Corée du Joseon était tout l’inverse d’un « royaume ermite » mais un pays ouvert, curieux, en dialogue constant avec le monde.

Vase à décor d’étoffe nouée, Chine, dynastie des Qing (1644-1911), règne et marque de Qianlong (1736-1795), Porcelaine à décor d’émaux famille rose ; 20,6 × 10 cm, Paris, musée Guimet

© GrandPalaisRmn (Musée Guimet, Paris) / Thierry Ollivier

Commissariat :
Dr. Arnaud Bertrand, conservateur des collections  Corée – Chine ancienne au musée Guimet »

Exposition : Andy Warhol au musée du Luxembourg (16 septembre 26-10 janvier 27)

            Le musée du Luxembourg présente une nouvelle exposition à Andy Warhol principalement consacrée à ses dessins.

Le site du musée nous dit :

« La ligne et l’image

Si le nom d’Andy Warhol évoque immédiatement les sérigraphies et les portraits de célébrités, son œuvre dessinée occupe une place essentielle dans sa pratique artistique. L’exposition "Andy Warhol. La ligne et l’image" révèle combien ce médium, loin d’être accessoire, accompagne l’ensemble de sa carrière.

Formé à l’illustration, l’artiste n’a jamais cessé de dessiner, y compris après l’adoption des procédés mécaniques qui ont marqué son travail. Le dessin apparaît ainsi comme un lieu d’expérimentation constant, où se construisent les images et se déploie une pensée visuelle singulière. D’un premier Autoportrait daté de 1942 aux dessins à l’acrylique pour La Dernière Cène en 1986, la production dessinée de Warhol est abondante et variée. Portraits, caricatures, scènes de genre, illustrations publicitaires, portfolios autopromotionnels : le dessin reste son outil de prédilection jusqu’à la fin des années 1950. Il lui permet de s’émanciper progressivement des influences de Klee, Picasso, Cocteau, ainsi que d’artistes américains comme Shahn. Par le dessin, Andrew Warhola devient Andy Warhol.

Après une période dominée par la peinture puis le cinéma entre 1963 et 1973, il revient au dessin avec de nouveaux objectifs liés à sa production picturale, notamment aux portraits de commande, dont celui de Mao constitue un exemple majeur. Le dessin devient alors un espace d’expérimentation : il permet de travailler des choix chromatiques, graphiques et conceptuels, souvent à une échelle proche de celle des peintures.

Le parcours s’articule autour de cinq sections thématiques : débuts comme illustrateur publicitaire, importance de l’écriture manuscrite, fascination pour les visages et les masques, iconographie gay longtemps restée confidentielle et réflexions sur la mort, devenue une obsession après l’attentat de 1968 qui a failli lui coûter la vie.

L’exposition réunit environ 150 dessins, ainsi que des peintures, sérigraphies sur papier, photographies et documents d’archives. Elle met en évidence l’inventivité technique de l’artiste et les procédés qu’il met au point (tampons, lignes transférées, pochoirs, collages), pensés pour la reproduction et la répétition des images. Des dessins et documents, rares ou négligés, permettent d’accéder à la fabrique de l’œuvre et d’entrer au cœur de l’atelier new-yorkais de l’artiste, The Factory. Autant de pistes qui invitent à reconsidérer l’ensemble de l’œuvre de Warhol à partir de ce dialogue entre geste et reproduction, entre main et machine.

 

Exposition produite par le GrandPalaisRmn

COMMISSARIAT

Alain Cueff - Historien de l’art

Scénographie : Véronique Dollfus »

Madame l'Ambassadeur ou leçon de linguistique diplomatique

            Les langues évoluent – bien évidemment. De nouveaux mots sont créés ou adoptés par l’intermédiaire d’autres langues selon les besoin du temps. Bien évidemment.

            Il y a quelques semaines, l’utilisation de la forme féminine d’un mot nous a chiffonnée. Comme le suggère le titre de cet article sur un sujet d'Histoire contemporaine (désolée !), il s’agit du mot Ambassadrice utilisé à la place d’Ambassadeur dans un contexte diplomatique.

Ce n’est pas seulement le souvenir nostalgique de la série Le Mari de l’ambassadeur de 1990 basé sur le roman de Frédérique Hébrard et transformé en scénario par cette dernière, son mari, Louis Velle, et un de leurs fils, François Velle, et où un scientifique (interprété par Louis Velle) et l’Ambassadeur de France (interprétée par Diane Bellego) se rencontrent au mariage de cette dernière, tombent amoureux et passent treize épisodes à se croiser, s’avouer leur amour et finir ensemble qui nous fait utiliser le mot Ambassadeur, même pour une femme dès qu’on parle de diplomatie. Heureusement, aujourd’hui, le mari de l’Ambassadeur pourrait être un homme (peut-être pas sur certains postes chez des bizarres aux cerveaux coincés par des croyances qui n’ont plus et pas lieu d’être) ; de même qu’une Ambassadrice pourrait fort bien être mariée à une femme Ambassadeur.

            Le mot, lui-même, a évolué et évolue : la première édition de 1694 du dictionnaire de l’Académie française donne comme définition « Dame envoyée en ambassade. Une telle Dame fut envoyée Ambassadrice en Pologne.

On appelle aussi, Ambassadrice, La femme d’un Ambassadeur. » et dès 1718, on passe à « La femme d’un Ambassadeur. Il s’est dit aussi autrefois d’une Dame qui avoit esté envoyée en Ambassade avec le titre d’Ambassadrice. ». En 1835, on a « La femme d’un ambassadeur. Madame l’ambassadrice. » et « se dit aussi, figurément et familièrement, d’Une femme chargée de quelque message. Vous m’avez envoyé une jolie ambassadrice. » et la dernière édition du dictionnaire, qui date de 2024, donne comme définition « Femme d’un ambassadeur. Madame l’ambassadrice vous prie à dîner mardi. L’ambassadeur et l’ambassadrice sont attendus. Par analogie. Femme chargée d’une mission, d’un message, etc., pour un particulier. Vous m’avez envoyé une charmante ambassadrice. »

En 2002, l’Académie se déclarait encore contre la féminisation du titre d’Ambassadeur, mais en 2019, elle décida que cette féminisation était possible. Changements d’Immortels ? Évolution de la langue ? Augmentation du nombre de femmes en diplomatie ? Pression populaire ? Peur de se faire traiter de vieux croutons déconnectés du présent ? Allez savoir.

Belges et Canadiens n’ont, pendant ce temps, aucun problème de modernisation de la langue et il est probable que les Suisses francophones soient neutres sur le sujet.

            La définition d’Ambassadeur dans sa version 2024 a trois sens :

« 1.  Vieilli. Personne qui fait partie d’une mission auprès d’un État étranger. Les ambassadeurs que les Scythes envoyèrent à Darius. Les ambassadeurs revinrent sans avoir rien pu obtenir.

            Titre célèbre : Les Ambassadeurs, tableau de Holbein (1533).

2.  Chef de mission diplomatique représentant un État auprès d’un autre ou d’un organisme international. Ambassadeur ordinaire. Ambassadeur extraordinaire. L’ambassadeur de France à Rome. L’ambassadeur d’Espagne en France. La qualité, le titre d’ambassadeur. L’ambassadeur tient le rang le plus élevé dans la représentation diplomatique des États. Nommer un ambassadeur. Rappeler un ambassadeur. Recevoir un ambassadeur. Madame l’ambassadeur. Le nouvel ambassadeur est une femme énergique. Autrefois, seuls les représentants diplomatiques auprès des États les plus importants portaient le titre d’ambassadeur. Aujourd’hui tous les chefs de poste diplomatique français ont droit au titre d’ambassadeur, mais quelques-uns seulement ont la dignité d’ambassadeur de France, soit à titre personnel, soit en raison du poste qu’ils occupent.

Féminisation des noms de métiers et de fonctions

La féminisation des noms de métiers et de fonctions se développant dans l’usage, comme l’a constaté le rapport de l’Académie française rendu public le 1er mars 2019, il est à noter que la forme féminine ambassadrice se rencontre également.

3.  Par analogie. Personne chargée d’une mission délicate, d’un message, etc., pour un particulier. Vous ne pouviez envoyer un plus habile ambassadeur. »

            La langue évolue. Les femmes ont de plus en plus accès à des postes importants et les deux semblent se combiner dans l’emploi actuel de la forme féminine de la personne en charge d’une ambassade.

Notre problème est avec « semblent ».

Nous sommes persuadée qu’une grande partie de ceux qui utilisent Ambassadrice afin de parler d’une femme diplomate chargée d’Ambassade le font sans ce poser de question et simplement parce qu’ils parlent d’une femme et qu’ils utilisent la forme féminine. Point.

Il y a aussi ceux qui veulent donner autant de poids en diplomatie à Ambassadrice qu’à Ambassadeur (les Canadiens, les Belges, et sans doute d’autres).

Il faut cependant être lucide. Pour certains (minorité – ou… pas), une Ambassadrice ne pourra jamais être aussi efficace, compétente et diplomate qu’un Ambassadeur, parce que, historiquement, la charge diplomatique est confiée à un Ambassadeur – et que ce n’est que très récemment qu’il peut arriver que cette personne soit une femme. Ceux-là, drapés dans un voile pseudo-progressiste, utilisent sciemment la forme féminine afin de dévaloriser la fonction et la personne dont ils parlent. La plus grande partie des mentions qui nous ont chiffonnée étaient présentées d’une façon qui nous a fait dresser l’oreille et suspecter une misogynie latente déguisée et absolument pas assumée ; la façon dont certaines personnes (des hommes, curieusement) dénigraient une femme Ambassadeur qui venait d’être nommée et envoyée à son nouveau poste en utilisant le mot ambassadrice (le « a » minuscule n’est pas une coquille) comme si elle allait présenter des rouges à lèvres ou des boites en plastique alors qu'elle était envoyée afin de représenter son pays.

-         Vous cherchez la petite bête, penseront certains d’entre vous.

-         Mettez-vous à la page et acceptez l’évolution de la langue ! penseront d’autres.

-         Mais, non ! Certains ont peut-être été maladroits, mais c’est une victoire pour l’égalité des femmes, diront encore d’autres.

Alors, chercher la petite bête, c’est pathologique chez nous parce que nous détestons être manipulée. Nous adorons les métamorphoses des langues (dans une autre incarnation, nous sommes dramaturge et romancière), mais pas quand elles servent de béquille au maintien des injustices tout en prétendant qu’un nouveau mot (ou toute une brochette d’expressions politiquement correctes) va changer la réalité des humains ainsi désignés et nous avons justement les yeux et les oreilles assez aiguisés et entrainés pour réagir à l’emploi hypocrite de néologismes ou autre termes.

Soyons fous, pourquoi ne pas essayer « une Ambassadeur » ? Ainsi, on garde l’Histoire liée à la charge et on modernise le terme.

L'Académie française, misogyne à souhait depuis la version de 1718 de son dictionnaire, a ses fans encore de nos jours. Nous admirons réellement ceux qui utilisent sincèrement, aujourd'hui, Ambassadrice dans son sens diplomatique version 1694 (et antérieure) et nous envions profondément ceux qui féminisent le terme sans la moindre arrière-pensée... mais nous voyons ceux qui utilisent Ambassadrice parce qu'ils pensent « Mais pour qui est-ce qu'elle se prend ? Sa vraie place est d'être à la maison ou au service d'un vrai Ambassadeur - un homme, parce qu'une femme, c'est hystérique ».

En tout cas, méfiez-vous de ceux qui sont trop prompts à détourner les avancées afin d’essayer de maintenir des iniquités par des moyens tordus parce que ça les arrange. Nous en revenons toujours à la même chose : méfiez-vous et faites vos recherches (ah, oui, ça prend du temps et c’est souvent déprimant, mais c’est ça ou se transformer lentement en mougeon[1]).

Allez, cher Lecteur[2], bon courage !



[1] : Sorte de bipède mi-mouton, mi-pigeon – et sans doute re-mi-mouton derrière pour ceux qui ont la référence.

[2] : Cette forme est une conséquence de notre passage en prépas et en Sorbonne et, un jour, nous écrirons un article sur l’écriture inclusive – cette merveille de modernité qui sacrifie allègrement les dyslexiques (nous avons déjà commencé à rassembler les informations dont nous aurons besoin ; c’est le temps qui nous manque). Nous vous parlerons aussi de ce professeur qui regardait s'il avait plus d'étudiantes ou d'étudiants en face de lui et faisait ses accords grammaticaux en fonction de celles qui étaient le plus représentées.

Flash info : Soirée d'ouverture de la Tour du Moulin à Angers (25 septembre 2026)

            Si vous êtes à Angers le 25 septembre, vous pourrez assister à la grande soirée d’ouverture de la Tour du Moulin.

Le panorama doit y être extraordinaire.

Le site du château nous dit :


« Ne manquez pas cette nocturne exceptionnelle au château d'Angers pour fêter l'ouverture du plus haut point de vue sur la ville !

Vendredi 25 septembre 2026

18h - 23h

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Sommet de la Tour du Moulin :

Ø      Pour votre sécurité, l'accès est limité à 19 personnes à la fois

Ø      Non accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR) et aux poussettes

Ø      Pour atteindre le sommet, 83 marches sont à gravir, avec deux paliers intermédiaires

Ø      Le sommet de la tour est à 40 m de hauteur

Présentation

À partir du 26 septembre, le château d’Angers ouvre un nouveau chapitre de son histoire avec l'accès au public de la terrasse au sommet de la Tour du moulin, la plus haute des 17 tours de la forteresse.

Après vingt ans de fermeture et près de cinq années de restauration menées dans le cadre du Plan de Relance, cet emblème du paysage angevin retrouve sa vocation de vigie dominant la Maine. L'ascension de ses 83 marches permet de traverser près de huit siècles d'histoire avant d'atteindre, à 40 mètres de hauteur, un panorama exceptionnel à 360° sur la ville d'Angers et ses environs.

Le parcours de visite a été entièrement repensé. Une table d'orientation virtuelle rend l'expérience accessible au plus grand nombre, tandis qu'une évocation poétique du meunier ayant autrefois occupé les lieux accompagne la découverte de cette tour singulière. Au sommet, une plateforme sécurisée met en valeur le pavement de schiste restauré du XVIIe siècle et offre un point de vue inédit sur le monument et son territoire.

Cette réouverture s'accompagne également de l'ouverture, pour la première fois au public, de deux autres tours accessibles depuis la cour du château. L'une propose une immersion dans l'univers médiéval de la forteresse, l'autre invite à découvrir les jeux de plateau pratiqués à l'époque du roi René.

Pour marquer cet événement, le château d'Angers organise une soirée exceptionnelle le vendredi 25 septembre. À la tombée de la nuit, le public pourra découvrir gratuitement la tour du Moulin et profiter de l'atmosphère unique de ce site patrimonial retrouvé.

Programme

  • Fanfare du 6e Régiment du Génie d'Angers
  • Spectacles aériens
  • DJ set avec Balconia
  • Mise en lumière de MSE
  • Foodtrucks et ouverture du restaurant "Le Clos du roi" »

 

Broderie au bord de la Tamise

            La personne responsable de l’algorithme de YouTube doit avoir de l’humour – noir. Nous y avons deux pages, avec des adresses différentes et des centres d’intérêts complètement différents : un pour nos recherches historiques, un pour nos recherches littéraires.

Sur le compte connecté à un de nos noms de guerre, nous avons eu en recommandation cette vidéo :

Le texte sur la page est le suivant (et nous vous donnons une traduction) :

Meet our new Head of Security | The Bayeux Tapestry at the British Museum

As we approach the opening of the Bayeux Tapestry at the British Museum on 10 September, we needed to hire the best of the best to lead our Security team. Unfortunately, their first day wasn't a quiet one... 

Get closer to the Bayeux Tapestry. More tickets are released on 21 October. 

A historic loan from the Ministry of Culture of the French Republic. 

Presented by Igor Tulchinsky.

Voici notre nouveau chef de la sécurité | La tapisserie de Bayeux au British Museum

Alors qu’approche l’ouverture de l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum le 10 Septembre, il nous fallait engager la meilleure des meilleures afin de diriger notre équipe de sécurité. Malheureusement, son premier jour n’a pas été de tout repos... 

Venez voir de près la tapisserie de Bayeux. Des tickets suppémentaires seront mis en vente le 21 Octobre. 

Un prêt historique du Ministère de la Culture de la République française. 

Présentée by Igor Tulchinsky.

 

             Alors… il n’est plus rare d’avoir des bandes-annonces de plus en plus élaborées pour des expositions, donc… pas de surprise. C’est une présentation très drôle, qui rappelle l’esprit de la trilogie de films La Nuit au musée où des musées prennent vie la nuit grâce à une tablette égyptienne, mais, là, ce serait le pouvoir de la tapisserie de Bayeux qui donnerait forme humaine aux guerriers d’Angleterre et de Normandie.

C’est une excellente publicité.

C’est amusant et Claudia Winkleman est une excellente actrice et probablement une femme absolument charmante.

Cependant vous savez à quel point nous étions opposée au prêt de cette broderie au British Museum. Nous vous en avions parlé là, là et là.

Que les Anglais soient ravis de faire rentrer des espèces sonnantes et trébuchantes dans leur caisse grâce à la Broderie de Bayeux, ce n’est pas surprenant – et ça pourrait même se comprendre. Non, ce qui nous interpelle, c’est le choix du casting pour l’agent de sécurité. Winkleman est, comme nous l’avons reconnu sans peine, excellente, et elle est surtout la présentatrice sur la BBC de l’émission Les Traîtres (The Traitors UK).

Elle peut avoir eu le rôle pour énormément de raisons et la référence à son expérience avec des « individus louches » est un clin d’œil au succès qu’elle connaît à la BBC. Elle connaissait peut-être les personnes qui ont fait la bande-annonce ou ces dernières ont peut-être décidé que l’employer serait un bon moyen de piquer la curiosité de certains et donc d’assurer le succès de l’exposition (mais c’est déjà un succès !).

Ce qui nous a glacé le sang et fait monté la tension (curieux phénomène, croyez-nous), c’est qu’alors que tant d’autres actrices ou acteurs auraient pu avoir le rôle, c’est la femme qui présente un jeu ou celui qui trahit gagne est montrée comme la meilleure personne pour assurer la sécurité de la broderie.

Certes, elle n’arrive pas à éviter la bataille juste avant l’arrivée des visiteurs, mais nous aimerions savoir qui a pensé, alors que nous ne sommes pas seule à espérer que la perfide Albion n’osera pas prétendre que le voyage de retour est trop dangereux (alors qu’elle doit regagner la Normandie au plus tard le 1er septembre 2027) ou que le nouveau gouvernement français ne leur revient pas, que faire référence à une émission qui prône la trahison serait une bonne idée (les commentaires anglais sont enthousiastes, les normands beaucoup moins).

             Espérons que la broderie reviendra et en état pas trop catastrophique… et ce serait honnête de rendre les frises du Parthénon dans la foulée.

Exposition (à venir) : Delacroix, chevaux et autres animaux (12 septembre 26-18 avril 27)

            Du 12 septembre 26 au 18 avril 27, le musée Delacroix nous présentera une nouvelle exposition : Delacroix, chevaux et autres animaux

 

Eugène Delacroix, Étude d’un étalon alezan

© musée du Louvre, dist. GrandPalaisRmn / Thomas Clot

« Le musée Delacroix présente un nouvel accrochage qui explore l’univers animalier d’Eugène Delacroix, à l’occasion de l’acquisition de deux études de chevaux, récemment restaurées. Exposées pour la première fois au musée, les deux études d’étalons, un alezan et un alezan doré, témoignent d’un vif intérêt de Delacroix pour le cheval et sa représentation.


Eugène Delacroix, Étude d’un étalon alezan doré (avant restauration)

© musée du Louvre, dist. GrandPalaisRmn / Tony Querrec

Pour le peintre romantique, les chevaux, les lions et les tigres constituent un objet d’étude et un sujet qu’il met en scène dans de nombreux tableaux, lithographies, décors… tout au long de sa carrière.

Les chevaux qu’il voit lors de son voyage au Maroc en 1832 contribuent à nourrir son imaginaire autour du cavalier, qu’il soit soldat ou participant à une fantasia.
Les tableaux que Delacroix considérait comme des études n’avaient pas vocation à être exposés ou vendus mais à lui servir de référence et de source d’inspiration.
Cette présentation temporaire attache une importance particulière au processus de création du peintre. »